Publié le 9 janvier 2013

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la politique de défense, à Olivet (Loiret) le 9 janvier 2013.

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la politique de défense, à Olivet (Loiret) le 9 janvier 2013.

9 janvier 2013 - Seul le prononcé fait foi

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Messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs les parlementaires et les élus,
Messieurs les chefs dEtat-major,
Messieurs les officiers généraux,
Mesdames, Messieurs,
Le 12ème régiment de cuirassiers nous a fait un grand honneur en nous recevant aujourdhui. Jai pu au cours de ma visite - trop brève - apprécier la très haute qualité des personnels, le haut niveau de la technologie utilisée et la confiance que nous vous portons pour les manuvres ou les opérations dont vous aurez la charge.
Cette qualité est à limage de lensemble de nos armées. Ici vous avez choisi un métier, ou plutôt une vocation. Car être soldat nest pas une profession comme les autres. Cest accepter demblée le sacrifice, y compris celui de sa vie pour la patrie.
Au cours de lannée 2012, celle qui vient de sécouler, quinze de vos frères darmes sont morts pour la France ou au service de la Nation. Je mincline, avec émotion, devant leur mémoire. Une fois encore je le dis, nous ne les oublierons jamais. Jassure leurs familles, leurs proches de notre solidarité dans lépreuve quelles continuent de traverser. Ces familles et ces proches qui continuent de souffrir.
A cet hommage, jassocie également les blessés. Il se trouve que depuis que joccupe cette responsabilité de chef de lEtat, donc de chef des armées, jai pu aller au chevet dun certain nombre de ces blessés revenant dopération. Jai été saisi par deux impressions fortes quils mont communiquées. La première cest leur grande pudeur, une réserve, une retenue, ne jamais se plaindre. Et lautre impression, cest cette obstination, cette volonté farouche de retourner sur le lieu même du combat, là où ils avaient été touchés, comme pour bien montrer que rien ne sétait interrompu et quils étaient toujours et encore des soldats.
En ce début dannée je viens présenter mes vux, mais je viens surtout évoquer le rôle majeur joué par nos armées sur les terrains où vous êtes engagés au nom de la France.
Lun de ces terrains, cétait, cest encore pour quelques jours lAfghanistan. Javais annoncé au printemps dernier, au lendemain de mon élection - en plein accord avec nos alliés et en bonne intelligence avec les autorités afghanes - que nos forces combattantes seraient rentrées en France à la fin de lannée 2012.
Aujourdhui, cest mission accomplie. Le ministre de la Défense a pu faire le réveillon de fin dannée avec les troupes en Afghanistan. Elles sont aujourdhui à peu près au niveau de 1500 soldats, sous-officiers et officiers. Au milieu de lannée prochaine - au mois de juin - à peine 500 seront affectés dans des tâches que nous avons voulues être en continuité avec notre engagement : coopération pour laéroport, pour lhôpital et pour la formation. Mais - comme je my étais engagé - au début de cette année 2013 il ny a plus déléments combattants français en Afghanistan.
Je veux saluer, féliciter lopération de désengagement qui a été menée, de rapatriement sous lautorité du ministre de la Défense, du chef dEtat-major de nos armées lAmiral GUILLAUD, parce que cétait une opération militaire que de faire revenir les troupes et les matériels dans des conditions éminemment dangereuses et qui ont justifié une protection toute particulière. Là encore, cette manuvre a démontré que les opérations de combat sont inconcevables sans une logistique dexcellence avant, pendant et après laction militaire elle-même.
Vous pouvez être fiers de ce que vous avez accompli en Afghanistan. Nous avons en effet contribué, avec nos alliés, à délivrer ce pays de lemprise dune organisation terroriste, Al Qaïda. Nous avons assuré dans deux provinces que certains connaissent - la Kapisa et la Surobi - une transition vers la souveraineté afghane et maintenant nous pouvons engager une coopération qui est celle attendue de la France, cest-à-dire de formation et de gestion de lhôpital et de laéroport.
Cette mission sachève. Et je considère avec succès. Mais dautres se poursuivent, pour lesquelles, une fois encore, nous somme mis à contribution et vous les personnels militaires et civils des trois armées particulièrement. Je noublie pas les services de soutien : la gendarmerie nationale, la direction générale de larmement et lensemble du ministère de la Défense.
