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Fait partie du dossier : Sommet Africa Forward au Kenya.

Nous, représentants de pays africains et de la République française, réunis au sommet « Africa Forward » le 12 mai 2026,

Reconnaissant les profondes transformations du paysage économique, technologique, environnemental et géopolitique mondial,

Affirmant notre attachement commun à un ordre international pacifique, juste et fondé sur des règles de droit et reposant sur les principes de la Charte des Nations Unies, 

Affirmant notre attachement commun au développement durable, à la croissance solidaire et à des économies et à des sociétés résilientes,

Reconnaissant le potentiel considérable de l’Afrique comme moteur de la croissance, de l’innovation et de la prospérité à l’échelle mondiale,

Réaffirmant la nécessité de partenariats fondés sur le respect mutuel, les responsabilités communes et le co-développement,

Adoptons la présente déclaration en tant que cadre du partenariat renforcé entre l’Afrique et la France pour accroître la croissance solidaire et l’innovation.

Nous reconnaissons l’évolution de l’environnement de sécurité internationale et ses conséquences pour l’Afrique ainsi que les liens de plus en plus forts entre la paix, la sécurité et le développement durable.

i.    Affirmer les principes et les objectifs de l’Acte constitutif de l’Union africaine, qui promeut l’unité, la paix, la sécurité, la bonne gouvernance, des élections ouvertes et démocratiques ainsi que la coopération entre ses États membres.

ii.    Soutenir les solutions en faveur de la paix et de la sécurité pilotées par l’Afrique grâce à l’Architecture africaine de paix et de sécurité de l’Union africaine et à la mise en œuvre de la résolution 2719 du Conseil de sécurité des Nations Unies pour un partenariat renforcé entre les Nations Unies et l’Union africaine, notamment s’agissant des processus de planification et de prise de décision et du financement prévisible et durable des opérations menées par l’Union africaine.

iii.    Définir de nouvelles pistes de coopération afin de faire face aux menaces émergentes et aux menaces transnationales, notamment le terrorisme, la criminalité transnationale organisée, les cybermenaces, les flux illicites, le trafic d’armes, le trafic de migrants et le trafic de drogues illicites.

iv.    Renforcer l’autonomie stratégique, la résilience et les capacités en matière de sécurité collective de l’Afrique dans un contexte de bouleversement des rapports de force internationaux.

v.    Approfondir le dialogue sur la façon de faire face à la fragmentation géopolitique, à la volatilité économique et à l’affaiblissement du consensus multilatéral, qui ont des conséquences sur la paix et les questions de sécurité en Afrique.

vi.    Renforcer les capacités institutionnelles et les mécanismes de sécurité collective pour faire face aux conflits en cours dans la Corne de l’Afrique, la région des Grands Lacs et la région du Sahel par la cessation des hostilités, le dialogue inclusif, le renforcement des capacités en matière de lutte contre le terrorisme et la stabilisation de la région.  

vii.    Établir un lien entre la sécurité avec la croissance économique solidaire, l’autonomisation des jeunes, l’éducation, la résilience climatique et la mobilisation de la diaspora.  

viii.    Soutenir une réforme globale du Conseil de sécurité des Nations Unies afin de le rendre plus efficace et plus représentatif, conformément aux objectifs de la Position africaine commune, notamment le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte sur la représentation équitable de l’Afrique.

Nous affirmons qu’il est nécessaire de transformer l’agriculture en un secteur moderne, compétitif et résilient face aux changements climatiques.

Nous nous engageons à mener les actions suivantes :

i.    Promouvoir une agriculture et des systèmes alimentaires productifs, durables et résilients, notamment le développement de l’agro-industrie et des chaînes de valeurs intégrées, en particulier dans les secteurs qui peuvent être développés à grande échelle.

ii.    Encourager les systèmes d’agriculture et d’élevage qui améliorent la nutrition tout en adoptant l’approche « Une seule santé » afin de protéger la santé humaine, animale et des écosystèmes. 

iii.    Renforcer les systèmes alimentaires, la productivité des élevages et les économies rurales et garantir une chaîne d’approvisionnement en engrais durable.

