Publié le 7 avril 2016

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les relations entre la France et l'Allemagne et sur la crise des réfugiés, à Metz le 7 avril 2016.

7 avril 2016 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les relations entre la France et l'Allemagne et sur la crise des réfugiés, à Metz le 7 avril 2016.

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Nous n'avons pas participé à tous vos travaux, mais l'idée que nous voulions promouvoir avec cette rencontre exceptionnelle, ici, la Chancelière et moi-même, c'était de montrer comment, face à des sujets comme la question de l'emploi ou la question de l'éducation, nous pouvions apporter des réponses. Surtout, dans le contexte des réfugiés, comment nous pouvions montrer que nos sociétés peuvent également intégrer et faire en sorte que, face aux risques qui existent de racisme, d'incompréhension, de peur, nous puissions conjurer ces menaces et conjuguer nos efforts.
Nous avons besoin de vous, les jeunes, parce que c'est vous qui devez dire dans quelle société vous voulez vivre. Tout à l'heure, tu as toi-même avancée cette belle proposition, qui est que l'Europe doit être le cadre à la fois de protection et d'épanouissement. Cela suppose de mieux se connaître. Quand il y a eu l'office franco-allemand pour la jeunesse, c'était au moment du Traité d'amitié entre la France et l'Allemagne, dans un contexte où on voulait justement effacer les séquelles de la guerre. Aujourd'hui, il faut repenser complètement cette amitié qui n'est plus liée à la guerre, qui doit être liée à tous les défis que nous devons rencontrer, parce que la guerre est aussi à nos portes et donc nous devons faire en sorte d'apporter nous-mêmes une réponse commune, dans nos sociétés et dans nos politiques.
C'est pourquoi nous vous remercions beaucoup pour vos fresques. Je crois que chacun doit apporter sa contribution et c'est vous, votre génération, qui doit maintenant prendre la parole pour dire ce que vous voulez.
(Discussion)
Il y a une aspiration très forte des jeunes à aller dans des écoles de culture artistique dans tous les domaines. Tu viens de faire acte de candidature, ou en Allemagne ou en France, et on va regarder comment on peut faire. Néanmoins, il y a heureusement des bourses qui permettent à certains étudiants de pouvoir aller vers ces filières mais pas assez. Je veux souligner une action que nous avons engagée avec la Chancelière, notamment dans le domaine culturel, pour faire en sorte que nous puissions ensemble défendre une même conception de la culture, de la création à l'échelle de l'Europe et dans les grandes négociations internationales. Notamment sur un sujet qui peut intéresser beaucoup de responsables culturels : les droits d'auteur et le numérique, pour justement permettre par le numérique qu'il y ait des créations culturelles. C'est un engagement que nous avons pris avec la Chancelière et que nous allons confirmer au cours de la rencontre d'aujourd'hui. Ta question était donc parfaitement dans le sujet.
(Discussion)
Je veux remercier Madame KRAMP-KARRENBAUER et Jean-Marc AYRAULT. Nous avions eu l'idée de ce rapport, Madame MERKEL et moi-même, lors de l'un de nos dîners, où nous nous interrogions sur une façon d'illustrer ce que nous pourrions faire ensemble, la France et l'Allemagne. C'était avant la crise des réfugiés et nous avions convenu que nous n'avions pas du tout les mêmes trajectoires migratoires, la France et l'Allemagne, compte tenu de l'histoire, mais que nous pouvions affronter les mêmes difficultés, pour intégrer les populations qui étaient issues de l'immigration et aussi pour lutter contre les discriminations, pour faire en sorte que l'égalité puisse être promue.
Nous avons eu après, au cours de la rédaction de ce rapport, la crise des réfugiés, qui rend encore les préconisations que vous avez voulu faire, plus actuelles que jamais et notamment les politiques éducatives. Les politiques également de lutte contre la radicalisation, parce que c'est une menace qui existe et que nous devons regarder en face, mais nous devons aussi voir le caractère positif de ce que nos sociétés peuvent avoir en termes de diversité.
Je pense que ce rapport vient au bon moment et peut illustrer que deux sociétés, apparemment différentes dans leur construction, peuvent porter les mêmes politiques et avoir les mêmes réponses face à de grandes questions qui, à la fois inquiètent nous savons l'état des opinions publiques - et en même temps, peuvent aussi constituer une source d'espoir. Cela tombait bien que nous puissions aujourd'hui présenter ce rapport avec les jeunes allemands et jeunes français.

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