Publié le 28 mars 1981

Discours de M. Valéry Giscard d'Estaing adressé aux jeunes, au "Forum de l'avenir", Paris, Porte de Pantin, samedi 28 mars 1981.

Discours de M. Valéry Giscard d'Estaing adressé aux jeunes, au "Forum de l'avenir", Paris, Porte de Pantin, samedi 28 mars 1981.

28 mars 1981 - Seul le prononcé fait foi

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J'ai choisi d'ouvrir avec vous ma campagne pour un septennat nouveau. Pourquoi ? Parce que ce septennat nouveau sera dédié à l'avenir de la France et que l'avenir de la France, c'est vous !
- Il y a, dans notre pays, 16 millions de jeunes de moins de 20 ans qui sont la ressource et la relève de la France. J'ai annoncé ma candidature, il y a 26 jours. J'ai dit que je commencerai par une campagne d'explications et d'information. Je l'ai fait. Puis que je conduirai une campagne de rencontres sur le terrain, à l'écoute des Françaises et des Français. C'est cette campagne que j'ouvre aujourd'hui devant vous et qui va se poursuivre partout jusqu'à l'élection.
- Pour marquer l'ouverture de ma campagne, pour souligner qu'elle commence devant vous qui en serez les soutiens et les témoins, je vous demande un instant de silence ...\
Ma campagne est ouverte. Ma campagne est dédiée à l'avenir de la France. En présentant ma candidature, je ne pense pas au passé. Ce qui est fait est fait. Je pense à l'avenir, celui qui est toujours tendu devant l'homme, depuis l'origine de notre histoire. Un avenir qui l'effraie et qui l'attire à la fois, un avenir que nous allons préparer ensemble.
- Le premier septennat a été consacré à faire face : réformer les structures vieillies de la société, faire face aux deux chocs pétroliers, décider l'indépendance énergétiques de la France.
- Le second septennat sera celui de l'offensive pour préparer l'avenir. C'est ce que j'appelle le second étage de la fusée.
- Cette campagne est une campagne politique. Vous n'aimez pas le mot car le mot est synonyme de promesses faciles, d'engagements non tenus, et je ne renie rien de ce qui a été fait, de 1974 à 1981.
- Je vous avais fait une promesse : celle du vote à 18 ans. Je l'ai tenue. J'avais fait une autre promesse : l'amélioration du sort des personnes âgées en France. Elle a été réalisée. Il y a ainsi, aux deux extrémités de la société française, des millions de témoins : les jeunes et les personnes âgées, pour montrer que les promesses ont été tenues.\
Que fait un président de la République ? Il situe son pays dans le temps et dans l'espace. Il le relie à son histoire et il définit sa place parmi les autres pays.
- où va la France ? Qui est la France parmi les autres ? Que fera-t-elle pour sa jeunesse et qu'est-ce que sa jeunesse va faire pour elle ? Je vous parlerai ainsi des chances de la France, de l'emploi des jeunes, de la communication avec les jeunes, de la culture et enfin de la sécurité et de la paix. Je vous dirai enfin ce que j'attends de vous dans cette campagne. Permettez-moi de répondre à toutes ces questions en improvisant largement car vous n'avez pas besoin de vérifier que je sais lire, et les textes lus sont rarement de soi.
- Au moment où beaucoup parlent aux adultes un langage pour enfants, je parlerai aux jeunes un langage d'adultes.
- où va la France ? Est-ce que vous êtes nés trop tôt avant que la France ne soit prête à entrer dans le monde du futur ?
- Je crois que vous êtes nés à un moment tel que vous allez pouvoir organiser vous-mêmes l'entrée de la France dans le monde à venir où elle doit être puissante et exemplaire par sa capacité, par le niveau de sa culture et par l'unité et les qualités de la société française.\
La France compte parmi les quelques pays du monde qui ont les meilleures chances de développement.
- La troisième révolution industrielle, la plus puissante de toutes puisqu'elle libère l'homme de la matière et qu'elle accroche sa prospérité à son intelligence, cette révolution de l'électronique, de la robotique, de la biologie, transformera la puiissance relative des Etats.
