5 septembre 2016 - Seul le prononcé fait foi

Conférence de presse de M. François Hollande, Président de la Réppublique, sur les conclusions du Sommet du G20 et sur la situation en Syrie, à Hangzhou le 5 septembre 2016.

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Mesdames, Messieurs,

Je voudrais, avant d'aller vers les conclusions de ce G20, remercier les autorités chinoises et le Président XI Jinping, que je vais une fois encore saluer puisque nous aurons un entretien en tête à tête et un diner.
Les autorités chinoises ont remarquablement organisé ce Sommet. Elles l'ont organisé d'abord par la qualité de l'accueil qui a été réservé aux participants, mais l'ont également bien préparé. Ce qui explique que le G20 ait pu marquer des avancées sur bon nombre de domaines auxquels la France était particulièrement attachée. Le Président Xi Jinping, avec les dialogues que nous avions pu construire ces derniers mois, a tenu à ce qu'un certain nombre de positions qui étaient les nôtres puisse se retrouver dans les conclusions du Sommet.
D'abord en matière de croissance puisque si le G20 existe, c'est pour que la mondialisation puisse être régulée et qu'elle puisse correspondre à l'intérêt des peuples et pas simplement pour que ce soit le lieu de discussion sur des échanges, des pratiques sans qu'il y ait de conclusion.
En matière de croissance il a été d'abord constaté que le prix des matières premières, les difficultés rencontrées par des économies émergentes, les incertitudes politiques, pouvaient peser sur le niveau et l'ampleur de la croissance. D'où la nécessité de stimuler la croissance par toutes les politiques que nous pouvons engager, que ce soit sur le plan monétaire, budgétaire, industriel et également d'investissement. Il a été également convenu de coordonner ces politiques.
Nous avons mis l'accent sur ce que pouvait être la nouvelle phase de croissance sur les dix prochaines années. Elle est fondée sur l'innovation. Innovation en matière de numérique, de digitalisation des économies, et innovation en matière de lutte contre le réchauffement climatique, avec ce qu'elle permet, c'est-à-dire une efficience dans l'utilisation des matières premières et une émergence des énergies renouvelables.
Enfin, nous avons insisté sur le lien qui existe entre le commerce et la croissance. Quand le commerce mondial ralentit, il y a des conséquences sur les activités des différents pays. Mais le commerce mondial doit être régulé, il ne peut pas être simplement un libre-échange. Il ne peut pas y avoir l'effacement des barrières douanières s'il en existe d'autres. L'ouverture doit donc être négociée, dans la transparence, dans la réciprocité et avec la protection des biens fondamentaux pour nous, sur le plan de la santé, sur le plan de l'environnement, sur le plan social. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la France soutient toujours les accords commerciaux quand ils sont fondés sur ces bases-là -je prends notamment l'exemple avec l'accord entre l'Union européenne et le Canada.
Mais nous devons avoir une conception d'ouverture des marchés, de façon à ce que toutes les économies puissent en tirer un certain nombre de retombées, dès lors que ces garanties sont apportées.
Nous devons également réduire les incertitudes si nous voulons qu'il y ait de la croissance et qu'il y ait de la confiance. Les incertitudes, j'y reviendrai, ce sont les conflits, les guerres, les déstabilisations qui peuvent être provoquées par le climat, mais également par un certain nombre de décisions. Le Brexit en est une. C'est une décision souveraine du Royaume Uni, mais je l'ai encore rappelé, y compris avec Theresa MAY, nous considérons que s'il est nécessaire de laisser du temps aux Britanniques pour se préparer à l'ouverture de la négociation, la fin de l'année est le délai raisonnable. Tout report aurait des conséquences dommageables. D'abord pour l'économie britannique, puisqu'un certain nombre d'investissements ne pourrait plus s'y faire et il y aurait nécessairement des conséquences pour l'ensemble des économies et pas simplement européennes.
