Publié le 29 octobre 2013

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les relations économiques entre la France et la Slovaquie, à Bratislava le 29 octobre 2013.

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les relations économiques entre la France et la Slovaquie, à Bratislava le 29 octobre 2013.

29 octobre 2013 - Seul le prononcé fait foi

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Je veux dabord remercier les autorités slovaques pour leur accueil à un moment particulièrement symbolique puisque la Slovaquie fête, à la fois, le 20ème anniversaire de son indépendance, le 10ème anniversaire de son adhésion à lUnion européenne et le 5ème anniversaire de sa participation à la zone euro. Rien que pour cette raison de célébrations, jai le sentiment dêtre dans une fête. En même temps, je suis conscient de la période que nous traversons, qui reste difficile.
Lintérêt de lHistoire, cest de voir ce que des peuples sont capables daccomplir £ et la leçon de lHistoire, cest de faire la démonstration que ce qui a été fait peut, dans dautres circonstances, être engagé et réussi.
Il y a 20 ans, qui aurait pu dire que la Slovaquie serait dans la situation daujourdhui ? Cest-à-dire un pays, non seulement indépendant, mais stable, enraciné dans la démocratie, capable davoir une dynamique économique lui ayant permis daccueillir de nombreuses entreprises, notamment européennes, participant à une zone euro, avec pour conséquence, la solidarité et la sécurité. Ce qua réussi la Slovaquie en 20 ans est un exemple, une référence. En même temps, nous devons nous donner la même ambition pour les 20 prochaines années.
Quelle doit-être cette ambition ? Etre capable de rendre encore plus performantes nos économies, plus souveraines nos capacités daction, notamment sur le plan budgétaire. Etre capable de créer un continent où les nouvelles technologies devront être la démonstration de notre puissance. Etre capable dassurer la transition énergétique, de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.
Quelle est notre ambition ? Permettre à une nouvelle génération dêtre pleinement dans la vie active. Nous voyons les défis que nous avons à relever, ils sont considérables. Ils ne sont pas plus lourds que ceux que la Slovaquie, en 1993, a réussi à poser et ensuite, pendant 20 ans, à surmonter.
Je suis dans un forum économique. Lintérêt est que des entreprises puissent témoigner à la fois de leurs capacités dinvestissement, ici en Slovaquie, et du retour de cet investissement en France. Je considère que lorsquune entreprise française vient dans un pays, accède à son marché, participe à des partenariats, cest dans lintérêt du pays en loccurrence la Slovaquie et de la France, dans lintérêt de lemploi, ici en Slovaquie, et de lemploi en France. Il y a un courant déchanges que nous devons amplifier.
400 entreprises françaises sont présentes en Slovaquie. Nos investissements nont cessé daugmenter ces dernières années. 35 000 Slovaques travaillent pour des entreprises françaises. Nos échanges représentent, entre la France et la Slovaquie, 5 milliards deuros.
Pourquoi y a-t-il eu ce choix, de beaucoup dentreprises, de venir en Slovaquie ? La première raison nest pas comme on dit souvent, des salaires qui seraient plus faibles quen France. Elle est davoir une stabilité, une sécurité, un environnement favorable et davoir une perspective de croissance. Ce qui fait que quand des entreprises prospèrent, ici en Slovaquie, elles permettent à la France davoir de nouveaux marchés, de nouveaux produits et donc de nouveaux emplois.
Pourquoi les entreprises françaises sont-elles venues ? Cest parce que vous êtes aussi dans la zone euro. La zone euro a des avantages et des inconvénients. Les inconvénients, on les a vécus un moment : linstabilité, la tourmente financière.
Mais elle a beaucoup davantages et je veux les mettre en lumière : une monnaie stable, une monnaie même appréciée, parfois certains trouvent quelle lest trop, ce qui peut nuire à notre compétitivité en dehors de la zone euro. Nous avons aussi cette solidarité qui a permis déviter que nous puissions avoir des pays qui quittent la zone euro. Le fait que la Slovaquie ait fait le choix dêtre dans la zone euro a favorisé les investissements français.
Devons-nous en rester là ? Je pense que cest le sens du partenariat stratégique que nous avons conclu nous devons nous offrir de nouvelles perspectives, de nouvelles limites, de nouvelles frontières à la coopération entre la Slovaquie et la France.
Premier domaine, lénergie. Il se trouve que la France et la Slovaquie sont les deux pays dEurope où le nucléaire contribue majoritairement à la production délectricité. Cest un choix qui remonte à loin, pour la France mais aussi pour la Slovaquie. Cest un choix qui continuera de peser dans les politiques énergétiques. Même si, en France, la part du nucléaire se réduira, cela restera lénergie dominante pour la production délectricité. Nous avons une technologie, nous avons des entreprises de haut niveau et nous travaillons avec les Slovaques pour être présents sur toute la chaine, cest-à-dire aussi bien pour lapprovisionnement que pour le retraitement ou le démantèlement.
Nous sommes également conscients que nous devons avoir une place dans les décisions que la Slovaquie aura à prendre pour ses réacteurs nucléaires. Nous sommes pleinement partie prenante du projet « Allegro » que le CEA mène avec lInstitut de recherche nucléaire slovaque, parce que là il sagit de réfléchir à la nouvelle génération. Nous sommes également conscients que même si nos pays ont des histoires industrielles différentes, nous pouvons avoir des partenariats en matière de recherche scientifique. Là-aussi, cest la grande priorité du partenariat, multiplier les échanges aussi bien sur les nouvelles technologies avec les entreprises innovantes quavec les centres de recherche plus traditionnels.
