Publié le 9 octobre 1980

Discours de M. Valéry Giscard d'Estaing à l'Hôtel de Ville de Dunkerque, lors de son voyage dans la région Nord-Pas-de-Calais, le 9 octobre 1980

9 octobre 1980 - Seul le prononcé fait foi

Discours de M. Valéry Giscard d'Estaing à l'Hôtel de Ville de Dunkerque, lors de son voyage dans la région Nord-Pas-de-Calais, le 9 octobre 1980

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Monsieur le maire,Ï mesdames et messieurs les conseillers municipaux de Dunkerque,Ï mesdames et messieurs les ministres,Ï messieurs les parlementaires,Ï mes chères dunkerquoises et mes chers dunkerquois,Ï Puisque cette étape est la première du voyage officiel de travail que je fais pendant deux jours, dans la grande région du Nord - Pas-de-Calais, je voudrais d'abord vous dire quel est pour moi le sens de ce voyage.Ï D'abord, la grande joie que j'ai de vous rencontrer. La fonction de Président de la République dont vous rappeliez tout à l'heure la -nature, n'est pas, comme on le croirait parfois, une fonction de caractère politique : c'est une fonction de caractère public et national. Le Président de la République est investi pour la durée de son mandat et par la confiance de la majorité de ses concitoyens d'une responsabilité particulière qui s'applique et qui est valable pour toutes les Françaises et pour tous les Français. Et s'il y a une épreuve dans l'exercice de cette fonction, c'est l'isolement, l'éloignement par-rapport à certaines réalités humaines de la vie.Ï Il n'y a pas de dossiers dont l'étude apprenne autant qu'une rencontre. C'est pourquoi venant dans le Nord - Pas-de-Calais - et j'ai été croyez-le, muni d'abondants et d'excellents dossiers - j'ai tenu en même temps à recevoir les personnalités de diverses compétences, de diverses fonctions qui pouvaient m'apporter une information plus directe et plus personnelle. C'est ainsi, monsieur le maire que vous êtes venu dans mon bureau présidentiel. Je vous ai écouté avec beaucoup et que vous retrouvez, je pense, dans mes réponses l'écho de certaines de vos préoccupations. Ceci vaut pour les personnalités, mais ceci vaut pour tout le monde.Ï Vous vous demandez parfois si lorsqu'on est Président de la République, l'accueil qu'on reçoit vous est sensible ou indifférent : c'est un accueil qui vous est sensible et, au travers de quelques indications simples - l'ouverture des visages, la qualité des sourires, la spontanéité des gestes - on recueille quelque chose d'essentiel qui vous permet ensuite de mieux assumer sa fonction.Ï On raconte que LOUIS XIV, lorsqu'il a notifié sa nomination au grade de Chef d'escadre à Jean BART, a reçu la réponse suivante : "Sire, je vous remercie car vous avez bien fait." Aujourd'hui, au maire de Dunkerque qui a invité en votre nom le Président de la République, je suis tenté de répondre, à mon tour : "Monsieur le maire, je vous remercie car vous avez bien fait."\
En ces temps difficiles pour le Nord - Pas-de-Calais, pour la France, et pour l'Europe - vous avez fait allusion tout à l'heure à votre voisinage et vous savez très bien que de difficiles problèmes se posent aussi au-delà de nos frontières - où trouver meilleur symbole que Dunkerque, ville de toutes les renaissances ? Ville élue par la géographie, placée près de cette sorte de corne d'or du Nord, et pourtant longtemps maudite par l'Histoire.Ï Dunkerque que ses habitants tenaces et courageux ont sans cesse rebâtie - en moyenne me dit-on près de tous les 33 ans - et chaque fois plus grande.Ï Dunkerque dont les Françaises et les Français de ma génération gardent deux images :Ï La première, c'est l'imagede la guerre 1940 - 1945. Si j'ai veillé tout à l'heure à ce que mon accueil officiel comporte la présence des trois armées : la Terre, l'Air mais aussi la Marine avec ses fusiliers marins c'est que chacun se souvient de ce qu'a été l'histoire de Dunkerque en 1940 et en 1945 : en 1945, une ville rasée, un port entièrement détruit et, miraculeusement intacte au milieu des décombres, la fière statue de Jean BART que j'ai aperçue tout à l'heure pointée vers l'espérance.ÏLa seconde image c'est celle du Dunkerque d'aujourd'hui. Vous avez dit qu'il ne fallait pas penser que Dunkerque était une ville privilégiée ou avantagée. Ce n'est pas à cette image de ville privilégiée que je fais allusion, c'est à l'image de ville moderne - une ville moderne qui a su garder son caractère flamand. Un des plus grands ports d'Europe - et appelé à le devenir davantage - que ses liaisons nouvelles, maritimes, routières et fluviales relient directement à un marché de 75 millions d'habitants. Une agglomération dont 40 % des habitants, ont à l'heure actuelle moins de 20 ans.\