iv.    Investir dans la recherche, l’innovation et les pratiques adaptées aux changements climatiques dans le secteur de l’agriculture, notamment l’agro-écologie, l’agroforesterie, les semences de qualité adaptées aux conditions locales, la gestion intégrée de la santé des sols et les outils numériques tout en encourageant la recherche conjointe et les partenariats de développement avec des institutions françaises. 

v.    Renforcer l’enseignement technique et supérieur agricole afin de mieux intégrer les jeunes au marché du travail local.   

vi.    Promouvoir des chaînes de valeurs structurées dans le secteur de l’agriculture, notamment l’agro-transformation, la chaîne du froid, la logistique et le commerce national, régional et international dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine, afin de passer d’une agriculture reposant seulement sur l’exportation de produits bruts à une agriculture qui soit un vecteur d’industrialisation, de valeur ajoutée et de souveraineté économique.

vii.    Autonomiser les jeunes, les femmes et les petits exploitants grâce à des financements, à la propriété foncière, à des outils numériques pour l’agriculture de précision et à technologie financière appliquée à l’agriculture ainsi que grâce à des incubateurs d’innovation et aux développements des compétences.   

viii.    Améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition, promouvoir des régimes sains pour tous et encourager les liens économiques entre les zones rurales et les zones urbaines.

ix.    Renforcer la résilience de l’agriculture et des systèmes alimentaires grâce à une approche globale et systémique qui tienne compte des normes climatiques, environnementales, économiques et sanitaires ainsi que des problématiques géopolitiques.

x.    Soutenir à cet égard la mise en œuvre opérationnelle du Plan d’action 2024-2034 du Sommet africain sur les engrais et la santé des sols, à la fois sur le plan du savoir-faire technique et sur le plan du renforcement des capacités.

xi.    Mobiliser les investissements public-privé et les partenariats public-privé au service de parcs agro-industriels et de chaînes de valeur compétitives.

Nous reconnaissons le rôle que jouent les systèmes de santé robustes pour garantir la sécurité et le développement humain, tout en accroissant la souveraineté sanitaire grâce au renforcement de la capacité de l’Afrique à protéger la santé de ses populations et à la mobilisation des investissements durables dans des systèmes de santé résilients. 

Nous nous engageons à mener les actions suivantes :

i.    Progresser dans la mise en place de la couverture sanitaire universelle et de systèmes de santé résilients et tournés vers les personnes grâce au renforcement des soins de santé primaires, à un accès équitable aux soins et à la réduction des obstacles financiers.  

ii.    Améliorer la prévention et la surveillance des pandémies, la préparation aux pandémies, les capacités des laboratoires et les capacités en génomique et adopter une approche « Une seule santé ».  

iii.    Collaborer sur les liens entre le climat et la santé dans les enceintes internationales pertinentes et promouvoir l’initiative « One Health & Beyond » en faisant de la santé un moteur de la lutte contre les changements climatiques et de la résilience systémique et en intégrant l’approche « Une seule santé » dans les contributions déterminées au niveau national et dans les plans nationaux d’adaptation.

iv.    Accélérer la production régionale de vaccins, de médicaments, de moyens de dépistage et de technologies médicales grâce à des partenariats stratégiques qui s’inscrivent dans des cadres parrainés par les Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies, l’Agence africaine du médicament et la Zone de libre-échange continentale africaine.

v.    Contribuer et participer au Mécanisme africain d’achats groupés, qui constitue un instrument stratégique de mobilisation du pouvoir d’achat collectif, élargir l’accès abordable et équitable aux produits de santé qui sauvent des vies et accroître les parts de marché durables pour les fabricants africains.

vi.    Renforcer et harmoniser les cadres réglementaires pour garantir la qualité, la sécurité et l’efficacité des produits de santé sur tout le continent africain.

vii.    Promouvoir un accès équitable aux technologies de pointe et soutenir l’innovation au sein des institutions africaines.

viii.    Attirer des financements nationaux et internationaux coordonnés, correspondant aux besoins et aux priorités des pays, pour garantir des systèmes de santé résilients, des effets durables et, à terme, la souveraineté sanitaire. 

