Le Président Emmanuel Macron s'est rendu en visite officielle au Mexique le 7 novembre 2025, après son déplacement au Brésil dans le cadre de la COP30 de Belém.
Revoir la cérémonie d'accueil :
Cette visite officielle au Mexique, onze ans après le dernier déplacement d’un président français, a offert l’opportunité de donner un nouvel élan à la dynamique des relations entre la France et le Mexique. Ce resserrement du dialogue politique se base sur une convergence franco-mexicaine sur les grands enjeux globaux et une volonté commune de renforcer le partenariat stratégique entre nos deux pays.
À cette occasion le Président de la République et Claudia Sheinbaum, Présidente du Mexique, ont abordé les questions d’approfondissement de nos échanges économiques, du renforcement de nos coopérations culturelles, universitaires, scientifiques et académiques et la collaboration face aux grands défis mondiaux.
Revoir la conférence de presse conjointe :
7 novembre 2025 - Seul le prononcé fait foi
Conférence de presse conjointe du Président de la République et de Claudia Sheinbaum, Présidente des Etats-Unis du Mexique.
Emmanuel MACRON
Merci beaucoup.
Mesdames, Messieurs,
Madame la Présidente, chère Claudia, Mesdames,
Messieurs les ministres,
Mesdames les ambassadrices,
Mesdames, Messieurs, en vos grades et qualités.
Je veux, avant toute chose, remercier très sincèrement Madame la Présidente Sheinbaum pour l'accueil qu'elle nous a réservé aujourd'hui. Je suis heureux, avec la délégation qui m'accompagne, de pouvoir être à vos côtés à Mexico pour renforcer les liens entre nos deux pays et nos deux peuples.
Permettez-moi d'exprimer tout d'abord, Madame la Présidente, à nouveau, la pleine solidarité de la France après les violentes inondations qui ont ravagé plusieurs États du pays. La France présente ses condoléances aux familles des nombreuses victimes et assure le peuple mexicain de son plein soutien dans cette épreuve. Nos pensées vont aussi aux familles des victimes de l'explosion dans l'État du Sonora.
Le Mexique est un pays ami et un partenaire stratégique de la France. Je suis particulièrement heureux d'effectuer aujourd'hui cette première visite officielle d'un Président français depuis 2014, plus de 60 années après la visite du Général de Gaulle ici, au Mexique. Nous continuons, en effet, à écrire de nouvelles pages de notre longue et riche histoire.
Le Mexique et la France sont unis par un même esprit des Lumières et nous avons en commun ces valeurs de liberté, d'émancipation, de dignité. Certes, notre histoire a connu des périodes troublées, mais oserais-je rappeler que lorsque Napoléon III envoyait des troupes au Mexique, la France du poète Victor Hugo, en exil volontaire, apportait son soutien indéfectible à la cause libérale mexicaine dans une lettre restée célèbre, et je cite le poète : « Vous avez raison de me croire avec vous. Ce n'est pas la France qui vous fait la guerre, c'est l'Empire. Je suis avec vous. Vous et moi, nous combattons contre l'Empire, vous, dans la patrie, moi, dans l'exil. »
Madame la Présidente, la France aime le Mexique et nous fêterons l'année prochaine deux siècles de relations diplomatiques, tissées de cette amitié et de cette admiration réciproque qui a toujours existé entre nos intellectuels, nos artistes, nos scientifiques, nos entrepreneurs, portés aussi par la confiance économique qui nous lie. Dans la perspective de ce bicentenaire, nous entamons aujourd'hui un nouveau chapitre de notre partenariat stratégique, déjà intense, et que nous voulons global et encore plus concret. En adoptant une déclaration et un plan d'action conjoint, nous nous fixons une nouvelle ambition et des objectifs communs.
D'abord, en réaffirmant notre attachement à un ordre mondial fondé sur le respect du droit international, du multilatéralisme, de la souveraineté des États et des Droits de l'Homme. Nous avions eu l'opportunité d'en parler lors de notre première rencontre, il y a un an, à Rio de Janeiro, en marge du sommet du G20, réunion au cours de laquelle nous avions constaté notre vision convergente sur de nombreux sujets internationaux. Dans un monde de plus en plus fragmenté, nous nous engageons à porter ensemble des initiatives communes au plan multilatéral, comme celle sur l'encadrement du droit de veto en cas de crime de masse.
Nous avons évoqué ensemble notre volonté commune de lutter contre les dérèglements climatiques, Madame la Présidente, Doctora, vous le savez mieux que personne, en tant que scientifique et ancienne experte du GIEC, la crise climatique est là, criante, et ses effets sont toujours plus tangibles, hélas. Et 10 ans après la signature historique de l'Accord de Paris, nous sommes convaincus qu'il faut poursuivre les efforts et même les redoubler. Nous devons accélérer notre adaptation pour faire face aux effets dévastateurs d'événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents et intenses, que nos deux pays connaissent déjà trop souvent. Nos pays renforceront aussi leur action pour la protection de la haute mer et pour la biodiversité, dont la disparition est non moins alarmante, comme la COP30 à Belém, d'où je reviens, vient de le rappeler.
