Publié le 28 avril 2015

Déclarations de M. François Hollande, Président de la République, et Mme Anne Lauvergeon, sur l'innovation, à Paris le 28 avril 2015.

Déclarations de M. François Hollande, Président de la République, et Mme Anne Lauvergeon, sur l'innovation, à Paris le 28 avril 2015.

28 avril 2015 - Seul le prononcé fait foi

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Anne LAUVERGEON :
Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs les lauréats,
Chers amis.
Monsieur le Président, les sept stands que nous venons de visiter, ces sept innovations, ces sept innovateurs, que nous avons rencontrés, c'est une illustration des talents de la France, de l'envie d'entreprendre, et de notre travail pour encourager l'innovation dans notre pays.
Vous avez installé la commission Innovation en avril 2013. En deux ans nous avons identifié les sept ambitions stratégiques que la France ne doit pas rater, lancé un principe d'innovation qui a été adopté à l'Assemblée nationale et récompensé 126 projets innovants sur les deux phases du concours mondial.
Monsieur le Président, mesdames et messieurs les ministres, et surtout vous, les candidats et lauréats, vous avez rendu tout cela possible. Le concours c'est une coproduction de la société civile, du Commissariat Général à l'investissement, de la BPI, et de différentes administrations, et je dois témoigner que nous travaillons tous de concert avec beaucoup d'enthousiasme et sans aucun frottement.
Nous avons avec nous aujourd'hui les héros et les héroïnes de la France qui bouge, qui avance, sans se plaindre et sans épargner ni son énergie, ni sa peine. L'innovation c'est la clé d'une croissance stable, forte, durable, et je crois que notre force, à nous Français, mais de manière plus internationale, réside dans nos idées, et dans notre capacité à les mettre en uvre.
Des idées de tous ordres, pas seulement technologiques, parce qu'on a toujours tendance à réduire l'innovation à la technologie, mais aussi d'usages : innovation d'usages, innovation sociale, innovation sociétale. L'innovation c'est le fer de lance de notre avenir.
Cette nouvelle étape des concours mondiaux nous montre une fois de plus l'engouement pour créer, la dynamique pour entreprendre et la volonté d'innover en France. A l'occasion de la deuxième phase du concours mondial nous avons reçu des projets innovants, de candidats de nationalités des quatre coins du monde. C'est un plaisir de voir combien la France devient aussi une destination pour l'innovation. Aujourd'hui nous avons les 16 premiers lauréats pour cette deuxième phase, 16 innovateurs, qui aspirent à devenir les champions de l'économie française. Ce sont des entrepreneurs, des groupes familiaux, des grands groupes, des institutions. Tous et toutes ont la volonté de créer pour offrir un nouveau service, répondre à un besoin, améliorer la qualité de notre vie.
Nous l'avons constaté sur les stands, leurs innovations peuvent être donc techniques, pour produire par exemple la greffe osseuse avec une imprimante 3D ou explorer les fonds marins, des innovations sociales, en créant un lien intergénérationnel fort, et permettre aux personnes âgées de rester plus longtemps chez elles, ou d'usages à travers de nouvelles recettes culinaires ou par l'ergonomie innovante d'une application qui va changer nos modes de vie.
Elles sont souvent le fruit d'équipes transversales, pluridisciplinaires, c'est une source de créativité et d'innovation. D'ailleurs, on doit remarquer que parmi ces 16 lauréats, il y a un certain nombre de projets collaboratifs : plusieurs partenaires apportent chacun leurs compétences, et je crois que ça c'est vraiment aussi une des clés de l'innovation.
Alors, en lançant le concours mondial de l'innovation nous souhaitions donc encourager l'innovation dans les sept ambitions stratégiques, favoriser la création de projets innovants en France, et les accompagner au cours de leur développement pour devenir des leaders mondiaux. Je crois que cette dynamique est aujourd'hui un succès. En tout près de 70 % des lauréats de la deuxième phase étaient déjà lauréats de la première. 25 % des nouveaux lauréats impliquent des partenaires étrangers, qui ont voulu venir innover aussi en France.
