Publié le 25 novembre 2015

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la lutte contre le groupe terroriste Daech et sur la question des réfugiés, à Paris le 25 novembre 2015.

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la lutte contre le groupe terroriste Daech et sur la question des réfugiés, à Paris le 25 novembre 2015.

25 novembre 2015 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames, Messieurs,
Je veux une fois encore remercier Angela, la Chancelière d'Allemagne, pour sa présence, pour les mots qu'elle a prononcés dès la nuit du drame et aussi pour le geste qu'elle vient de faire ici, à Paris : déposer une fleur place de la République, pour montrer la solidarité du peuple allemand dans cette circonstance si éprouvante.
S'il en était encore besoin de montrer ce qu'est l'amitié entre la France et l'Allemagne, nous aurions une fois encore une nouvelle preuve et une nouvelle illustration de ce qu'elle peut être et de ce qu'elle signifie, pas simplement une relation entre chefs d'État et de gouvernement, mais véritablement une forme de compréhension lorsque le malheur frappe.
Je me souviens encore de la présence d'Angela, c'était après les drames et les tragédies du mois de janvier, de sa présence dans cette manifestation. Puis lorsque des catastrophes se sont produites, on se souvient, dans les Alpes-de-Haute-Provence, nous étions une fois encore unis dans la même émotion.
Mais nous ne sommes pas simplement dans la compassion parce que nous devons être dans l'action contre le terrorisme. Nous avons des responsabilités dans nos deux pays. Nous devons prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger notre population et notre territoire car aucun pays n'est à l'abri d'une action terroriste et notamment venant du groupe Daech. Nous le voyons encore ces derniers jours, ce groupe a frappé en Tunisie. J'ai eu le Président tunisien à l'instant au téléphone et je lui ai exprimé le soutien de la France et de l'Allemagne, puisque nous étions prêts à nous rencontrer, Angela et moi-même.
Nous devons donc agir. Agir aussi au plan européen et c'est la raison pour laquelle, lors du Conseil des ministres qui s'est tenu vendredi dernier ce que l'on appelle le Conseil JAI , il y a eu des décisions importantes, notamment sur le PNR européen pour contrôler les déplacements aériens £ lutter aussi contre le trafic d'armes £ mieux contrôler nos frontières, nos frontières extérieures £ et aussi éradiquer le terrorisme en asséchant son financement.
Mais nous ne pouvons pas simplement prendre des mesures en France, en Allemagne, en Europe par rapport à la lutte contre le terrorisme, nous devons agir sur la source même, sur les causes mêmes et notamment sur le groupe Daech, l'État islamique, en Syrie et en Irak. Ça a été le sens de ma visite hier aux États-Unis, à Washington. J'ai rencontré le Président OBAMA. Nous avons convenu d'intensifier les frappes pour faire que ce groupe Daech puisse être atteint en son cur et aussi que nous puissions le briser au niveau de ses points d'approvisionnement, que nous puissions coordonner nos efforts, avoir davantage d'informations sur les cibles que nous pouvons retenir.
Demain, je serai à Moscou, je rencontrerai le Président POUTINE. Je lui dirai que c'est contre Daech que nous devons tous agir et que nous devons déployer nos moyens les uns comme les autres pour éradiquer ce groupe et coordonner nos actions.
Aujourd'hui, je suis avec Angela MERKEL, la Chancelière d'Allemagne. Je sais qu'elle a déjà pris des dispositions importantes et je veux l'en remercier. Je n'oublie pas ce qu'elle avait déjà fait pour nous accompagner dans notre intervention au Mali. Encore aujourd'hui, elle a annoncé qu'elle pourrait déployer davantage de personnels au Mali, ce qui conduira à ce que nos forces puissent se déployer ailleurs et aussi agir dans la zone du Sahel. Je veux souligner une fois encore combien le Mali a besoin d'être soutenu, d'être aidé, d'être protégé avec ce qui s'est passé à l'HÔTEL RADISSON.
Mais je souhaite que l'Allemagne puisse s'engager encore davantage dans la lutte contre Daech en Syrie et en Irak et je serai très attentif à ce que pourra dire la Chancelière là-dessus, en sachant quelles sont les règles qui existent en Allemagne par rapport à l'intervention extérieure. Mais si l'Allemagne pouvait aller plus loin, ce serait un très bon signal dans la lutte contre le terrorisme.
Ce que je veux au cours de cette semaine et compte tenu de la responsabilité qui est la mienne après ce qui s'est produit le 13 novembre, c'est faire que l'ensemble de la communauté internationale puisse agir et coordonner ses efforts. J'ai également voulu que les ministres de la Défense de l'Europe puissent porter assistance à la France, comme les règles du traité nous y obligent.
Enfin, sur la question de ce qui se produit en Syrie ou autour de la Syrie et avec l'incident grave, c'est-à-dire un avion russe qui a été abattu par les Turcs dans leur espace aérien, je pense que nous devons tout faire pour qu'il y ait une désescalade et pour qu'il puisse y avoir une reprise aussi rapide que possible du dialogue.
Nous allons également ce soir parler de la situation des réfugiés. Un grand nombre de personnes sont venues en Europe parce que, justement, ces personnes fuyaient les massacres en Syrie, les bombardements du régime, les tueries de Daech. C'était notre devoir d'accueillir ces personnes. Nous devons éviter un amalgame qui serait insupportable, qui laisserait penser que les réfugiés sont des terroristes. Il est possible et nous en avons eu hélas la preuve que des terroristes peuvent utiliser le cheminement des réfugiés mais il nous appartient de les contrôler avant qu'il ne soit trop tard et c'est ce que nous devons faire.
La question des réfugiés est devenue une question extrêmement sensible non pas à cause des événements qui se sont produits à Paris mais parce qu'il y a eu des dizaines de milliers, des centaines de milliers de personnes qui sont venues et je sais ce que l'Allemagne a été capable de faire pour les accueillir. Donc nous devons et c'était la position que nous avions adoptée, la Chancelière et moi-même avoir une politique qui puisse être effective pour le contrôle de nos frontières extérieures et que nous puissions agir, notamment avec la Turquie, pour que ces personnes qui sont tentées de fuir puissent être accueillies au plus près de leur pays d'origine. Ça sera le sens de la réunion qui se tiendra à Bruxelles, le Conseil européen, avec la Turquie, pour que nous puissions définir clairement les obligations et apporter c'est bien légitime le soutien et l'aide que l'Europe doit avoir vis-à-vis de la Turquie.
Enfin nous sommes réunis à la veille de la Conférence sur le climat. C'est un grand événement, grand événement de la planète pour la planète. Je veux remercier la Chancelière, présidente du G7, qui a beaucoup uvré pour qu'au-delà des engagements que l'Europe a voulu souscrire, nous puissions emmener l'ensemble des pays les plus riches mais aussi les pays émergents vers un accord qui doit être forcément universel et contraignant.
Voilà les trois grands sujets que nous allons aborder au cours de ce dîner : la lutte contre le terrorisme, les réfugiés pour trouver une solution durable et enfin le climat. Mais il y a ces sujets, il y a l'actualité et puis il y a la constance qui fait que, très régulièrement, à Berlin, à Paris ou dans d'autres instances, l'Allemagne et la France parlent d'une seule voix. C'est le cas aujourd'hui.

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