Alors que la tentation du repli sur soi n'a jamais été aussi forte sur tous les continents, c'est au contraire de solidarité internationale et d'amitié entre les peuples dont nous avons besoin, valeurs chères à nos deux pays.
Le Mexique et la France partagent également un engagement commun pour la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes à travers une diplomatie féministe. Merci d'avoir participé si activement à la quatrième conférence ministérielle des diplomaties féministes qui s'est tenue récemment à Paris, suite à celle de Mexico en juillet 2024. Je salue, à cet égard, le rôle moteur que vous jouez, Madame la Présidente.
Au-delà de ces enjeux internationaux, de notre engagement également commun pour la paix, l'approfondissement de notre partenariat stratégique bilatéral est au cœur de cette visite. Il passe par l'impulsion que nous souhaitons donner à notre coopération économique. Les 700 entreprises françaises déjà présentes au Mexique génèrent 180 000 emplois directs et 700 000 emplois indirects sur le sol mexicain, et je l'espère, encore plus demain. Elles sont ainsi le premier employeur du pays dans le secteur stratégique de l'aéronautique. Nos entreprises continueront d'investir et de créer des emplois au Mexique, en particulier dans les secteurs érigés en priorité, dans le plan Mexico : l'énergie, les transports, en particulier le ferroviaire et l'aéronautique, l'économie circulaire, la transition juste, la santé, l'innovation. Nous venons à l'instant de réunir les entrepreneurs de nos deux pays. Et nous venons de relancer le Conseil stratégique franco-mexicain, instance de dialogue qui a déjà porté ses fruits pour rapprocher nos deux pays et qui sera désormais concentré principalement sur le renforcement de nos échanges économiques, qui s'élevaient en 2024 à 6,8 milliards d'euros. Nous allons également poursuivre ce travail.
Sur la base de l'échange que nous venons d'avoir, nous avons donné à nos gouvernements mandat pour consolider la relation bilatérale, renforcer la relation économique et donner encore plus de visibilité aux investisseurs des deux côtés. J'aurai moi-même l'occasion de retrouver dans quelques instants des investisseurs mexicains déjà présents en France souhaitant renforcer leur projet. Et entre le plan Mexico et France 2030, les synergies sont nombreuses et notre volonté d'aller plus loin, de la même manière, le renforcement des liens entre l'Union européenne et le Mexique et la modernisation de notre accord est une étape importante de renforcement de nos liens économiques.
La culture est également au cœur de ce partenariat stratégique. En matière de patrimoine, nos pays sont déjà liés par une longue histoire de coopération, notamment archéologique. Sur le sujet des codex, la présidente et moi-même avons demandé à nos ministères de la Culture de mettre en place un groupe de travail qui a d'ores et déjà abouti à plusieurs propositions. Je reviendrai en détail sur les pistes de coopération qui s'en dégagent, mais je souhaite déjà annoncer que le Codex Azcatítlan, conservé à la Bibliothèque nationale de France, sera présenté au Mexique l'an prochain dans le cadre de la disposition croisée entre nos deux pays à l'occasion des cérémonies du bicentenaire, dans des conditions qui sont déterminées par le groupe de travail franco-mexicain sur la coopération patrimoniale et précisé par l'accord qui est aujourd'hui signé et rendu public entre nos deux pays.
Ceci vient dans un cadre plus large d'expositions, d'échanges, de programmes de coopération, qui permettra de créer de nouvelles opportunités de recherche scientifique, d'échanges, de projets, et qui permettra aussi, au-delà des projets numériques, des partenariats dans à peu près tous les domaines, allant de la présence de la Comédie française lors de cette année du bicentenaire, ici au Mexique en 2026, au renforcement de nos partenariats en matière d'industrie culturelle et créative. Ce que nous avons souhaité impulser avec Madame la présidente, c'est un renforcement, une dynamique nouvelle à l'occasion de cette année du bicentenaire en matière de patrimoine et de culture. Le Mexique et la France organiseront ensemble à l'automne 2026 un grand festival culturel franco-mexicain constitué d'événements qui célébreront l'amitié entre nos peuples et rendront hommage à la créativité des artistes de nos deux pays.
La série d'accords que nous signons aujourd'hui concrétise notre rapprochement stratégique. J'aurais pu évoquer également le partenariat scientifique et technique, le renforcement de formation dans de nombreux domaines. Les présidents de grandes entreprises, les directrices et directeurs de nos principales institutions culturelles et de coopération, chercheurs, artistes reconnus à Mexico comme à Paris, accompagnent cette délégation. Tous sont animés par le même désir de construire entre nos deux pays une alliance encore plus robuste, plus durable, plus résiliente.
Avec le Mexique, nous voulons bâtir un ordre plus juste au service d'une certaine idée du monde, de l'humanité, de l'humanisme, celui que vous portez et celui que je partage. C'est aussi pour cela que cette visite est à nos yeux si importante.