Monsieur le Président, vous avez annoncé en juillet dernier votre souhait de relancer un cycle de concours, c'est une attente, je crois, de tout l'écosystème. Chaque semaine des porteurs de projets nous demandent quand sera lancée la nouvelle phase et je crois que c'est effectivement la meilleure preuve d'engouement. Alors la prochaine phase, je crois, c'est pour septembre, le 2 septembre de cette année.
Monsieur le Président, il y a 2 ans vous nous aviez donc demandé de faire des choix, de définir les priorités que la France ne pouvait pas rater pour établir son succès de demain. Ce sont des choix pour le long terme, et ils sont, je dois le dire, apolitiques, partagés, ce qui est suffisamment rare dans notre pays pour le souligner.
A la lumière des réflexions récentes, la commission Innovation souhaiterait vous faire deux propositions, pour la suite de ces ambitions stratégiques. La première c'est de transformer l'ambition recyclage des métaux en tri et recyclage des matières, élargir le scope, Le recyclage des métaux est un enjeu majeur, comme on a eu l'occasion de le voir. Mais nous avons aussi vu que les demandes des industriels, des PME, des grandes entreprises, et puis aussi beaucoup de nos concitoyens, c'est le besoin de traiter les matières, d'un point de vue global. Et puis il est difficile de séparer le tri et le recyclage.
Etre innovant dans ces domaines, je crois, est tout à fait clair. Aussi nous vous proposons de modifier l'ambition recyclage des métaux, en tri et recyclage des matières.
D'autre part, nous vous proposons de créer une huitième ambition stratégique. Vous vous souvenez que pour définir les sept ambitions stratégiques nous avions travaillé sur l'évolution des grandes tendances sociétales, du monde, d'ici 2030, et nous étions partis des atouts de notre pays. La situation géopolitique mondiale, les attaques que la France a subi, depuis le début de cette année, et puis tout ce qui se passe dans le reste du monde, montre les distances d'une tendance forte d'accroissement des dangers, des risques, des menaces.
Notre pays est riche d'entreprises, petites et grandes, dans le secteur de la protection, de la sécurité, de la défense de notre pays, et c'est pourquoi nous vous proposons en fait de créer une huitième ambition stratégique pour l'innovation qui serait « sécurité collective et protection contre les attaques malveillantes ». Cette ambition, qui pourrait regrouper les solutions innovantes, technologiques, d'usages, pour assurer la sécurité des personnes, et des lieux, qui comprendrait bien sûr l'utilisation d'objets connectés, de matériaux ultra-résistants, de solutions de protection contre les drones, etc dans tous ces domaines nous pourrions concentrer nos efforts et encourager l'innovation pour répondre aux besoins de notre sécurité.
Monsieur le Président, si vous en étiez d'accord, je crois qu'il serait aussi nécessaire d'associer aux réflexions de la Commission, et au jury de sélection du concours, des spécialistes de l'éthique. Travailler avec des penseurs de l'éthique et de la morale c'est la condition, je crois, nécessaire, pour élaborer des innovations équilibrées pour la sécurité des Français, mais aussi la protection de leurs libertés individuelles.
Mesdames et messieurs je crois qu'il est temps de laisser la place aux lauréats, que je tiens à féliciter au nom de la Commission, et du Concours mondial d'innovation. 16 nouveaux lauréats, bravo à tous et à toutes, bravo pour votre énergie, votre dynamisme, pour créer l'avenir en France. Alors, les 16 vont recevoir un trophée pour marquer votre réussite, 7 d'entre vous, on est désolé, seulement 7, mais c'est vraiment un choix cornélien qui a été fait, 1 par ambition, vont venir prendre la parole, et, rassurez-vous, tout le monde va recevoir un trophée à l'issue du discours du Président de la République, et il vous sera remis par le Président du jury au stand de votre ambition. Donc, si je peux vous inviter, Monsieur le Président, à venir nous rejoindre sur scène pour la présentation des 7 projets lauréats du concours mondial.
Je vais appeler maintenant monsieur Patrick PAILLERE, le directeur général d'ERGOSUP. Madame Ekaterina SHILOVA, la Présidente d'AJELIS. Monsieur Guillaume DE SOUZA, Président d'ADIONICS. Madame Anne WAGNER, directrice de recherche de TEREOS. Monsieur Gordon HAMILTON, Président de PICOSEQ. Le docteur Pierre SABIN, Président de PLUGMED HEART. Et enfin monsieur Simon BOUCHEZ, directeur général de MULTIPOSTING. Et je crois que maintenant chacun va présenter son projet.