- Seuls 4 ou 5 pays dans le monde disposent des savants, des ingénieurs et des techniciens capables de maitriser et de développer ces sciences et la France est l'un de ces pays. Nous l'avons systématiquement placée en tête et je le dis à ceux qui me paraissent souffrir d'une maladie qui est la perte de mémoire, pendant sept ans :
- Premier programme électro-nucléaire du monde à technologie désormais entièrement française, première industrie informatique d'Europe, seul lanceurs européen dans l'espace, seul pays d'Europe à avoir créé un Commissariat à l'énergie solaire ... lancement d'un programme de robotique, programme de recherche et de développement de la bio-technologie, effort important d'accroissement des moyens de notre recherche scientifique fondamentale et appliquée reconnue par toute la communauté scientifique française en 1981 et qui sera poursuivie jusqu'à atteindre en 1988 le chiffre de 2,3 % de notre PIB, c'est-à-dire un chiffre nous plaçant à un niveau égal ou supérieur à celui des Allemands ou des Japonais.
- Dans le monde à venir, la France détient en elle-même, si elle transforme son éducation, si elle accroit son effort de recherche et de technologie, toutes les sources de l'activité et de la puissance, et les jeunes françaises et les jeunes Français ont autant de chances de l'emporter dans l'avenir que les jeunes Américains, les jeunes Japonais ou les jeunes Allemands...\
Dans mon premier septennat, je m'étais fixé deux priorités : le sort et la condition des personnes âgées et la place des femmes dans la société française.
- Pourquoi ce choix ? D'abord, l'amélioration de la condition des personnes âgées, condition qui, en France, comparée à celle d'autres pays, était indigne. Cette amélioration était une question de justice.
- D'autre-part, je voulais que les femmes soient associées à toutes les activités et responsabilités françaises. Cela a été accompli pour les unes, cela a été entrepris pour les autres et sera poursuivi.\
Dans mon septennat nouveau, la priorité sera celle de la jeunesse ... la jeunesse, c'est-à-dire son éducation, sa formation professionnelle, et son emploi ...
- Je parlerai ailleurs de l'éducation, car vous comprenez que je ne puisse pas aujourd'hui vous parler de tout, mais je mentionnerai ici deux idées force : l'enseignement doit continuer à améliorer l'égalité des chances entre les jeunes Français ... comme je l'ai fait par la création du collège unique pour tous les jeunes et par le rapprochement des filières d'enseignement général et d'enseignement technique.
- L'autre idée force, c'est que l'éducation doit conduire vers l'emploi. L'objet des discussions n'est plus seulement de donner la connaissance, mais aussi de conduire vers l'emploi, tâche nouvelle qui peut rénover l'intérêt et l'importance de la fonction enseignante, qui peut rompre son isolement sans l'asservir à aucun autre intérêt que la préparation à l'emploi et c'est pourquoi, je le dis aux enseignantes et aux enseignants : le septennat nouveau sera celui de la rénovation de la fonction et du rôle des enseignants.\
J'en viens à l'engagement central de ma campagne. Celui-là est écrit et je vais vous le lire.
- Il y a sept ans, je m'étais engagé à donner aux jeunes la pleine citoyenneté en France. La majorité a été fixée à 18 ans ... Aujourd'hui, je m'engage à ce que soient offerts, par priorité, aux jeunes, autant d'emplois ou de postes de formation qu'il arrivera de jeunes sur le marché du travail.
- J'en ai publié, vous le savez, le détail par écrit, parce que j'ai pensé que, sur un sujet de cette -nature, il fallait que l'engagement et que les propositions soient vérifiables et que chacun puisse les consulter chez soi. Mais je vais vous en donner en quelques mots les conditions et en décrire les actions. D'abord, deux conditions `à l'emploi des jeunes` : l'indépendance énergétique de la France. La France ne pourra pas vivre pendant des années avec un lacet passé autour de son cou, et un lacet qu'on tire de temps en temps et qui, alors, l'étrangle. D'où notre programme d'indépendance énergétique, conduit, réalisé par les Français eux-mêmes, et qui représente à l'heure actuelle, en 1981, l'équivalent de ce qu'aurait été pour notre pays la découverte d'un milliard de tonnes de pétrole.
