Publié le 4 juin 2013

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur l'inauguration du Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée et sur Marseille, à Marseille le 4 juin 2013.

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur l'inauguration du Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée et sur Marseille, à Marseille le 4 juin 2013.

4 juin 2013 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le maire, cher Jean-Claude GAUDIN,
Je pensais venir à une inauguration et je suis maintenant convié à un mariage.
Jaccepte bien volontiers la proposition en sachant quici, vous maccueillez et jen suis heureux au nom de tous les Marseillais. Vous êtes aussi ici, dans un décor sublime, légitimement fiers du musée qui vient dêtre inauguré. Je salue tous les élus qui représentent lensemble du département et même de la région avec Michel VAUZELLE et je viens me faire pardonner dun retard.
Vous lavez évoqué, Monsieur le maire, près de cinq mois de retard puisque je devais être parmi vous le 12 janvier pour le lancement de Marseille, capitale européenne de la culture, et pour les raisons que vous avez évoquées lintervention de la France au Mali , jai été amené à différer ma venue.
Le Premier ministre, Jean-Marc AYRAULT, pour lequel vous avez un penchant qui na échappé à personne, ma remplacé et ma également rapporté les propos que vous aviez tenus ce jour-là pour saluer le courage de nos soldats et la décision que javais prise au nom de la France et je veux ici vous en exprimer toute ma gratitude, prouvant là quau-delà des sensibilités, il y a des intérêts qui dépassent ce que nous sommes et qui appellent les Français à se rassembler pour aller vers lessentiel.
Lessentiel, cest ce que nous faisons aujourdhui aussi, cest ce que vous avez entrepris avec Marseille-Provence, capitale 2013 dont le succès ne se dément pas.
Depuis le mois de janvier, la préfecture minforme régulièrement des rassemblements qui se tiennent. Sur la friche « Belle de Mai », au Vieux Port, deux cent mille visiteurs dès le premier jour se sont rassemblés. Quatre cent mille étaient encore présents le mois dernier pour lévénement « Entre flammes et flots » et chaque événement, chaque manifestation rencontre une réussite. Ce qui veut dire quoi ? Et je parle devant des ministres de la Culture, ceux qui se sont succédés rue de Valois comme dautres qui nous font lhonneur de venir de toute lEurope. La culture joue pleinement son rôle, celui dêtre un lien (lien entre les générations, lien entre les catégories sociales, lien entre les quartiers, lien entre les populations).
Bref, la culture, ce nest pas simplement un moment démotion et nous pouvons en rencontrer des émotions dans ce musée , cest ce qui permet à un territoire en loccurrence ici, une ville et, au-delà de la ville, une région de prendre conscience de sa force, de son rayonnement, de son influence.
Mais il est vrai quà Marseille, rien nest vraiment pareil quailleurs. Et le musée que nous inaugurons en est une illustration par son ampleur, par sa majesté, par sa dimension exceptionnelle, par le décor qui est le nôtre aujourdhui, par larchitecture, mais aussi par les collections. Le message que vous envoyez est un message de fraternité, un message dintelligence, un message de compréhension et de réflexion.
Le génie puisque vous en avez parlé que vous partagez avec dautres, le génie de votre ville car il y en a un ! tient en trois mots.
Dabord, la liberté. Marseille, cest la liberté !
Ouverte à la Méditerranée, le dos résolument tourné à la capitale, Marseille a toujours voulu préserver son identité. Je nai pas dit son indépendance. Marseille, tout au long de son histoire, a été capable de se lever, de se dresser lorsque lessentiel était en cause et même de dire non lorsque les circonstances lexigeaient. Ce nest pas pour rien que notre hymne national sappelle la Marseillaise.
Cette ville, votre ville, a résisté et notamment au nazisme, avec des femmes, avec des hommes courageux à qui la nation na pas fini dexprimer sa gratitude. Jen citerai deux : Gaston DEFFERRE qui contribuera à la libération de cette ville, mais aussi un grand résistant disparu il y a peu, Raymond AUBRAC, qui fut nommé commissaire de la République à Marseille en 1944 par le général de GAULLE.
Marseille, cest aussi la diversité, cest un monde fait de mille mondes. Et ici, au MUCEM, nous les retrouvons : les Corses, les Languedociens, les habitants venus du nord, mais aussi toutes les spiritualités, toutes les religions qui se côtoient à Marseille, dans la paix. Je pense aussi à toutes ces immigrations venues dAlgérie, du Sénégal, dAfrique, aux Arméniens, aux Espagnols, aux Italiens, aux Comoriens qui fondent cette ville depuis des décennies et devenant aussi de véritables Marseillais avec toutes les caractéristiques, toutes les qualités et sans doute quelques défauts. Nous en avons tous.
