Publié le 28 octobre 2014

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les initiatives socialement innovantes sélectionnées dans le cadre du projet "La France s'engage", à Paris le 28 octobre 2014.

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les initiatives socialement innovantes sélectionnées dans le cadre du projet "La France s'engage", à Paris le 28 octobre 2014.

28 octobre 2014 - Seul le prononcé fait foi

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Merci de m'avoir accueilli dans ce lieu assez invraisemblable au cur de Paris, je salue ici les élus de cet arrondissement, dans cet amphithéâtre tout particulier qui a un côté catacombes. Il faut passer par des escaliers, parfois on fait des rencontres, ce n'était pas prévu mais bon, c'est tout aussi une forme d'engagement que le féminisme, qui peut prendre toute les formes, mais qui doit toujours être dans la compréhension de l'autre. C'est très important de s'engager pour que d'autres s'engagent. C'est ce que je veux témoigner par ma présence en remerciant les quinze grandes initiatives qui ont été lancées dans le cadre de cette belle idée de la « France s'engage ».
La France peut connaître des difficultés, elle en a, il y a des souffrances, vous les rencontrez. Il y a le sentiment que parfois on tarde à avoir des résultats dans beaucoup de domaines, et en même temps il y a une vitalité en France qui est exceptionnelle. Cette vitalité on peut la regarder dans un certain nombre de recherches, on peut la regarder dans la littérature, avec le prix Nobel qui donne à beaucoup de jeunes ici, l'envie aussi d'écrire. Cette vitalité, on la trouve également dans le domaine de l'entreprise. Nous avons lancé 34 plans industriels parce qu'on pouvait penser que dans ces 34 domaines, la France pouvait être la première et à défaut d'être la première, la seconde.
J'ai aussi voulu que sur les innovations de rupture, c'est-à-dire ce que vont être les produits de demain et même d'après-demain, nous puissions déjà solliciter les initiatives. C'est ce que prépare Anne LAUVERGEON avec un concours, un peu comme celui qui a eu lieu pour vous, un concours pour aller chercher dans le monde entier les inventeurs qui vont faire la technologie et donc l'industrie de demain.
La semaine dernière, j'ai eu l'occasion, c'était tellement fortuit, mais c'était aussi une coïncidence heureuse, d'inaugurer un certain nombre de bâtiments, de grandes réalisations architecturales, culturelles, ou même industrielles. Je me suis rendu dans ce bâtiment, ce vaisseau en verre qui s'est posé sur le bois de Boulogne sans que ça fasse d'ailleurs des problèmes d'ordre public, tant mieux. J'ai eu l'occasion de lancer les travaux qui vont se réaliser à la Halle Freyssinet où il va y avoir 1000 start-up qui vont créer 3000 emplois à l'horizon de deux ans.
Ensuite, je suis allé au musée Picasso, un établissement extraordinaire qui a mis 4 ans pour retrouver son premier projet. C'est-à-dire rassembler toutes les uvres de Picasso plus que nous avons dans nos collections publiques. Cela va connaître un succès considérable, je crois qu'il y a eu rien que pour les deux jours d'ouverture 10 000 visiteurs.
Ce sont les grands chantiers que l'on peut voir qui sont livrés aux yeux du monde.
Un mandat présidentiel, c'est aussi un grand chantier, qui n'est pas forcément visible pour les yeux du monde, pas forcément visible d'ailleurs pour les yeux des Français. C'est cette France anonyme, cette France qui tous les jours s'engage pour que la vie soit meilleure.
Lorsque Martin HIRSCH m'a proposé cette idée, c'est-à-dire de faire que le grand chantier du quinquennat soit un grand chantier qui permette de mieux vivre et de rassembler des initiatives qui viennent de partout, je me suis donc convaincu que nous devions faire que « la France s'engage » soit un grand chantier, que je m'engage pour que la France s'engage.
C'était y il a 4 mois, c'était chez vous, cher Thierry MARX, où nous avons mis en évidence ce qui pouvait déjà être une première initiative. Nous nous sommes rassemblés à l'Elysée. Il y a eu 15 lauréats qui ont été choisis et nous aurions pu nous dire « c'était une fois et puis nous verrons bien », la communication fera qu'il y aura d'autres sujets d'actualité. Il y a hélas d'autres sujets d'actualité, il y a toujours un sujet d'actualité qui nous saisit, mais il y a aussi la permanence, la constance, la ténacité.
