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Fait partie du dossier : Sommet Africa Forward au Kenya.

Nous, les Chefs d'État et de gouvernement des pays africains, nous sommes réunis les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi, au Kenya, lors du Sommet Africa Forward, en présence du Président de la République française ainsi que des représentants du Fonds Monétaire International (FMI), du Groupe de la Banque mondiale, du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), de la Banque européenne d'investissement (BEI), du Fonds vert pour le climat (GCF), de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et d'autres acteurs du développement tels que le groupe Agence Française de Développement (AFD) et le Pacte pour la Prospérité, les Peuples et la Planète (4P).

Nous avons eu des échanges fructueux sur la situation économique mondiale actuelle et ses conséquences pour l'Afrique. Nous nous sommes réunis dans un contexte de tensions géopolitiques et de conflits croissants, tel que le conflit en cours au Moyen-Orient, un contexte également de concurrence et d'instabilité géo-économiques, d'inégalités qui se creusent, d'incertitudes économiques mondiales croissantes, de fragmentation et de déséquilibres macroéconomiques mondiaux, qui affectent de manière disproportionnée les économies en développement, particulièrement en Afrique. Ces évolutions aggravent les vulnérabilités existantes dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, sur les marchés de l'énergie et en matière de sécurité alimentaire, avec des conséquences préoccupantes pour les économies africaines.

Nous rappelons que l'Afrique est à la fois un continent d'opportunités et de défis : elle doit faire de sa transition démographique un véritable dividende démographique ce qui nécessite de créer un marché du travail capable d'absorber plus de 10 millions de jeunes par an. Elle doit réussir une urbanisation rapide qui nécessite des infrastructures de base, elle doit s’industrialiser et développer de la valeur ajoutée au profit des populations locales, permettre des transitions énergétiques justes et l'adaptation au changement climatique, et contribuer pleinement aux développements technologiques mondiaux. Nous soulignons que le capital humain, le dynamisme et l'innovation de l'Afrique, ainsi que ses ressources naturelles, notamment ses minéraux critiques, sont des atouts majeurs pour sa croissance future et son développement durable, et devraient servir de catalyseurs pour la création de valeur ajoutée locale, la valorisation des ressources et la création d’emplois sur le continent.

Nous reconnaissons que les défis du continent sont exacerbés par les conséquences des déséquilibres macroéconomiques mondiaux. La dépendance persistante aux exportations de matières premières dans le commerce international (hydrocarbures, cacao, vanille, café et ressources minières), le poids des dettes souveraines, le creusement des besoins de financement du développement et la diversification limitée des économies africaines constituent une source de vulnérabilité. S’ils ne sont pas traités, les déséquilibres mondiaux excessifs, qui résultent des déséquilibres des grandes économies mondiales, ne feront qu'accroitre cette vulnérabilité. En effet, nous constatons que les surcapacités structurelles, associées à des politiques et des pratiques distorsives non conformes aux mécanismes du marché, entravent l'industrialisation du continent africain ainsi que le développement économique fondé sur les exportations. Nous notons également que la prolifération de mesures commerciales unilatérales et non coordonnées pèse sur l'intégration de l'Afrique dans l'économie mondiale. Ces surcapacités font baisser artificiellement les prix mondiaux des matières premières, sapent la compétitivité des industries africaines naissantes et découragent les investissements directs étrangers dans les secteurs productifs du continent, freinant ainsi la transformation structurelle et la création d'emplois. Ces dynamiques contribuent également à des coûts d'emprunt élevés, à des marges de manœuvre budgétaires réduites, à une volatilité des taux de change et à un accès réduit à des financements de long terme abordables pour le développement des économies africaines.

Nous réaffirmons qu'un système commercial multilatéral fondé sur des règles, non discriminatoire, juste, ouvert, inclusif, équitable, durable et transparent est indispensable. Remédier aux surcapacités, réduire les subventions qui faussent la concurrence et garantir un accès équitable aux marchés sont essentiels pour permettre l'industrialisation de l'Afrique. Nous soulignons la nécessité de promouvoir des chaînes de valeur régionales africaines capables de créer des emplois décents, de favoriser le transfert de technologies et de renforcer la résilience industrielle du continent.

Une croissance économique forte, inclusive et durable est le socle de la prospérité économique. Nous appelons les grandes économies mondiales à travailler ensemble pour parvenir à des politiques macroéconomiques et budgétaires équilibrées et favorables à la croissance, qui soutiennent la sécurité et la résilience économiques mondiales, garantissent des marchés financiers bien régulés et permettent à l'ensemble de nos citoyens de bénéficier de cette croissance.

Nous exhortons les grandes économies mondiales à reconnaître leur responsabilité commune dans la réduction des déséquilibres excessifs, et à prendre  des engagements résolus pour mettre en œuvre des politiques intérieures appropriées et de manière coordonnée, afin de rééquilibrer leurs modèles de croissance d'une façon qui soutienne une croissance équilibrée et durable pour tous les pays, y compris pour les pays émergents et en développement, ces engagements et ces actions coordonnées permettant en même temps de réduire les déséquilibres macroéconomiques mondiaux. Nous appelons enfin ces économies ainsi que les institutions financières internationales, en particulier le FMI, à renforcer la surveillance des déséquilibres mondiaux et à assurer une surveillance multilatérale appropriée pour assurer un suivi des engagements pris. Nous appelons les institutions financières internationales à mieux prendre en compte les vulnérabilités spécifiques des pays africains touchés par les conflits, les chocs climatiques et les contraintes structurelles de développement.

Nous appelons la France, ainsi que le Kenya qui est associé au G7, à porter cette préoccupation importante du continent africain au Sommet d'Évian en juin 2026.

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