Mais ces expositions du MUCEM permettent de mieux comprendre lhistoire, votre histoire et celle de la Méditerranée, lhistoire de cette diversité qui fait votre unité. Marseille, cest enfin la jeunesse. Lon dit que la cité phocéenne est lune des plus anciennes villes de France. Cest possible mais elle a surtout le caractère suivant dêtre la plus jeune ville de France, lune des plus jeunes ! Et cest une richesse considérable, hélas vous lavez dit, Monsieur le maire , gâchée trop souvent par le chômage.
À Marseille et au-delà des résultats que vous avez pu atteindre les uns et les autres, le chômage est encore supérieur dans certains quartiers à une fois et demie la moyenne nationale et les problèmes les plus lourds sont concentrés on le sait dans les mêmes lieux. Et si nous voulons et nous le voulons tous lutter contre le délitement social ou la dérive délinquante, alors nous devons tout faire pour lemploi. Les jeunes de Marseille, les familles de Marseille que jai entendues attendent de la République quelle tienne sa promesse. Alors tenons-la ensemble !
Cest pour eux, pour les jeunes, que nous avons lancé les contrats de génération, cest-à-dire des contrats à durée indéterminée qui permettent à des jeunes dêtre recrutés en CDI et avec des seniors comme tuteurs.
Cest pour eux, pour les jeunes, que nous avons conçu les emplois davenir auxquels peuvent prétendre plus de dix mille Marseillais sans aucune qualification et avec un dispositif exceptionnel que lÉtat a mis en uvre, avec une participation à hauteur de 75 % de la rémunération pour les jeunes recrutés par les associations.
Il mest rapporté que ce dispositif ne rencontre pas encore tout le succès qui est attendu de lui. Alors je saisis cette occasion pour lancer un appel à toutes les grandes collectivités ici représentées : lÉtat met 75 %. Si les autres collectivités font le reste (les 25 %), nous pouvons proposer 100 % de la rémunération dun jeune à toutes les associations des quartiers où il y a le plus de difficulté !
Est-ce que nous allons être frileux davantage ou est-ce que nous allons être capables de nous unir pour aller jusque-là ? LÉtat, ici, prendra toutes ses responsabilités. Mais ce qui est en cause, ce nest pas de savoir qui va payer, parce que nous savons que cest Marseille qui paiera si rien nest fait, en termes de désarroi, de désespoir.
De la même manière, pour montrer lexemple, jai décidé que les emplois davenir, qui, normalement, sont réservés aux associations ou aux collectivités, pourront être proposés à toutes les entreprises, dans tous les secteurs, dès lors que ces entreprises sont à Marseille.
Troisième proposition que je fais, nous allons expérimenter à Marseille ce quon appelle les emplois francs. Monsieur le maire, vous avez évoqué les zones franches et nous nallons pas les remettre en cause. Mais tous les jeunes qui habitent dans ces quartiers pourront également être recrutés hors de ces quartiers avec les mêmes avantages que sils étaient dans une entreprise installée dans la zone franche.
Ça veut dire que tout jeune qui habite un certain nombre de lieux que vous connaissez, que lon dit sensibles, et qui vivent ce lieu de résidence parfois comme une discrimination, cette fois-ci, ce sera une chance de plus puisque toutes les entreprises pourront avoir un avantage qui peut monter jusquà cinq mille euros si elles embauchent un jeune venant de ces quartiers.
Je sais aussi, si lon veut parler des difficultés de Marseille mais moi, je ne veux parler après que de ses atouts , quil y a linsécurité et ne pas en parler ici serait de ma part un aveuglement ou une indifférence quand la chronique, hélas, rappelle un certain nombre de drames ou de faits divers qui vous heurtent, qui vous blessent. Il y a eu, lannée dernière, dix-neuf homicides avec une chronique qui est toujours la même, vingt en 2011, dix-sept en 2010, dix-huit en 2009. Sinistre succession de drames. Eh bien ça doit sarrêter.
Le ministre de lIntérieur a pris des dispositions nécessaires qui ne seront jamais regardées comme suffisantes mais qui marquent une rupture après quatre cents suppressions demplois ces cinq dernières années. Deux cent cinquante-six policiers et gendarmes ont été affectés en plus dans deux zones de sécurité prioritaires auxquels sajoutent trois forces mobiles et le développement que vous avez appuyé de la vidéosurveillance.
