Publié le 4 octobre 2013

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur le développement économique de la Corse, à Bastia le 4 octobre 2013.

4 octobre 2013 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur le développement économique de la Corse, à Bastia le 4 octobre 2013.

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Monsieur le maire, cher Emile ZUCCARELLI,
Mesdames et messieurs,
Nous prolongeons encore, pour le plaisir la cérémonie. Nous sommes montés même de quelques étages pour prendre encore davantage possession de la place, place illustre, place sur laquelle le général de GAULLE est venu prononcer le discours de la Libération de la Corse, place glorieuse, là où François Mitterrand, il y a vingt ans, lui aussi demandait à la Corse dêtre elle-même, ce quelle na pas manqué de respecter depuis cette date-là.
Je viens pour des cérémonies qui sont les premières, celle de la libération de la France, et pour un moment historique qui est mal connu de nos compatriotes. Peu savent que la Corse, ce morceau de France, comme disait le général de GAULLE, sest libérée en cet automne 1943, premier département métropolitain à accéder à sa liberté. Peu savent aussi ce qui sest vraiment déroulé pendant ces semaines-là, cette insurrection avec une résistance qui sétait rassemblée, contre un occupant qui était à la fois fasciste et nazi, et avec le concours des forces françaises libres et je lai rappelé, des Marocains et des Italiens, et sans le concours des alliés, ce qui fait que vous êtes peut-être le seul département dans ce cas. Vous étiez puisque maintenant, vous avez deux départements et que vous avez même entendu les garder ces deux départements.
Je salue dailleurs tous les élus qui maccompagnent depuis ce matin et avec lesquels nous avons eu un très bon dialogue, fait de franchise et en même temps de volonté commune de trouver les voies et moyens de donner à lile sa spécificité dans le cadre de la République.
Nous avons ensemble évoqué les grands sujets, le plan de développement économique, parce que cest lessentiel, parce quil ny a pas davenir sans infrastructures, des entreprises pour investir et de linnovation pour que lon vive à la fois mieux et différemment.
Cest ici, en Corse, que lon trouve la transition énergétique avant même quelle nait été énoncée comme priorité nationale. Cest là aussi que lon a cette volonté qui a été rappelée ce matin, de développer la recherche et luniversité.
Nous avons aussi parlé -parce quon parle de tout-, des arrêtés Miot, avec un débat : cela correspond-il encore à une nécessité ? La réponse a été plutôt que cétait le cas £ et que nous devions trouver, là-aussi, dans le cadre des lois de la République, cest-à-dire des principes constitutionnels, la bonne solution. Elle existe, elle nexiste dailleurs pas que pour la Corse, elle existe pour lensemble du territoire national parce quil y a dautres parties de notre territoire où se pose la question des biens sans titre. Alors, nous aurons à cur - jy attacherai du prix et jen prends ici lengagement - de trouver là-aussi une réponse à cette question délicate et qui peut parfois, disons, « empoisonner » le débat public, ou en tout cas ralentir un certain nombre de transactions.
Nous avons également parlé de cette proposition de lassemblée de Corse de vouloir un dialogue avec le gouvernement. Jai donné bien sûr mon accord : je suis pour le dialogue, je suis pour la concertation, pour que lon puisse avoir une évaluation de ce qui peut être fait pour le statut de lile, et ce qui peut même être amélioré, parce que plusieurs fois des demandes de délégations, réglementaires ou législatives, nont pas pu être satisfaites.
Nous avons aussi parlé de la langue avec cette question de la charte des langues régionales. Je sais que beaucoup y sont attachés, à sa signature et donc à son entrée en vigueur, et jai rappelé que là-aussi, il fallait une révision de la Constitution, laquelle dépendra de votre capacité de convaincre. Moi, jai pris cet engagement £ mais ce nest pas le Président de la République qui change la Constitution, il nen a pas le pouvoir. Donc, cest au Parlement de savoir ce quil veut sur cette question-là.
Et puis, nous sommes revenus sur les sujets qui intéressent les Corses comme tous les Français. Lemploi : est-ce que nous allons inverser la courbe du chômage ? Peut-être quelle va sinverser plus vite ici en Corse quailleurs, parce que cest déjà largement le cas en termes de créations demplois. Donc, nous devrions en trouver la traduction sur la courbe du chômage.
Nous avons parlé de la précarité, parce quelle touche notamment les jeunes, et nous sommes en train de réfléchir à cette garantie emploi pour les jeunes. Nous pourrons éventuellement, si les élus en étaient daccord £ mettre ceci en application ici en Corse.
Nous avons parlé également des charges qui pèsent sur les collectivités locales £ bref, nous avons à la fois dans ce déplacement, combien trop court, une seule journée, évoqué le passé et en même temps parlé du présent et tracé les voies possibles pour lavenir.
Mais je ne pouvais pas venir ici à Bastia, sans avoir un échange avec le Maire. Je connais ses convictions : « Bastia ville républicaine », avez-vous dit Monsieur le Maire. Cest davantage quune formule que vous exprimez-là : cest un engagement qui vous anime depuis toujours, depuis vos premiers pas en politique. Vous voulez que Bastia soit une cité corse, et en même temps un chef-lieu de la République. Au cours de votre vie - nous nous sommes croisés plusieurs fois dans lexercice de vos mandats et des miens-, cest toujours ce que vous avez affirmé et rappelé. Cela a pu dans certaines circonstances vous coûter cher, car il y a toujours un prix pour la vérité, pour la conviction. Parfois, il est commode de se trouver dans je ne sais quelle compromission pour passer lobstaclenon, vient un moment où il faut prendre les choses en face et essayer de convaincre. Cela prend du temps quelque fois, mais à un moment lobstacle est franchi et je pense que cela fait honneur à la politique.
Je sais ce que vous avez fait pour cette ville depuis que vous en êtes le Maire, depuis 1989, et cette ville qui à la fois est restée elle-même avec ses maisons et ces immeubles qui la caractérise et à la fois qui a considérablement changée.
Il y a cette mairie où vous me dites à chacun de mes passages que la façade va être refaite, rien que pour cela le déplacement avait un sens ! Cette ville, vous en avez rénové un certain nombre despaces, dont la place Saint-Nicolas en est une illustration, et en même temps, je veux rappeler quici à Bastia, nous sommes devant le 2ème port de France en termes de transport de passagers. Donc, cest dire lactivité économique qui se déploie ici. Cest cette image là que je veux que lon retienne de la Corse, au-delà de ce que la France lui doit pour sa libération et qui était symbolisée par ma présence. Mais la Corse est une terre de développement, cest une terre dexpansion, cest une terre ou la confiance doit être au rendez-vous, et cest pourquoi au moment où vous allez bientôt quitter vos responsabilités de Maire, et cest sûrement une émotion qui vous traverse à cet instant et qui est partagée par beaucoup de vos amis, je voulais vous exprimer la gratitude de la République pour lensemble de laction qui a été la vôtre pour ce que vous avez fait comme parlementaire et ce que vous avez fait comme élu de la Corse.
Au terme de cette journée consacrée à la libération du pays, il va bien falloir que je rentre à Paris. Je voulais vous en faire la confession : tout au long de mon parcours, je remercie tous les Corses qui ont souhaitéje nose pas dire la Saint François, parce que je ne voudrais pas quil y ait de confusion, mais faire la fête des François.
Merci à vous.

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