- Deuxième condition : des entreprises, grandes et petites, qui soient compétitives sur-le-plan de leurs prix, sur-le-plan de leurs techniques, sur-le-plan de leur organisation.\
A-partir de ces conditions, 7 actions :
- Intensifier et adapter la formation professionnelle à tous les niveaux, pour que tous les jeunes qui s'orientent vers la vie active reçoivent une formation professionnelle.
- Deuxième action, et je vous demande d'y faire attention £ il faut bien la comprendre, car elle pose un problème humain : encourager le départ des travailleurs immigrés et adapter une réglementation nouvelle du travail immigré.
- Mais je vous demande de me comprendre. Qui cela concerne-t-il ?
- Cela ne concerne pas celles et ceux qui, travaillant depuis longtemps dans notre pays, ont contribué à notre effort national de production et qui, à-ce-titre, font partie de la société française.
- Cela ne concerne pas non plus ceux qui viennent des pays de la Communauté économique européenne `CEE` ou des pays candidats à l'adhésion, c'est-à-dire les Espagnols et les Portugais. Cela concerne donc ceux qui sont venus en France uniquement pour y chercher un travail ou une activité temporaire, parce qu'il est évident que lorsqu'un pays doit assurer au-cours des prochaines années du travail aux 1600000 demandeurs d'emploi qu'il a sur son sol, il est naturel qu'il reconnaisse les droits sociaux de ceux qui travaillent chez lui, mais il serait illogique qu'il aménage l'exercice de ces droits, comme s'il avait l'illusion de pouvoir proposer, dans le futur, de nouveaux emplois à ceux qui seraient venus chez lui uniquement pour chercher du travail.
- C'est pourquoi la mesure qui sera proposée aux entreprises ou aux branches, c'est de signer des contrats que j'appelle "retour-recrutement". Retour, par l'aide apportée aux travailleurs immigrés pour rentrer dans leur pays, en contrepartie du recrutement d'un nombre équivalent de travailleurs nationaux.\
Troisième action : favoriser l'accès anticipé, mais volontaire, à la retraite ou à la pré-retraite.
- On peut, vous le savez, abaisser de 60 à 58 ans, dans certaines conditions, l'âge de la pré-retraite. On peut lever certains obstacles qui empêchent des travailleurs qui le souhaitent de prendre leur pré-retraite. On peut, enfin, étendre ce dispositif sur une base volontaire à la fonction publique. C'est pourquoi une loi sera proposée, permettant aux travailleurs à égalité avec les autres et dont je n'admets pas la campagne de dénigrement dont ils sont actuellement l'objet, de pouvoir partir à la retraite à 60 ans ou à 55 ans, suivant qu'ils sont dans le service actif ou non, en touchant leur retraite au taux plein. Ceci peut intéresser 50000 agents de la fonction publique, ouvrant alors aussitôt le recrutement d'un nombre de jeunes agents équivalent, c'est-à-dire 50000.\
Quatrième action : transformer l'aide au chômage en aide à l'emploi.
- Cinquième action : éliminer les obstacles à la création d'emplois, et notamment le réexamen des charges fiscales et sociales qui accompagnent le franchissement de certains seuils dans le recrutement des entreprises.
- Sixième action : encourager une nouvelle organisation du travail, en favorisant le développement du travail à temps partiel, qui existe dans tous les grands pays du monde et qui est insuffisamment développé en France, et d'autre-part, faire aboutir les négociations sur l'aménagement de la durée du travail.