Toute l'histoire de Dunkerque est une victoire de l'espérance contre les soi-disantes fatalités militaires ou économiques. A propos de ces fatalités, je voudrais vous dire quel est le message que je vais m'efforcer de faire passer à nos compatriotes du Nord - Pas-de-Calais au-cours de ces deux jours. C'est un message qui tient en deux formules :Ï La première, c'est que la France a besoin du Nord. La France a besoin d'un Nord puissant et actif pour apporter dans les décennies à venir une contribution essentielle à son développement.Ï Mon second message est un message d'espérance et de confiance. Je suis convaincu que la grande région du Nord - Pas-de-Calais a un avenir de progrès économique et industriel devant elle.Ï Avec une poignée de corsaires, Jean BART défiait les plus grandes puissances maritimes de son temps. Aujourd'hui où les conflits sont économiques et où la concurrence est planétaire, voici Dunkerque devenu l'un des grands pôles du développement de l'Europe du Nord-Ouest.Ï Refus des fatalités historiques, audace à défier les concurrents les plus redoutables, volonté d'être plus fort à la sortie de chaque épreuve, voici l'exemple que nous donne Dunkerque. Et voilà pourquoi ce voyage de travail que le Président de la République consacre à l'avenir économique du Nord - Pas-de-Calais devait commencer par Dunkerque, port et porte de l'espérance.\
Monsieur le maire, dans le discours que vous venez de m'adresser comme dans les propos que vous m'avez tenus il y a quelques jours j'ai été frappé par un trait de caractère qui nous est commun et qui est l'obsession de l'avenir.Ï C'est un langage que ne comprennent pas ceux pour lesquels l'action politique se résume à l'actualité - fût-elle éphémère et changeante - et à la navigation à vue, je dirais même à courte vue. Mais c'est un langage que comprennent les Dunkerquoises et les Dunkerquois comme d'ailleurs, je le sais, l'ensemble des Françaises et des Français.Ï L'avenir de Dunkerque n'intéresse pas seulement le Nord - Pas-de-Calais. Ma visite ici, après beaucoup de mes prédécesseurs - car Dunkerque est une ville qui a reçu la visite de nombreux Présidents de la République (vous rappeliez l'inauguration de cet hôtel de ville par le Président COTY et vous évoquiez la venue ici du Général de GAULLE, Président de la République) - atteste que l'avenir de Dunkerque est une ambition nationale.Ï Cet avenir s'orientera autour de ce que j'appellerai les quatre points cardinaux de Dunkerque : le port, les industries nouvelles, la qualité de l'environnement, la qualitédes hommes.\
Le développement du port de Dunkerque a été l'une des grandes oeuvres de la cinquième République.Ï Au-cours des huit dernières années, l'Etat a consacré près d'un milliard de francs aux investissements portuaires de Dunkerque. Il a rejoint dans cet effort le département du Nord qui a apporté sa contribution, les entreprises et bien entendu votre ville. J'ai été très intéressé par la présentation qui m'a été faite tout à l'heure par les autorités du port des problèmes et des perspectives de développement, cependant que le port vivait et travaillait autour de nous.Ï La réussite économique de cet investissement est éclatante. Elle se poursuit en 1980 malgré la situation économique que nous connaissons.Ï Au-cours des huit premiers mois, le trafic total du port s'est accru de 8 % en volume, et le trafic par conteneurs de 41 %. Cette réussite doit nous conduire, monsieur le maire, non à achever Dunkerque - car je crois que dans les grandes oeuvres, les grandes constructions, il n'y a jamais d'achèvement, il y a des progrès successifs - mais à poursuivre son développement en l'adaptant aux techniques et aux navires les plus modernes.Ï Dans cet esprit, vous savez que la construction du quai à pondéreux ouest sera engagée en 1981. L'Etat apportera pour cette première tranche une contribution financière de 54 millions de francs représentant 60 % du coût de l'investissement.Ï Pour rendre un juste hommageà l'un des principaux artisans de la renaissance de Dunkerque, je propose - je ne sais pas de qui la décision dépend - de donner à ce futur quai le nom du Président Paul REYNAUD.\
