Publié le 3 novembre 2014

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les relations franco-québecoises, à Québec le 3 novembre 2014.

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les relations franco-québecoises, à Québec le 3 novembre 2014.

3 novembre 2014 - Seul le prononcé fait foi

Télécharger Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les relations franco-québecoises, à Québec le 3 novembre 2014. - PDF 591 Ko

Monsieur le Président de l'Assemblée nationale,
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Premier ministre CHAREST,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Monsieur le chef de l'opposition officielle,
Monsieur le chef du deuxième groupe d'opposition,
Mesdames, Messieurs les députés,
Mesdames, Messieurs,
C'est un honneur, mais aussi un bonheur, de pouvoir m'adresser ici, devant vous, à l'Assemblée nationale du Québec et, au-delà de vous, de m'exprimer avec les mots qui sont les miens à l'ensemble des Québécois pour qu'ils puissent entendre la voix de la France.
Je le fais avec un sentiment d'émotion et de gravité. Je mesure ce qu'ont été les évènements tragiques qui ont frappé le Canada et le Québec à Saint-Jean-sur-Richelieu le 20 octobre, puis à Ottawa le 22. Mes pensées vont aux familles, bien sûr, mais aussi aux forces de l'ordre canadiennes et québécoises.
Je sais ce qu'est le terrorisme. La France a connu de telles épreuves : à la fois à l'extérieur de ses frontières, lorsque des ressortissants ont été enlevés, assassinés, après avoir été pris en otage £ et à l'intérieur même du pays, lorsque des actes odieux ont été commis, y compris par des ressortissants français, contre d'autres ressortissants français. Face au terrorisme, nous devons affirmer une constante fermeté et, en même temps, un invincible attachement à la démocratie, à la liberté, à la dignité humaine.
Mesdames et Messieurs,
La relation entre la France et le Québec, nous cherchons les mots pour la qualifier. Je choisirai le plus simple des mots : cette relation est « unique ». Nous l'avons forgée tout au long de l'histoire.
Un peu plus de 400 ans nous séparent de la fondation de votre capitale, sur ce site extraordinaire du Cap diamant, par Samuel de CHAMPLAIN. Il y a plus de 250 ans était signé le traité de Paris. L'original fut exposé, ici même, au musée de la civilisation le mois dernier. Je sais que beaucoup de Québécois sont venus pour le regarder avant qu'il ne reparte.
L'histoire, c'est aussi le courage des Québécois qui ont traversé l'océan à deux reprises au siècle dernier pour libérer l'Europe. Je veux saluer les soldats du régiment du Royal 22e lors du premier conflit mondial, ceux du régiment de la Chaudière lors du débarquement en Normandie. La France sait ce qu'elle leur doit, elle ne l'oubliera jamais. C'est pourquoi, au-delà de tout et par l'histoire, vous êtes et vous serez toujours nos frères.
Le passé éclaire l'avenir, mais à la condition que l'on soit capable de l'expliquer et de le transmettre aux nouvelles générations, de dire ce qu'est la mémoire que nous partageons, de rappeler ce que sont les lieux, les visages, les origines communes, les familles Notre amitié n'est pas fondée sur une nostalgie, avec des regrets sur ce qui aurait pu se passer il y a 400 ans. Notre amitié se nourrit d'une langue commune qui porte des valeurs, d'une culture qui fait notre fierté et d'une même volonté de progrès. Ce que nous partageons aussi, c'est un esprit de conquête. La France et « la nouvelle France » sont intimement mêlées.
Il y a 50 ans étaient définis les instruments de la coopération entre la France et le Québec. C'étaient l'entente sur un programme d'échange dans le domaine de l'éducation et aussi celle sur la coopération culturelle. Aujourd'hui, il y a 124 accords entre la France et le Québec c'est dire si nous sommes allés loin ! qui touchent l'ensemble des domaines d'intérêt commun : l'économie, la science, l'éducation, le droit Mais si nous voulons garder une constante entre tous ces domaines, c'est celle de la mobilité, c'est celle de l'échange, c'est celle des mélanges d'expériences de jeunes, de professionnels, qui enrichissent le Québec et la France.
