Publié le 24 avril 1981

Article de M. Valéry Giscard d'Estaing dans France-Soir, intitulé "Ce que je veux c'est l'unité", Paris, vendredi 24 avril 1981.

24 avril 1981 - Seul le prononcé fait foi

Article de M. Valéry Giscard d'Estaing dans France-Soir, intitulé "Ce que je veux c'est l'unité", Paris, vendredi 24 avril 1981.

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Nous vivons dans un monde difficile. Les Français le savent. Ils souhaitent, au-delà des querelles, que soient apportées des réponses aux problèmes qui se posent à eux. Ils aspirent à l'unité. Le mouvement engagé vers une société plus homogène et plus fraternelle, facteur essentiel d'unité entre les Françaises et la Français, doit se poursuivre et s'amplifier. C'est d'abord, la réduction des inégalités.
- L'action que j'ai conduite au profit des personnes âgées, des familles, des handicapés, des travailleurs manuels, sera accentuée. En même temps, il faut faire place à de nouvelles exigences : lutte contre la pauvreté £ situation des cadres moyens, des employés, des agents de maîtrise qui se trouvent injustement exclus de certains avantages sociaux £ réduction des inégalités de patrimoine.
- La réduction des inégalités rejoint ainsi une proposition centrale de ma campagne `campagne électorale` : rendre les Françaises et les Français propriétaires de la France. La création d'une "épargne - propriété" permettra à tout jeune ménage d'accéder rapidement à la propriété de son logement £ l'aide aux économies d'énergie réduira les charges de chauffage. La distribution d'actions gratuites et l'organisation de l'information dans l'entreprise assurera une meilleure solidarité dans la vie professionnelle.
- Pendant la durée du septennat, la France a connu la croissance économique la plus forte du monde occidental, Japon excepté. Ce capital ne doit pas être dilapidé. Il faut continuer notre effort pour que la France parvienne au rang des trois puissances les plus avancées du monde sur-le-plan technologique et économique.\
Lorsque j'observe le programme des autres candidats, je ne vois aucune ambition pour l'économie française. Je ne vois que l'addition de mesures ponctuelles, partielles et démagogiques qui ne sont pas mises au service d'un projet d'avenir. On vous propose, çà et là, le déficit budgétaire (par des dizaines de milliards de dépenses supplémentaires ou d'allègements fiscaux hypothétiques), des nationalisations (dont le nombre varie au gré des programmes), une relance par la consommation qui entraînera inévitablement l'inflation et le déficit extérieur.
- Mon ambition est autre. Elle vise à asseoir le développement de notre économie sur des bases solides.
- D'abord, une politique énergétique audacieuse. ! Il est étrange que dans le débat présidentiel qui engage l'avenir du pays, aucun autre candidat n'évoque la politique énergétique sauf pour demander l'arrêt de la construction des centrales nucléaires. Or la politique menée au-cours du septennat, si elle est poursuivie résolument comme je le propose, libèrera progressivement notre économie de la dépendance extérieure et garantira des emplois de demain.
- En outre, une politique industrielle conduite avec détermination. Déjà la France bien qu'aucun candidat n'en parle comme s'il avait honte de nos succès, est le premier pays d'Europe pour l'industrie informatique, pour l'aéronautique, le spatial. Déjà un Français exporte autant que deux Japonais. La consolidation et la rénovation des industries de pointe comme des industries manufacturières doivent être poursuivies.
- Enfin une politique réaliste en faveur de l'emploi. Il ne suffit pas de prévoir la création de 210000 postes de fonctionnaires pour résoudre le problème de l'emploi. Il s'agit de concevoir un plan global et cohérent qui permette de proposer un emploi ou une formation à tous les jeunes en âge de travailler.\
A cette société plus fraternelle, à cette France plus forte, je propose l'espoir.
- La France demeurera une société de paix à l'intérieur comme à l'extérieur. La paix sociale a été maintenue depuis sept ans et la campagne présidentielle a lieu dans les conditions démocratiques que le peuple a voulues. Dans le respect des institutions, d'une véritable démocratie qui s'appuie de plus en plus sur les communes et les départements, la paix intérieure sera préservée contre tous les facteurs de division et de destruction. La France restera également une force de paix dans le monde. Elle conduira le dialogue pour la paix à-partir d'une position de force en devenant la troisième puissance militaire du monde. C'est une lourde tâche que j'ai assumée personnellement depuis sept ans, dont je revendique la pleine responsabilité et que je me sens, plus que tous les autres candidats, capable de remplir demain.
- La France, patrie des droits de l'homme, restera une société de liberté. Qui peut croire aujourd'hui de bonne foi que la démocratie en France aurait été affaiblie depuis 7 ans ? Aucun de nous ne se sent inquiété dans ses libertés fondamentales, quotidiennes. Doit-on faire confiance à nos adversaires pour mieux préserver le choix de son médecin, de son école, de son information ? La liberté, je l'ai rappelé hier à Lyon, est dans le monde le bien le plus précieux et le plus rare. On n'y touchera pas tant que je serai là. La France sera le pays de l'espoir mais cet espoir ne peut se développer que dans l'ordre et le respect de la démocratie.
- L'espoir de demain fondé sur la raison et l'unité des Français, c'est de gagner de nouvelles batailles et notamment celles de l'emploi, de l'indépendance énergétique et de la présence de la France dans le monde.\
Ce que je propose aux Français et aux Françaises, c'est donc une ambition pour la France. Chacune et chacun de vous doit apporter sa pierre à la réalisation de cet édifice. Quant à moi, ma tâche sera de veiller à l'harmonie de la construction.
- Ce que je désire le plus ardemment dans cette période d'incertitude et de risque, c'est que le peuple de France soit plus uni. Nous avons connu de grands moments d'unité nationale dans notre histoire. Et pourtant, on tente trop souvent d'imposer à nos compatriotes les querelles partisanes ou les divisions idéologiques.
- La mission du Président de la République n'est pas de déchirer le tissu national £ elle est de le recoudre. Pendant ces sept ans, je me suis toujours battu pour l'unité des Français. J'ai proposé le dialogue aux dirigeants politiques et syndicaux du pays. J'ai multiplié les initiatives pour que partout, dans nos communes, dans le monde du travail, la discussion puisse s'épanouir librement. J'ai présenté comme le succès de toute la France nos réussites économiques ou internationales : c'est la France qui a gagné la bataille des prix agricoles à Bruxelles £ c'est la France qui a gagné la bataille de l'Airbus et d'Ariane.
- C'est la France qui est en-train de gagner la bataille de l'avenir !\

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