À nouveau, Madame la Présidente, je tiens à vous remercier pour votre accueil, pour la qualité des échanges que nous venons d'avoir, la force des partenariats que nous venons de signer et tout ce qui nous reste à faire. J'ai eu l'occasion d'inviter Madame la présidente en 2026 en France pour poursuivre ces échanges et pour pleinement célébrer le bicentenaire de nos relations diplomatiques. Merci beaucoup.
[Intervention de Claudia Sheinbaum]
Journalise
Depuis 2022, il y a eu de nombreuses explosions de gaz dans le pays, attribuées à l’entreprise MG4, des personnes sont décédées et il y a de nombreuses personnes blessées. Les proches des familles exigent l’indemnisation ainsi que la révision des protocoles de sécurité et la déontologie en dehors de la France. Est-ce que c’est un sujet sur lequel vous vous êtes penchés avec Monsieur Macron. Depuis le 2 septembre, des bombardements d’embarcations suspectes dans les Caraïbes et le Pacifique, une soixantaine de personnes ont été tuées par ces frappes. Donald Trump a qualifié les cartels de groupes terroristes et d’après deux fonctionnaires américains cités par la chaîne NBC, le gouvernement américain planifierait des opérations sur le sol mexicain. Quelle est la position de la France au sujet de ces opérations extérieures américaines et que ferait la France en cas d’une intervention américaine au Mexique ? Merci.
Emmanuel MACRON
Juste par rapport à votre question sur d’éventuelles frappes américaines, je ne ferai pas de politique fiction. Je dis simplement que la France est attachée à la souveraineté de tout État, que la lutte contre un narcotrafiquant est une cause qui nous lie tous, nous avons eu l’occasion de l’évoquer avec Madame la Présidente, et qu’elle se règle par la coopération entre des États souverains et le respect de la souveraineté de chacun.
C’est dans ce cadre de respect que nous comptons agir. Nous avons nous-mêmes lancé une politique ambitieuse de lutte contre les narcotrafiquants, et nous sommes en train de préparer, le travail se poursuit, une coopération accrue en matière douanière et en matière de sécurité sur ce sujet. Mais la souveraineté de chacun doit être pleinement respectée en la matière.
[Intervention de Claudia Sheinbaum]
Journaliste
Salutations à tous et à toutes. Quelle est l’importance que vous accordez à ce mémorandum d’entente entre la diplomatie féministe ? Quelles sont les mesures concrètes que vous étayez ? Et savoir quels sont les grands piliers pour les pays ?
[Intervention de Claudia Sheinbaum]
Emmanuel MACRON
Le Mexique et la France ont eu l’occasion de co-présider le Forum Egalité, il y a quelques années que cela s'était tenu en France, mais sous une co-présidence pour le compte des Nations unies, afin de porter cet agenda qui, ensuite, a donné lieu à ces rencontres ministérielles au Mexique, puis en France, il y a quelques jours à peine.
Madame la Présidente vient de le dire, cet agenda est un agenda complet qui vise à lutter contre les violences sexistes et sexuelles partout à travers la planète, à consolider, justement, les droits des femmes, à protéger les combattantes de la liberté, de ces droits, à protéger un agenda progressiste dans tous les pays du monde, à apporter aussi des programmes d’action pour protéger ces combattantes et ces combattants de la liberté, mais aussi avoir un agenda économique, politique, de juste représentation et d'égalité entre les sexes. Et donc cet agenda a été détaillé, d'ailleurs, il y a quelques jours, par notre ministère des Affaires étrangères, en lien étroit avec son collègue mexicain, et c'est cette action que nous continuons d'avoir, de porter, et qui est portée par la diplomatie française, avec force, en lien étroit, main dans la main, si je puis dire, avec la diplomatie mexicaine.
Journaliste
Bonjour, merci. Monsieur le Président, hier, depuis le Brésil, vous avez dit être plutôt positif quant à la possibilité d'accepter à l'avenir l'accord entre le Mercosur et l'Union européenne avec les clauses de sauvegarde proposées par la Commission européenne, et si celles-ci auront été validées par les pays du Mercosur. Aujourd'hui, une grande partie de la classe politique française et du monde agricole dénonce vos propos, parle de reniement, de trahison. Quelle est votre réponse à ces réactions ?
Par ailleurs, toujours hier et plus largement, vous avez défini votre rôle comme garant du long terme, de la stabilité du pays. À cette aune, comment jugez-vous l'évolution des débats budgétaires en France, sachant qu'une nouvelle échéance critique, arrive ce week-end ? Et quel est votre message aux forces politiques en ce sens ? Merci.
Emmanuel MACRON
Merci. Sur la deuxième partie de votre question, je n'ai pas depuis Mexico à porter des commentaires sur la vie politique française. J'ai eu l'occasion d'appeler à la responsabilité de chacun et à la stabilité.
Sur les propos que j'ai tenus hier, je pense qu'il faut toujours écouter une phrase ou la lire jusqu'au bout. J'ai dit que j'étais positif, mais vigilant. Lorsque l'accord a été signé entre l'Union européenne et le Mercosur, je rappelle qu'il y a plusieurs fois eu des signatures, j'ai dit avec beaucoup de clarté que cet accord n'était pas acceptable pour nos intérêts français, notamment car il ne garantissait pas pour nos secteurs agricoles ce que nous demandions. Et comme nous l'avions fait d'ailleurs au moment de la signature de l'accord entre le Canada et l'Union européenne, la France est attachée à ce qu'une concurrence loyale et équitable soit assurée entre les espaces géographiques.