Patrick PAILLERE : Bonjour. Patrick PAILLERE, directeur de la start-up ERGOSUP. L'hydrogène apparaît comme le vecteur énergétique le plus prometteur pour aller vers la mobilité propre et décarbonée, et c'est dans cette perspective que la société ERGOSUP développe un générateur d'hydrogène destiné à alimenter les véhicules à carburant hydrogène.
La technique de base pour produire de l'hydrogène c'est de décomposer de l'eau avec de l'électricité, et tous les procédés existants actuellement conduisent à une production simultanée de l'oxygène et de l'hydrogène. Notre innovation c'est d'utiliser un additif, qui est un sel de zinc, qui va permettre de décomposer l'eau, de la même façon, mais le faire en deux temps successifs.
Dans un premier temps, sous effet du courant, on a la libération de l'oxygène, et seulement dans un deuxième temps on libère l'hydrogène tout seul. Alors, cette façon d'opérer a des avantages tout à fait significatifs. Premièrement l'hydrogène peut être produit directement sous très haute pression, la pression qui est attendue par les réservoirs des véhicules. Deuxièmement, la sécurité est améliorée, car on évite le risque de re-mélange de l'oxygène et de l'hydrogène gazeux.
Et troisième avantage, un avantage économique : l'électricité elle est consommée au moment où elle est, soit peu chère, par exemple pendant les périodes hors pointe, ou lorsqu'elle est disponible avec de l'énergie renouvelable intermittente. Alors, le Concours mondial a eu un effet booster extrêmement important, avec des impacts financiers et également en termes de notoriété.
Nous serons 15 en 2016, donc un programme de recrutement. AIR LIQUIDE va participer à l'étude d'intégration du système dans une station service, nous avons un support financier et logistique de la Basse-Normandie. Nous avons déjà identifié deux démonstrateurs dans les territoires, dans la Manche et dans la Drôme, et nous avons une levée de fonds en cours avec une première lettre d'intention qui vient d'arriver. Merci Monsieur le Président pour cette initiative vers les innovateurs, et merci pour nous avoir récompensés aujourd'hui.
Ekaterina SHILOVA, AJELIS : Hébergés en alliance et en collaboration étroite avec deux organismes publics, notre entreprise développe des techniques de filtration de métaux à partir des eaux industrielles. Ces techniques ont été développées par Pascal VIEL du CEA Saclay, Vincent HUC de l'Université Paris Sud, et moi-même. Nous proposons une nouvelle génération de matériaux, très sélectifs, pour différents métaux ciblés, métaux lourds, radionucléides, et terres rares.
Nos matériaux s'inscrivent parfaitement dans une démarche d'économie durable, respectueuse de l'environnement, et dans le concept d'Usine du futur, parce qu'ils permettront aux industriels la réduction significative du coût de retraitement de leurs déchets liquides. Les enjeux du projet CYTER ont été adaptés à nos matériaux pour la capture sélective de terres rares à partir de déchets électroniques. La première conséquence de la remise du prix du Concours mondial de l'innovation était la création de l'entreprise AJELIS en septembre 2014, qui était initialement prévue 1 an plus tard. Le prix a donc joué comme un accélérateur.
Le Concours s'est également révélé un élément fort de visibilité et de communication pour AJELIS. Il reste toujours un label d'excellence dans le cadre du dépôt de dossiers de financement auprès d'investisseurs publics et privés, et je vous remercie beaucoup pour cette opportunité exceptionnelle.
Guillaume DE SOUZA, Président d'ADIONICS : Bonjour. ADIONICS, Advanced Ionic Solutions, développe une solution de rupture en dessalement d'eau. C'est une société qui a été créée il y a 3 ans, qui compte aujourd'hui 14 collaborateurs, je travaille personnellement sur ce projet depuis 7 ans. L'idée c'est de rompre complètement avec l'état de l'art qui consiste à extraire de l'eau salée, pour obtenir de l'eau dessalée. Nous, ce que l'on fait, c'est qu'on extrait le sel de l'eau salée.