ix.    Investir dans le développement de la main d’œuvre, la formation et le développement professionnel afin de disposer d’une main d’œuvre compétente et réactive dans le domaine de la santé, tout en promouvant le recrutement éthique, la santé numérique dans le respect de la protection des données ainsi que des infrastructures de santé résilientes face aux changements climatiques.

x.    Parvenir à la souveraineté sanitaire grâce à la production régionale, au transfert de technologies, à l’harmonisation réglementaire et aux chaînes d’approvisionnements résilientes.  

xi.    Promouvoir la recherche conjointe, l’innovation et une coopération équitable en matière de santé mondiale guidées par l’Union africaine, les Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies et l’Organisation mondiale de la santé.

Nous affirmons qu’avoir accès à une énergie fiable, abordable et durable est essentiel au développement et à la mise en œuvre du programme de développement à long terme de l’Afrique grâce une croissance solidaire et grâce à la création d’emplois et de richesse.

Nous nous engageons à mener les actions suivantes :

i.    Promouvoir l’industrialisation verte grâce à des investissements dans les énergies renouvelables, les systèmes à faible émission de carbone, l’hydrogène vert et à faible émission de carbone et les grands projets en matière d’énergie propre comme l’hydroélectricité, la géothermie, la valorisation énergétique et l’énergie nucléaire. 

ii.    Collaborer afin de renforcer la sécurité et la souveraineté énergétiques, notamment en tirant parti du potentiel considérable de l’Afrique en matière d’énergies renouvelables et en soutenant le développement des chaînes de valeur locales au service de produits énergétiques propres. 

iii.    Élargir l’accès à l’énergie propre, notamment aux modes de cuisson propres, et mettre en place des marchés énergétiques interconnectés. 

iv.    Encourager l’électrification destinée à l’utilisation finale dans tous les secteurs pertinents afin de réaliser la transition verte.

v.    Faciliter le transfert de technologies vertes dans des conditions justes et mutuellement bénéfiques, lever les obstacles à la production locale et soutenir le développement de la main d’œuvre au profit des emplois verts.  

vi.    Renforcer les réseaux électriques nationaux et l’interconnectivité régionale.

vii.    Respecter la souveraineté nationale sur les ressources naturelles, notamment les minerais essentiels, et promouvoir la valorisation locale, la création de valeur ajoutée et la transformation durable concernant les minerais essentiels africains en appui à l’industrialisation, à la diversification économique et à la résilience des chaînes de valeur régionales.

viii.    Renforcer les chaînes de valeur régionales grâce à l’intégration continentale et à la production « made in Africa », tout en développant un accès sûr, durable et fiable aux technologies et aux ressources stratégiques. 

ix.    Donner la priorité aux énergies renouvelables et à faible émission de carbone pour les usages productifs comme l’irrigation, l’entreposage frigorifique, l’agrotransformation et la production d’engrais afin de réduire les coûts et les émissions de carbone.

x.    Tirer parti des partenariats diversifiés et des plateformes pilotées par les pays comme l’Initiative d’industrialisation verte de l’Afrique et le Partenariat accéléré pour les énergies renouvelables en Afrique pour coordonner les efforts et le financement à long terme.

xi.    Promouvoir un financement juste et équitable du développement durable et de la lutte contre les changements climatiques grâce à une plus grande présence de l’Afrique dans les processus internationaux de prise de décisions, de gouvernance, de définition de normes et d’édiction de règles.

xii.    Soutenir l’Accord de Paris et une approche stratégique fondée sur les sciences et travailler ensemble à la mise en œuvre des conclusions du premier bilan mondial pour progresser vers une transition énergétique juste, tout en tenant compte des principes et des objectifs communs énoncés dans la Stratégie et le Plan d’action de l’Union africaine en matière de changement climatique et de développement résilient (2022-2032).

Nous reconnaissons que l’économie bleue représente un secteur d’avenir stratégique pour la croissance, l’emploi et la durabilité.