Nous avons commencé à être entendus par la Commission, c'est ce qui fait que j'ai pu dire que j'étais plus positif, Elle a présenté un élément nouveau par rapport à l'accord initial avec une clause de sauvegarde agricole robuste. Ces éléments devront être confirmés par le Mercosur, et c'est ce à quoi la Commission s'emploie. C'est exactement et strictement ce que j'ai dit hier. Ce travail, c'est la Commission a commencé à le faire, ce qui est un vrai changement et une modification de l'accord premier, et c'est le dialogue maintenant avec les pays du Mercosur qui sera clé. Des échanges que j'ai pu avoir avec le président Lula, Milei, avec la présidente Von der Leyen, comme je vous le disais hier, m'ont rendu positif.
Mais je reste vigilant, comme je vous l'ai dit hier également, car je défends les intérêts de la France. Nous continuons à nous battre et nous demandons trois éléments : une clause de sauvegarde agricole robuste, effective et activable, des mesures miroirs, notamment sur les pesticides et l'alimentation animale, pour rassurer qu’on impose à nos producteurs les mêmes règles qu'aux producteurs dont on importe les produits, c'est-à-dire de la concurrence équitable, et des contrôles sanitaires renforcés.
C'est aussi pour ça que, je vous l'ai rappelé hier, nous sommes favorables à une plus grande effectivité de notre union douanière. C'est tout cela, en plus des mesures de soutien à l'élevage que nous demandons. C'est pourquoi il y a des avancées, ce qui me rend positif, mais je reste vigilant parce que je n'ai pas la visibilité sur le tout. Donc la France continue d'attendre des réponses claires. Et comme je le fais depuis le premier jour avec responsabilité et loin de tous les discours démagogiques, je défends les intérêts de nos producteurs, industriels comme agriculteurs ; je défends aussi l'intérêt de nos consommateurs pour qu'ils aient les mêmes garanties de sécurité alimentaire lorsqu'on importe des produits que lorsqu'on produit chez nous.
Journaliste
Comme brider la commercialisation de la vente de pièces archéologiques en France ? Comment collabore le Gouvernement français pour que ces pièces ne soient pas vendues aux meilleurs clients ou aux meilleurs candidats ?
Emmanuel MACRON
Merci beaucoup. D’abord vous savez, nous sommes liés par un partenariat scientifique important qui a plus de 60 ans aujourd'hui, archéologique entre nos deux pays. Donc le cœur de la relation entre nos deux pays, c'est ce partenariat scientifique-archéologique qui continue, que nous renforçons d'ailleurs à l'occasion de cette visite, et d'avoir un échange en matière de recherche et une circulation des pièces.
Ensuite, il y a une volonté mexicaine depuis plusieurs années que nous soutenons, de lutter contre toute forme de trafic. La France est claire en la matière. Nous souhaitons qu'à chaque fois, les règles de sortie du territoire soient établies, que le partenariat stratégique qui est le nôtre soit avant tout un partenariat scientifique et que, par cette action, la transparence soit faite à chaque fois, par un travail mutuel, sur les conditions de sortie du territoire des pièces archéologiques.
Notre volonté, c'est plutôt que ces pièces soient échangées entre nos musées, nos institutions culturelles, ce que nous allons faire à l'occasion du bicentenaire. C'est évidemment, dans le cadre de ce partenariat scientifique, de lutter contre tous les trafics et toutes les prédations. A cet égard, vous pouvez compter sur la coopération de la France, sa clarté et l'agenda positif que j'ai voulu d'ailleurs avec le Mexique, comme avec tous les pays qui sont concernés par cette question depuis maintenant plus de 8 ans.
Le chef de l'État a également prononcé un discours devant la communauté française au Mexique pour saluer ce lien unique qui unit nos deux pays. Une relation de cœur à cœur, fondée sur la confiance, la culture et des valeurs en partage.
Revoir son discours :
7 novembre 2025 - Seul le prononcé fait foi
Discours du Président de la République à la communauté française au Mexique.
Mesdames, Messieurs les ministres,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Mesdames, Messieurs les conseillers des Français,
Madame l'ambassadrice, merci de nous accueillir,
Messieurs les consuls généraux,
Mesdames et Messieurs en vos grades et qualités, chers compatriotes.
D'abord, je vais vous dire la joie qui est la nôtre d'être parmi vous. Il y a là bon nombre de membres de la délégation qui m'accompagnent, avec les ministres, et puis des Françaises et Français ou des nationaux installés depuis parfois bien longtemps, et nous retrouver est un véritable bonheur.
Je vais vous dire toute la joie qui est la mienne, 11 ans après la dernière visite présidentielle, et 61 ans après le déplacement historique du général de Gaulle qui inaugurait ce lieu. Nous voilà donc ensemble. Je veux vous dire à la fois la joie qui est la mienne de vous retrouver et peut-être vous dire quelques mots de ce que nous sommes venus faire, à la fois de notre passé et de l'avenir de la relation bilatérale.