La première conclusion du Sommet est donc la volonté commune d'une croissance forte, durable et respectueuse. J'en arrive à la deuxième conclusion du Sommet, très importante £ avant même que le G20 ne s'ouvre, la Chine et les Etats-Unis ont annoncé la ratification de l'accord de Paris. C'était un des buts que je m'étais fixé pour ma participation ici au Sommet, de faire en sorte que le plus d'Etats possible puissent ratifier l'accord et ainsi lui permettre d'entrer en vigueur à la fin de l'année.
Il faut savoir -retenez ce chiffre- que les pays qui sont membres du G20 représentent 75 à
80 % des émissions de gaz à effet de serre ou de CO2. Dès lors, si ces pays s'engagent et ratifient, il y aura à ce moment-là l'assurance que nous aurons bien les conditions nécessaires pour la mise en uvre de l'accord de Paris dès le début de l'année prochaine.
Toujours en matière de lutte contre le réchauffement climatique et de soutien aux politiques de développement durable, il nous faut mobiliser 100 milliards de dollars à partir de 2020. Le Sommet a donc rappelé cet objectif et fait en sorte que tous les pays, toutes les institutions financières, publiques comme privées, puissent nous permettre d'atteindre ce résultat qui est essentiel pour la transition énergétique et qui est majeur pour les pays en développement. C'était d'ailleurs la condition de leur signature de l'Accord de Paris.
La France veut là aussi montrer l'exemple. Non seulement sa propre agence, l'Agence française de développement va augmenter encore sa participation, non seulement nous allons mobiliser des fonds publics comme privés, mais nous allons être le premier pays à émettre une obligation verte, c'est-à-dire un emprunt dont les ressources seront affectées à la transition énergétique et aux politiques de développement durable.
Ce que nous voulons introduire dans les règles de la finance, c'est l'obligation pour tout établissement financier ou pour toute grande entreprise d'avoir dans son actif ces titres, de manière à ce que ces établissements souscrivent des emprunts ou fassent en sorte de prêter à des pays ou à des entreprises qui se lancent dans l'investissement favorable à la lutte contre le réchauffement climatique. Le succès de cette obligation -nous le verrons dans les prochains mois- sera sans doute déterminant pour stimuler cette nouvelle pratique financière.
J'ai également insisté pour que la communauté internationale donc le G20 discute du prix du carbone comme une perspective. Un prix à un niveau suffisamment élevé pour que les investisseurs puissent avoir davantage intérêt à des équipements ou à des usines fonctionnant avec le moins de carbone possible.
Enfin, j'avais lancé une grande initiative pour l'Afrique lors de l'accord de Paris et cette initiative, qui a été reprise par les pays africains eux-mêmes et que l'Europe soutient, sera là encore portée par l'ensemble des pays du G20. L'accès des Africains à l'électricité est un enjeu majeur.
Le troisième résultat de ce G20, c'est la lutte contre la fraude fiscale, les paradis fiscaux, l'optimisation fiscale. Vous savez que c'est un de mes engagements et je dois considérer que depuis 2012 -et je remercie tous les pays du G20 qui s'y sont associés- nous avons pu, étape après étape, avancer au bon rythme par rapport à cet enjeu-là. Parce que chaque pays, quelle que soit sa sensibilité, a parfaitement compris que dans la concurrence à l'échelle mondiale, il y a des pays ou des entreprises ou des groupes qui ont échappé à l'impôt et que c'est une distorsion et une perte de recettes.
Nous avons donc non seulement obtenu, depuis déjà plusieurs années, l'échange d'informations qui permet maintenant une coordination et une lutte très efficace contre la fraude fiscale et nous avons établi des règles pour que les paradis fiscaux puissent figurer sur une liste. Si en juillet 2017 les efforts n'ont pas été faits dans ces lieux-là, il y aura des sanctions qui seront apportées. Cela figure dans les conclusions du G20-. Enfin, pour les grands groupes qui se livrent à de l'optimisation fiscale -ce qui veut dire qu'ils font de la richesse sans qu'il y ait les impôts qui soient reversés là où précisément les activités ont été faites- là encore le G20 a retenu ce principe avec un mécanisme proposé à l'initiative de l'OCDE pour que nous puissions avoir une lutte efficace contre l'optimisation fiscale.
