Publié le 10 octobre 1980

Déclaration à la presse de M. Valéry Giscard d'Estaing à l'issue de la visite officielle de travail dans la région Nord-Pas-de-Calais, Arras, vendredi 10 octobre 1980

10 octobre 1980 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration à la presse de M. Valéry Giscard d'Estaing à l'issue de la visite officielle de travail dans la région Nord-Pas-de-Calais, Arras, vendredi 10 octobre 1980

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La France a besoin du Nord. Le Nord peut compter sur la solidarité active de la France. C'est l'enseignement essentiel que je tire de ces deux jours de voyage dans le Nord - Pas-de-Calais. Ce que j'ai entendu, ce que j'ai vu, m'a donné confiance dans l'avenir industriel de cette grande région française. Je souhaite que cette confiance puisse être partagée par mes interlocuteurs et par la population qui travaille dans le Nord - Pas-de-Calais.Ï J'ai indiqué un certain nombre de décisions qui ont été prises par le Gouvernement et qui répondaient à des demandes qui lui avaient été présentées à la suite de la préparation très minutieuse de ce voyage. C'est ainsi qu'ici, à Arras, le président du conseil général, M. DARRAS, avait établi un document et j'ai pu répondre point par point en-raison du travail qui avait été accompli par le Gouvernement et apporter je crois des réponses positives à la plupart des questions qui m'ont été posées.\
Une des réponses importantes concernait la poursuite de l'exploitation du charbon de la région du Nord - Pas-de-Calais au-delà de 1985. J'ai annoncé aujourd'hui l'extension à l'ensemble du bassin minier, donc à la partie ouest de ce bassin, situé dans le Pas-de-Calais, de la procédure du fonds spécial d'adaptation industrielle qui permet de créer et d'implanter, dans des conditions financières favorables, de nouvelles entreprises.Ï Plusieurs décisions intéressent les infrastructures, notamment routières, les établissements d'enseignement, la construction de nouveaux logements, la proposition d'un programme contractuel de 10 ans entre l'Etat, l'établissement public régional, les départements et les communes, pour la réhabilitation de la zone minière : un "Plan vert" qui changerait en 10 ans l'image du Nord. Certaines décisions intéressent l'équipement des trois ports de la région et le développement des activités liées à la mer.Ï Enfin, sur un sujet important qui est le développement des infrastructures hospitalières et sanitaires dans le département du Pas-de-Calais, classé loi dans la moyenne nationale au point de vue de ses équipements bien qu'il ait une population nombreuse et qui a souffert dans sa santé, des conséquences directes ou indirectes, de l'exploitation de la mine, j'ai indiqué que le ministre de la Santé verrait avec les représentants du département comment développer ces équipements pour rejoindre au-cours des prochaines années la moyenne nationale.\
J'ai été sensible à l'accueil des élus et de la population. J'ai, en effet, trouvé une région au travail. Il est frappant de constater que, malgré les appels qui avaient pu être lancés ici ou là, j'ai visité un Nord - Pas-de-Calais qui était au travail dans ses usines, dans ses chantiers et dans ses ports. J'ai vu l'expression de la volonté de la population de la région de fonder sur son travail l'avenir industriel de cette grande région française. Le problème de l'emploi a été, bien entendu, au-coeur de mes réflexions. Les perspectives de développement industriel du Nord, à-partir de ces industries traditionnelles rénovées et rendues compétitives, et à-partir de l'appel aux nouvelles industries de pointe, tel que je l'ai indiqué ce matin à la Chambre de Commerce régionale de Lille, peuvent offrir les emplois nécessaires aux jeunes qui sont à la recherche d'un emploi dans le Nord. Mais il faut, à l'heure actuelle, dans le court terme, prendre un certain nombre de décisions ponctuelles, c'est-à-dire prévoir un certain nombre de travaux supplémentaires, d'équipement de modernisation pour y redresser la situation de l'emploi dont je sais, dont je sens, qu'elle est à l'heure actuelle au-coeur des préoccupations du Nord. J'ai donc perçu, mesuré, partagé, pendant ces deux jours les difficultés de la région et en même temps j'ai aperçu de nombreuses et positives raisons de confiance.\
Je souhaite que, à-partir de ce voyage, à-partir des décisions qui vont suivre - puisque, bien entendu, tout ceci sera très attentivement exécuté et suivi -, la région du Nord - Pas-de-Calais apparaise peu à peu comme une des grandes régions industrielles françaises porteuse d'avenir car, je le répète, la France a besoin du Nord, le Nord peut compter sur la solidarité nationale. Voilà ce que je voulais vous dire au terme de ce voyage que je vous remercie d'avoir suivi et j'ai noté, en-particulier, et je le dis à la presse régionale la qualité des compte rendus qu'elle y a consacrés. Merci.\

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