D'abord, en me tenant devant vous aujourd'hui, je veux dire la gratitude qui est la mienne de vous retrouver. Parce qu'il y a ici une histoire très singulière entre nos deux pays, et vous la représentez très souvent à travers vos propres histoires et vos familles. Cinq siècles d'histoire, 200 ans de relations diplomatiques que nous fêterons l'année prochaine, j'y reviendrai, et le Mexique a souvent joué un rôle de refuge, de terre de rédemption, parfois de terre d'exil, de terre aussi d'ambition pour tant et tant de Français, d'Européens, marranes fuyant l'inquisition, républicains pendant la guerre civile espagnole, colons mennonites, diaspora libanaise, latino-américain, les fameux Barcelonettes, colporteurs cherchant et trouvant la fortune, Bourguignons.
Il y a ainsi cette histoire d'Européens et de Français cherchant l'aventure ou fuyant un temps de raison ce qui se passait en Europe, qui se sont retrouvés ici et qui ont construit une histoire absolument unique, qui explique aussi les liens singuliers qui sont les nôtres aujourd'hui. Vous êtes, pour beaucoup d'entre vous, les représentants vivants de ce lien qui s'est poursuivi durant le XXe siècle à travers des grands artistes, des grands intellectuels, de Charlot à Péret et tant d'autres. Sans oublier ce que l'École archéologique française apporta et continue d'apporter à l'étude et la valorisation des civilisations mexicaines préhispaniques à travers le CEMCA, fondé par Guy Stresser-Péan. Je salue ici Claude Stresser-Péan, que j'ai aperçue en descendant ici, voilà, Madame, qui vient de faire le don à la France de cette précieuse bibliothèque, à laquelle nous promettons un écrin digne de la vie qu'elle et son mari ont consacré au Mexique. Merci infiniment, Madame, pour ce don. Je souhaite qu'on puisse vous applaudir et applaudir votre époux.
Ce lien, c'est aussi celui que la France rend à ses racines mexicaines chaque 11 novembre, à Mexico et Guadalajara, devant les monuments aux morts de 1914-1918, en pensant aussi aux quelques 300 Franco-Mexicains tombés au front, sur le millier qui débarquèrent au Havre, animés par un puissant patriotisme. Ils représentaient un quart de la communauté française de l'époque. Cette France aux racines mexicaines, c'est aussi l'immense contribution du Mexique à la France libre, dont le général de Gaulle s'est souvenu en 1964, ces garagistes qui paraient les voitures de la capitale de la cocarde pour soutenir le mouvement de Londres, si loin, mais si proche par le cœur, alors que les nazis promettaient la chimère du Texas au gouvernement mexicain qui ne se laissait pas illusionner pour autant. Oui, au Mexique, la France a une grande histoire, et vous la portez.
Nos relations se nourrissent de cette flamme singulière, assez unique au monde. Je rappelais ce matin, dans la conférence de presse avec la présidente, que si parfois, cette histoire a eu des pages sombres, si parfois l'Empire a soutenu certaines guerres, nos grands écrivains étaient là pour soutenir la liberté. Et il faut se souvenir de la parole de Hugo, même si nous continuons, et j'étais aux côtés de notre légion à Camerone le 30 avril dernier pour rappeler aussi l'histoire singulière, parfois cruelle, qui est la nôtre.
Au-delà de cette histoire commune, unique, la France d'aujourd'hui est une France active et qui a du cœur. La France active au Mexique, c'est une présence renouvelée par les flux ininterrompus de visiteurs, d'entrepreneurs, d'artistes, d'étudiants, de jeunes volontaires qui finissent souvent par s'installer au Mexique, dans la capitale, mais aussi sur tout le territoire. Je veux ici saluer la présence de nombreux volontaires internationaux qui sont là, qui sont présents aujourd'hui, parfois restent. Et donc, il y a des volontaires d'aujourd'hui, il y a beaucoup de volontaires d'hier.
Je veux remercier, ce faisant, nos 17 consuls honoraires, nos deux consulats généraux à Mexico et Monterrey, remercier l'ensemble des équipes de l'ambassade, de nos consulats, et remercier aussi tous les élus, tous les volontaires, tous les responsables d'îlots, toutes celles et ceux qui forment ces engagés aux côtés de la communauté française et qui donnent tant et tant. Merci infiniment à vous pour cet engagement. Je sais combien, ces dernières années, il a parfois été mis à l'épreuve. Il y a eu la période du covid, il y a eu des moments difficiles. Nous sommes dans une phase, là, véritablement, de reconquête, avec une page nouvelle qui va s'ouvrir, mais elle se fait grâce à vous, grâce à votre travail, et soyez-en infiniment remerciés.
Ce sont aussi les sportifs, et je salue nos joueurs de football exceptionnels, presque la moitié de l'ancienne équipe de Lyon de football féminin qui est maintenant ici, des sélectionneurs. On a évidemment, dans à peu près tous les sports, des très grands sportifs qui sont là, mais également une Coupe du monde de football en 2026 qui va se tenir pour partie ici et qui est au cœur des rendez-vous importants.
