Publié le 3 novembre 2014

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, en hommage aux anciens combattants canadiens de la Deuxième Guerre mondiale, à Ottawa le 3 novembre 2014.

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, en hommage aux anciens combattants canadiens de la Deuxième Guerre mondiale, à Ottawa le 3 novembre 2014.

3 novembre 2014 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le Gouverneur général du Canada,
Monsieur le ministre,
Mesdames et Messieurs,
Messieurs les Anciens combattants,
C'est une cérémonie émouvante à laquelle nous participons. Elle s'inscrit dans le cadre du 70ème anniversaire des débarquements en Normandie et en Provence qui ont permis la libération de la France et, au-delà de la France, de toute l'Europe.
J'ai eu l'immense honneur, c'était le 6 juin dernier, de présider une cérémonie internationale sur les plages de Normandie. 19 chefs d'Etat et de gouvernement, dont le Premier ministre Stephen HARPER, étaient présents et nous étions tous conscients de ce que représentait cette célébration. Des hommes étaient encore là, des survivants, d'autres avaient disparu avec l'âge et puis il y avait ceux qui étaient morts pour nous permettre d'être vivants. C'est à tous ces hommes que nous voulions consacrer ces moments d'émotion.
Aujourd'hui, c'est la même inspiration qui m'anime. Avoir le souvenir, le regard sur notre mémoire une mémoire partagée - et aussi une expression de gratitude. Vous étiez jeunes, messieurs, très jeunes lorsque vous êtes venus en France sur ces plages de Normandie et de Provence. Un pays que vous ne connaissiez peut-être pas, qui vous faisait rêver avant la guerre et qui vous effrayait pendant la guerre.
J'ai été particulièrement saisi de voir que tous les chefs d'Etat et de gouvernement, qui étaient rassemblés sur les plages de Normandie, étaient conscients que, si ce combat contre le nazisme, contre la barbarie avait été gagné, il y avait d'autres défis qui nous attendaient. Vous étiez donc des exemples pour nous donner du courage et nous dire qu'aucune cause ne peut être gagnée s'il n'y a pas des hommes et des femmes qui s'engagent pour relever le défi. C'est ce que vous avez fait.
Aujourd'hui, à l'occasion de ma venue au Canada, dans le cadre de cette visite d'Etat, que je remercie les autorités canadiennes d'avoir organisée, je souhaitais pouvoir m'adresser à vous et vous remettre la plus haute distinction de la République française.
C'est avec une grande fierté que je vous retrouve ici rassemblés. C'est aussi avec la volonté d'évoquer les 600 vétérans de la campagne de France qui sont encore en vie. Plusieurs ont déjà été décorés, d'autres le seront dans les semaines qui viennent à travers le Canada, de la Colombie britannique aux rivages de la Nouvelle Ecosse, car tous les Canadiens de cette époque, tous les jeunes Canadiens ont participé à la libération de la France. Nous ne leur avons pas demandé quelle langue ils parlaient, s'ils connaissaient parfaitement le français. Car tout simplement, la langue qui leur était demandée était celle de la bravoure, de l'audace, du dévouement, du sacrifice.
A travers cette réunion d'aujourd'hui, la France entend exprimer à l'ensemble de la nation canadienne sa gratitude et aussi un message d'engagement. La France avec le Canada prendra toutes ses responsabilités pour faire face aux nouvelles menaces.
Ces menaces s'appellent terrorisme, et vous en avez été vous-mêmes ici victimes ces derniers jours, et je vous renouvelle toute ma solidarité. Ces menaces s'appellent la guerre, la guerre en Irak, en Syrie. Ces menaces s'appellent aussi le fanatisme, qui conduit des groupes à prendre des femmes, des jeunes filles en otage et à les marier de force. Ces menaces, ce sont aussi les exactions qui sont commises, des villages qui sont rasés, des populations civiles qui sont victimes de conflits qui pourtant ne les regardent pas directement, et qui se trouvent au mauvais endroit et parfois au mauvais moment. Et puis il y a d'autres menaces, des menaces sanitaires, des menaces d'épidémie qui paraissent là aussi être très loin de nous et qui d'un seul coup, viennent frapper une population y compris la nôtre.
Face à tous ces enjeux, la France et le Canada doivent combattre, encore combattre, et s'inspirer du combat glorieux de ces vétérans, pour être à la hauteur de leur mission.
Il y a des combats plus pacifiques aussi. Reconnaissons-le, quand il s'agit de lutter contre le réchauffement climatique, notre adversaire, c'est nous-mêmes. Ce sont nos comportements, ce sont nos modes de consommation, nos modes de prélèvement sur la nature. Il ne tient donc qu'à nous de gagner cette victoire, dès lors que nous renonçons à commettre des actes qui peuvent blesser, altérer la vie de nos propres enfants ou petits-enfants. Et c'est la raison pour laquelle la France a fait le choix d'organiser la conférence sur le climat à la fin de l'année 2015 pour que notre planète puisse se prolonger, puisse survivre car rien n'est acquis.
Chaque génération doit faire son devoir, chaque génération doit répondre aux menaces qui peuvent frapper la planète, chaque génération doit être à la hauteur de la précédente. Messieurs les vétérans, que je vais distinguer maintenant, si parfois nous manquons d'exemples, nous savons où les trouver, ici au Canada.
Merci.

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