C'est aussi simple que ça. Quand vous avez dans l'eau de mer 3 à 4 % de la masse qui est du sel, déplacer que le sel coûte beaucoup moins d'énergie : ça coûte 110 fois moins de chaleur, d'extraire le sel de l'eau de mer, que de faire bouillir de l'eau. En faisant cela, pour y arriver, on a développé un liquide de synthèse aux propriétés uniques au monde. Ce liquide, quand vous le mettez en contact avec de l'eau salée, vous avez un transfert naturel du sel, de l'eau salée, vers ce liquide.
La belle chose de l'histoire, c'est que quand ce liquide, vous le mettez à chaud, vous le chauffez, le transfert est réversible, c'est-à-dire qu'il va re-larguer ce sel. Ainsi vous allez pouvoir recycler le liquide au sein du procédé. Vous allez là les photos d'un projet en cours de développement dans lequel vous avez des colonnes qui mettent en contact intimement ce liquide très spécifique avec de l'eau salée pour obtenir de l'eau dessalée.
Il y a de multiples applications, aussi bien pour traiter des eaux très salées, des saumures industrielles. Le monde du pétrole est en recherche de technologie de dessalement pour des saumures £ aujourd'hui, il n'y a que l'évaporation qui coûte une fortune. Il y a aussi par exemple, aller chercher sélectivement certains sels à forte valeur ajoutée on parle de lithium, on parle de choses comme ça. On consomme très peu d'énergie, peu d'impact environnemental, une vraie rupture.
Le Concours Mondial Innovation, pour ADIONICS, c'est vraiment la possibilité d'être visible. On est en pleine levée de fonds, donc c'est aussi un avantage fort pour essayer d'identifier des investisseurs qui sont prêts à porter le projet avec nous. C'est aussi une équipe, c'est la reconnaissance d'un projet exceptionnel. Et puis enfin, c'est aussi une occasion de faire venir à nous des talents qui ont la même ambition que nous : le dessalement de l'eau pour tous. Merci.
Anne WAGNER, directrice de Recherche & Développement de TEREOS : Bonjour, Anne WAGNER, directrice Recherche & Développement du groupe TEREOS. G-EN-VIE est un projet de viande végétale. Le défi c'est, avec des protéines végétales, de lever les freins à la consommation que peuvent être le goût, la couleur, la texture et la qualité nutritionnelle du produit.
Au centre du projet, il y a une technologie innovante de texturation de protéine de blé, donc une protéine qui est issue de grande culture, qui est abondante, disponible et peu chère, qui permet de donner une texture très ferme, très proche de la viande, ce qui est très rare dans les protéines végétales qui sont plutôt des textures molles est élastiques.
Nous avons développé trois prototypes dans le cadre du projet, un burger, comme vous pouvez le voir sur le visuel, mais également une saucisse et un filet de viande. Un atout de la technologie est qu'on peut y incorporer en quantité importante d'autres composants, d'autres ingrédients sans compromettre ni la texture, ni la tenue à la cuisson. Donc on garde une texture très ferme. Par exemple, dans des nuggets, on a pu incorporer jusqu'à 40 % de légumes, de fèves, de graines, voire de fruits pour donner un aspect un peu plus ludique au produit.
Cette propriété devrait permettre de lever deux verrous de développement des protéines végétales, qui sont le goût et la qualité, et qui sont les critères numéro un d'achat des consommateurs encore devant le prix, bien que le prix doive rester modique pour pouvoir atteindre un grand nombre.
Un dernier atout de la technologie est que le produit est sec, donc affranchi des contraintes de chaîne du froid. Donc une logistique qui est simple, peu onéreuse et qui ouvre des perspectives de développement vers le grand export, notamment vers des zones qui sont déficitaires en protéines.
Aujourd'hui, au nom de TEREOS et au nom de mon équipe, je suis ravie de recevoir ce Prix du Concours Mondial de l'Innovation qui va nous permettre d'accélérer notre phase de développement. Et puis pour nous, il s'agit également d'une étape importante et significative d'une filière française de valorisation des protéines végétales. Merci.
Gordon HAMILTON, Président de PICOSEQ : Bonjour, je m'appelle Gordon HAMILTON, je suis d'origine anglaise, et je suis venu ici en France en 2012 pour créer la société PICOSEQ. Aujourd'hui, on est une équipe très internationale, réfléchissant dans l'esprit mondial de ce Concours.