Peu de nations ont été, autant que la nôtre, la France, impliquées en si peu de temps dans autant dopérations. Je pense à locéan indien où nous combattons la piraterie, à la Côte dIvoire, au Kosovo, au Liban - un certain nombre ici en reviennent -, mais aussi en France, par rapport à la lutte contre le narco-trafic dans larc antillais, contre lorpaillage clandestin en Guyane qui a coûté la vie de deux militaires français, ou à la protection de notre espace aérien et maritime. Voilà, vous êtes en veille permanente pour assurer en toutes circonstances la sécurité du pays, avec aussi nos forces de dissuasion nucléaire.
Telles sont bien les responsabilités de nos armées : protéger notre territoire et donc les Français £ défendre partout dans le monde nos valeurs et nos intérêts, donc la France, partout où nous sommes menacés, où certains de nos ressortissants peuvent être exposés encore récemment en République centrafricaine et nous suivons avec vigilance lévolution de la situation. Mais aussi dans dautres zones du continent africain et cest un défi majeur que nous aurons une nouvelle fois à rencontrer.
Le terrorisme, cette forme de barbarie qui a déclaré la guerre à toutes les civilisations, a pris racine dans le Sahel et dans le nord du Mali. Le Conseil de sécurité à notre initiative - pas seulement mais principalement - a adopté à l'unanimité une résolution autorisant, "pour une durée initiale d'une année", le déploiement d'une mission internationale sous conduite africaine. Elle soutiendra donc la reconstitution de larmée du Mali et permettra le moment venu de chasser les groupes islamistes extrémistes qui occupent la région du nord Mali. La France, avec lUnion européenne, participera à la formation des forces armées, à la fois celles du Mali et celles des Africains par rapport à lopération queux seuls peuvent décider.
Dautres menaces existent. Elles requièrent également notre mobilisation. Certaines sont plus perverses que dautres : je pense aux attaques informatiques, aux intrusions à partir du « cyberespace » et nous devons nous former par rapport à cette agression. Parce quelle est dirigée contre les Etats mais aussi contre les forces économiques, contre nos entreprises. Cette menace nous oblige donc à réinventer la façon dont nous devons concevoir notre sécurité et même notre défense. Cest une des missions que jai confiées au ministre de la Défense et au ministre de lIntérieur.
Une seconde menace - plus terrible encore - est la prolifération nucléaire qui expose lhumanité toute entière aux effets les plus destructeurs de ces armes, puisquil y a là des pays qui ont accédé en réalité à larme nucléaire, qui peuvent y accéder ou qui cherchent à y accéder et qui peuvent menacer la paix du monde. Cela suppose là encore daccroître et de diversifier nos outils de protection, mais également dêtre sur le plan diplomatique, politique, à linitiative parce que nous sommes membres du Conseil de sécurité des Nations-Unies.
Les risques prennent également des formes nouvelles. Nous avons maintenant ce quon appelle des adversaires « hybrides », cest à dire disposant, aux côtés de moyens les plus artisanaux, de capacités qui étaient jusquà présent lapanage des Etats. Et là encore nous devons faire face à cette gestion de crise et nous devons nous y préparer.
Lensemble de ces enjeux, de ces risques, de ces menaces, de ces protections doivent être traités dans le cadre de nos alliances. A cet égard, je fais largement miennes les conclusions dun rapport que javais commandé à lancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine £ conclusions qui vont dans le sens dassumer pleinement la présence de la France dans lAlliance atlantique et dans lorganisation militaire qui lui est attachée, et dêtre à linitiative et de faire en sorte que nous puissions engager une responsabilité accrue de lEurope dans cette alliance.
Dimportants efforts ont été entrepris depuis sept mois dans le sens de lEurope de la défense. Jinsiste beaucoup pour que nous mettions nos capacités en commun, que nous renforcions lindustrie européenne de défense, mais aussi que nous puissions participer ensemble à des opérations.
Lannée 2013 sera ainsi marquée par la préparation dun Conseil européen très important qui se situera à la fin de lannée, où nous aurons à nous prononcer pour des avancées sur la politique européenne de sécurité et de défense commune. La France y prendra toute sa part.