Nous nous engageons à mener les actions suivantes :

i.    Soutenir une économie bleue  reposant sur la souveraineté maritime, la résilience face aux changements climatiques, la transformation économique et une prospérité inclusive, en reconnaissant que les océans jouent un rôle stratégique pour la sécurité alimentaire, la biodiversité, la sécurité des corridors commerciaux, la transition énergétique dans le secteur maritime et la stabilité climatique.

ii.    Rappeler le partenariat historique entre l’Afrique et la France sur la sécurité, le commerce et le renforcement des capacités maritimes et nous attacher à en faire un cadre tourné vers l’avenir promouvant la réciprocité, le coinvestissement et les valeurs partagées.

iii.    Rappeler également la Stratégie africaine sur l’économie bleue, la Stratégie africaine intégrée pour les mers et les océans à l’horizon 2050, l’Agenda 2063, la Charte de Lomé et la Stratégie nationale de la France pour la mer et le littoral ; nous engager à mener une coopération maritime conduite par l’Afrique dans le respect de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et de l’Accord se rapportant à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale.

iv.    Affirmer que la coopération doit respecter la souveraineté nationale, le droit international et les droits souverains sur les ressources marines, et doit demeurer conduite par l’Afrique, tournée vers le développement et reposer sur une gouvernance maritime civile, tout en ayant une valeur ajoutée économique, technologique et stratégique réciproque.

v.    Sécuriser ensemble les biens maritimes communs en menant une action de sensibilisation accrue dans ce domaine et en luttant conjointement sur un plan non militaire contre la piraterie, les trafics, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, tout en préservant les routes maritimes, les infrastructures critiques et la stabilité du commerce ; encourager la ratification de l’Accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée ainsi que la ratification de l’Accord de l’Organisation mondiale du Commerce sur les subventions à la pêche.

vi.    Veiller à l’adoption rapide du cadre « net-zéro » de l’Organisation maritime internationale au moyen des procédures établies, à une transition juste en matière de transport maritime mondial qui permette de renforcer la compétitivité commerciale de l’Afrique, sa sécurité alimentaire, son industrialisation et sa participation aux chaînes de valeur maritimes mondiales, en conformité avec l’Accord de Paris et les principes d’équité et de responsabilités communes mais différenciées, et avec des financements ciblés et des transferts de technologies.

vii.    Accueillir favorablement les engagements à investir dans les économie maritimes et côtières, les énergies renouvelables, les solutions maritimes à faible émission de carbone ainsi que la conservation, la restauration et la gestion durable des écosystèmes du « carbone bleu », grâce au renforcement des cadres règlementaires, des partenariats de développement et de l’accès aux financements et aux technologies.

viii.    Reconnaître les changements climatiques et l’augmentation du niveau de la mer ; appeler de manière urgente à des stratégies nationales à long terme reposant sur les sciences et les solutions fondées sur la nature ; saluer le « Défi contributions déterminées au niveau national bleues » ; appeler à une mobilisation pour permettre aux populations côtières de mettre en œuvre des réponses face à la crise climatique.

ix.    Affirmer que la coopération doit promouvoir une transition juste et équitable pour les océans avec un accès abordable et prévisible aux financements et aux technologies, en reconnaissant la diversité des capacités et le contrôle national sur les données maritimes, les systèmes règlementaires et les infrastructures stratégiques.

x.    Demander aux ministres concernés et aux autorités compétentes de définir des formes de coopération au titre de la présente déclaration, de leur donner la priorité et de les promouvoir, dans le respect des priorités et des cadres juridiques applicables sur le plan national.

xi.    Mettre en place des coopérations structurées renforçant la souveraineté maritime, garantissant des corridors commerciaux résilients, accélérant la transition vers des économies sobres en carbone, préservant les écosystèmes du « carbone bleu » et faisant des océans une source durable de prospérité partagée pour les générations présentes et futures.

Nous reconnaissons que la transformation numérique et l’intelligence artificielle (IA) conduisent à repenser nos économies, nos services publics, nos systèmes de connaissances, notre sécurité, nos industries créatives et la compétitivité mondiale.
 
Nous reconnaissons également que la participation de l’Afrique à l’ère de l’IA requiert des investissements à tous les niveaux de la pile numérique et de l’IA, conformément à la Stratégie continentale sur l’intelligence artificielle de l’UA, au Cadre stratégique de l’UA en matière de données, au Protocole relatif au commerce numérique de la Zone de libre-échange continentale africaine et au programme plus général de l’Afrique en matière de transformation numérique.