Au plan politique, depuis 1977, se succèdent « les rencontres alternées » au niveau des Premiers ministres. Elles ne se sont jamais interrompues. Et, pourtant, à ma connaissance, il y a eu des alternances au Québec et en France. Quels que fussent les partis qui ont pu, à un moment, diriger, quelles qu'aient été leurs positions, jamais ils n'ont remis en cause cette procédure et ces institutions. C'est dans ce cadre que nous accueillerons à Paris, l'an prochain, le Premier ministre Philippe COUILLARD. M. Jean-Marc AYRAULT s'était rendu l'année dernière au Québec pour s'inscrire aussi dans cette tradition.
Mais si je suis là aujourd'hui, au-delà de l'amitié, au-delà de l'histoire, au-delà des échanges, c'est pour donner une nouvelle impulsion à notre relation et moderniser l'édifice de la coopération franco-québécoise. Parce que le monde a changé, parce que nos sociétés font face à des défis. Nous les connaissons : la croissance durable, le développement des technologies, la diversité culturelle, la transition énergétique, la préservation de la planète
Nous ne pouvons plus faire comme si les liens que nous avions tissés, les institutions que nous avions fondées pouvaient continuer sans changements, alors même que le monde change à cette vitesse. La France et le Québec doivent relever ensemble les enjeux auxquels ils font face aujourd'hui.
L'accord économique et commercial global, conclu entre le Canada et l'Union européenne, offrira un nouveau cadre à nos échanges économiques. La France a rappelé qu'elle était favorable, non seulement à la signature, mais aussi à la ratification rapide de cet accord, de manière à ce qu'il puisse entrer en vigueur également dans un délai court.
Vous m'avez dit, Monsieur le Premier ministre, que vous êtes ouverts aux échanges, que vous croyez à la force du commerce extérieur. J'y suis d'autant plus sensible que le commerce extérieur entre la France et le Québec est équilibré. Je n'ose pas dire excédentaire pour la France Nous avons donc tout intérêt à ce qu'il puisse se développer encore.
150 entreprises québécoises sont implantées en France. Je souhaite qu'il y en ait d'autres. Les entreprises québécoises installées en France ont eu de merveilleuses réussites et continuent à nourrir des projets. Elles sont donc les meilleurs témoins de ce que l'on peut faire en France, et pas simplement parce qu'on parle la même langue !
En sens inverse, la présence française au Québec s'est aussi renforcée ces dernières années. La France est le premier investisseur étranger au Québec. Vous allez me dire : les Français ne sont pas des étrangers au Québec ! Nous ne devrions même pas figurer dans ce classement, même à la première place ! J'encourage les entreprises françaises et elles m'ont accompagné à venir investir ici, parce qu'il y a, là encore, de nouvelles frontières technologiques, économiques, industrielles que nous devons repousser.
Vous avez deux grands objectifs. Tout pays, toute nation, toute entité, toute région doit toujours avoir une vision de ce qu'est son destin. Vous, ce sont « le plan nord » et la stratégie maritime du Québec.
La France, si vous l'acceptez, sera partie prenante de vos aventures pour « le plan nord », dans le respect de la planète, de ses immenses richesses, avec la conscience qu'habitent là des hommes et des femmes qui veulent également être acteurs de leur propre développement.
Vous m'avez également alerté sur la stratégie maritime que vous voulez engager pour le Québec. La France dispose du deuxième espace maritime au monde. C'est aussi un legs de l'histoire. Elle est présente sur l'ensemble des continents. C'est une chance considérable et une responsabilité. La responsabilité, c'est de faire en sorte que cette mer puisse être préservée des dégradations. La chance, c'est de pouvoir utiliser la mer comme une ressource essentielle pour les richesses qu'elle contient, notamment les minerais, et l'énergie qu'elle peut développer, en particulier par ses propres marées, et sans qu'il en coûte quoi que ce soit.
Nous devons nous associer, nous lier l'un à l'autre, pour que la stratégie maritime du Québec corresponde à la volonté d'un développement maritime de la France. Rien que pour cette raison, nous devons mettre en commun, autant qu'il sera possible, nos instituts de recherche et nos entreprises les plus performantes dans le domaine maritime.
Montréal, où je serai tout à l'heure, est la ville la plus française des Amériques. 100.000 de mes compatriotes y résident. Ils sont chaque année plus nombreux et j'en suis heureux.