Le G20 a réussi, sous notre impulsion, avec d'autres, à progresser vers la voie de la lutte efficace contre la fraude fiscale, les paradis fiscaux et bientôt l'optimisation fiscale.
J'en arrive au quatrième point qui est d'ailleurs lié aux précédents : la lutte contre le terrorisme. Tous les pays sont concernés par le terrorisme, tous les pays du G20 ont, à un moment ou un autre, à supporter un acte terroriste ou à être menacés par un acte terroriste. D'ailleurs si on regarde là où frappe le terrorisme, c'est souvent dans les pays les plus pauvres, ceux qui n'étaient pas forcément représentés ici. Ce sont les plus pauvres qui sont les premières victimes du terrorisme, même si nous en France, nous avons été visés ces dernières années comme d'autres pays européens.
Pour lutter contre le terrorisme, il faut prendre des mesures, coordonner nos services, faire en sorte que l'information puisse être rassemblée, pouvoir contrôler les déplacements -et c'est le rôle aussi des pays qui sont membres du G20- et être capable de lutter contre les réseaux criminels et leur financement. Chaque fois qu'il y a des trous dans la finance ce sont des organisations criminelles, souvent terroristes, qui les utilisent à leurs propres bénéfices. Nous avons donc convenu d'une lutte particulièrement drastique contre tout ce qui peut alimenter les trafics. Il y a une organisation qui existe et qui a été renforcée à l'occasion de ce G20, c'est le GAFI et c'est donc dans ce cadre-là que nous pourrons lutter efficacement contre le financement du terrorisme ou les trafics multiples qui peuvent l'alimenter.
Enfin, le G20 a été l'occasion, soit dans les discussions qui ont été organisées avec l'ensemble des participants, soit au cours de multiples bilatérales, d'évoquer les problèmes internationaux.
Je considère que l'économie peut affecter la politique, nous en avons eu des exemples. Quand il y a une crise financière, il y a des conséquences politiques. Mais quand il y a des désordres et des dérèglements politiques, des crises et des conflits, cela affecte directement l'économie.
La croissance ce n'est pas simplement le produit de stratégie, de politique, d'instrument, c'est aussi lié à ce qui peut se produire dans un contexte international. Quels sont les sujets qui nous préoccupent aujourd'hui? C'est le terrorisme, c'est la guerre en Syrie, en Irak, mais aussi ce qui se produit en Afrique, Afrique de l'Ouest, mais aussi Afrique de l'Est, ce qui se passe en Libye. Nous devons régler ces conflits-là qui en plus provoquent de la migration, migration qui peut être liée à la pauvreté, au climat, mais qui aussi peut être stimulée par la peur et qui justifie l'exil.
Nous avons abordé un certain nombre de sujets au cours de multiples bilatérales. Je veux en citer quelques uns.
Avec le Président POUTINE, comme d'ailleurs avec la Chancelière MERKEL avec laquelle je suis en relation constante, nous avons de nouveau parlé de l'Ukraine. La situation est pour l'instant bloquée. Il y a eu cet été des risques d'escalade qui ont heureusement pu être prévenus, mais nous devons relancer encore le processus que l'on appelle le Format Normandie. Avec la Chancelière MERKEL nous avons offert cette possibilité et nous avons demandé au Président POUTINE de réfléchir à ce que serait une situation où nous n'avancerions pas. Cela vaut également pour le Président POROCHENKO, il faut que les engagements qui ont été pris à Minsk soient mis en uvre. Proposition a donc été faite.
Sur la Syrie, de multiples discussions ont eu lieu, moi-même avec le Président POUTINE et avec le Président OBAMA, avec également le Président turc, avec le Prince héritier d'Arabie Saoudite et avec d'autres interlocuteurs, le Président égyptien, je ne vais pas ici allonger la liste. Il y a un risque majeur de catastrophe humanitaire à Alep. Il y a aussi un risque d'internationalisation du conflit, avec la présence maintenant non seulement de la Russie, d'une certaine façon de l'Iran, mais aussi de la Turquie, la coalition internationale jouant également son rôle, la France en étant partie prenante. Nous voyons bien que la solution est politique.