- Enfin, septième action : veiller constamment au bon fonctionnement et à la moralisation du système d'aide au chômage, pour que ce système ne soit pas détourné de son objectif et pour que les ressources de solidarité, qui viennent des autres Français - qui payent, vous le savez, des cotisations - aillent, et aillent seulement à ceux qui en ont le besoin légitime.\
Quels sont les chifrres ? Les chiffres, c'est qu'il est possible de créer ainsi - et j'en ai le tableau détaillé - un million d'emplois supplémentaires environ d'ici 1985, et que, si nous le faisons, nous assurerons l'engagement que j'ai pris, c'est-à-dire d'offrir par priorité un emploi ou une formation à tous les jeunes venant sur le marché du travail.
- Le financement, car on ne doit jamais parler d'une mesure quelconque sans parler de son financement ? L'effort à accomplir, qui est un effort, bien entendu, détaillé et chiffré, c'est un effort comparable à celui qui a été consenti de 1974 à 1981 pour tenir les engagements du premier septennat, et donc ce qui a été fait peut encore être fait. Cela ne sera pas facile, mais cela peut être fait.
- Je répondrai lundi, à la télévision, à toute question qui me sera posée sur ce sujet.\
Aujourd'hui, devant vous, une simple question : pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt ? Pourquoi avoir attendu la campagne électorale ?
- La réponse que je vous dois, c'est qu'il y a cinq ans que nous avons commencé, et ceux qui posent cette question ne suivaient donc pas les efforts de la France poour traiter le problème de l'emploi.
- Quelques repères pour vous le démontrer : la revalorisation du travail manuel lancée en 1974 , la réorganisation de l'apprentissage, passé de 70000 à 135000 apprentis en formation £ le nombre des diplômes d'enseignement technique délivrés chaque année, qui s'est accru de 60000 par an en cinq ans £ les trois pactes nationaux pour l'emploi qui ont permis de placer au total près de 2 millions de personnes £ le plan de cinq ans de formation professionnelle, qui va porter à 400000 à-partir de la prochaine rentrée scolaire le nombre des jeunes entrant en formation £ la création de la formation alternée dans l'enseignement technique et professionnel.
- Oui, il y a longtemps que nous avons commencé.
- Mais de même qu'il a fallu six ans pour enregistrer les premiers résultats de notre programme électro-nucléaire, c'est un effort d'une même ampleur, et donc d'une même durée qu'il a fallu engager pour rénover notre enseignement professionnel et pour faciliter l'accès des jeunes à l'emploi.\
C'est pourquoi nous pouvons passer maintenant au deuxième étage de la fusée. A cet égard, je vais vous donner deux conseils. Vous savez que, dans les discours, quand on s'adresse aux jeunes, habituellement c'est un véritable catalogue de conseils. Je ne vous en donnerai que deux. Le premier conseil est le suivant : ne chargez pas ceux qui me critiquent de lancer la fusée Ariane, car ils lanceront le deuxième étage d'abord, et la fusée vous retombera sur la tête !
- Je souhaite que cet effort national pour l'emploi des jeunes puisse être conduit d'une manière non partisane. Les textes de loi nécessaires feront l'objet d'une proposition de concertation vis-à-vis de la majorité, bien entendu, mais aussi vis-à-vis de l'opposition. Les partenaires sociaux, syndicats et patronat, seront associés à leur préparation, et des responsabilités d'exécution de caractère non partisan pourront être proposées à des membres de l'opposition.
- Il faut enfin faciliter le premier départ dans la vie de tous les jeunes qui s'installent à leur compte. C'est vrai des professions médicales et libérales, des artisans, des commerçants, de tous les travailleurs individuels, et bien entendu des jeunes agriculteurs.
- Il faut prévoir un statut fiscal et social, des revenus tirés de la première année de travail, et un régime de prêts lorsque ceux-ci sont nécessaires à l'installation.\
Après l'emploi, la communication.
- Je veux faire de notre société cloisonnée, repliée et divisée, une société de communication ouverte, respectant le droit de chacune et de chacun de s'exprimer, et ne permettant à personne d'exclure au nom de son idéologie l'expression des autres.