Je le disais, c'est aussi une France qui a du cœur, engagée aux côtés de la société mexicaine que vous représentez et qui est une grande fierté, avec des employeurs soucieux de l'égalité entre les femmes et les hommes, combat cher à l'association des Marianne México, soucieux aussi de leur empreinte carbone, porteurs d'une marque France socialement et environnementalement responsable. Nos plus de 700 entreprises ne s'y trompent pas, et cette identité les honore et les grandit. La Chambre de commerce franco-mexicaine le sait, y travaille avec succès aux côtés de toutes les composantes de l'équipe de France, conseillers du commerce extérieur, Business France, BPI, Proparco, et là aussi, je vous remercie toutes et tous pour porter cette ambition, cette volonté.
Cette France généreuse est aussi incarnée par beaucoup d'initiatives à but non lucratif. Je ne serai pas exhaustif, mais je pense à l'association Lazare, qui a réussi sa première implantation hors de d'Europe, ici même, à l'action de Médecins du monde aux côtés des migrants, à l'association El Camino de Los Altos, l'école coopérative de tisserands, fondée avec l'appui de femmes françaises. Je pourrais citer tant et tant, fondations qui donnent accès à des lunettes aux populations défavorisées, entrepreneurs qui emmènent des rescapés du cancer au sommet des volcans mexicains, mobilisent la communauté française pour reforester les flancs des montagnes, qui portent un tourisme respectueux de la nature et de la culture. Il y a un nombre ici d'innovations, d'aventures, de progrès que vous portez qui sont admirables.
Je le dis parce que ça rend le président que je suis très fier, mais cela tisse aussi un lien intime avec la société mexicaine que vous portez, parce que c'est une France qui est à la fois audacieuse mais généreuse, une France qui porte évidemment une volonté de conquérir, de construire, de faire, mais qui, en même temps, le fait au service de valeurs qui sont les nôtres et que nous avons en partage, l'égalité entre les femmes et les hommes, la volonté de servir les plus défavorisés, ce combat que vous avez au cœur et que nous portons d'avoir une réussite entrepreneuriale qui serve en même temps l'idée que nous nous portons d'un certain combat et la volonté d'être aussi responsables sur le plan écologique et sur le plan social, cette France qui avance, qui gagne, mais qui, en même temps, est généreuse.
Car au Mexique, vous avez tout pour gagner : un grand capital de sympathie, l'excellence de savoir-faire portés par nos entreprises, mais je veux vous remercier de cette exigence et cette générosité que vous portez. Cette France économique, c'est celle aussi que nous sommes venus défendre à travers cette visite. Alors, nos entreprises, je les citais, sont là. C'est une très grande force. C'est une force d'ailleurs qui permet d'attirer beaucoup d'étudiants, quelque 3 000 étudiants par an. C'est un engagement économique maintenu sans précédent, et c'est ce que nous voulons renforcer, justement, à travers ce que nous avons bâti ce matin. On a toutes les entreprises du CAC 40 qui sont ici présentes. Je remercie le MEDEF international de s'être battu, et on était ensemble ce matin.
Tout le travail qui est fait par cette équipe de France vient, au fond, consolider et redynamiser ce que vous représentez à travers les responsabilités qui sont les vôtres. Je le disais, on a toutes nos grandes entreprises, on a beaucoup d'entreprises de taille intermédiaire, mais aussi beaucoup de start-up, de très grandes entreprises de l'innovation qui étaient à nos côtés ce matin et qui sont là parfois depuis plusieurs années ou qui vont s'implanter et qui portent cette volonté extraordinaire de l'équipe de France de développer encore davantage notre ambition ici, au Mexique. Nous sommes déjà des grands employeurs sur cette terre. Nous sommes des grands investisseurs et nous voulons faire davantage.
Alors ce matin, nous avons justement servi cet agenda. D'abord, on a constaté avec la présidente que la France était très présente dans des tas de secteurs stratégiques : les transports, le ferroviaire entre autres, l'aéronautique, l'énergie avec des grands projets structurants, l'industrie avec beaucoup de projets de transformation, le secteur pharmaceutique, avec là aussi beaucoup de partenariats inédits qui ont été construits. Mais il y a énormément de synergies entre le plan México, qui est porté par la présidente, France 2030 que nous portons, et donc dans beaucoup de secteurs, ils ont été présentés ce matin, de l'hydrogène en passant par l'identité numérique et les plans de sécurité, en passant par de nouvelles perspectives industrielles, par les perspectives dans l'agroalimentaire avec les entreprises les plus innovantes, nos start-ups du déplacement et de la mobilité, j'en passe et j'en passe, le spatial, l'intelligence artificielle, on a énormément de secteurs où nous voulons faire davantage.
Nous voulons faire davantage parce qu'au fond, nous sommes placés face aux mêmes défis internationaux, c'est-à-dire le défi d'un dérèglement du monde, l'agressivité tarifaire américaine, les surcapacités chinoises qui viennent bousculer nos marchés. Au fond, nous sommes deux grandes économies qui croyons dans le commerce ouvert, qui croyons dans l'innovation, et grâce à vous, là encore, qui avons bâti des relations stables et de confiance entre les uns et les autres.