C'est vrai que Daech recule, c'est vrai que cette organisation terroriste perd du terrain, mais il y a toujours le chaos, le désordre, des groupes qui s'affrontent. Nous devons donc aller vers la négociation. C'est ce qui a été la position de la France, faire en sorte que s'arrêtent les bombardements sur Alep et aller, sous l'égide des Nations Unies avec son représentant spécial Monsieur MISTURA, vers la négociation. La solution est politique. Sur la question des réfugiés, nous devons là encore avoir avec la Turquie, avec les pays qui d'ailleurs accueillent les réfugiés -je pense à la Jordanie, au Liban- nous devons soulager ce fardeau, mais en même temps maîtriser les déplacements de populations.
De ce point de vue, le fait que la frontière entre la Syrie et la Turquie soit de nouveau maîtrisée permettra d'éviter d'ailleurs des mouvements dans les deux sens, de combattants étrangers qui veulent rejoindre la Syrie, comme d'autres qui voudraient revenir dans leur pays d'origine. Mais nous devons en même temps respecter les accords que nous avons signés, l'Europe avec la Turquie, vérifier leur pleine application, travailler aussi pour que nous puissions contrôler davantage nos frontières. Je pense aussi à ce qui se passe en Méditerranée avec le conflit libyen. Le G20 a donc été l'occasion d'évoquer aussi cette grande question.
Grande question qui a des conséquences, on le sait. Conséquences économiques, conséquences humaines, surtout avec des personnes qui risquent leur vie, la perdent, et d'autres qui ne peuvent pas accéder, ou lorsqu'elles accèdent au continent européen, ne peuvent pas être correctement réparties. Cela a aussi des conséquences politiques, on voit bien les peurs qui sont aujourd'hui à l'uvre. Voilà pourquoi le G20, c'est bien sûr sur l'économie, sur la mondialisation que les chefs d'Etat et de gouvernement se retrouvent, mais c'est sur la paix en l'occurrence que la plupart des conclusions doivent converger.
Qu'est-ce que nous voulons faire de ce monde ? Comment nous voulons l'organiser ? Certes il y aura dans quelques semaines l'Assemblée générale des Nations Unies, mais que le G20 ait pu là encore préparer un certain nombre de délibérations, pour que le monde puisse prendre ses responsabilités, me paraît être une des avancées de ce Sommet et c'est pourquoi je considère qu'il a pu marquer des progrès utiles pour l'équilibre du monde. Je suis prêt à répondre à vos questions.
Journaliste : Monsieur le Président de la République, bonsoir. Je voudrais revenir sur la question syrienne et sur les propos que vous venez de tenir. On a pu avoir l'impression que le cur des discussions, des négociations sur la Syrie étaient des négociations entre les Russes et les Américains. Pourquoi la France n'a pas été associée directement à ces négociations alors que vous avez souvent mis légitimement en exergue le rôle de la France dans la coalition internationale, deuxième partenaire des Etats-Unis ? On sait qu'on peut en subir dramatiquement les contrecoups. Quel est votre sentiment de l'échec de ces négociations, puisque vous parlez de catastrophe humanitaire, enfin, qui est responsable de l'échec ? Enfin, comment les pays représentés au G20 doivent soutenir financièrement -vous parliez d'un fardeau- l'accueil des réfugiés ?
LE PRESIDENT : D'abord la France a été directement associée à toutes les discussions sur la Syrie. Qu'il y ait des échanges entre Etats-Unis et Russie, ce serait bien la première fois que cela ne se produit pas. Je préfère même qu'il y ait cette discussion plutôt qu'elle n'ait pas lieu. J'ai donc eu pour ma part et en fonction des objectifs que je vous ai tracés, à aller le plus possible dans la direction de la négociation, le plus vite possible, pour éviter une catastrophe humanitaire et aussi enrayer le processus qui conduit des hommes et des femmes à quitter la Syrie pour rejoindre le continent européen ou d'autres espaces £ là où ils peuvent être accueillis. J'ai eu donc cette volonté de pouvoir échanger avec le Président OBAMA, avec le Président POUTINE et avec tous les protagonistes, puisqu'il y avait le Président turc et le Prince héritier d'Arabie Saoudite, le Président égyptien et d'autres encore.