PICOSEQ a travaillé dans le domaine de la génétique. Comme vous le savez, j'imagine, le code génétique de l'ADN est composé de quatre lettres, et ces quatre lettres forment les mots qui gèrent nos gènes. Mais il a été découvert il n'y a pas très longtemps que ces quatre lettres peuvent être modifiées, une petite modification chimique. Ces modifications dites « épigénétiques » sont un peu comme les accents français ou les points d'interrogation. En fait, ils donnent du sens au message en forme écrite.
Il existe une panoplie de technologies aujourd'hui pour interroger les quatre bases de l'ADN, mais par contre, la problématique, c'est qu'elles suppriment toutes ces petites modifications chimiques épigénétiques. C'est un peu comme Internet qui supprime tous les accents français. Problématique à laquelle PICOSEQ va remédier avec sa technologie de rupture. Ainsi la médecine personnalisée de demain utilisera notre technologie pour décoder ces marqueurs épigénétiques qui sont impliqués dans de nombreuses maladies.
Aujourd'hui, avec l'attribution de ce Prix CMI2 à PICOSEQ, et aussi à nos partenaires IPOGENEX et le CNRS, vous nous donnez les moyens de vraiment accélérer notre développement et commercialisation de notre technologie. Nous vous remercions beaucoup pour cet avantage que vous nous avez fourni. Merci.
Docteur Pierre SABIN, Président de PLUGMEG HEART : Madame, Monsieur le Président, Pierre SABIN, société PLUGMEG. L'insuffisance rénale chronique est une maladie extrêmement contraignante, touchant 40.000 malades, essentiellement des seniors, devant être régulièrement dialysés. Le sang de ces 40.000 personnes doit être épuré, soit quotidiennement, voire pluri-quotidiennement, à domicile, par dialyse péritonéale, soit deux à trois fois par semaine pour des séances de trois à quatre heures extrêmement lourdes dans des centres hospitaliers ou centre périphériques.
L'épuration sanguine de ces 40.000 personnes coûte trois milliards d'euros à la Sécurité sociale chaque année. Enfin « coûte »,dépense. Géroneph, c'est le produit de PLUGMED, et c'est la mise au point d'un dispositif, comme vous le voyez sur ce visuel, de transfert de liquide rétro-auriculaire visant trois ambitions. Premièrement, diminuer le risque infectieux lié aux cathéters.
Deuxièmement, améliorer la qualité de la vie des patients sous dialyse, faciliter par exemple de prendre une douche, parce que je vous montre un petit peu lorsque vous avez sur le thorax cet objet qui dépasse en permanence, vous ne pouvez pas facilement prendre de douche ni de bain, ni accessoirement faire de petits câlins. Troisième ambition : diminuer le coût de manière significative, absolument pas par magie mais parce que nous pourrons développer l'hémodialyse à domicile avec notre dispositif.
Pour atteindre ces objectifs, le CMI1 nous a facilité les contacts avec des industriels. Le CMI2, que nous venons de toucher, nous permettra de doubler les effectifs de PLUGMED afin d'arriver beaucoup plus rapidement à la première chez l'homme. Le succès au CMI, c'est un peu celui de ma Normandie, de la Région qui nous aide beaucoup, avec Nicolas MAYER-ROSSIGNOL. C'est aussi nos « Business Angels » qu'il ne faut pas oublier, car sans les « Business Angels », nous ne pourrions pas être là. Et enfin l'équipe dynamique de PLUGMED extrêmement jeune, Monsieur le Président, la moyenne d'âge est de moins de 30 ans, si on m'exclut du compte, cela va sans dire.
Un dernier mot pour Madame LAUVERGEON et pour vous : on l'a dit tous, ici, le CMI est un fabuleux accélérateur de projet. Merci.
Simon BOUCHEZ, directeur général de MULTIPOSTING : Bonjour à toutes et à tous, je m'appelle Simon BOUCHEZ, je suis directeur général de MULTIPOSTING. MULTIPOSTING, c'est une start-up Internet spécialisée dans les technologies de recrutement, créée il y a cinq ans, et ces dernières années, on a notamment permis à plus de 1.000 entreprises de diffuser environ 20 millions d'offres d'emploi sur Internet, et au regard de cette masse de données que nous avons réussi à accumuler, on s'est assez rapidement dit qu'on pouvait essayer de les analyser, de les exploiter pour proposer des analyses et une vue en temps réel et précise du marché de l'emploi qui est souvent difficile à lire.