Avant de vous rejoindre, j’étais avec un club d’investisseurs, justement mexicains, certains déjà bien installés en France, d'autres en train de construire des projets. Leur confiance dans la France et leur confiance qui repose sur les connaissances qu'ils ont des uns et des autres, ce qu'ils ont acquis à travers le temps, la clarté du discours que nous avons sont déterminantes. Et donc, nous lançons une nouvelle étape. On a ce matin resserré notre Conseil stratégique franco-mexicain. Il sera concentré sur quelques secteurs, quelques entreprises pour lui donner plus de force. Je remercie Eros Maquinez d'avoir accepté de prendre la responsabilité de la co-direction de ce Conseil. Mais ça veut dire qu'on aura toutes les entreprises françaises implantées au Mexique, les grandes entreprises qui sont là, qui vont constituer une équipe France, qui se mobilisera avec la Chambre de commerce et d'industrie franco-mexicaine, mais qui va aussi bâtir avec les partenaires mexicains davantage de projets.
On veut ici exporter davantage, on veut ici développer davantage de projets d'investissement, mais on veut aussi attirer davantage d'investisseurs mexicains en France, même si le Mexique est le premier investisseur du continent américain dans notre pays. Ça a été rappelé ce matin, devant le Brésil, contrairement à beaucoup d'idées reçues. Mais on peut encore faire davantage.
Nous avons, à l'issue de ce déplacement, une feuille de route stratégique économique avec une volonté d'investir encore davantage, de faire encore davantage au service des agendas que nous partageons et parce qu'il y a entre nos deux pays un respect, parce qu'il y a entre nos deux pays une connaissance, mais une volonté aussi de construire une ambition nouvelle.
Au-delà de l'économie, c'est évidemment en matière de culture que nous voulons aussi avancer. La France et le Mexique, ce sont des artistes, des créateurs, mais aussi des chercheurs, des étudiants, des enseignants, des liens très forts que j'ai évoqués à l'instant. C'est aussi la présence de notre langue qui est importante. Je veux, en ce faisant, remercier nos 31 alliances françaises, l'Institut français d'Amérique latine, nos 6 établissements scolaires homologués par le ministère de l'Éducation nationale et notre grand vaisseau amiral, puisque c'est ici, à Mexico, que nous avons le plus grand établissement d'Amérique latine, je veux ce faisant remercier tous les personnels, enseignants, personnels administratifs et les familles, évidemment, qui nous permettent d'avancer et de continuer à faire rayonner le français et l'enseignement en langue française.
Les relations culturelles entre la France et le Mexique ont toujours été intenses, mais nous souhaitons là aussi leur donner une nouvelle dynamique. C'est pourquoi, avec le ministre, on a préparé cette feuille de route, là aussi, à l'occasion du bicentenaire qui se tiendra l'année prochaine, donc en 2026, de nos relations diplomatiques et qui permettront un festival culturel à l'automne 2026 qui nous offrira l'occasion de valoriser la création culturelle, la richesse de nos savoir-faire et l'éco-production. Je veux remercier nos ministres de l'Europe et des affaires étrangères et de la culture, pas simplement d'être à mes côtés, mais d'avoir préparé ce dispositif extrêmement ambitieux avec l'appui de nombre de nos institutions culturelles qui sont présentes parmi nous aujourd'hui : l'Institut français, Manufacture nationale, CNC, Musée du Quai Branly, pour n'en citer que quelques-uns, qui vont se mobiliser pour permettre justement ce croisement à la fois de nos collections, de nos créations.
C'est dans ce contexte, d'ailleurs, qu'on aura cet échange des codex entre nos deux pays à l'occasion de la saison, ce qui montre d'ailleurs qu'on va faire circuler là aussi le patrimoine commun, ce qui va permettre de dépassionner ce débat qui, parfois, a pu être empreint de tensions. Il ne l’est pas de notre point de vue et nous avons su trouver un accord, je crois, extrêmement respectueux, ambitieux, je remercie aussi la Bibliothèque nationale de France et son président pour le travail qui a été fait sous l’égide de la ministre en ce sens, mais qui va permettre un travail d’échange absolument inédit en la matière, mais qui va permettre aussi la création en matière cinématographique, à la comédie française de venir ici se produire et de montrer des talents de part et d'autre qui sont absolument uniques.
Ce faisant, je veux également remercier le Cercle des mécènes, emmené par Safran, cher Ross à nouveau, et les plus grandes entreprises françaises implantées au Mexique : Accor, Airbus, AXA, BNP Paribas, FIV, L'Oréal, LVMH, Safran, Sanofi, Total Energy et tous ceux que je n'ai pas cités ou tous ceux qui vont encore se joindre pour permettre de faire encore davantage en matière, justement, de création, aider nos artistes et faire de ce festival, un festival qui célèbre, au fond, pas simplement nos savoir-faire, nos artistes, mais qui va permettre à la liberté d'expression, l'attention à la jeunesse, l'égalité femme-homme et la justice sociale, d'être au cœur de ces échanges croisés entre nos deux pays.