En-outre, j'ai demandé au Gouvernement d'étudier les modalités techniques et financières du raccordement des ports de Calais et de Dunkerque avec le réseau autoroutier belge. C'est une opération qui doit êtré menée avec beaucoup de réflexion, c'est-à-dire en prenant en considération les impératifs du développement économique de la région de Dunkerque et de Calais.Ï De même je demande qu'au terme des études en-cours, une décision prochaine puisse être prise concernant l'accès du port ouest au canal à grand gabarit.Ï J'ajouterai que la qualité des installations de Dunkerque et de ses liaisons de transport avec l'arrière-pays conduisent les responsables régionaux à mieux mesurer les avantages offertspar Dunkerque et peut-être à mieux soutenir ses efforts. Je suis frappé, en effet, par le fait que le trafic de marchandises générales de Dunkerque, c'est-à-dire le trafic qui reflète la participation de l'ensemble régional à la vie du port reste dix fois inférieur à celui de Rotterdam et sept fois inférieur à celui d'Anvers.Ï Je propose que les responsables du Port autonome, les élus dunkerquois, les élus de la Communauté, le conseil général du Nord et les assemblées régionales se donnent une grande ambition qui, si elle était retenue, serait soutenue par l'Etat. Ambition pour le port de Dunkerque qui serait de rattraper en dix ans le niveau de trafic et de services d'un de ses grands concurrents du Nord-Ouest de l'Europe - et vous voyez lequel.Ï Je crois qu'il faut toujours placer devant soi un objectif qui vous sert de référence, de témoin. Il est paradoxal - je dirai invraisemblable - de penser que le plus grand port du Nord de la France dont l'arrière-pays s'étend sur une des régions les plus actives de notre pays ait un trafic qui soit si sensiblement inférieur à celui de quelques ports voisins : rattraper en dix ans le niveau de trafic de ces ports est donc un objectif que nous devons nous fixer et atteindre.Ï Ceci suppose la coopération de tous ceux qui travaillent dans l'industrie et dans les activités portuaires. Je sais combien vous vous efforcez de développer à cet égard un climat de dialogue et de concertation. Je vous y encourage. J'ai reçu ce matin des suggestions ou des réflexions de la part dudélégué du personnel du port : Ces suggestions et ces réflexions seront étudiées avec la plus grande attention.\
Avec le port et dans le port, l'industrie. Le problème de l'emploi est au-centre des préoccupations à Dunkerque comme dans le reste de la région, et vous savez que lorsqu'on parle du problème de l'emploi, on a toujours l'idée simplistede dire : "Mais vous êtes là, vous nous parlez, qu'est-ce que vous faites pour l'emploi ?" Comme si l'Etat, comme si un ministre avait la possibilité de créer par décret ici 2000, là 5000 emplois !Ï La création d'emplois, cela résulte d'une politique accompagnant un effort national. Et pour bien comprendre quelle est la politique de l'emploi en France, j'emploierai la comparaison du triangle magique. Un triangle a trois côtés. Quels sont ces trois côtés ? Le premier côté, c'est de rendre les entreprises françaises plus compétitives vis-à-vis des autres. Le deuxième côté, c'est de gagner ainsi de nouveaux marchés, et le troisième côté, c'est de créer alors de nouveaux emplois.Ï A-partir de cesimple triangle, vous voyez parfaitement que si le premier côté consiste à affaiblir la compétitivité de l'économie française par des mesures de mollesse, de facilité ou d'illusions, ce ne sont pas des parts de marchés que nous gagnerons, ce sont des parts de marchés que nous perdrons dans les différentes industries. Et le troisième côté, le résultat, ce ne sera pas des créations d'emplois, ce sera des suppressions d'emplois.Ï C'est pourquoi nous devons poursuivre une politique active d'augmentation de la compétitivité de l'économie française dans toutes les branches. Et ici, bien qu'il faille développer d'autres activités, je pense que c'est de l'industrie, de l'industrie ancienne comme des industries nouvelles que dépendra le niveau de l'emploi.\