A qui pense que c'est un malheur quand un Français va s'installer au Québec pour étudier, pour chercher, pour investir, pour entreprendre, je réponds souvent que c'est une chance. C'est une chance parce que nous savons bien que les créations d'emplois qui se feront, ici au Québec, seront accompagnées de créations d'emplois en France. C'est une chance parce que ces personnes reviendront et pourront également contribuer à la croissance de mon propre pays.
Ces compatriotes, que je rencontrerai tout à l'heure, apportent à notre relation une expérience, une familiarité, une confiance qui doivent être mises au service de la réalisation de projets toujours plus innovants. L'enjeu, je l'ai rappelé, c'est la mobilité entre la France et le Québec. Nous devons donc faciliter cette mobilité. Déjà, nous y avons travaillé en matière de sécurité sociale, par les ententes que nous avons conclues, par les reconnaissances mutuelles de qualifications et ce n'est jamais facile.
Aujourd'hui, cela concerne 42 métiers, 25 professions réglementées. Le travail que nous avons mené, le partenariat que nous avons noué, donne à la France et au Québec un temps d'avance sur le dispositif qui sera mis en place, dans quelques années, entre le Canada et les Etats membres de l'Union européenne. C'est un bel exemple, nous devons toujours être une avant-garde. Ce qui doit faire la relation entre la France et le Québec, ce n'est pas seulement de regarder l'histoire qui nous oblige, c'est d'être en avance.
Comment l'être, sinon en étant attentifs à l'égard de la jeunesse. La jeunesse est au cur de la relation entre la France et le Québec. C'est pour la jeunesse qu'il y a des années, les plus anciens se sont engagés. Je veux saluer à cet égard le travail mené par l'Office franco-québécois pour la jeunesse. Depuis sa création, il a fourni un accompagnement, souvent professionnel, à plus de 170.000 jeunes Français et Québécois.
Un jeune cinéaste québécois Xavier DOLAN a connu un succès fulgurant, qui nous interroge sur la précocité en matière artistique : être capable, à 25 ans, de recevoir le Grand Prix du Jury du Festival de Cannes en mai dernier ! Et encore, certains ont considéré que c'était une injustice et qu'il aurait dû recevoir la Palme d'or ! Mais, à 25 ans, on peut attendre. Lui-même nous a adressé, si je puis dire, un avertissement et un encouragement : « tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n'abandonne jamais ». Je pense que cet encouragement vaut pour de multiples causes et est assez universel.
Je souhaite donc encourager toutes les initiatives qui permettront de rapprocher nos deux sociétés, qu'il s'agisse d'engagement social et civique, de création artistique, d'innovation ou d'entreprenariat.
Au plan économique, il est possible, vous l'avez rappelé, de faire des sociétés dont les capitaux seront à la fois français et québécois.
Je veux aussi que nous puissions développer encore notre coopération universitaire et scientifique. Je rappelle que 4 500 thèses ont été présentées dans le cadre de cotutelles franco-québécoises. Il y a 3 unités mixtes qui ont été créées à la pointe de la recherche internationale. Nous venons, Monsieur le Premier ministre, d'en visiter une, formidable, sur le programme pour l'Arctique. Avec un cri, une alerte sur ce qui se produit avec le réchauffement climatique. Ceci exige que nous puissions, après le constat du GIEC, être à la hauteur de nos responsabilités.
Je souhaite aussi que les accords qui ont été passés entre les universités, en France et au Québec, puissent demeurer et même être multipliés. C'est un sujet dont j'ai longuement parlé au Premier ministre. Je sais combien les difficultés budgétaires, ici comme ailleurs, obligent à faire des choix. Faut-il qu'ils soient bons. C'est toute la difficulté de l'entreprise dans laquelle nous sommes engagés. Nous sommes amenés à réduire un certain nombre de nos dépenses, à en préserver d'autres et, en même temps, nous devons veiller à ce que ce soit toujours l'avenir qui soit préservé.
Vous n'entendrez pas de ma part la moindre critique sur l'enjeu du sérieux budgétaire. Nous y faisons face. Pas parce qu'une autorité nous le demanderait, tout simplement parce que c'est notre responsabilité. Nous avons pu avancer sur des principes qui nous permettront de garder cette spécificité, qui permettront à des étudiants français de venir ici au Québec, comme d'ailleurs à des étudiants québécois de pouvoir venir en France dans les universités et dans les grandes écoles. La spécificité n'est pas un privilège, c'est la reconnaissance de notre amitié.