Pour l'instant, ce qui est ressorti, c'est qu'il n'y avait pas encore de conclusion qui est pourtant celle de l'évidence et en même temps, du respect de la vie humaine et de l'intérêt de la Syrie. Les Russes continuent de soutenir le régime de Bachar Al ASSAD, appuient les bombardements. Les Turcs sont entrés en Syrie pour protéger leurs frontières, lutter contre l'Etat islamique, avec la tentation aussi de repousser les Kurdes. Et puis, nous avons la coalition qui joue son rôle contre l'Etat islamique.
Je n'ai qu'un seul objectif, je vous l'ai dit, c'est que nous puissions passer à une solution politique. Mais j'en ai un autre, c'est que le seul que nous devons frapper, pour ce qui nous concerne dans le cadre de la coalition et c'est ce que fait la France, c'est l'Etat islamique, c'est Daech. C'est Daech qui occupe des territoires à partir desquels il y a eu des attaques terroristes, en Europe et en France. C'est Daech qui fait une propagande, qui conduit un certain nombre d'individus à aller vers le djihadisme et à se rendre sur les terres de conflits. C'est Daech aussi, en Lybie, c'est Daech, d'une autre façon, en Afrique de l'Ouest, avec Boko Haram. La lutte contre le terrorisme devrait donc être le seul enjeu aujourd'hui, plutôt que de soutenir des parties prenantes.
Voilà pourquoi la France est capable de parler avec tous et ce que j'ai fait, c'est faire entendre cette position. La France est une Nation qui agit avec ses alliés, qui fait en sorte de pouvoir aussi en Europe emmener ses partenaires, mais la France est un pays indépendant, c'est un pays qui poursuit ses propres objectifs, c'est un pays qui sait ce que peut, dans certaines circonstances, provoquer un conflit qui dégénère. J'avais alerté suffisamment tôt, en 2012, 2013, sur ce que pouvaient être à la fois la montée du nombre de réfugiés, qui ne pouvaient pas rester forcément dans les camps là où ils avaient été accueillis dans un premier temps, et en même temps sur les risques de ce que pouvait être le terrorisme.
A ce moment-là, c'était Al-Nosra, Al-Qaïda £ ils demeurent d'ailleurs, car il n'y a pas de différence entre Al-Qaïda, Al-Nosra et Daech. Aujourd'hui, c'est Daech. Nous avons cette lucidité qui nous permet de parler aux uns et aux autres et de les mettre devant leurs responsabilités.
Sur le financement, oui, vous avez raison, on ne peut pas demander à des pays proches des zones de conflit, cela ne vaut pas d'ailleurs que pour le Moyen-Orient, cela vaut également pour l'Afrique, je pense au Niger, je pense également au Mali, d'une certaine façon, je pense au Cameroun, je pense au Tchad. On ne peut pas demander à des pays de prendre leur part du fardeau, alors qu'ils sont souvent exsangues et en même temps ne pas leur apporter le soutien nécessaire. Donc oui, le G20 a développé l'idée de fonds spécifiques pour venir en aide dans le cadre des organisations internationales, aux réfugiés et aux pays qui les accueillent.
Journaliste : Merci Monsieur le Président. Permettez-moi de vous poser une question en anglais, je suis chinois, nous savons que la Chine et la France ont l'intention de travailler ensemble dans la lutte contre le terrorisme et en particulier sur l'arrestation de certains terroristes. Êtes-vous parvenu à un accord spécifique dans ce domaine, sachant en particulier que vous êtes membre permanent du Conseil de sécurité, notamment sur les moyens financiers qui approvisionnent le terrorisme ?
