Publié le 22 février 2016

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur l'isolement de l'île de Wallis et ses difficultés d'accès notamment l'électricité et à la santé, à Uvéa le 22 février 2016.

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur l'isolement de l'île de Wallis et ses difficultés d'accès notamment l'électricité et à la santé, à Uvéa le 22 février 2016.

22 février 2016 - Seul le prononcé fait foi

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Messieurs les chefs coutumiers,
Monsieur le député,
Monsieur le sénateur,
Monsieur le président de l'assemblée territoriale,
Monsieur le conseiller économique, social et environnemental,
Monseigneur,
Mesdames et Messieurs qui représentaient la population de Wallis, ici à Uvéa.
Il y a longtemps, très longtemps, trop longtemps qu'un Président de la République française n'était venu à Wallis. Vous avez rappelé 37 ans, deux générations ou presque, 37 ans que vous attendiez un Président de la République.
Je suis là aujourd'hui. Je vous avais reçu à l'Elysée en 2013, il y avait là les chefs coutumiers, les élus et j'avais à mon tour fait en sorte de vous montrer l'attachement qu'a la France pour Wallis-et-Futuna.
Vous m'aviez demandé non pas une faveur, vous m'aviez demandé d'honorer une invitation, la vôtre : venir à mon tour ici à Wallis et tout à l'heure à Futuna. C'est un long voyage, mais qui rappelle que la France est partout dans le monde. Vous êtes le territoire le plus éloigné de la métropole mais vous avez le cur très proche, tout proche de l'hexagone. Chaque fois que notre capitale, Paris, peut connaître une épreuve, vous êtes là, à nos côtés parce que vous êtes la France.
Vous avez voulu être Français, en 1959 £ les plus anciens qui sont encore là peuvent en témoigner. Il y a eu cette consultation et la population de Wallis et de Futuna a voulu être partie prenante de la République française. Un statut, deux ans plus tard, a consacré ce lien indestructible et aujourd'hui nous sommes là pour le constater.
Vous m'avez accueilli par de multiples offrandes et j'en ai été très ému, mais aussi par une tenue vestimentaire que je ne porterai pas encore complètement aujourd'hui mais dont je vous promets de me parer le moment venu. Vous m'avez aussi offert le Kava, cette boisson qui pour vous est un symbole et qui, pour moi, sera une force supplémentaire pour relever les défis qui nous attendent.
Vous avez raison d'être ce que vous êtes, c'est-à-dire avec des institutions qui sont singulières, à nulle autre pareilles, où l'on trouve à la fois des élus dans le cadre d'une assemblée, mais aussi des parlementaires qui vous représentent dans ce qu'il y a de plus symbolique, la Nation française et son Parlement. Vous avez aussi ces institutions coutumières, fruits de l'histoire, produits de vos traditions et auxquelles vous êtes très attachés.
Ces institutions sont essentielles pour l'équilibre, cela ne veut pas dire qu'elles soient toujours paisibles, mais il y a cette nécessité de pouvoir parler autant qu'il est possible au nom de l'histoire pour préparer l'avenir.
Le Président de la République est ici parmi vous et vous êtes en droit de l'interroger sur un des principes qui fonde nos institutions, notre République, notre devise : l'égalité. Vous m'avez interrogé, interpellé même, c'était en 2013, sur l'agence de santé. Je sais combien cette question est cruciale ici, parce qu'elle est essentielle à la vie même. J'ai voulu avec la ministre, avec le Premier ministre, faire en sorte que nous puissions répondre à votre appel et des crédits ont été mis à la disposition de l'agence pour que nous puissions faciliter l'accès aux soins et permettre aussi les transports indispensables.
Et puis il y a ce droit à l'électricité, j'entends par là un tarif d'électricité qui soit semblable à celui de tous les territoires d'outre-mer et aussi de l'hexagone. Là aussi, j'ai pris l'engagement d'un alignement progressif et d'ici 5 ans, ce sera le même prix ici à Wallis et Futuna.
J'aurai à délivrer un discours plus complet devant l'assemblée territoriale, mais j'ai voulu commencer ma visite ici comme un symbole, comme pour vous marquer l'attachement que je porte à ce que vous êtes, puisque vous avez voulu marquer votre attachement à la République française.
Je n'oublie pas aussi le sacrifice des Wallisiens qui sont parmi les plus valeureux de nos soldats et qui aujourd'hui patrouillent dans l'Hexagone pour nous protéger ou sont en mission extérieure et je veux ici vous exprimer toute ma reconnaissance. J'ai voulu aussi prendre le temps de comprendre ce que sont vos traditions, votre culture, ce qu'elles peuvent apporter à la France. La France, je l'ai dit, est partout présente dans le monde, c'est une chance considérable et je vous remercie d'être justement partie prenante de la France, de nous offrir cet espace maritime, ces paysages, cette beauté, cet engagement. Je suis heureux d'être parmi vous, fier d'avoir participé à cette cérémonie et conscient de ce que cette présence représente pour vous et représente pour moi.Vive Uvéa, vive Wallis et Futuna, vive la République et vive la France.

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