Publié le 18 mars 2013

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur le contrat de vente entre Airbus et la compagnie aérienne indonésienne Lion Air, à Paris le 18 mars 2013.

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur le contrat de vente entre Airbus et la compagnie aérienne indonésienne Lion Air, à Paris le 18 mars 2013.

18 mars 2013 - Seul le prononcé fait foi

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Messieurs les ministres,
Madame, Messieurs les ambassadeurs,
Monsieur le président qui nous faites grand honneur en faisant confiance à une grande compagnie européenne,
Je salue les autorités dEADS et dAirbus et je veux leur dire combien nous vivons, par ce moment, une légitime fierté.
Je vous accueille ici pour le plus gros contrat qui ait jamais été passé par Airbus avec un grand acheteur. Il va permettre, avec 234 appareils pour 18 milliards deuros, de donner toute garantie à cette grande compagnie aérienne et, en même temps, de donner de lemploi, de lactivité à la France à travers Toulouse, mais pas seulement Toulouse et à lEurope.
Ce sont des chiffres impressionnants 234 appareils, 18 milliards deuros qui, en réalité, honorent lindustrie européenne, mais témoignent aussi de la vitalité de léconomie indonésienne.
Ce contrat traduit également lampleur de la coopération entre nos deux pays, lIndonésie et la France.
LIndonésie est le quatrième pays le plus peuplé de la planète.
Cest une grande démocratie dont la voix est respectée dans le monde et qui tient une place au sein du G20. LIndonésie est devenue une économie puissante, la première dAsie du Sud Est avec un taux de croissance supérieur à 6% par an depuis 10 ans. La France a donc voulu travailler avec ce grand pays dans une relation équilibrée, dans le cadre dun partenariat stratégique.
Jai eu loccasion de rencontrer le Président indonésien YUDHOYONO, au sommet des chefs dEtat et de gouvernement dEurope et dAsie à Laos. Je lui ai dit mon attachement au partenariat stratégique qui unit nos deux pays depuis 2011. Nous en avons, ici, une illustration.
Les investissements français en Indonésie représentent 2 milliards deuros. La balance commerciale entre nos deux pays est quasi équilibrée, mais avec un rythme de progression de nos exportations supérieur à 15% par an.
Ces échanges sont notamment tirés par le secteur aéronautique et ils vont lêtre encore davantage grâce à la confiance que vous faites à Airbus.
Ce contrat témoigne aussi du partenariat qui va unir deux entreprises de pointe dans leur secteur respectif.
Dun côté Lion Air, sous votre présidence, M. Rushdi KIRANA. Ce groupe vous lavez rappelé est le premier opérateur de larchipel indonésien. Larchipel indonésien, cest 16 000 îles dont 6 000 habitées. Chacun aura compris que le transport aérien est la meilleure façon pour organiser le déplacement. Lion Air, sur ce marché, rien que sur ce marché, détient 50% de part de marché. Votre compagnie assure 36 destinations, 230 vols quotidiens. Cest donc un partenaire industriel majeur pour laéronautique européenne. Vous avez vous-même, monsieur le président, donné les perspectives de votre compagnie qui ne peuvent que nous encourager à garder la meilleure relation avec vous.
De lautre côté Airbus. Fabrice BREGIER la dit, cest une fierté nationale et européenne, lun des piliers de notre économie qui emploie directement 24 000 salariés, tous excellemment formés, qualifiés, donnant le meilleur deux-mêmes. Plus de 20 000 sont à Toulouse. Airbus sest identifié avec une ville, Toulouse, même si ce nest pas le seul lieu de production. Airbus, cest un solde positif de 22 milliards deuros en termes déchanges commerciaux. Contributeur majeur de notre balance extérieure, Airbus, cest aussi 10 milliards deuros dinvestissement dans la recherche sur les dernières années, 200 brevets déposés chaque année.
Vos deux groupes, Lion Air et Airbus ont décidé, par ce contrat, de sunir dans la plus belle des réussites, un projet commun. Je ne doute pas quil y aura dautres étapes pour ce partenariat.
Airbus, grâce à ce contrat, va pouvoir créer 5 000 emplois pendant 10 ans. Ce contrat vient, après dautres, celui signé avec Lufthansa (100 avions de la famille A320 et A380), Turkish Airlines (117 avions de la famille A320). Autant de succès, même si celui daujourdhui est le plus considérable ! Le carnet de commandes dAirbus représente quatre années de production mais nous pouvons faire mieux et davantage. Il ny a aucune limite, nous devons considérer que ce contrat va être un élément de création dactivités et demplois dont je veux saluer limportance.
Je veux terminer par souligner ce que laéronautique peut être comme modèle pour notre industrie. La France est en effet le seul pays, le seul pays avec les Etats-Unis, à disposer dune industrie complète pour concevoir, définir, fabriquer un avion. Et si nous avons pu avoir cette réussite, cest grâce à deux atouts.
Le premier, cest la capacité de cette industrie aéronautique de se structurer en filières. Je salue le groupe GIFAS qui rassemble les constructeurs, les équipementiers, les entreprises du secteur aéronautique et spatial, quelles soient civiles ou militaires. Cette industrie aéronautique représente 162 000 salariés. Ce groupe a pu permettre une bonne cohérence entre les donneurs dordre et les sous-traitants. Cest un modèle pour les autres secteurs industriels français.
La seconde raison, cest dans un cadre européen que je veux saluer la coopération entre les Etats et Airbus. Avec un système de financement que lon appelle les avances remboursables et qui, en France, seront pérennisées dans le cadre du programme dinvestissement davenir. Mais également avec un système de crédit dimpôts recherche en France, qui valorise ce que lentreprise peut elle-même engager comme investissement pour lavenir.
Pour conclure, les grands contrats dAirbus sont un exemple pour notre économie, pour ce quelle peut faire, pour ce quelle doit faire en termes de compétitivité, en termes de recherche et dinnovation, en termes de formation des personnels, en termes aussi de commercialisation. Vous avez ici fait la preuve quil ne suffisait pas davoir des matériels au plus haut niveau technologique, quil fallait être capable de les vendre et, vous, de les acheter.
Notre ambition au plan européen, cest non seulement de poursuivre la belle aventure dEADS mais également de concevoir dautres EADS pour dautres secteurs économiques avec nos partenaires européens. LEurope, ce nest pas simplement un marché ou parfois une monnaie. LEurope, cest aussi une ambition industrielle. Ce soir, je serai avec la Chancelière dAllemagne, Angela MERKEL, pour regarder ce que nous pouvons faire avec nos entreprises dans un cadre qui doit être clair dans la responsabilité respective de lEtat et du marché pour faire en sorte que nous puissions avoir une ambition industrielle qui aille au-delà de laéronautique.
Ce contrat est historique. Il est historique par son ampleur : 234 avions, 18 milliards deuros. Il est historique aussi par le lien entre une grande entreprise européenne et une grande entreprise asiatique. Il est historique parce quil ouvre des perspectives pour laéronautique mais également pour lindustrie entre nos deux continents.
Je veux donc, à travers ce contrat, me réjouir pour lemploi, me réjouir pour le commerce extérieur, me réjouir pour la sécurité aérienne que nous allons assurer et me réjouir pour le lien entre lEurope et lAsie que ce contrat illustre parfaitement.Merci à tous ceux qui ont contribué à ce succès et merci pour ce que vous laissez penser être notre avenir commun. Merci.

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