LE PRESIDENT : Oui, avec la Chine, nous sommes en parfaite concordance sur cette réalité que le terrorisme peut frapper partout, y compris en Asie, il a commencé à frapper en Asie, encore ces derniers jours, aux Philippines. Nous sommes également conscients que nous devons échanger autant que possible des informations, mais également des expériences. Avec la Chine nous le faisons parce que parfois les itinéraires qu'empruntent les terroristes ou les groupes qui les soutiennent sont tout sauf linéaires. Enfin, nous sommes d'accord avec la Chine pour lutter contre tous les trafics qui peuvent soutenir des organisations criminelles. D'ailleurs de toute nature terroriste. C'est pourquoi il a été obtenu dans ce Sommet, grâce à la Chine, et grâce à la France devrais-je ajouter, des règles extrêmement précises dans le cadre de ce qu'on appelle le GAFI, pour justement lutter contre ces formes illicites de financement qui alimentent le terrorisme.
Le GAFI est une institution qui va voir ses pouvoirs renforcés, ses capacités d'intervention également augmentées pour aller dans le sens qui nous est commun, c'est-à-dire la volonté de ne rien laisser comme espace, comme manière de financement au terrorisme.
Journaliste : Monsieur le Président de la République, bonjour. Vous venez de nous dresser un bilan plutôt positif des initiatives de la France, de ce qu'elle a pu réaliser à l'intérieur du G20. Vous êtes venu avec les ambitions que vous estimez avoir partiellement remplies sur la mondialisation régulée, sur la transition énergétique, sur la transparence financière, pardon, si j'en oublie, pourtant
LE PRESIDENT : C'est déjà un bon résumé
Journaliste : Pourtant, votre ministre de l'Économie démissionnaire, ancien ministre de l'Economie, vient de déclarer et d'accuser votre gouvernement d'avoir fait les choses à moitié. Partagez-vous ce point de vue ? Merci.
LE PRESIDENT : Je veux vous faire quand même un compliment, toujours être capable de poser une question qui n'a pas grand-chose à voir avec l'exercice. Pour ce que nous avons fait, nous l'avons fait complètement.
Journaliste : Monsieur le Président, je suis journaliste et ma question est de savoir quelle évaluation vous faites des résultats obtenus dans le domaine monétaire, financier et de la coopération dans le domaine de l'énergie entre la France et la Chine. Quelles étaient vos attentes, quelles sont vos attentes pour la coopération à venir dans ce domaine, dans ces domaines ? Je vous remercie.
LE PRESIDENT : Oui, vous évoquez un sujet très important qui est la volatilité des monnaies et d'une autre façon, la fluctuation des matières premières. Notre objectif que nous partageons là aussi avec la Chine est que les monnaies soient les plus stables possibles, conformément d'ailleurs à ce qu'elles peuvent représenter quant à l'économie réelle. Deuxièmement, que les prix des matières premières puissent être stabilisés. Quand le prix des matières premières est trop élevé, on en voit les conséquences en termes de pouvoir d'achat et donc de coûts aussi pour les entreprises. Quand le prix des matières premières est trop bas, on voit ce que cela peut représenter pour, les agriculteurs à l'échelle de la planète en ce moment. On voit bien que des pays qui jusqu'à présent pouvaient investir massivement, les pays émergents, en Afrique ou au Moyen-Orient ou dans d'autres régions du monde, l'Amérique latine, sont directement affectés par cette affaiblissement des cours.
Nous devons donc travailler à une visibilité, une stratégie de long terme sur le prix des matières premières et sur les monnaies. Sur l'énergie, vous savez la coopération qui existe entre la Chine et la France, en matière d'énergie nucléaire et en ce qui concerne la construction de centrales ici en Chine, ou pour des projets qui intéressent le Royaume Uni. Nous sommes attentifs à la décision que prendra, dans les jours qui viennent, la Première ministre britannique. C'est pour nous un sujet très important, qui intéresse la Chine et la France, mais aussi le Royaume-Uni car c'est son intérêt. Merci à vous.

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