Nous nous engageons à mener les actions suivantes :

i.    Promouvoir une transformation numérique inclusive et une IA responsable, sûre, sécurisée, digne de confiance et respectueuse des droits, guidés par les cadres africains et internationaux, en accordant une attention particulière aux droits de l’homme, à la protection des enfants et des mineurs, à la diversité culturelle, au plurilinguisme, à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la durabilité environnementale et à la protection des groupes vulnérables.

ii.    Combler la fracture numérique, notamment en faveur des femmes, des jeunes, des populations rurales, des personnes en situation de handicap et des populations mal desservies.

iii.    Mobiliser les investissements publics et privés au profit d’infrastructures numériques et d’IA résilientes, notamment la connectivité haut débit, les centres de données régionaux, les capacités de calcul et d’informatique en nuage, les énergies propres et les systèmes de données fiables.

iv.    Renforcer la souveraineté numérique et l’autonomie stratégique en soutenant l’appropriation par l’Afrique des données et des systèmes d’IA, leur accueil, traitement et la création de valeur sur le continent africain, tout en promouvant l’interopérabilité, des normes ouvertes, des infrastructures libres et des transferts de technologie volontaires.

v.    Soutenir des modèles linguistiques africains, des ensembles de données et des tests de performance locaux ainsi que des systèmes d’IA « poids ouverts ».

vi.    Développer les compétences, la recherche collaborative et les écosystèmes d’innovation.

vii.    Encourager les entreprises, les institutions, les investisseurs et les porteurs de projets innovants africains et français à développer le coinvestissement, la coproduction et la cogestion.

viii.    Promouvoir une gouvernance de l’IA éthique et favorable à l’innovation en nous appuyant sur le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle tenu à Paris en 2025, le Pacte numérique mondial des Nations Unies et les engagements « Africa Forward » qui ont suivi.

ix.    Renforcer le commerce numérique, l’interopérabilité transfrontière et les flux de données fiables dans le cadre du Protocole sur le commerce numérique de la Zone de libre-échange continentale africaine, notamment le développement de jeunes entreprises innovantes et l’accès aux marchés des entreprises africaines s’appuyant sur l’IA et le numérique.

x.    Promouvoir l’utilisation responsable des technologies numériques et de l’IA dans l’économie créative, tout en protégeant la propriété intellectuelle des industries créatives africaines, en soutenant les moyens de subsistance des créateurs, en renforçant la distribution numérique et en accroissant l’accès aux marchés des entreprises culturelles et créatives africaines.

xi.    Renforcer la coopération internationale pour faire face aux risques frontaliers  et socio-techniques découlant des technologies numériques et de l’IA, notamment la propagation de fausses informations, la désinformation, les manipulations en ligne, les violences générées par l’IA et les nuisances facilitées par les technologies numériques.

xii.    Développer une troisième voie pour l’Afrique reposant sur le numérique et l’IA qui soit ancrée dans l’autonomie stratégique, la réduction de la dépendance vis-à-vis d’un pouvoir technologique concentré, des technologies transparentes et respectueuses des droits, des infrastructures durables et un partage de la capacité à façonner les règles mondiales à l’ère de l’IA.

Nous reconnaissons que l’architecture financière internationale doit évoluer pour prendre en compte les réalités mondiales actuelles et se conformer aux objectifs de développement durable (ODD). 

Nous nous engageons à mener les actions suivantes :

i.    Œuvrer de manière constructive à un rééquilibrage approprié des quote-parts du Fonds monétaire international (FMI) en faveur des pays les moins bien représentés, afin de mieux refléter le positionnement relatif des pays membres dans l’économie mondiale, ce qui devrait réduire les écarts de représentation, tout en protégeant les quote-parts des pays les plus pauvres, notamment de l’Afrique ; appuyer les efforts des pays pour avoir accès à des financements concessionnels dans le cadre du Fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance et du Fonds pour la résilience et la durabilité du FMI.

ii.    Garantir une représentation accrue de l’Afrique au sein du Conseil d’administration du FMI, notamment grâce au 25e siège créé en novembre 2024 pour représenter l’Afrique subsaharienne.