Nous avons, Québec et France, une haute idée de la culture. C'est vrai qu'elle est d'autant plus belle, qu'elle s'exprime en français. Vos talents sont nos fiertés, que ce soit dans le cinéma, la chanson, le théâtre, l'art contemporain, la peinture Vous avez de grands artistes et, chaque fois qu'ils connaissent le succès, nous en prenons notre part. Nous considérons que tout ce qui se parle, s'écrit, se chante en français est aussi une reconnaissance pour la France, même si la langue française n'appartient pas à la France. La langue française, c'est un don que nous avons fait à l'humanité. C'est un acte de diversité, de pluralité, de liberté, que nous avons posé, il y a maintenant des siècles.
C'est vrai que c'est pour moi un bonheur, comme protecteur de l'Académie française, d'accueillir Dany LAFERRIERE dans ce lieu si chargé de symboles.
Je veux saluer aussi les efforts que le Québec fait pour accueillir des artistes français. Le programme FRIMAS, lancé par le Consulat général de France à Québec, a contribué à faire venir 400 créateurs français au Québec. Je vous remercie de leur faire, là aussi, non seulement le meilleur accueil, mais le plus grand succès.
Vous-mêmes, avec la Société des arts technologiques, vous avez créé un centre de renommée internationale consacré aux arts numériques. Le numérique va devenir un grand enjeu. Nous devons veiller à ce que la diversité culturelle soit enrichie par le numérique et, en aucune façon, entravée par le numérique ou niée par le numérique.
Cette diversité culturelle à laquelle vous êtes attachée autant que nous, nous devons en faire un élément majeur de la francophonie. En novembre, ce mois-ci, nous allons nous retrouver au Sommet de la francophonie à Dakar. Là aussi, il nous faudra faire des choix. La francophonie doit s'ouvrir à de nouvelles dimensions. D'abord l'économie, vous l'avez évoqué. L'économie doit être pleinement constitutive de la francophonie. Le français est un atout pour la culture mais aussi pour l'échange, pour le développement, pour la croissance.
Vous avez également évoqué l'Afrique. L'Afrique est l'avenir de la francophonie, à condition aussi que nous lui apportions notre solidarité. Elle en a besoin en raison de l'épidémie Ebola. Elle en a besoin lorsqu'elle est victime de terrorisme. Mais nous devons aussi apporter à l'Afrique, à travers le français, le soutien de nos universités, le soutien de nos chercheurs et également la présence de nos entreprises.
Une autre dimension de la francophonie, c'est la jeunesse. Ce que nous avons été capables nous, France et Québec, d'inventer à travers notre Office, nous devons en faire un modèle pour la francophonie. La francophonie, notamment pour les pays qui connaissent une forte croissance démographique et qui ont une population jeune.
Enfin, la dernière dimension, c'est la lutte pour préserver notre planète. La francophonie doit être une avant-garde pour la lutte contre le réchauffement climatique. La personne qui sera désignée comme Secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie, celle que nous désignerons à la fin de ce mois, devra porter avec force ces valeurs et ces combats.
Le Québec et la France, je le disais, doivent faire face aussi à l'enjeu numérique. Nous y sommes préparés, puisque vous proposez ici des cours en ligne, ouverts et massifs qui peuvent servir de référence. La ministre de l'Education en France a également contribué, à travers France Université Numérique, à développer des initiatives similaires et à les fédérer. Un étudiant sur huit inscrits à cette plateforme vient d'Afrique francophone. C'est dire si nous pouvons, à travers ces instruments, promouvoir en Afrique les enseignements fondamentaux de nos universités.
Notre planète est également menacée, vous l'avez parfaitement dit, Monsieur le Premier ministre, par le réchauffement climatique. J'ai entendu vos engagements. L'appui du Québec sera important tout au long des prochains mois, dans le débat au sein de la Fédération du Canada, mais également à travers ce que les régions et les agglomérations, les collectivités locales peuvent faire en matière de climat.
