Publié le 18 avril 2016

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la diversité religieuse en Orient, le tourisme confronté au terrorisme, la Francophonie en Egypte, les Coptes et sur la situation politique en Libye, au Caire le 18 avril 2016.

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la diversité religieuse en Orient, le tourisme confronté au terrorisme, la Francophonie en Egypte, les Coptes et sur la situation politique en Libye, au Caire le 18 avril 2016.

18 avril 2016 - Seul le prononcé fait foi

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LE PRESIDENT : Je voulais venir ici, sur ce lieu du Musée Copte, après être allé dans cette citadelle si magnifique qui est également une mosquée. Non loin, il y a une synagogue. Toutes les cultures, tous les cultes sont ici. C'est cette harmonie, ce dialogue, cette coexistence que nous devons à tout prix préserver. Préserver par l'entretien de ces lieux exceptionnels, préserver aussi dans l'esprit.
Parce que l'Orient, c'est la diversité, c'est la pluralité. C'est qu'il puisse y avoir à côté des musulmans, des chrétiens et aussi toutes celles et ceux qui veulent vivre ici, sans crainte pour leurs convictions ou pour leur foi.
C'est cette image de l'Orient que je veux promouvoir et défendre. Y compris par rapport au fondamentalisme, à l'extrémisme et à la radicalité sous toutes ses formes.
Il y a eu aussi un effort que je veux saluer pour que des partenaires puissent contribuer à entretenir ces lieux, partenaires français et égyptiens. Ici, des financements ont pu être trouvés, parce que nous avons une relation longue entre la France et l'Egypte, qui doit s'entretenir, qui doit s'enrichir.
Il y a aussi un sujet que je ne peux pas écarter, qui est celui de la sécurité et du tourisme. Il est très important d'assurer la sécurité, il est très important aussi que les touristes puissent venir ici, en Egypte, pour voir ces merveilles. Nous devons faire en sorte que les Egyptiens, mais également tous les autres pays puissent continuer à être visités. Parce que c'est aussi notre réponse à ceux qui veulent empêcher les voyages, les visites, les rencontres et aussi le dialogue entre les cultures.
Rappelez-vous ce qui s'est passé en Tunisie, c'est un musée qui avait été attaqué. Ici, il y a eu d'autres lieux qui ont été également victimes du terrorisme.
Nous devons donc, en même temps que nous assurons la sécurité nous en avons suffisamment parlé ici, en Egypte, ou au Liban nous devons aussi appeler les touristes à venir nombreux.
J'ajouterai un dernier mot sur l'initiative de la France par rapport aux biens culturels qui ont été saccagés, d'autres volés et qu'il nous appartient à la fois de reconstituer, mais aussi de réunir.
J'avais, auprès de l'Unesco, plaidé pour qu'il y ait un fonds qui soit constitué, pour que nous puissions restaurer les lieux et retrouver les biens culturels ou les mettre en protection, en sûreté. Parce qu'il s'agit du patrimoine de l'Humanité.
De la même manière, les terroristes s'attaquent aux personnes, s'attaquent aussi à certaines communautés, ils s'attaquent aussi aux biens, comme s'ils voulaient effacer l'Histoire et les civilisations.
Cette initiative maintenant prend forme, il y a des financements qui ont été trouvés. J'aurai encore avec l'Unesco, l'idée d'un fonds qui pourra très rapidement se mobiliser pour atteindre cet objectif.
Ce matin, il y a eu de nombreux échanges sur le développement économique. Le développement économique doit contribuer aussi à ce que l'Egypte retrouve confiance en son avenir. L'Egypte est un grand pays, je l'ai suffisamment souligné. J'ai également rappelé les principes qui doivent constituer sa base. J'ai, à chaque fois, évoqué les droits de l'homme et sur un certain nombre de cas j'y reviendrai. Nous devons aussi amplifier nos échanges économiques, commerciaux, nos investissements et également nos échanges culturels.
L'Egypte est un pays francophone, où il convient de faire encore davantage enseigner et parler le français. Nous avons aussi une tradition liée à l'archéologie, au patrimoine et nous voulons également la perpétuer, la renforcer, avec des projets de musées, mais aussi encourager la création. C'est pourquoi je me suis entretenu avec un certain nombre de personnalités culturelles tout à l'heure.