iii.    Veiller à ce que les flux financiers internationaux vers le continent africain s’inscrivent dans le cadre des priorités de l’Agenda 2063, des ODD et des engagements en faveur d’une industrialisation, d’infrastructures et d’une transition verte durables.  

iv.    Contribuer à mobiliser tous types de fonds (internationaux et nationaux, publics et privés) pour le financement du développement et œuvrer en faveur d'une utilisation efficace et ciblée des ressources concessionnelles, en veillant à ce qu’elles demeurent disponibles pour les pays qui en ont le plus besoin. 

v.    Garantir la disponibilité de financements concessionnels pour les pays en développement par le biais de l’Association internationale de développement. 

vi.    Continuer d’améliorer l’architecture de la dette mondiale, notamment en accélérant la mise en œuvre du Cadre commun entre le G20 et le Club de Paris, de manière prévisible, rapide, ordonnée et concertée.

vii.    Mettre en œuvre le « Stimulus des ODD » afin de promouvoir des dettes à long terme à des taux d’intérêt moindres. 

viii.    Renforcer la mise en œuvre du programme d’action d’Addis-Abeba et des principaux résultats de la Conférence de Séville sur le financement du développement.

ix.    Participer de manière constructive aux discussions internationales en cours afin de promouvoir un système fiscal international inclusif, permettant de lutter contre l’évasion fiscale, le transfert de bénéfices et les flux financiers illicites.

Nous reconnaissons que la jeunesse africaine représente un atout stratégique.

Nous nous engageons à mener les actions suivantes :

i.    Développer l’enseignement, la formation et l’acquisition de compétences. 

ii.    Soutenir les écosystèmes d’innovation et l'entrepreneuriat. 

iii.    Promouvoir les échanges de connaissances et les partenariats institutionnels.  

Nous affirmons que le capital humain est le fondement de toute transformation durable.

Nous réaffirmons que les infrastructures sont un moteur essentiel de la compétitivité et de la croissance.

Nous nous engageons à mener les actions suivantes :

i.    Investir dans le transport, l’énergie et les infrastructures numériques.

ii.    Appuyer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine.

iii.    Renforcer les chaînes de valeur régionales et l’intégration des marchés régionaux.  

Nous reconnaissons que la connectivité joue un rôle clé pour réaliser pleinement le potentiel du continent africain.

Nous reconnaissons que la réalisation de ces objectifs ambitieux nécessite des investissements importants et durables.

Nous nous engageons à mener les actions suivantes :

i.    Promouvoir les financements mixtes et les partenariats public-privé.

ii.    Soutenir les mécanismes de financement innovant et les instruments de partage des risques afin de mobiliser davantage de ressources privées à l’échelle locale et internationale. 

iii.    Inscrire les investissements dans le cadre des priorités en matière de développement et de lutte contre les changements climatiques grâce à des projets à fort impact pouvant être financés et étendus afin de produire des résultats concrets et durables.

iv.    Appuyer les efforts déployés pour renforcer la mobilisation des ressources nationales et la gestion des finances publiques qui jouent un rôle clé pour assurer la stabilité macroéconomique et mettre en place des écosystèmes favorisant le développement économique.

Nous affirmons que l’avenir de l’Afrique repose sur l’accroissement de ses capacités de production, le développement de son industrialisation et une croissance fondée sur l’innovation.

Nous nous engageons à soutenir une transition, pour passer de modèles économiques reposant sur l’extraction des ressources naturelles à des systèmes orientés vers la création de valeur ajoutée, l’industrie manufacturière et la production durable.

Nous reconnaissons que l’Afrique est non seulement un marché d’avenir mais aussi un partenaire en matière de production, d’innovation et de conduite de l’économie mondiale.

Appel à l’action

Nous adoptons la présente déclaration qui constitue une feuille de route commune tournée vers l’action.

Nous appelons les États, le secteur privé, les partenaires du développement et la société civile à travailler de concert pour promouvoir cette vision.

Ensemble, nous bâtirons un avenir caractérisé par la croissance durable, la résilience et la prospérité partagée.

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