Donc c'est dans ce cadre-là qu'on a décidé de créer une équipe de développeurs et de Data analystes pour lancer le projet SmartSearch qu'on a présenté au Concours Mondial d'Innovation, et l'objectif de ce projet, c'est de développer un moteur de recherche de l'emploi qui permettrait justement d'exploiter toutes les données autour de l'emploi disponibles sur Internet à l'usage des candidats, bien sûr, et des gens en recherche d'emploi, mais aussi des recruteurs et des entreprises, ou encore des décideurs publics.
SmartSearch permettra par exemple à une collectivité d'identifier les secteurs d'activités qui sont en pénurie de main d'uvre, à une université ou une école de mieux comprendre les compétences qui sont recherchées par les entreprises dans son bassin d'emploi, ou encore à un candidat de bien identifier la ville ou la région dans laquelle ses compétences sont les plus recherchées et pour l'aider à trouver un emploi.
Le CMI1 était évidemment un formidable un coup de « boost » financier pour nous. Ce n'était pas forcément notre cur d'activité, et ça nous a permis justement de créer une équipe sans forcément réfléchir aux retombées commerciales dans l'immédiat à très court terme, ce qui est souvent le quotidien aussi des start-up.
On est vraiment extrêmement honorés et très contents de pouvoir continuer l'aventure £ et au-delà de l'aspect financier, ça nous prouve aussi qu'on porte une grande ambition et que ça vaut le coup de transformer le modèle économique de notre entreprise et d'aller vers d'autres horizons et d'autres domaines d'activités. Donc pour cela, on vous remercie beaucoup et je me joins à tous mes collègues pour vous dire que c'est vraiment une superbe initiative. Les camarades exactement. Merci à tous.
LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE :
Mesdames les Ministres,
Monsieur le Commissaire,
Madame la Présidente,
Mesdames, Messieurs les lauréats.
C'est la troisième fois que nous nous retrouvons pour ce Concours Mondial d'Innovation, car j'ai voulu en suivre les différentes étapes, et nous sommes promis à nous revoir encore. Ce Concours Mondial est né de cette belle initiative qui consiste à imaginer ce que peut être la rupture technologique des prochaines années et faire en sorte que la France puisse être en avance.
Nous avons voulu un concours mondial, parce que la France a une vocation mondiale, c'est son histoire, c'est son destin, et nous avons voulu offrir à l'ensemble du monde l'occasion, pour les porteurs de projet, de faire connaître leurs idées et de les retenir dans le cadre de la sélection. Nous avons voulu aussi un concours de l'innovation. De l'innovation de rupture, c'est-à-dire celle qui va changer. Changer les modes de vie, les technologies, même les modes de production, changer l'industrie.
L'innovation, elle est au cur de notre stratégie. Il ne peut pas y avoir de croissance de long terme s'il n'y a pas innovation. C'est le principe que nous avons effectivement introduit dans la loi, la future loi Activité et Croissance.
Nous avons voulu aussi que ce concours soit un concours, c'est-à-dire avec un jury et avec une sélection, et donc avec des lauréats. Tous les porteurs de projet ne pouvaient pas être forcément reçus. Si cela avait été le cas, ça ne serait plus un concours. Il fallait donc qu'il y ait des critères qui soient extrêmement précis, extrêmement élevés pour que les lauréats puissent être les bons, même si les autres ont également des qualités et qu'ils puissent lever des fonds.
Et en réalité, nous avions donné 2030 en pensant que c'était le temps de maturation des projets. Et c'est là que vous nous avez tous surpris. Parce que, en réalité, vos innovations de rupture ont, grâce au Concours ou avec le Concours, été accélérées. Accélérées sur le plan scientifique, accélérées même sur le plan industriel, et accélérées sur le plan financier. Certes, il y a des soutiens publics, j'y reviendrai, qui sont accordés dans le cadre de ce concours.