La France n'est pas un pays sur-industrialisé. La France est encore, à beaucoup d'égards, un pays sous-industrialisé. Vis-à-vis de nos grands concurrents qui sont l'Allemagne fédérale `RFA`, le Japon et les Etats-Unis d'Amérique, l'industrie française ne doit pas devenir plus faible. Elle doit devenir plus puissante. Il faut donc assurément poursuivre le développement de ce Nord - Pas-de-Calais, une des quatre grandes régions industrielles françaises.Ï Dans les secteurs traditionnels comme dans les technologies du futur, l'industrie dunkerquoise est remarquable par ses progrès de productivité qui sont la clé de notre avenir, et dont les dirigeants du port me donnaient tout à l'heure la mesure.Ï Les orientations de la politique industrielle de l'Etat renforceront encore ce potentiel.\
Je vous parlerai d'abord de la sidérurgie. Vous vous souvenez que l'année dernière le Gouvernement a adopté, et les entreprises mis en-oeuvre, un plan de réorganisation de notre sidérurgie. On a voulu faire croire, à l'époque, que c'était un plan de renoncement à l'activité sidérurgique. C'était au contraire un programme qui avait pour objectif précis de doter la France d'un outil sidérurgique qui soit compétitif dans l'avenir vis-à-vis des meilleurs et qui puisse donc continuer à travailler et à se développer.Ï Des résultats importants ont été obtenus puisque pendant les six premiers mois de cette année, la principale entreprise sidérurgique présente à Dunkerque avait pu rétablir à la fois son niveau d'activité et ses résultats financiers. Elle était donc sur le bon chemin.Ï Au-cours des derniers mois, il y a eu une aggravation de la situation sidérurgique dans l'ensemble de l'Europe. Il faut bien que l'on sache, que s'il devait y avoir une situation de désordre dans ce secteur en Europe, la sidérurgie française serait désormais une de celles qui résisteraient le mieux. Que ceux qui sont en-faveur du désordre ne fassent donc pas d'erreurs de calcul, notre outil industriel sidérurgique est désormais modernisé. Nous continuerons à faire en sorte que cet outil puisse continuer à développer son activité. Vous le savez, une proposition a été établie par la Communauté européenne `CEE`. On en a débattu avant hier. Huit pays sur neuf se sont prononcés en-faveur de ce programme. Un seul ne l'a pas approuvé, c'est l'Allemagne fédérale `RFA`. On s'est inquiété de savoir si celle-ci ne bloquerait pas éventuellement l'application de cette politique. Sur ce point auquel j'attache beaucoup d'importance et à la veille de venir vous voir, j'ai eu un entretien au téléphone avec le Chancelier SCHMIDT qui m'a dit que l'Allemagne fédérale ne bloquerait pas le programme de rétablissemen de la situation de la sidérurgie européenne. La crainte que certains ont pu avoir peut donc être aujourd'hui dissipée.\
Après la sidérurgie et la pétrochimie, une troisième génération d'activités apparaît sur le littoral dunkerquois. Grâce à elle le Nord - Pas-de-Calais est devenu une région de pointe en-matière d'énergies nouvelles et d'économies d'énergies.Ï La centrale nucléaire de Gravelines dont j'ai vérifié tout à l'heure l'imposante réalisation, est une réalisation industrielle contemporaine, menée avec tout le souci de perfection technique et de dispositions de sécurité nécessaires. C'est une réalisation qui fait honneur à la France, qui fait honneur à votre région et à ceux qui en ont facilité l'installation.Ï Lorsque les six tranches seront en fonctionnement, elles représenteront une production équivalantà 11 millions de tonnes de charbon. Le prix du kilowatt-heure qui sera produit par cette centrale sera de-l-ordre de 13 centimes, se comparant à un prix du kilowat-heure thermique, à l'heure actuelle, qui est supérieur à 30 centimes - et nous ne savons pas ce que nous réservera pour l'avenir l'évolution des prix du fuel.Ï Le chantier représente plus de 15 milliards de francs de travaux, 2000 emplois temporaires et, soit dans la centrale, soit du fait de la centrale, 900 emplois permanents.Ï Dans ce domaine énergétique, on assiste aussi à la multiplication d'initiatives prometteuses. Ainsi, je vous indique que l'automatisation de la conduite de fours d'Usinor - Dunkerque permettra d'économiser l'équivalent de 6300 tonnes de pétrole par an, et donc rendra plus compétitive cette grande usine. De même, l'Etat suit avec beaucoup d'intérêt monsieur le maire, l'avancement du projet de réseau de chaleur de l'agglomération dunkerquoise.\