Vous avez été, là encore, à l'avant-garde. Le Québec met en place avec l'Etat de Californie une bourse carbone et vous avez rappelé combien le prix du carbone était un facteur, un paramètre tout à fait déterminant, pour avancer sur la question du climat. Je sais aussi que vous voulez nouer avec d'autres provinces, d'autres territoires, des alliances pour faire valoir les positions que vous avez déjà prises et les innovations que vous voulez engager. Ce sera un renfort puissant pour le succès de la Conférence de Paris.
Nous n'avons pas le droit d'échouer à Paris, parce que c'est à Paris d'abord, parce que nous nous y sommes engagés. Mais cela ne suffirait pas, nous ne voulons pas un succès d'estime, nous ne voulons pas simplement que ce soit la diplomatie française qui puisse être consacrée. Même si nous avons fort bons diplomates en France. Ce que nous voulons, c'est que le monde lui-même puisse prendre conscience qu'il est menacé et que les responsables d'aujourd'hui auront des comptes à rendre, s'ils n'ont pas pris les bonnes décisions au bon moment.
Vous savez, il y a toujours des débats sur la science, il y en a toujours qui mettent en cause un certain nombre d'évidences, de recherches, de travaux. Il y a pourtant deux réalités incontournables, que l'on sait inévitables. La première réalité est démographique. On sait aujourd'hui ce que sera la population de demain, en fonction des taux de natalité. Et puis il y a une deuxième réalité, celle du climat. Ce que disent les experts du GIEC, c'est que si rien n'est fait, c'est une élévation de la température de trois degrés Celsius en un siècle ce que jamais notre planète n'a pu connaître avec des conséquences que l'on peut déjà évaluer et qui ne sont pas simplement des catastrophes mais l'impossibilité même pour des territoires de demeurer ce qu'ils sont.
Les cris les plus angoissants que j'ai entendus, lors de la réunion que Ban Ki-moon avait organisée sur le climat pendant l'Assemblée générale des Nations Unies, provenaient d'un certain nombre de dirigeants des « petites îles ». Ils nous disaient que dans deux siècles, trois siècles, ce qu'ils sont ne sera plus. Pas simplement des écosystèmes qui disparaîtraient, mais des territoires, provoquant ainsi l'immigration des populations et la fin de la biodiversité. Voilà l'enjeu et voilà pourquoi il est à ce point important que nous nous mobilisions. Et je veux ici saluer les efforts du Québec.
Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Président de l'Assemblée nationale,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Je veux conclure par des mots simples, des mots qui viennent du cur. Je veux vous dire tout simplement ce que je pense de vous.
Je vous suis d'abord reconnaissant pour ce que vous avez été capables de bâtir, ici, en Amérique du Nord. Parce que vous êtes un peuple fier, courageux, ardent. Vous avez fait du Québec un territoire qui a confiance dans son avenir et qui est fier de son passé. Vous êtes ce que l'on appelle des « résistants ».
Mais les résistants ne veulent pas garder, préserver. Les résistants, les vrais, veulent conquérir. Et c'est ce que vous avez fait pendant tous ces siècles, générations après générations. C'est pourquoi vous êtes en pointe sur le plan technologique. C'est pourquoi vous avez inventé des solutions nouvelles, vous avez décidé de nouvelles politiques pour améliorer le bien-être de la population québécoise. Et puis vous avez regardé vers le Nord pour votre développement.
Vous êtes également conscients qu'il n'y a pas de civilisation s'il n'y a pas de culture, que la langue n'est pas simplement un patrimoine qu'il faudrait conserver, mais un capital qu'il convient à chaque fois d'enrichir, un capital qu'il convient de partager, un capital qui crée de la richesse, la plus belle des richesses, la communication et la culture.
Le Québec, c'est une chance pour la France. Parce que vous faites vibrer les mots de notre langue, parce que vous faites rayonner la francophonie, parce que vous êtes dans une démarche d'harmonie et d'apaisement. Dans cette grande Amérique, vous mettez de l'équilibre, vous mettez de la justice, vous mettez de l'humanité. « La nouvelle France » est une belle France.
Je veux donc vous exprimer ma gratitude. Ma gratitude, parce que vous donnez à la France ce qu'il y a de plus beau à recevoir pour un pays, ce qu'il y a de plus glorieux pour une Nation : être aimé. Vous nous aimez.
Merci d'aimer la France, elle vous aime en retour.

Voir tous les articles et dossiers