Il y a la Banque Publique d'Investissement qui intervient, mais en réalité, grâce à cette démarche, vous avez pu aussi lever des fonds. Lever des fonds venant du marché, lever des fonds de capitaux-risques, lever des fonds également de particuliers. C'est aussi ce qui fait de ce Concours un concours exceptionnel puisqu'il permet, avec, j'allais dire une mise au départ assez faible même si c'est toujours trop élevé pour ceux qui gèrent ces disponibilités d'avoir un effet de levier particulièrement conséquent.
Sept grandes ambitions avaient été définies : stockage de l'énergie, recyclage des matières, valorisation des richesses, chimie du végétal, médecine individualisée, l'économie également des personnes âgées et le Big Data. Nous avons voulu qu'il y ait plusieurs phases, et on en voit l'intérêt. Une première phase qui permettait de sélectionner une centaine de lauréats, en les dotant de 200.000 euros par projet, et il y a eu plus de 110 lauréats de cette première étape £ une seconde phase et nous y sommes pouvant aller donc jusqu'à 2 millions d'euros, et avec une vingtaine de projets qui ont été retenus £ et il y aura donc une troisième phase qui pourra permettre de doter jusqu'à 20 millions d'euros les projets qui auront été retenus, dès la première phase pour certains d'entre eux, deuxième phase et d'autres qui pourront venir à l'occasion de cette troisième étape.
Donc je veux saluer d'abord tous les lauréats, de toutes les phases. En souhaitant que la troisième phase puisse être encore plus productive. Il y a effectivement des projets on les a vus en démonstration qui correspondent parfaitement aux objectifs que nous avions retenus, et qui peuvent changer la vie quotidienne. Et c'était aussi l'intérêt de ce Concours : qu'il soit pour les industriels, une forme de soutien, une mobilisation, mais qu'il soit aussi pour nos compatriotes quand je dis « nos compatriotes », cela va bien au-delà de la France une façon d'imaginer leur avenir : leur alimentation, leur consommation d'énergie, leurs soins, mais aussi la façon où ils pourront découvrir de nouveaux matériaux. Je pense que nous avons eu tout intérêt à avoir cette diversité.
Vous souhaitez, Madame la Présidente, je vous ai entendue, que nous puissions d'abord ajouter une huitième ambition, tout en précisant une autre. Je suis d'accord pour avoir cette perspective de manière à ce que nous puissions élargir encore le Concours. Elargir dans les domaines, c'est la question de la cyber-sécurité, de la sécurité des biens et des personnes £ c'est un enjeu à la fois national faire en sorte que nous puissions nous protéger c'est un enjeu de défense, c'est un enjeu international. Et là encore, cela correspond parfaitement aux objectifs du Concours Mondial.
Vous souhaitez aussi et je l'ai annoncé que nous puissions relancer un Concours. Ce qui est terrible quand on a une bonne idée, c'est qu'elle n'est jamais épuisée. On pense qu'on a fait l'essentiel, et immédiatement, nous sommes déjà sollicités. Nous devrons ouvrir, donc, dès le mois de septembre, un nouveau Concours. Qu'est-ce que cela veut dire, un nouveau Concours ? Cela veut dire une première phase, une deuxième phase, etc. Et peut-être jusqu'en 2030, il y aura des concours mondiaux de l'innovation. Je crois que nous avons raison. Parce que c'eut été une erreur de nous arrêter là, alors que nous avons été capables de susciter autant de découvertes, de projets, d'initiatives, d'innovations. Mais ce nouveau Concours n'empêchera pas le précédent de continuer à vivre sa vie.
Nous voulons aussi que le numérique puisse être un élément majeur de ce nouveau Concours, parce que nous avons des innovations, pas simplement sur le plan technologique, même si certaines ont été présentées, mais des innovations en termes d'usage et je pense que le premier Concours en a donné la démonstration. Le numérique devra être pour nous, au cur de ce nouveau Concours de manière à ce que nous puissions susciter, de la part de toutes les entreprises, start-up comme PME, entreprises de taille intermédiaire ou grandes entreprises, une nouvelle phase d'élaboration, d'innovation, d'invention.