La puissance des grandes entreprises locales ne doit pas faire oublier l'importance d'un réseau de petites et moyennes entreprises particulièrement dynamiques.Ï Vous avez parlé vous-mêmes de ces petites et moyennes entreprises. Il faut veiller à ce que leur dynamisme ne soit pas freiné - comme vous l'avez dit - par des obstacles financiers. Le Comité Interministériel pour le développement des investissements et le soutien de l'emploi a été créé pour accélérer et pour accompagner la croissance en France des petites et moyennes entreprises handicapées par l'insuffisance de leurs fonds propres. Ce Comité examinera avec rapidité et bienveillance les projets que lui transmettront les petites et moyennes entreprises de Dunkerque.\
Troisième point cardinal, la qualité de l'environnement.Ï La pression des besoins économiques, l'importance du problème de l'emploi ne doivent pas faire oublier que le littoral est une zone fragile. Ce littoral de la Flandre française fait partie de notre patrimoine naturel et historique. Il constitue un élément essentiel de la qualité de la vie notamment pour les régions fortement urbanisées comme la vôtre.Ï C'est pourquoi avec le -concours du Conservatoire National du Littoral, l'Etat vous aidera à protéger la côte entre Dunkerque et la frontière belge. Cette protection ne doit naturellement pas exclure la réalisation d'équipements touristiques légers de manière à accueillir les visiteurs ou installer des activités nautiques de plaisance.\
Enfin, quatrième point cardinal, la qualité des hommes. Je tiens à rendre ici un triple hommage pour conclure. Hommage d'abord à la main-d'oeuvre dunkerquoise et notamment aux travailleurs du port.Ï Ils ont conscience du fait de l'efficacité du port de Dunkerque, et donc le niveau présent et futur de son activité, tout comme sa réputation auprès des armements étrangers sont largement entre leurs mains. Après les avoir vus tout à l'heure au travail, je sais qu'ils méritent notre confiance.Ï Hommage aussi aux chefs d'entreprises et aux cadres du dunkerquois, aux artisans et aux commerçants qui illustrent la qualité flamande des 250 entreprises petites et moyennes qui ont créé ici autant d'emplois quela puissante Usinor, et aussi aux dirigeants des grandes entreprises locales : ils ont manifestement compris que leur fonction à la tête d'une grande entreprise publique ou privée comportait aussi des responsabilités d'intérêt général. Je souhaite que leur exemple soit étudié et suivi avec beaucoup d'attention et pas seulement dans les Flandres.Ï Hommage enfin à vous, monsieur PROUVOYEUR et à la municipalité de Dunkerque.Ï Sous votre active impulsion, monsieur le maire, un effort considérable à été accompli à Dunkerque, non seulement dans le domaine économique dont nous avons parlé, mais aussi dans le domaine scolaire, social et culturel. Le dynamisme de votre municipalité a d'ailleurs incité plusieurs communes voisines à accepter de fusionner avec la vôtre. Depuis le premier janvier, Mardyck a suivi l'exemple de Malo, Rosendael et Petite-Synthe, et la Communauté Urbaine de Dunkerque s'est souvent inspirée des actions conduitesau chef-lieu de l'agglomération.\
Vous m'avez entretenu, il y a quelques jours, de grands projets dont l'importance exige la définition d'une priorité. Compte tenu de l'intérêt exceptionnel que représente la construction d'un musée d'art contemporain à Dunkerque, l'Etat accordera une subvention de 8 millions de francs à ce projet qui a été confié à un architecte flamand de grand talent.Ï En outre, l'hopital de Dunkerque recevra en 1981 la subvention nécessaire au rachat de la clinique des Bazennes.Ï Je vous remercie monsieur le maire. Je vous remercie, mesdames et messieurs les conseillers municipaux. Je remercie les Dunkerquoises et les Dunkerquois pour la chaleur, la simplicité, l'amitié républicaine de leur accueil.Ï Ici aussi la vie économique est dure pour les chefs d'entreprises, pour les cadres et pour les salariés. Ici aussi le problème de l'emploi est la première préoccupation des jeunes. Mais Dunkerque est placé au carrefour des trois objectifs majeurs de notre politique énergétique : le programme nucléaire, le charbon importé et les économies d'énergie.Ï A Dunkerque, certains sentiers de demain sont déjà ouverts et la tâche à accomplir est à la mesure du courage des Dunkerquois. De Dunkerque toujours recommencé, puisse l'espérance qui vous anime, rayonner sur l'ensemble du Nord - Pas-de-Calais et sur la France.Ï Vive Dunkerque,Ï Vive la République,Ï Vive la France !\

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