Je veux, avant de conclure, rendre enfin hommage à tous ceux qui travaillent ici au renforcement des relations franco-mexicaines et au service des communautés françaises. J'ai déjà dit au début de mon propos, mais Madame l'ambassadrice, tous les personnels de l'ambassade, des consulats généraux, nos consuls honoraires, nos élus, nos associations, nos chefs d'îlots, tous ceux qui participent à ce réseau de solidarité, vous faites un travail absolument remarquable.
Pour améliorer ce service, nos services publics, je veux ici vous dire qu'avec les ministres, ministre et la ministre déléguée, nous allons continuer d'être au travail pour améliorer la protection sociale, protéger ceux qui sont parfois frappés par l'adversité, le handicap, l'indigence, l'enfance en danger. Nous savons tous les sujets sur lesquels nos équipes vont continuer de se mobiliser et qui sont au cœur de tout cet engagement pour les Français et les Françaises vivant à l'étranger : comptez sur notre engagement.
Je veux remercier tous ceux qui font vivre sur place, justement, cet engagement de la France. Je veux vous dire que vous avez, et vous le savez, une ministre déléguée auprès du ministre qui a dans son portefeuille les Français de l'étranger, mais qui a été, je dois dire, l'artisan toute particulière de ce rendez-vous, puisque c'est grâce à Éléonore que je me trouve devant vous aujourd'hui, et vous avez une ardente défenseure. Le seul risque que nous courons, c'est qu'une partie du ministère vienne s'installer à Mexico dans les prochains mois.
Voilà, je ne vais pas être plus long, mais ce que je voulais vous dire, au fond, c'est que vous êtes celles et ceux qui portez, qui incarnez, qui faites vivre la singularité de la relation entre le Mexique et la France, et ce qui fait que cette relation, en effet, est une relation de cœur à cœur, à n'en pas douter.
Je crois que vous le mesurez chaque jour, je peux le mesurer depuis que je suis arrivé hier, et je veux vous dire que, par cette visite, notre volonté, c'est de relancer une page nouvelle, et la présidente Sheinbaum l'a dit ce matin à mes côtés, en matière économique, en matière culturelle, en matière de recherche, en matière d'échange. Nous en avons les moyens, parce que le Mexique et la France partagent aujourd'hui une certaine idée du monde, parce que la France et le Mexique partagent, et nous ne sommes plus si nombreux, une même vision d'un multilatéralisme ouvert et efficace, une même vision de l'égalité femmes-hommes, une même vision d'un multilatéralisme qui est respectueux de l'autre, qui croit dans un langage de paix, dans le fonctionnement des Nations unies et de leurs chartes, avec un agenda que nous portons ensemble.
La force des relations humaines, la confiance établie à travers le temps, la symbiose des agendas que nous portons aujourd'hui et la communauté d'intérêts que nous avons, c'est un moment unique pour bâtir encore davantage. C'est pourquoi j'ai invité en visite d'État l'année prochaine la présidence de Sheinbaum en France. J'ai invité de nombreuses entreprises mexicaines à venir en France dès l'année prochaine. Elles seront au cœur de Choose France. Je souhaite que nous puissions vivre cette saison culturelle comme nous l'avons définie, pour ce bicentenaire de 2026.
Au fond, en 2026, nous ne ferons pas simplement vivre un bicentenaire, mais l'objectif, c'est que nous fassions vivre une ambition nouvelle. En vous rejoignant, je relisais des lignes d'Antonin Artaud lorsqu'il fait son voyage au Mexique en 1936. C'est un chemin qui le mène aussi vers la folie, mais il le mène vers la grande inspiration et il quitte une Europe à l'égard de laquelle, il a de plus en plus de doutes et le nationalisme montant pour retrouver ce pays, la Terre rouge auquel il veut croire. Artaud dit, en venant ici, qu'il est venu chercher une nouvelle idée de l'homme. Au fond, il cherche, et il le dit magnifiquement, au Mexique, quelque chose des racines profondes de l'Europe, avec une vitalité nouvelle et comme une magie singulière.
Ce chemin d'Antonin Artaud, c'est celui que nous voulons reprendre, mais en le réinventant pour ce siècle qui advient. Mais il y a quelque chose, oui, d'une certaine idée de l'homme que nous partageons entre le Mexique et la France et qui peut fonder les deux siècles à venir de relations que nous avons à faire.
Merci de bâtir cette relation, merci de la faire vivre, et je compte sur vous maintenant pour, à nos côtés, bâtir la suite.
Vive le Mexique, vive la France et vive l'amitié franco-mexicaine.
À consulter également
Voir tous les articles et dossiers-
1 octobre 2025 Conseil européen informel à Copenhague au Danemark.
-
2 octobre 2025 Sommet de la Communauté politique européenne au Danemark.
-
3 octobre 2025 Déplacement à Sarrebruck pour la journée de l’unité allemande.
-
9 octobre 2025 Réunion ministérielle sur l’opérationnalisation du plan de paix au Proche-Orient.