Dans quelques semaines à peine, nous célébrerons le cinquantième anniversaire du traité de lÉlysée. Cétait donc le traité que le Général de GAULLE et Konrad ADENAUER avaient scellé pour réconcilier la France et lAllemagne après deux guerres, deux guerres terribles qui nous avaient opposés.
Je veux donner à cette célébration un caractère historique, mais aussi un caractère prospectif. Que pouvons-nous faire, français et allemands ensemble ? Préserver la zone euro ? Nous y travaillons et nous avons réussi pour lessentiel. Consolider nos économies ? Cest nécessaire pour lutter contre le chômage. Mais nous avons des responsabilités au nom de lEurope et y compris pour lEurope de la défense. Je voudrais que ce moment puisse consacrer une nouvelle étape dans nos rapports et une nouvelle construction de lEurope de la défense.
Mais notre défense, elle est aussi et surtout nationale. Cela relève de notre propre souveraineté, de notre propre décision, de notre propre volonté : celle des dirigeants, celle aussi du peuple français. Cest lui qui doit nous dire aussi ce quil veut pour sa défense à travers ses représentants.
Nous devons avoir une stratégie cohérente sur la base dune évaluation de nos objectifs, également dune analyse de la menace permettant de dessiner le visage de nos armées à lhorizon des dix, quinze prochaines années.
Cest lobjet du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale. La commission qui est présidée par Monsieur GUEHENNO en a la responsabilité. Il va me présenter très prochainement ses premières propositions.
La loi de programmation qui découlera de ce livre blanc sera discutée au Parlement dès lété. Elle déclinera année après année la réalisation de nos objectifs. Souvent, ces lois de programmation sont autant daffichages peu respectés dans le temps. Tachons de faire différemment de nos prédécesseurs. Ayons des objectifs plus réalistes, mais soyons sûrs de les atteindre.
Que voulons-nous faire ? Dabord nous voulons maintenir notre stratégie de dissuasion nucléaire avec ses deux composantes : sous-marine et aéroportée. Notre effort dans le domaine nucléaire est le fruit dun engagement politique constant, depuis le général de Gaulle jusquà aujourdhui et au-delà des alternances, des successions de majorité. Cest un consensus, nous devons le préserver. Il nest pas fondé simplement sur une habitude, sur une coutume, sur un rite, sur une fierté nationale que davoir une force de dissuasion, non. Ce consensus est fondé sur une même certitude : cest la force de dissuasion qui nous permet dêtre assurés contre toute menace et qui nous permet aussi de peser dans le concert mondial. Je ferai donc tout pour que cet outil-là soit préservé.
Dans le même esprit et au-delà de la force de dissuasion, nous devons être capables de projeter hors de nos frontières, cest-à-dire être capables dintervenir à lextérieur, que ce soit dans des conflits armés de haute intensité pour ne pas dire des guerres que ce soit dans des opérations de stabilisation et de maintien de la paix. Pour cela pour que nous puissions être engagés dans un théâtre au-delà de nos frontières nous devons être prêts et cest pourquoi nous devons nous préparer aussi bien à être nous-même à linitiative dans des opérations autonomes sur le plan opérationnel mais aussi être préparés à être dans des coalitions, ce qui rend encore la tâche plus difficile pour nos armées. Ses forces doivent être composées dhommes et de femmes entraînés et équipés au bon niveau, connaître à tout moment la nature des menaces, doù limportance du renseignement qui fera donc lobjet dune attention toute particulière, avec le lancement du satellite dobservation Pléiade qui a eu lieu récemment et qui sinscrit pleinement dans cette logique.
Lenjeu pour la France cest aussi de rester en mesure de peser dans la gestion et le règlement des crises mettant en cause la sécurité internationale ou nos intérêts stratégiques. Cest la raison pour laquelle nous sommes parmi les nations il ny en a pas beaucoup dans le monde qui peuvent disposer déléments de très grande qualité, dunité délite et vous en faites partie. Grâce à ces éléments et ces unités, nous pouvons avoir une efficacité reconnue et un rôle précieux pour la paix dans le monde, car la France intervient toujours au nom de la légalité internationale, sur mandat des Nations-Unies, pour servir une cause plus grande encore que la nôtre qui est celle du maintien de la paix dans le monde.