- La jeunesse a des besoins spécifiques de communication. A elle, à vous d'exprimer ses préférences, de faire ses choix, de décider comment et avec qui elle communique. Je vous avais promis la création à-titre expérimental d'une radio qui puisse traiter dans votre langage, avec votre musique, des questions qui vous intéressent directement. Les premiers mois de cette radio jeune à Paris, Radio 7, sont un succès d'écoute. Si votre jugement confirme ce succès, votre radio jeunes, préservée par le monopole public des puissances de l'argent ou de l'aventurisme des pirates, pourra diffuser dans les grandes villes de France la voix, la musique et les préoccupations de la jeunesse.\
La communication s'ouvre sur la culture. Je souhaite que le septennat nouveau soit celui de la culture, et de la nature.
- Je n'ai pas à juger votre culture. Chaque génération apporte son élan et son expression propres. Mais mon ambition serait de vous donner les moyens de cette culture, pour qu'elle soit créatrice, spontanée, pour que ce soit une culture ouverte, sans privilèges, sans ghetto et sans chapelles.
- Il n'y aura pas de rayonnement de la France dans le monde et il n'y en a jamais eu sans le rayonnement de sa culture. Votre culture, pour la première fois depuis longtemps dans l'histoire de la jeunesse, est une musique et est une poésie.\
Et en même temps, c'est une culture qui revient vers la nature. La France a le plus beau paysage du monde. Je dois vous dire que, chaque fois que je reviens de mes voyages officiels à l'étranger - je vous fais la confidence, nous sommes dans une campagne électorale ... j'en reviens avec soulagement ! - je découvre avec émerveillement, sous les ailes de l'avion, le paysage de la France.
- La France doit avoir un environnement protégé. Nous l'avons fait. Qui a dit "non" au béton et qui a dit "non" aux grands ensembles de la violence ? Qui a encouragé la construction dans notre milieu rural, dans nos villes, de ces maisons individuelles qui sont le symbole de ce que doit être la vie française, c'est-à-dire d'une vie dans laquelle les Françaises et les Français seront les propriétaires individuels de la France ?
- Nous avons doublé en sept ans les espaces verts de la couronne de la région parisienne. On n'avait jamais, depuis cent ans, ouvert autant d'espaces verts dans la banlieue de Paris.
- Qui a protégé et ouvert le littoral de la mer ? Qui vous propose d'entrer, après l'âge de l'atome, dans l'âge du soleil ? Je suis convaincu qu'après notre effort national qui va durer pendant vingt ans pour assurer notre indépendance énergétique à-partir de nos ressources électronucléaires, nous pourrons capter des énergies nouvelles, et nous serons ainsi à la pointe de la conquête de l'énergie solaire.\
Enfin, je voudrais vous parler de la France dans le monde. Pour les historiens de l'avenir, quand ils écriront leurs quelques paragraphes sur notre époque, quels seront les deux grands problèmes qu'ils considéreront comme vitaux pour notre pays ? C'est comment surmonter la crise, comment éviter la guerre ?
- Depuis mon élection en 1974, ma première préoccupation a été de maintenir la France dans la paix et dans la sécurité. Je n'ai pas hésité, chaque fois que c'était nécessaire, à intervenir là où cela était nécessaire, et je l'ai fait tout seul. Je vous renvoie à la lecture de tous les commentaires alambiqués et compliqués qui ont été prononcés chaque fois le lendemain des interventions que j'avais à décider pour la sécurité de la France ou pour la sécurité des Français.
- Pour maintenir la France dans la paix et dans la sécurité il y a une méthode : la défense qui assure la sécurité, et le dialogue qui -recherche la paix. Je maintiendrai ces deux attitudes en dépit d'attaques médiocres et contradictoires parce que ces deux attituddes, la défense et le dialogue, correspondent à l'intérêt de la France tel que je le ressens au plus profond de moi.\
Vous êtes, vous les jeunes Français, les garants de la sécurité de la France, -grâce à votre contribution au service national sans lequel il n'y aurait pas de défense nationale. Votre contribution, je le sais bien, c'est un effort, et c'est parfois un sacrifice. Je me suis efforcé de l'améliorer, souvent à-partir de vos propres suggestions, et nous pouvons l'améliorer encore, notamment par le développement des activités sportives, et par l'accès aux technologies du futur.