Journaliste :
Les Coptes font partie de l'Egypte depuis toujours, en tout cas depuis que la religion copte, c'est-à-dire chrétienne s'est installée ici, en Egypte. Ici, nous sommes dans le lieu où toutes les religions ont coexisté. J'ai à cur de défendre la présence des Chrétiens en Orient et notamment des Coptes. Je remercie ici les autorités coptes qui sont venues m'accueillir dans ce musée. A côté, il y a une magnifique église, il y a plein d'églises coptes. Il est très important que, non seulement nous puissions aider à la préservation du patrimoine, il n'y a pas que le patrimoine que nous devons préserver, mais aussi à cette pluralité, cette diversité.
On sait bien qu'il y a eu une période où les Coptes ont été directement menacés, où il y a eu des attentats contre les lieux de confession copte ou des lieux où vivaient les Coptes. L'Egypte, c'est une société pluraliste, ça doit être aussi pour nous une conception que nous avons du Moyen-Orient.
Les Chrétiens d'Orient et notamment les Coptes doivent rester en Orient. Il y a parfois un certain nombre de demandes qui nous sont faites en disant : « Accueillez des Chrétiens en Europe et en France ». Nous en accueillons. Mais la volonté qui est la nôtre, c'est que les Chrétiens restent en Orient. Parce qu'ils contribuent à ce qui est justement la richesse des pays qui ont été constitués avec les Chrétiens, les Musulmans et d'autres encore.
Journaliste :
Nous savons le rôle que joue cette grande université Al Azhar. Au mois de mai, son responsable viendra en France dans le cadre d'un colloque. Parce que ce que nous voulons, c'est justement cette rencontre, ce dialogue entre les cultures et notamment cet islam, islam de paix, islam de très grande qualité intellectuelle que représente cette université. Je rappelle que cette université forme des imams et que ces imams ont toutes les conditions pour enseigner, lorsqu'il est possible qu'ils le fassent en français, y compris dans notre pays.
Journaliste :
Merci d'abord, merci de parler le français, merci d'avoir une chaîne de télévision qui s'exprime en français. Merci aussi à la presse francophone, il y en a une aussi. La Francophonie n'est pas un cadeau simplement de ceux qui parlent français. La Francophonie c'est un combat, un combat pour des valeurs, un combat pour la culture, un combat pour la diversité. Nous voulons donc ici, à l'occasion de cette visite d'Etat, promouvoir la Francophonie.
Comment ? Par nos établissements d'enseignement en français, nos lycées au Caire, à Alexandrie. Egalement par tous les établissements qui enseignent en français et qui relèvent de notre responsabilité. Egalement en ayant une coopération avec le gouvernement égyptien, pour qu'il y ait davantage de places pour le français.
Je veux aussi montrer un engagement personnel, nous accueillerons plus d'étudiants égyptiens en France, pour que justement ils puissent revenir ensuite en Egypte et faire en sorte que la Francophonie continue d'être promue, comme vous le faites aujourd'hui. Merci.
Journaliste :
Nous avons parlé de la Libye hier, nous continuerons à en parler aujourd'hui, puisqu'il y aura le dîner d'Etat. La France et l'Egypte doivent concourir à renforcer l'autorité du gouvernement qui est maintenant le gouvernement légitime de la Libye. L'armée libyenne doit être également au service de ce gouvernement et le gouvernement doit contribuer à ce que l'armée libyenne puisse rétablir la sécurité.
J'ai également ajouté que l'Europe était prête à répondre à des demandes qui lui seraient adressées, notamment pour qu'un certain nombre de navires, bâtiments puissent entrer dans le domaine maritime de la Libye. C'est d'autant plus important qu'il y a des drames qui se produisent en ce moment même sur la Méditerranée et que tout ce qui contribuera à renforcer justement le contrôle, la sécurité, la lutte contre les trafics portera également des résultats en termes bien sûr de lutte contre le terrorisme, mais aussi de prévention d'un certain nombre de tragédies ou de catastrophes, comme nous pouvons en connaître.
Journaliste : Vous avez eu les sondages Qu'est-ce que vous pouvez encore dire aux Français ?LE PRESIDENT : Je leur dirai, mais pas ici dans ce lieu, même si vos prières sont les bienvenues. Merci.

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