Cette politique, elle est fondée sur une approche globale qui part de léducation où nous avons renforcé un certain nombre de moyens jusquà la sanction nécessaire et ensuite, le suivi de ceux qui ont commis des fautes et qui doivent les réparer. Et nous avons des résultats (premier signe dune évolution) : les atteintes aux biens ont diminué de plus de 7 % depuis le début de lannée, 15 % même pour les cambriolages, 9 % pour les vols à main armée. Alors poursuivons cette action !
Je sais aussi car nous devons agir ensemble que vous allez recruter des policiers municipaux. Eh bien nous devons mener communément cette action de prévention, de dissuasion et dintervention. Il ny aura je vous le dis, Mesdames et Messieurs aucune faiblesse, aucune indifférence, aucun relâchement. Face à la loi de la force, nous imposerons la force de la loi et je peux vous dire quelle lemportera.
Marseille, grande ville de France, belle ville de France peut compter sur la solidarité de la nation. Cest le sens du plan qui a été arrêté en septembre dernier par le gouvernement et qui propose de réunir État, collectivités, acteurs économiques, associations, universités, centres de recherche pour couvrir tous les enjeux de la métropole.
La métropole jai prononcé le mot car Marseille ne peut pas attendre tout de lÉtat. Marseille doit avoir ses propres ressources, ses propres instruments, ses propres leviers et cest pourquoi je pense que vous avez toutes les raisons de croire en votre avenir, dêtre fiers, dêtre ambitieux et parce que Marseille est une chance pour le pays ! Et donc nous avons tous intérêt à ce que Marseille puisse être dotée des structures indispensables pour son développement.
Tout à lheure, nous étions ensemble pour linauguration de ce plus grand porte-conteneurs du monde qui est basé ici, à Marseille. Marseille, premier port français, troisième port pétrolier au monde ! Marseille qui deviendra un centre pour le trafic de conteneurs, qui sera reliée directement au réseau fluvial et ferroviaire ! Marseille qui a toutes les capacités industrielles avec la présence ici de la sidérurgie avec ARCELOR, de la pétrochimie sur létang de Berre, laéronautique avec EUROCOPTER, les énergies renouvelables avec ITER !
Il y a toutes les conditions pour la réussite ! Et je ne parle pas seulement des grandes industries mais aussi des nouvelles technologies, de léconomie de la santé ! Et nous devons faire ici de Marseille un lieu où des champions puissent représenter la France et lEurope !
Je nignore en rien pour autant des difficultés que traversent certaines entreprises locales et je suis venu plusieurs fois à Marseille avant dêtre président pour men souvenir.
Eh bien nous les accompagnerons, nous ferons en sorte de trouver des repreneurs lorsquils se présentent et de faire des reconversions lorsquelles sont indispensables.
Il y a aussi ce qui sera encouragé, ces regroupements, comme vous lavez fait sur le projet Henri FABRE où on met des entreprises dexcellence (EUROCOPTER, par exemple) avec de luniversité, avec des centres de recherche. Et on est capable, à ce moment-là, de proposer une filière, un ensemble compétitif pour la France et pour lEurope.
La force de Marseille, cest aussi dêtre une capitale méditerranéenne. Vous en avez parlé, Monsieur le maire. Soixante-dix mille étudiants, sept mille cinq cents chercheurs, cent trente structures de recherche.
Aix-Marseille, première université française ! Vous narrivez pas premiers dans tous les domaines ! Quelquefois, vous êtes seconds ! Mais vous avez la fierté davoir moins de moyens que dautres. Et parfois, arriver second pas dans les élections , cest quand même une belle performance.
Mais là, vous êtes premiers ! Premiers en matière universitaire ! Et donc vous êtes capables de relever les défis. Et cest la raison pour laquelle je reviens à lidée de métropole parce que Marseille ne peut pas rester dans ses formes actuelles parce que Marseille doit avoir une organisation adaptée aux défis qui doivent être relevés. Je sais que cette question fait débat et je sens des silences ici qui en disent long.
Mais tout le monde comprend que les réponses ne peuvent pas épouser les frontières des collectivités daujourdhui ni même se confondre avec les structures intercommunales existantes.
Il existe aujourdhui au sein de la métropole six communautés dagglomération. Cétait une étape sans doute indispensable et il sest réalisé de grandes choses et encore aujourdhui dans ces intercommunalités, dans ces communautés dagglomération. Mais peut-on voir six politiques de transport, six politiques du logement, six politiques énergétiques, six réseaux daide aux entreprises ? Poser la question, cest déjà avoir la réponse.
