David Kessler nous a quittés ce lundi 3 février. Le monde de la culture perd un amoureux passionné de l’art et de l’audiovisuel. La France un grand serviteur de l’Etat.

La culture saisit David Kessler dès le berceau. De sa mère Colette Kessler, universitaire spécialiste de l'enseignement du judaïsme, il reçut en héritage la passion du Beau. Et deux facultés : le sens du temps long d’abord, nourri d’une culture judaïque qui sut enjamber les millénaires ; le goût de la transmission ensuite, cette idée que la culture ne vit que dans le lien unique entre le professeur et son élève, l’artiste et le public.

Le service de l’Etat, David Kessler l’embrassa à la fin des années 1980 lorsqu’après avoir réussi le concours de l’Ecole Normale Supérieure, obtenu l’agrégation de philosophie et passé l’ENA, il intégra brillamment le Conseil d’Etat.

Sa vie alors, fut une incessante conjugaison de ces deux passions. Conseiller du Premier ministre Lionel Jospin, du Maire de Paris Bertrand Delanoë, du Président François Hollande, David Kessler servit au sein du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, de France Télévisions, dirigea le Centre national du cinéma et de l’image animée, France Culture et le Conseil supérieur des musiques actuelles sans s’interdire quelques passages dans le secteur privé aux Inrockuptibles ou à Orange Content. Dans toutes ces fonctions où il charria une infinie diversité de secteurs et de cultures, une volonté ne le quitta jamais : lutter contre la fausse distinction entre culture élitaire et culture populaire, en permettant au plus grand nombre d’accéder à une offre le plus large possible de contenus.

Pour que cet idéal s’inscrive dans le réel, David Kessler chercha toujours à innover, sans repos aucun. La presse magazine était en difficulté ? Il changeait le format, travaillait les angles, révolutionnait les accroches et les approches. Les technologies nouvelles bouleversaient la manière de nous informer, de nous cultiver ? Il investissait dans la télévision à la demande, les podcasts, les approches innovantes. Le succès fut au rendez-vous : comme homme de culture  et d’audiovisuel autant que comme enseignant - un métier qu’il exerça au lycée, à Sciences Po ou à l’ENA – David Kessler s’imposa pour des générations comme un passeur incontournable. Il était de ces esprits hors normes, dotés d’un grand savoir qui ne manquait jamais d’être un gai savoir, tourné vers l’autre, joyeux, généreux comme l’étaient les traits de cet homme que ses élèves et ceux l’ayant rencontré n’oublieront pas.

Le Président de la République rend hommage au parcours et à l’engagement d’un homme qui laissera sa marque dans le paysage audiovisuel et culturel français. A titre personnel, il salue la mémoire d’un ancien collègue devenu un ami. Le Président de la République et son épouse expriment, à ses enfants et ses petits-enfants, à sa famille, à ses proches et au monde de la culture leurs condoléances les plus attristées.

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