Publié le 14 septembre 2020

Décès de Christian Liaigre

Il avait donné son nom au « style Liaigre », synonyme dans toutes les langues d’épure et de raffinement. Le décorateur et architecte d’intérieur Christian Liaigre s’est éteint le 2 septembre à Paris.

Il avait grandi en Vendée, au milieu des animaux, entre un grand-père qui élevait des chevaux de course et un père vétérinaire. Passé des stalles de l’écurie familiale aux bancs des Beaux-Arts et des Arts décoratifs, il ne choisit pas tout de suite entre ses crayons et sa cravache, enseignant le dessin tout en travaillant dans le haras de son grand-père.

C’est à quarante ans passés, dans les années 1980, qu’il remet le pied à l’étrier du design et de la décoration en signant une collection de meubles pour Nobilis avec des matériaux puisés dans l’univers équestre, des bois précieux et des cuirs nobles. Désormais bien en selle, il gagne vite ses éperons : son nom devient une marque qui s’accroche en toutes lettres sur le fronton de sa première enseigne, rue de Varenne. La cavalcade Christian Liaigre passe ensuite au grand galop : l’hôtel Montalembert à Paris, puis le Mercer à New York lui font confiance pour réinventer leurs espaces. Des voyageurs venus du monde entier sont séduits par ses atmosphères minimalistes, son style « sans effets de style », ses lignes sobres, ses courbes claires, qui rappellent les figures étirées d’un Giacometti et les formes pleines et pures d’un Brancusi. Sa réputation internationale est faite. Son nom devient l’emblème d’une élégance qui sait unir la simplicité et la recherche, marier la sobriété et le luxe, conjuguer l’intemporel et le contemporain.

Partout réclamé, par des institutions privées et publiques, par des célébrités et des anonymes, il a carte blanche pour rénover de fond en comble des hôtels et des restaurants, des bateaux et des appartements. Il repense tout du sol au plafond, des meubles aux luminaires, des tapis aux tissus, des plinthes aux moulures, car il a le souci de la cohérence et le sens du détail. Il aime les camaïeux de couleurs naturelles – les beiges, les blancs et les bruns, les matières authentiques et nobles – les bois et le bronze, les cuirs et les marbres, ouvragés avec cœur, ciselés avec talent, en inlassable apôtre des métiers de tradition et d’excellence, ébénistes, marbriers, tapissiers, selliers, bronziers ou laqueurs.

Les boutiques Christian Liaigre ont bientôt fleuri sur tous les sols, de Londres à Kuala Lumpur, de Chicago à Bangkok. Sa signature aura franchi tous les océans, tous les continents, plantant aux quatre coins du monde l’étendard d’une élégance et d’un art de vivre à la française.

Le Président de la République et son épouse saluent un créateur qui semait la beauté partout où il passait, et adressent à sa famille, ses proches, ses collègues et ses admirateurs leurs sincères condoléances.

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