C'est pour cela que je voulais que nous puissions nous revoir, peut-être plus tôt même qu'il n'avait été prévu. C'était normalement 6 mois après mais ce serait tombé sur le jour de Noël, je n'aurais pas voulu que ce soit une concurrence déloyale à l'égard du Père Noël. Je voulais donc que l'on puisse faire le point. C'est ce que vous avez fait, et c'est ce que vous avez démontré, c'est-à-dire que non seulement, ce que vous aviez déjà réussi à faire -c'est-à-dire à convaincre- vous puissiez le déployer, le développer partout en France.
Partout en France cela veut dire aussi en Outre-mer, plusieurs sont revenus là-dessus, partout où la France peut être présente, en Afrique, sur d'autres terrains où nous avons à agir, parce que ces initiatives là nous ne voulons pas les garder pour nous, nous voulons aussi les proposer au monde, c'est le propre d'un grand chantier, d'une grande initiative, c'est d'être ouvert.
Alors qu'est ce qui fait que vous êtes illustratifs de la France s'engage ? Il y avait quatre critères à mon sens qui devaient être retenus.
Le premier c'est le lien social, arriver à mettre des personnes qui n'avaient pas forcément vocation à se retrouver, mais de pouvoir à un moment se rassembler, se réunir, de générations différentes, de catégories différentes, de lieux différents.
Le deuxième critère, c'était d'utiliser les nouvelles technologies, c'est de montrer que l'innovation, elle peut être industrielle, scientifique, culturelle, mais elle peut être aussi associative. C'est-à-dire que la nouvelle technologie puisse être au service de ce que vous portez vous-même. Et là je pense que la démonstration a été faite.
Le troisième critère c'était l'emploi, il faut que ça aide l'emploi des autres ou il faut que ça créer de l'emploi. L'emploi dans vos associations, mais l'emploi en général. Tout ce que vous avez fait depuis quatre mois, ça a été au service de l'emploi.
Enfin, que la jeunesse soit au cur de vos projets. Même si ces projets au départ n'ont pas cette idée première, que ce soit autour des jeunes, avec des jeunes, que cela puisse se faire. Et en ce sens le lien avec le service civique a été établi. Pas simplement avec son institut pour former les cadres d'un certain nombre d'associations ou d'entreprises, mais de faire que les jeunes du service civique puissent se mettre à votre service, au service des initiatives pour que vous puissiez aller encore plus vite qu'il n'était prévu.
Qu'est-ce que je retiens aussi ? C'est que le choc de simplification, il doit toucher tous les domaines et j'aurais à présenter un certain nombre de mesures pour les entreprises, pour les particuliers, mais aussi pour les associations, parce que beaucoup d'entre vous qui êtes intervenus, vous m'avez tous demandé comment on peut simplifier, aller plus vite. Faire que des règles fiscales, des règles administratives puissent être mises à votre disposition. Il y a toujours des contraintes, comment faire que vous ne soyez pas concurrents d'autres activités lucratives, c'est souvent ce que l'on vous met en avant. Cela pourrait exister par le marché, si cela existe par le marché c'est parfait, mais vous vous arrivez à démontrer que cela n'existe pas que par le marché, ou que pour le marché s'en saisisse. Il faut qu'au départ il y ait une initiative. Après, tant mieux s'il peut y avoir un échange qui peut être marchand même si la gratuité doit être le fondement d'une part de vos actions.
Le deuxième point que je retiens, c'est que vous pouvez aller encore plus vite par rapport à vos objectifs. A la condition que les collectivités locales, les entreprises, l'Etat vous apporte l'appui nécessaire. Ce que vous demandez, ce n'est pas tant des subventions même si plusieurs ont rappelé le rôle qu'elles peuvent jouer. Ce que vous appelez aussi, c'est une attention, une information, une promotion et si ma présence, qui peut parfois justifier celle des journalistes -pas toujours pour le même sujet, mais qu'importe. Ce qui compte, c'est qu'à un moment la presse, toute la presse, la presse écrite, audiovisuelle, numérique puisse parler de vous, pour que d'autres et d'autres idées ou que d'autres aient l'idée de vous rejoindre et que ce soit pour vous apporter des financements, leur concours, ou vous apporter leurs territoires lorsqu'il s'agit d'élus.