Nous allons avoir un rapprochement de nos universités, de nos lieux de formation professionnelle à loccasion de ce partenariat stratégique. Jinsiste là-dessus. Nous devons avoir un haut niveau dexigence technologique. LEurope doit anticiper par rapport à ce que sera lindustrie. Cest sur les nouveaux domaines que sont lénergie, les nouvelles technologies, le numérique que nous devons être présents, entreprises françaises, ici, en Slovaquie.
Le troisième domaine, ce sont les infrastructures. La Slovaquie pour lessentiel obtient des financements européens pour ses investissements publics. Jai veillé, avec Robert FICO, à ce que les fonds structurels, les fonds de cohésion puissent être préservés dans le cadre financier pluriannuel européen parce que cétait la condition pour que des pays comme la Slovaquie puissent continuer à investir. 75% des investissements publics en Slovaquie sont réalisés grâce aux fonds européens.
Mais les entreprises françaises doivent également en prendre part non pas pour le financement mais pour la réalisation aussi bien pour les constructions dautoroutes, où plusieurs appels doffres sont en cours, que pour la réalisation de grands ouvrages qui intéressent des entreprises françaises. Nous sommes disponibles pour offrir nos compétences et notre technologie. Les infrastructures, ce sont aussi les télécommunications. Les entreprises françaises sont présentes depuis longtemps, Orange notamment, et peuvent accompagner la Slovaquie pour le développement de son réseau.
Dans les infrastructures, jattache beaucoup de prix, partout où je vais, à vanter la qualité des entreprises françaises en matière daménagement et de rénovation urbaine. Nous avons eu une expérience en matière de réseaux urbains, de politique de la ville, de traitement des déchets qui peut être mise au service de pays comme le vôtre et de grandes agglomérations.
Voilà le sens du partenariat stratégique. Jai insisté sur sa dimension économique. Il y a une dimension politique, nous en avons aussi parlé aussi bien avec le Président slovaque quavec le Premier ministre Robert FICO. Nous aurons à travailler ensemble notamment pour ce que lon appelle le « partenariat oriental », les pays qui ne sont pas dans lUnion, qui nont pas forcément vocation à y venir mais qui doivent y être associés.
Mais nous avons aussi, la Slovaquie et la France, une même conception de ce que doit être lEurope. Je lai dit, nous avons vécu pendant quatre ans, cest très long quatre ans, une crise de la zone euro qui a considérablement freiné les investissements, les échanges et même la croissance puisque la zone euro a été en récession presque deux ans de suite.
Nous sommes sortis de cette période. Cela ne veut pas dire que tous les problèmes ont été réglés. Nous avons encore quelques inquiétudes. Mais nous avons en place tous les instruments. Cela nous a pris du temps. Les Conseils européens ont été essentiellement consacrés à ces enjeux-là : lUnion économique et monétaire, la mise en place du mécanisme européen de stabilité, le pacte budgétaire, lUnion bancaire, tout est en place.
Lenjeu une fois que nous avons réussi à sortir lEurope, et notamment la zone euro, de ce qui était la question fondamentale : son intégrité, sa stabilité, son avenir cest de tout concentrer sur la croissance, lemploi et les nouvelles technologies, les nouveaux défis pour lavenir de lEurope. Cest ainsi que lEurope a toujours avancé.
Au lendemain de la Seconde guerre, cétait autour des industries traditionnelles, et de lagriculture. Puis ensuite cela a été autour dun grand marché, dune monnaie unique. Aujourdhui, cest avec la perspective de bâtir une Europe qui aura un temps davance et avec la Slovaquie, nous développons cette thématique et nous continuerons de le faire.
Nous avons besoin de plus de croissance. Les pays dits de la cohésion, ceux qui sont arrivés après leffondrement du mur de Berlin, ont besoin de plus de croissance encore pour satisfaire les besoins. Mais, nous, pays fondateurs de lEurope, nous avons besoin de la croissance pour permettre aux nouvelles générations de croire en lEurope. Car sil y a une défiance à légard de la construction européenne, ce nest pas un problème simplement pour chacun des pays, cest un problème pour lEurope, qui ne sera plus lidée qui a fait vibrer des peuples, y compris au moment de la réunification.
Nous sommes conscients quil y a du populisme et de lextrémisme qui semparent des inquiétudes, des peurs avec, aussi, lutilisation du nationalisme ou de lexacerbation des minorités. Si nous voulons donner une autre idée de lEurope que celle des seules disciplines par ailleurs nécessaires , des efforts par ailleurs indispensables , nous devons travailler à bâtir la nouvelle croissance européenne. Elle viendra des décisions que nous aurons à prendre au niveau européen. Dans quelques jours se tiendra à Paris une Conférence sur lemploi des jeunes parce que cest une dimension essentielle.
Nous avons déjà pris des décisions en matière de soutien de la croissance. Mais rien ne pourra réussir sans le concours des entreprises. Cest pourquoi je voulais, au cours de ce déplacement, tenir ce forum où les représentants des entreprises slovaques et françaises, cherchent ensemble à multiplier les coopérations possibles, les partenariats, parfois même les alliances, en tous cas les investissements, pour que nous fassions tout ce qui est attendu de nous pour les vingt ans qui viennent.
Je ne sais pas qui viendra dans vingt ans pour saluer ce qui aura été fait en Slovaquie et la relation entre la France et la Slovaquie. Mais je voudrais que lon puisse dire que, à ce moment-là, regardant les vingt ans qui se seront écoulés : nous avons été au rendez-vous comme aujourdhui la Slovaquie a été au rendez-vous de lespoir qui était né en 1993.
Merci.

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