Publié le 31 octobre 1979

Allocution de M. Giscard d'Estaing au déjeuner offert à l'occasion de la visite en France de M. Sassou Nguesso, Président de la République populaire du Congo, Paris, Palais de l'Élysée, mercredi 31 octobre 1979

Allocution de M. Giscard d'Estaing au déjeuner offert à l'occasion de la visite en France de M. Sassou Nguesso, Président de la République populaire du Congo, Paris, Palais de l'Élysée, mercredi 31 octobre 1979

31 octobre 1979 - Seul le prononcé fait foi

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`Politique étrangère ` relations franco - congolaises` Monsieur le président,
- Depuis quelque 19 années que le Congo a accédé à l'indépendance, et quelles qu'aient été parfois les incompréhensions passagères qui ont pu survenir entre Congolais et Français, nos deux pays ont mené de concert une coopération féconde et qui s'est toujours poursuivie. Cette continuité montre bien l'étroitesse et la profondeur des liens, qu'une amitié aujourd'hui historique a tissés entre la France et le Congo.
- Malgré les idéologies et les régimes politiques différents de nos deux pays, je voudrais souligner le fait que nos deux gouvernements se rencontrent sur de très nombreuses questions essentielles. C'est cette concordance, mal perçue de l'extérieur, qui fait l'original de nos relations.
- Rien ne les sépare, en effet, dans leur adhésion aux principes qui sont à la base même de notre politique africaine. Tout comme vous et en conformité avec la Charte des Nations-unies et celle de l'OUA, nous estimons que l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale des Etats doivent être respectées. Comme vous, nous pensons que chaque membre de la communauté internationale doit pouvoir suivre les options politiques de son choix. Comme vous encore, nous proclamons la nécessité d'une véritable solidarité entre les nations, quelque soit leur degré de développement, et nous affirmons le droit de chaque Etat à la sécurité à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues. Nous sommes, les uns et les autres, attachés à l'exécution des obligations internationales des Etats, en-particulier à l'objectif de promotion des Droits de l'Homme. Comme vous, nous pensons qu'en Afrique l'objectif prioritaire est celui du développement économique car tout homme doit pouvoir disposer du minimum pour que s'épanouisse sa personnalité propre. Et nous pensons que la sécurité commande le développement.\
`Politique étrangère ` relations franco - congolaises` Cette convergence de nos vues s'est manifestée encore tout récemment par votre décision, annoncée en mai dernier `1979 ` date` à Kigali et dont nous nous félicitons vivement, de participer désormais à-titre plénier à la Conférence franco - africaine. Est-il nécessaire de rappeler que cette préoccupation s'exprime, du côté français, par notre désir de poursuivre avec vous, à une échelle importante une coopération utile au développement économique et social de votre pays ?\
`Politique étrangère ` relations franco - congolaises` Les étapes parcourues ensemble dans le passé montrent de façon remarquable la pérennité et la facilité de bonnes relations entre le Congo et la France. Nous n'oublions pas quant à nous qu'au départ du processus de décolonisation entrepris par notre pays en Afrique, c'est dans votre capitale, à Brazzaville, que fut évoquée pour la première fois cette notion qui était appelée à un si grand avenir, je veux parler de l'idée force de rendre aux Africains la maîtrise de leurs affaires. Il est advenu, par la suite, que votre pays s'est efforcé de mettre ses structures nationales, la formation de ses élites et ses rapports internationaux en harmonie avec le caractère révolutionnaire de ses options. C'est là l'affaire des Congolais et nous ne saurions quant à nous avoir la prétention, qui serait au demeurant déplacée et illusoire, de chercher à modifier ce cours des choses. Du moins n'en souhaitons-nous pas moins très vivement, pour préserver toutes les chances de développement, de relations étroites, entre nos deux pays, que chacun d'eux soit bien conscient que rien de solide ne peut se bâtir sans la confiance et la compréhension réciproques. Confiance de chacun des partenaires dans l'autre car rien de durable ne peut s'élaborer dans la suspicion. D'ailleurs ce sentiment est si contraire à nos tempéraments nationaux qu'elle va de soi entre nous et votre présence ici n'est-elle pas la marque la plus éclatante de cette confiance que nous nous faisons les uns et les autres. Compréhension d'autre part pour les options et les aspirations légitimes de l'autre partie, sans que ceci implique un quelconque renoncement à ses sentiments profonds mais qui suppose une tolérance au demeurant si naturelle en Afrique.\
`Politique étrangère ` relations franco - congolaises` Je pense que, tout comme moi, vous êtes, monsieur le Président, persuadé de cette double nécessité de la liberté de chacun et du respect mutuel, qui doivent permettre à notre coopération de s'approfondir et de s'épanouir encore davantage. C'est dans cet esprit que je vous invite, mesdames et messieurs, à lever vos verres à la prospérité du peuple congolais, au bonheur personnel du Colonel Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République Populaire du Congo et à celui de Mme SASSOU NGUESSO, dont je salue ici tout particulièrement la gracieuse présence, et à l'amitié historique entre le Congo et la France.\

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