La métropole ne peut pas non plus mettre en commun des difficultés. Ajouter des faiblesses na jamais fait une force. La métropole, cest ce qui doit permettre dintervenir au bon niveau, sur les bonnes compétences. La métropole, ce nest pas la fusion, ce nest pas la disparition. La métropole, cest ce qui permet de faire vivre dans la diversité un certain nombre de réalités que nous connaissons aujourdhui, mais leur donner une force supplémentaire.
Alors ça suppose, bien sûr, de dépasser un certain nombre dappréhensions que je comprends parce que je sais ce que ça représente davoir une identité clairement reconnue à travers une commune ou à travers une communauté dagglomération. Je sais aussi les craintes par rapport à des transferts financiers. Je connais les communes comme je connais les Français. On est tous pour légalité mais jusquà un certain point. On est tous pour payer mais on préfère que ce soit les autres qui fassent le premier effort.
Eh bien cest la même chose pour les territoires ! Mais est-ce quon peut accepter quil y ait de la prospérité, est-ce quon peut comprendre que la prospérité pourra durer sil y a des lieux de pauvreté sur le même territoire ? Est-ce quon ne va pas créer des conflits, des confrontations pour demain ? Il ny a pas de frontières entre les communes et les communautés ! Les gens circulent ! Alors faisons en sorte quils aient lesprit commun, une fierté commune.
Alors, Monsieur le maire, Mesdames et Messieurs les élus, je souhaite que le dialogue se poursuive, que la concertation sengage autant quil est possible. Mais il arrive un moment où la décision doit être prise. Il y a un débat je sais que vous allez y participer, un certain nombre de parlementaires ici présents , faites en sorte de défendre votre intérêt. Mais votre intérêt la métropole, Marseille , cest lintérêt de la France !
Vous nêtes pas nimporte quelle ville de France, vous êtes la deuxième grande ville de France ! Vous nêtes pas nimporte quelle métropole, vous êtes ici, dans la Méditerranée, porteuse de tant despérance, de tant de projets ! Et cest pourquoi lÉtat ne veut pas décider à votre place, surtout pas de Paris ! Mais lÉtat ne peut pas être insensible, indifférent par rapport à lavenir de la métropole marseillaise.
Dans cette nouvelle géographie qui, maintenant, concerne toutes les grandes villes dEurope, je pense quune des différences qui sétabliront entre les villes de premier ordre et les autres, ce sera -au-delà de léconomie qui doit avoir la première place - la grandeur des équipements, la qualité de la vie et donc la culture.
Et cest pourquoi la culture ici, ce nest pas simplement un supplément dâme que vous voulez apporter à la population et qui ne fera pas lapaisement des souffrances en termes sociaux ou économiques. Non, la culture, cest un investissement, cest une économie, cest une attractivité ! Le musée que nous voulons ici promouvoir, là où il se situe, dans cet ensemble, mais cest une chance formidable pour Marseille, une attractivité considérable ! Des milliers, des millions de touristes viendront ici ! Dautres décideront de venir vivre ici ! Donc, la culture, cest un levier pour votre développement.
Et alors, là, vous avez réussi, avec le Musée des Civilisations dEurope et de la Méditerranée, à donner une uvre considérable à la France.
Cest un long travail qui se termine. Cest une histoire qui retrouve une jeunesse. Je vais vous la raconter en quelques mots. Tout a commencé, pour ce musée, 1884 avec louverture dune Salle de France à Paris, au Trocadéro, qui était consacrée aux traditions des régions françaises. En 1937 la date est importante, nous sommes au moment du Front populaire , cette salle devient le Musée des Arts et des Traditions Populaires.
On voulait en faire le Louvre du peuple. Et puis un déclin, sentiment que ça navait pas forcément la même importance. En 2005, la décision était prise de fermer le Musée des Arts et des Traditions Populaires.
Quatre ans plus tard, lidée renaît sous une autre forme. En 2009, une association de préfiguration est créée dans les Bouches-du-Rhône pour transporter de Paris qui nen voulait plus à Marseille une collection de plus dun million duvres, dobjets et de documents voilà une belle décentralisation ! et pour créer à Marseille non pas un musée, mais une véritable citée culturelle avec des expositions, avec des débats, avec des projections, avec des spectacles. Et cest ce projet que nous inaugurons aujourdhui et qui est donc devenu réalité.
