Au lendemain de son arrivée au Cameroun, le Président Emmanuel Macron est allé à la rencontre de la communauté française à l'occasion d'une réception à la résidence de France. 

Le Président de la République Emmanuel Macron s'est ensuite entretenu avec le Président de la République du Cameroun Paul Biya au Palais présidentiel à Yaoundé.

Cette rencontre a été l’occasion d’évoquer la situation régionale, alors que la menace terroriste continue son expansion vers le Golfe de Guinée. 

Les deux présidents ont également discuté de l’agression russe contre l’Ukraine et de ses conséquences sur le reste du monde, en particulier sur le plan de la sécurité alimentaire. Ils ont abordé la mise en œuvre concrète de l’initiative FARM visant à stabiliser les marchés agricoles, venir en aide aux populations les plus touchées et développer les productions locales.

Enfin, ils ont abordé l’approfondissement des relations bilatérales entre le Cameroun et la France, stimulées par la vitalité des liens humains entre les deux pays, du fait notamment d’une importante diaspora camerounaise en France. 

Revoir la conférence de presse conjointe : 
 

En fin d'après-midi, le Président de la République est venu conclure une réunion de travail consacrée à la sécurité alimentaire et au rôle du secteur privé. 

La France est en effet activement engagée pour faire face collectivement et de manière solidaire à la crise alimentaire mondiale causée par l’agression russe contre l’Ukraine. Elle a été à l’origine de l’initiative FARM (Food and Agriculture Resilience Mission), soutenue par l’Union européenne, l’Union africaine et le G7, et reposant sur trois piliers :

➜ Le pilier « commerce », notamment mis en œuvre par l’Organisation mondiale du commerce, vise à garantir la transparence sur les marchés agricoles et à encourager des comportements responsables (en appelant à éviter toute mesure de restriction aux exportations agricoles) afin de limiter la volatilité des prix qui perturbe l’accès des pays les plus vulnérables aux denrées alimentaires.

➜ Le pilier « solidarité », développé par le Programme alimentaire mondial, prévoit de soutenir les pays et aux populations les plus touchées par les effets de la guerre en Ukraine, notamment au travers d’un mécanisme de solidarité reposant sur des appels d’offres appelant à la contribution du secteur privé comme public, et à soutenir la production et l’exportation des denrées agricoles ukrainiennes, notamment dans le cadre de l’initiative européenne des « corridors de solidarité ».

➜ Le pilier « production », développé et mis en œuvre par le Fida, vise à aider les pays à investir dans leur propre agriculture et à développer des modes de production durables, pour renforcer à long-terme leur souveraineté alimentaire et leur résilience face au réchauffement climatique et aux déstabilisations extérieures. Ces investissements pourront venir appuyer des projets existants, à l’image de la « Grande muraille verte », vaste initiative d’agroécologie dans la bande sahélienne.

De premières mesures cruciales ont ainsi pu être prises. L’ensemble des États membres de l’OMC se sont engagés à ne pas bloquer l’exportation de denrées alimentaires lorsqu’elles sont à destination du Programme alimentaire mondial. Cette décision historique vise à garantir l’approvisionnement du PAM en nourriture pour venir en aide aux populations risquant la famine. 

De même, la France a réuni les grands acteurs privés de l’agroalimentaire pour former la coalition « Global Business for Food Security » (GBFS) - Coalition du secteur privé pour la sécurité alimentaire – engagée contre la spéculation sur les denrées agricoles, pour la solidarité internationale et le renforcement des capacités de production agricole durable sur le continent africain. Plusieurs de ces entreprises se sont ainsi engagées à contribuer aux appels d’offres solidaires FARM dont le PAM devrait annoncer le lancement en marge du déplacement. 

Ainsi, la réunion organisée à Yaoundé ce jour a permis de continuer à décliner concrètement l’initiative sur le continent africain, et à embarquer le secteur privé dans une réponse coordonnée et solidaire. C'était l’occasion pour les autorités françaises d’annoncer le renforcement de ses outils pour appuyer l’investissement d’entreprises engagées pour le développement du secteur agricole dans les pays vulnérables, notamment en Afrique.

Enfin, le Président s'est rendu au « Club Noah » dans le cadre du suivi du Nouveau Sommet Afrique-France.

Cette visite du Chef de l’État a permis de mettre la culture à l’honneur, autre axe fort de l’agenda de Ouagadougou. 

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