En tant que Président de la République je suis chef des armées. Ma mission est donc dassurer la pérennité de nos capacités, de nos forces et donc la sécurité du pays. Lessentiel du budget de la défense cela na pas été facile a été préservé dans la loi de finance pour 2013. Mais chacun connait les exigences de la période : nécessité dune bonne gestion des deniers publics, obligation de réduire le déficit.
Vous me direz « que va devenir le budget du ministère de la défense dans ce cadre-là ? ». Je vous le rappelle ici : le ministère de la Défense participera à leffort national au même niveau que les autres ministères pas plus, pas moins et il ne saurait être question den faire une variable dajustement du budget de lEtat £ pour des raisons qui sont dailleurs très simples à comprendre, et qui ne sont pas celles simplement partagées par les personnels de la défense.
La première raison : parce que ce budget est un élément de notre souveraineté et de notre sécurité. La seconde raison : parce que nous sommes dans un système dalliances avec des considérations stratégiques, que nous servons des intérêts qui ne sont pas forcément les nôtres et qui sont ceux du monde tout entier. Mais aussi pour une autre raison : la défense joue un rôle décisif pour le redressement économique de notre pays. Tout à lheure on me présentait des matériels fabriqués pour lessentiel je dis bien pour lessentiel en France et quand ce nest pas en France cest avec une coopération européenne. Il métait même indiqué que certains éléments, certaines pièces, étaient produites par de grandes entreprises et dautres par des PME. Notre industrie de défense représente 4 000 entreprises qui emploient directement 150 000 personnes et 300 000 indirectement avec la sous-traitance. Cest donc un enjeu essentiel pour lemploi, pour la localisation dentreprises sur le territoire, mais également pour linvestissement et la technologie. Le ministre de la Défense a voulu quil y ait un pacte entre son ministère et les PME pour sécuriser leur activité et pour quelles participent pleinement à la défense du pays, mais aussi pour quelles soient soutenues par les grandes entreprises dans leffort de technologie.
Plusieurs fois jai souligné limportance de linnovation pour retrouver la croissance française. Cette innovation, cette recherche nous la trouvons dans la défense. Il y a même un lien qui nest pas établi quen France, les Etats-Unis de ce point de vue-là ont valeur de modèle ou dexemple entre lindustrie civile et militaire. Regardez pour laéronautique, pour lespace : les succès dAirbus ou du lanceur Ariane reposent largement sur les avancées technologiques qui ont été celles constatées en matière de défense. Entre les industries civiles et militaires les liens sont nombreux et étroits. Notre devoir est donc doffrir aux entreprises françaises les moyens de conquérir davantage de parts de marché, ce qui suppose quil y ait un niveau de commandes publiques qui permette justement de les alimenter.
Il y a une compétition dans tous les domaines, y compris sur les fabrications de matériels militaires. Nous avons certains voisins je ne les nommerai pas qui sur ce point vont très loin pour promouvoir leurs exportations. Nous, nous avons des principes et ne vendons quà certains pays, mais lorsque nous avons décidé de vendre, il faut être les meilleurs dans ces pays-là pour que nous puissions faire valoir non pas quelques préférences mais lextrême qualité de nos matériels. Jy veillerai.
Voilà tous les motifs qui fondent en ce début dannée 2013 ma confiance dans les armées : capacité à remplir les missions, technicité des personnels, courage dans les opérations, capacité aussi à assurer notre défense dans tous les domaines. Vous avez à chaque fois été à la hauteur des missions qui vous ont été confiées et tous les professionnels au-delà de cette salle exécutent des tâches dune très haute technicité. Jen ai encore eu la démonstration à travers les matériels et même les simulateurs.
Etre aujourdhui militaire suppose donc une formation dexcellence. Cest pourquoi je souhaite que beaucoup de jeunes en France sengagent et quils trouvent à travers cette expérience professionnelle le sens de leffort, du courage, de la pugnacité, de la persévérance, mais aussi de la formation qui leur permettra plus tard dexercer des métiers civils.
Quelques mots pour terminer pour parler de lHistoire qui nous renseigne toujours sur ce que nous avons à faire pour demain.