Merci à tous ceux qui ont permis cette création : lÉtat toutes majorités confondues ou successives puisque lÉtat a apporté cent cinquante millions deuros sur un investissement de près de deux cents £ bien sûr, la ville de Marseille, le département des Bouches-du-Rhône, la région Provence-Alpes-Côte-dAzur.
Cet équipement nous le voyons aujourdhui a changé Marseille, son urbanisme, son rapport à la mer, son image et nous voyons ici un musée qui est ouvert et qui se situe aussi dans des lieux historiques de Marseille : le fort Saint-Jean qui appartient au paysage depuis le Moyen Âge, magnifiquement restauré £ le Centre de Conservation et de Ressources à la Belle de Mai et ce bâtiment de pierre, deau et de vent conçu par Rudy RICCIOTTI et Roland CARTA que je veux saluer pour luvre quils ont réalisée.
Ce site je le disais est un symbole. Cest ici, pas loin dici, que les bateaux accostaient pour apporter les immigrations que jévoquais tout à lheure pour que le labeur humain puisse sorganiser ici. Eh bien aujourdhui, ce sont les uvres de lesprit qui sexpriment. À lhistoire, nous avons permis de donner un avenir.
Le MUCEM, cest un projet original qui confond les disciplines : on y trouve lanthropologie, lhistoire de lart, la mythologie, la sociologie, la politique. LAntiquité voisine avec lactualité. Les continents de toutes les époques sont ensemble rassemblés.
Voilà pourquoi vous avez réalisé un équipement exceptionnel. Et cest parce quil est exceptionnel que vous pouvez prétendre faire de Marseille une ville également exceptionnelle. Parce que le MUCEM, cest la Méditerranée.
Cest une construction, la Méditerranée, qui est une aventure politique qui nest pas terminée. La construction de la Méditerranée, cest lémergence, entre les deux rives, entre cette mer mitoyenne, dune solidarité régionale qui ira sans cesse en samplifiant.
Cest aussi un horizon de liberté que nous donnons aux peuples arabes qui cherchent la prolongation de leurs printemps non sans mal.
La construction de la Méditerranée, cest aussi une perspective pour la jeunesse. En Algérie, au Maroc, on nous regarde, on veut créer ensemble une université euro-méditerranéenne et jai lancé lidée dun Erasmus pour la Méditerranée où des jeunes pourraient aller étudier des deux côtés de la Méditerranée.
Voilà, Mesdames et Messieurs, Monsieur le maire, ce que jétais venu vous dire avec retard mais avec force, à loccasion de cette inauguration.
Nous traversons une crise, chacun le sait. Nous nous interrogeons sur notre avenir, sur notre place, la place de la France, lavenir de lEurope. Mais, cette question, elle est posée aussi à léchelle dune ville. Quest-ce que va devenir Marseille ? Quel est son destin ? Est-ce quil y a plus datouts que de handicaps ?
Dans cette crise, il faut surtout chercher ce qui va nous élever. Eh bien linauguration de ce musée, cest un acte de confiance. Confiance dans lhistoire parce que, de génération en génération, nous sommes capables de relever de nouveaux défis, de pousser des frontières et de nous dépasser nous-mêmes.
Confiance dans les forces de la création, de la culture et je veux ici saluer tout ce qui se fait dans cette ville.
Confiance aussi dans le rassemblement. Monsieur le maire, vous lavez dit, il est des moments, il est des territoires, il est des situations où les énergies doivent sadditionner, où les intelligences doivent sajouter, où les compétences doivent sagréger. Cest de cette cohésion dont votre ville, dont lagglomération, dont la métropole, dont la région a besoin, dont la France a besoin.
Eh bien moi, jai confiance dans Marseille. Confiance dans ce quelle a de force pour son avenir. Confiance dans sa population, dans sa jeunesse.
Confiance dans ce que cette ville charrie comme à la fois espoirs et craintes. Jai confiance dans la métropole ! Je sais quelle viendra à un moment ou à un autre pour donner les formes à lavenir de Marseille.
Le MUCEM, ce musée, cest un symbole. Symbole par le lieu, symbole aussi par lespace que vous occupez ici, à Marseille.
Cest un symbole aussi de la beauté, de la réussite et donc de ce rayonnement de Marseille.
Cest le symbole de ce que Marseille peut faire dès lors quelle a décidé de le faire et symbole de ce que nous devons faire pour Marseille, ce que nous voulons faire pour Marseille.
Ma présence ici nest pas simplement une présence liée à un événement, à un équipement, cest le signe que lÉtat sera toujours derrière cette grande ville, derrière cette grande métropole qui est Marseille.

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