- Puisque vous êtes les garants de la sécurité de la France, votre pays vous doit de lutter pour la paix. Dans les temps à venir, et peut-être bientôt, nous traverserons sûrement des moments difficiles et dangereux. Dans ces moments, la France tiendra ses engagements. Elle exigera partout, en Europe et dans le monde, le respect des principes d'indépendance et de liberté, conformément aux accords existants.
- Elle le fera avec détermination et avec sang-froid et elle poursuivra son effort pour la paix dans la sécurité et dans la dignité.\
C'est ici que j'en viens à mon deuxième conseil £ ce n'est pas un conseil pour l'élection, ce n'est même pas un conseil pour toute la vie : n'oubliez jamais que la fermeté, c'est le sang-froid.
- Il nous faut une jeunesse ouverte sur les réalités du monde, qui le connaisse et qui, donc, le parcoure, qui le comprenne et qui, donc, le rencontre, qui l'aide lorsqu'il est malheureux et souffrant et, donc, qui s'organise pour le faire.
- Derrière chacun de ces mots, des réalités concrètes sont à encourager :
- les voyages et les stages à faciliter £
- l'action des offices de la jeunesse, franco - allemand, franco - québécois, et demain, si nous le pouvons, franco - polonais, à intensifier £
- la coopération et l'action des associations d'aide au tiers monde à développer, afin de donner dans le monde l'image d'une France qui ne soit pas une France repliée et égoiste, mais une France généreuse et fraternelle.\
Et maintenant, avant de vous quitter ... parce qu'on a minuté mon temps de parole ... mais avant de vous retrouver parce que je vous retrouverai chez vous au-cours de mes réunions en province, et parce que je vous retrouverai toutes et tous le jour de la victoire ... avant de vous quitter, je veux vous remercier et vous demander votre soutien, vous remercier d'être venus pour les uns de loin, et pour d'autres - je pense aux départements d'Outre-mer - de très loin.
- Je vous remercie d'avoir compris ce que je cherche à faire et, si vous l'avez cmpris, c'est probablement que vous y avez mis à la fois votre coeur et votre raison. Je vous remercie de m'apporter la force et l'ardeur de votre jeunesse. Je veux aussi vous demander votre soutien car une élection est un choix et un combat.
- Vous avez choisi. Il faut maintenant lutter pacifiquement mais ardemment. J'ai besoin du témoignage de la jeunesse puisque l'enjeu de ma campagne est l'avenir de la France, et je vous demande de convaincre autour de vous.
- Autrefois, et hier encore, c'était les adultes qui influençaient les jeunes. Aujourd'hui, ce sont les jeunes qui peuvent influencer les adultes et je vous demande de les persuader de bien choisir avec vous l'avenir.\
Je terminerai maintenant par un voeu et je vous demande de l'écouter : ce voeu c'est qu'il y ait dans cette salle deux, je dis deux futurs présidents de la République ... qu'il y ait, donc, dans cette salle deux futurs présidents de la République : un, si possible, à cette tribune et un autre ou une autre parmi vous ... qui exercera un jour cette fonction.
- Je lui dis à l'avance : bon courage ! et je souhaite qu'alors il se souvienne de cette rencontre aujourd'hui où lorsque je vous parlais de l'avenir, je pensais à lui et à vous tous !
- Je vais maintenant passer parmi vous. Il y a quelque chose, dans le début de cette campagne, qui m'a beaucoup impressionné, c'est les qualités d'organisation de la jeunesse. Je voudrais pouvoir passer tranquillement au milieu de vous toutes et de vous tous. A celles et à ceux que je rencontrerai pas personnellement, je leur dis : merci d'être venus £ je leur dis : travaillez, travaillez ardemment dans cette campagne pour l'avenir de la France et je vous donne aussi rendez-vous pour bientôt !\

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