Lannée 2013 ouvrira un cycle de commémorations consacrées à la fin de la seconde guerre mondiale. 70 ans après ce sera lune des dernières grandes occasions de rendre cet hommage solennel aux combattants, résistants, déportés, à tous ceux femmes et hommes qui ont traversé cette épreuve et qui sont encore là pour quelques années encore, quelques années seulement. Il nous faut tirer de ces témoignages autant quil sera possible, pour que cela serve de passage de témoins entre les générations, entre ceux qui ont connu la guerre et ceux qui ont vécu dans la paix.
2014 sera la première année du centenaire de la première guerre mondiale. Nous préparons ce rendez-vous avec nos partenaires européens, mais aussi avec tous les pays qui avaient soutenu la France au moment où elle avait été menacée et agressée. Nos cimetières militaires rappellent le sacrifice de tous ces soldats, venus de très loin dAfrique, dAsie, dAmérique, dOcéanie et donc le ministre délégué aux anciens combattants, qui est chargé de présider cette mission interministérielle pour organiser les commémorations, aura à cur dinviter tous ces pays à être présents lors de ces manifestations.
Bien sûr, nous allons bien distinguer les deux guerres. Dabord parce quelles ont obéi à des logiques différentes, parce quelles nont pas eu les mêmes conséquences, les mêmes causes ni les mêmes atrocités. Mais il sagira aussi de donner du sens à ces commémorations, cest-à-dire délever notre conscience nationale et pour cela je souhaite que les militaires y prennent toute leur part, mais aussi bien sûr les associations danciens combattants.
La communauté militaire est une famille, avec les actifs et les réserves. Jai salué tout à lheure un certain nombre de ses représentants. De cette communauté jen connais la stabilité, la solidarité et japprécie aussi le sens de la discipline, de la cohésion et même de la discrétion. Mais ce nest pas parce que les armées sont disciplinées et discrètes que nous ne devons pas prendre en compte un certain nombre de situations.
Cest pourquoi je ne tolère pas les facilités qui ont été prises avec larmée et notamment les errements qui ont conduit à des défaillances graves dans le paiement des soldes. Je suis reconnaissant au ministre de la Défense davoir, dès quil a découvert cette situation, mis en place des procédures exceptionnelles, pour trouver des solutions, pour apporter dans des délais très courts les soutiens qui étaient attendus, pour réparer les retards. Mais maintenant que le plus essentiel est fait, que le gros a été rattrapé, je demande quil y ait une évaluation précise de ce qui sest produit dans ce que lon appelle le système Louvois je ne sais pas comment nous avons inventé ce nom, sauf si cétait « Louvois » comme « louvoyer », parce quen loccurrence beaucoup de temps a été perdu pour quon comprenne ce qui sest produit car le risque est que cela se généralise au personnel civil. Une nouvelle fois ce sont les personnels militaires qui en ont fait les frais. Mais il nest pas possible de répéter ce type derrements.
Jai aussi conscience que les armées ont connu plusieurs réformes et quil leur a été beaucoup demandé. Je veux ici vous en remercier : vous avez su simultanément affronter un rythme de restructurations élevé et un grand nombre de missions, toujours plus exigeantes. Jentends les messages de vos chefs dÉtats-majors qui sont dans leur rôle dêtre les porte-parole de ce que vous pouvez éprouver. Je connais les tensions qui peuvent résulter de certaines situations £ il y a des aspirations mais il y a aussi des inquiétudes. Jentends les unes et les autres et les ministres ici présents sauront les traduire dans les meilleurs délais avec les contraintes que chacun connait.
Mais aujourdhui et jen termine cest la gratitude de la Nation à ses armées que je voulais ici à Orléans exprimer. Merci donc pour votre engagement. Merci pour votre passion. Merci pour votre enthousiasme, votre courage et pour tout dire votre patriotisme. Merci de donner lexemple, merci dillustrer le beau mot de servir : servir, servir son pays, ses idées, ses valeurs £ servir une cause qui dépasse chacune et chacun dentre nous.
Cest dans cet esprit de service que je vous adresse, au nom de la Nation toute entière, mes vux de réussite et de bonheur pour lannée 2013.
Vive la République et vive la France.

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