Seront éligibles donc, les start-ups, les PME basées en France, en cours de création ou déjà existantes. Ce Concours s'inscrira dans le programme des Investissements d'avenir, et sera donc financé à travers ce que l'on appelle le Grand Emprunt et j'ai également annoncé, il y a quelques semaines, que nous allions ouvrir une nouvelle tranche de ce Grand Emprunt, de manière à ce que nous puissions financer ces initiatives.
J'ai également insisté sur l'Industrie du futur, l'Usine du futur. Cela fait partie de ces projets que nous avons déjà présentés il y a deux ans, et qui vont se regrouper dans une Alliance pour l'Usine du Futur. C'est très important que nous puissions coordonner les efforts des universités, des centres de Recherche de nos plus grandes écoles, avec des laboratoires, avec des centres de Recherche de grandes entreprises et avec nos branches industrielles. Nous pensons que l'Industrie du futur, l'Usine du futur, peut être, pour la France, l'occasion de franchir des étapes. Nous voulons que les entreprises qui vont investir dans un contexte de reprise puissent déjà anticiper à travers le choix de l'Usine du futur. L'Usine du futur va changer le mode de production, le mode de relation des salariés avec les machines, et également introduire une dimension numérique dans l'ensemble des installations.
Ce que nous voulons faire avec ce Concours, avec les plans industriels, avec également, les investissements d'avenir, c'est mettre la France dans la meilleure situation pour l'investissement, pour l'innovation, pour la recherche. Nous disposons d'outils, vous les connaissez d'ailleurs, qui s'ajoutent à ces soutiens qui vous ont été accordés. Je pense au Crédit Impôt Recherche, qui est le meilleur outil au monde pour favoriser le développement de l'innovation. Nous voulons donc que la France puisse être compétitive. Pour être compétitive, elle doit être sur les technologies d'avenir.
Nous voulons une France accueillante, attractive, et j'ai été heureux de saluer, de remettre des Trophées à des inventeurs, des innovations, des créateurs venant de plusieurs pays du monde. Nous voulons une France qui puisse également montrer qu'elle croit au progrès. Et dans un temps où il y a des doutes, toujours les mêmes interrogations sur ce que peut être l'avenir, où certains ont la nostalgie d'un passé, passé industriel, passé également de ces « Trente Glorieuses » que nous ne reverrons plus £ il ne s'agit pas de refaire ce qui a été ! Il s'agit d'inventer l'avenir. Dans ce contexte, nous devons donner confiance dans le progrès progrès technologique, scientifique, social, culturel, humain et nous devons allier toutes nos ambitions. Nous allons avoir la Conférence sur le climat à la fin de l'année. J'ai souhaité que les entreprises puissent se regrouper également par rapport à cette transition, ce changement et faire valoir toutes les innovations que nous pouvons mettre à la disposition du monde pour assurer que ces objectifs de la Conférence sur le climat seront atteints. Il y a ce qui relève des gouvernements et des Etats, ce qui relève des institutions internationales, et il y a ce qui relève des entreprises. Je souhaite que le Concours puisse être aussi il l'a démontré une évocation de ce que nous pouvons faire par rapport à la Conférence sur le climat.
Le progrès, c'est aussi changer la vie d'un certain nombre de personnes. Grâce à ce que vous avez montré, nous pourrons nourrir le monde différemment. Grâce à ce que vous avez inventé, nous pourrons soigner mieux un certain nombre de personnes. Grâce à ce que vous avez également été capables de développer, nous pourrons rompre l'isolement, nous pourrons assurer une relation. Grâce à ce que vous avez également montré, nous pourrons inventer de nouveaux matériaux, produire différemment assurer une vie meilleure. L'économie, ce n'est pas simplement et c'est déjà beaucoup être les plus performants, être les plus compétitifs ! L'économie, c'est ce qui permet de créer des emplois, de la richesse pour mieux la répartir, mais le progrès, l'économie, c'est ce qui doit permettre d'améliorer la vie de tous. Ce Concours mondial nous permet d'avoir cette espérance.
Vous avez été lauréats, vous êtes soutenus financièrement mais ce que je veux vous dire, c'est ma gratitude. Vous permettez à beaucoup de nos concitoyens de prendre conscience que le monde peut être meilleur, et grâce à l'intelligence humaine, grâce au concours de tous, nous pouvons assurer le progrès.

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