Grand soldat, homme de conviction et d’engagement, le général Philippe Morillon avait servi notre Nation dans toutes les épreuves. Par son courage, physique et moral, il avait représenté pour nos concitoyens une figure de l’esprit de Résistance face à la force injuste de l’Histoire.
Né le 24 octobre 1935 à Casablanca, Philippe Morillon fut d’abord un brillant officier, sorti de Saint-Cyr en 1955, servant en Algérie, puis passé par l’Ecole d’état-major. Pendant vingt ans, il fut de ces chefs qui prirent part, après la guerre d’Algérie, à la transformation et à la modernisation de notre armée de terre. Le général Morillon accomplit ensuite une mission qui changea le cours de sa vie. L’engagement français décidé par le Président François Mitterrand en ex-Yougoslavie en 1992 s’étant fait sous l’autorité de l’ONU, le général Morillon dirigea la Force de protection des Nations unies de septembre 1992 à juillet 1993. Dans un contexte de tensions extrêmes, il se rendit en mars 1993 dans Srebrenica, enclave bosniaque assiégée par les troupes serbes du général Mladic. Frappé par le sort tragique des civils de la ville, ayant une haute considération de sa responsabilité de protéger, le général Morillon promit aux habitants de Srebrenica de « ne pas les laisser tomber ». Ce serment d’honneur, au fort écho médiatique, lui valut une renommée qu’il ne cherchait pas. La Forpronu, contrainte par son mandat d’agir seulement en état de légitime défense, ne put in fine protéger les civils du massacre. Il n’en resta pas moins que le général Morillon concourut à porter la lumière sur le conflit et la question du mandat des forces des Nations unies. Puis, celui qui fut en charge de la Force d’action rapide, voulut continuer à défendre ses convictions et ses valeurs par d’autres chemins.
C’est ainsi que, quittant le service actif, fidèle à son chemin d’espérance et de fraternité, le général Morillon organisa les journées mondiales de la jeunesse de Paris en août 1997. Il s’engagea en politique et fut élu au Parlement européen, sous la houlette de François Bayrou et les couleurs de l’UDF. A Bruxelles comme à Strasbourg, pendant deux mandats, le général Morillon siégea à la commission des affaires étrangères et des droits de l’Homme, et porta haut ses convictions humanistes, européennes, universelles.
Le Président de la République et son épouse saluent un soldat pétri d’une certaine idée de sa mission au service de notre Nation. Ils adressent à sa famille, à ses proches, à ceux qui l’aimaient, leurs condoléances sincères.