Le label est très important. Le fait que l'on ait pu labelliser quinze initiatives cela a été pour beaucoup d'entreprises, de collectivités, pour la presse un élément majeur de crédibilité et de fiabilité.
Vous savez qu'en vous portant, en vous finançant, en vous relayant, il n'y avait aucun risque que cela soit détourné de son objectif. Et que cela correspondait bien aux quatre principes d'emploi, de nouvelles technologies, de jeunesse et de lien social que j'ai voulu posés.
Beaucoup pourraient se dire que, finalement, ces quinze-là ont été labellisés, reconnus, portés, promus, mais il y a tellement d'autres initiatives. Nous devons donc, c'est votre rôle puisque vous allez vous retrouvez avec les ministres responsables, ouvrir et élargir. Il y a d'autres initiatives qui devront être labellisées de manière à ce qu'il puisse y avoir des temps nouveaux qui puissent s'ouvrir, des initiatives nouvelles qui puissent être reconnues.
L'engagement que je prends puisque nous sommes dans ce moment-là et sur ce thème-là- c'est de venir voir les quinze initiatives j'en ai déjà fait trois aujourd'hui, je continuerai, j'ai compris qu'il y en avait un certain de rendez-vous - de manière à ce que ma présence puisse confirmer que nous sommes dans un grand chantier.
Ce que j'attends de vous, c'est que vous puissiez vous développer, promouvoir et convaincre, encore, d'autres de vous rejoindre. J'attends qu'il puisse y avoir d'autres labellisations pour que nous puissions encore susciter d'autres inventions, d'autres innovations. Parce que si vous n'aviez pas été là, il n'est pas sûr que, quelle que soit la bonne volonté de l'Etat et des fonctionnaires qui le servent, des collectivités locales, des initiatives que peuvent porter des fondations, que vos objectifs auraient été atteints. Nous avons donc à faire en sorte qu'à la fin du quinquennat nous puissions avoir, vous et moi, des chiffres très impressionnants sur le nombre de personnes touchées, concernées et qui se sont elles-mêmes engagées.
L'engagement, ce n'est pas simplement un certain nombre d'associations. L'engagement doit être aussi des bénéficiaires du processus, et c'est pour cela qu'il faut demander à chacune et à chacun qui vous rejoint d'être porteur de cette belle idée, de convaincre d'autres et de faire en sorte que l'engagement soit partagé.
L'engagement est aussi une forme de réconciliation et d'apaisement. Il y a des causes qui justifient l'engagement. Il faut se battre, se manifester, donner le meilleur pour elles mais on doit toujours le faire dans le respect, l'écoute et la compréhension. Nous avons aujourd'hui des violences qui parfois s'expriment, des frustrations, des colères, elles sont toujours sur une incompréhension. La France est un Etat de droit, de paix, de démocratie. On peut toujours faire entendre son message à la condition de bien le prononcer.
C'est finalement, à travers l'engagement, une culture de la responsabilité. Chacun doit être responsable à tous les niveaux mais d'abord au niveau de l'Etat. Il ne faut jamais essayer d'écarter sa responsabilité, il faut la prendre et en même temps la faire partager. Cet esprit que j'avais voulu promouvoir d'une France apaisée. Ce n'est pas une France qui pense la même chose, une France apaisée. Ce n'est pas une France qui aurait les mêmes intérêts, il y a toujours des intérêts contradictoires et il y a l'intérêt général. C'est une France qui est capable de se réunir pour ce qui permet de la dépasser. Vous, ce que vous avez fait, c'est d'être capable de vous dépasser pour que d'autres puissent accéder à ce qu'ils n'imaginaient même pas.
Je voyais des jeunes tout à l'heure, il leur est donné le plus beau des rêves, c'est de s'accomplir par l'écriture, d'être capable d'aller au-delà d'eux-mêmes.
Une France, une société comme on l'aime, doit être capable d'aller au-delà d'elle-même. Parfois elle doute d'elle-même. La clé, c'est ce que vous avez tous dit, c'est de donner confiance, de faire confiance. Quand un individu a confiance, il permet à toute la Nation d'avoir davantage confiance en elle-même.
C'est sur cette belle idée de l'engagement que l'on peut retrouver la confiance partagée. Merci, merci à tous.

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