Publié le 22 mars 1979

INTERVIEW TELEVISEE DE M. VALERY GISCARD D'ESTAING ACCORDEE A M. J.M. CAVADA (FR3) A L'OCCASION D'UN EXERCICE DES FORCES NUCLEAIRES TACTIQUES, PALAIS DE L'ELYSEE, JEUDI 22 MARS 1979

INTERVIEW TELEVISEE DE M. VALERY GISCARD D'ESTAING ACCORDEE A M. J.M. CAVADA (FR3) A L'OCCASION D'UN EXERCICE DES FORCES NUCLEAIRES TACTIQUES, PALAIS DE L'ELYSEE, JEUDI 22 MARS 1979

22 mars 1979 - Seul le prononcé fait foi

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J.M. CAVADA.- DEPUIS QUELQUES JOURS, LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET LES PRINCIPAUX RESPONSABLES MILITAIRES DU PAYS PROCEDENT A UN EXERCICE `FORCES NUCLEAIRES TACTIQUES` QUI VA VOUS ETRE EXPLIQUE D'ABORD ET ENSUITE SUR LEQUEL LE CHEF_DE_L_ETAT REPONDRA A NOS QUESTIONS.
- LE PRESIDENT.- L'OBJET DE CES MANOEUVRES EST DOUBLE. D'UNE_PART, C'EST UN OBJET TECHNIQUE : S'ASSURER QUE LES LIAISONS FONCTIONNENT BIEN, CAR IL Y A - VOUS IMAGINEZ - UN TRES GRAND NOMBRE DE LIAISONS DE TOUTE _NATURE QUI DOIVENT ETRE A LA FOIS SURES ET SECRETES ET JE CROIS QU'IL APPARAIT QU'ELLES FONCTIONNENT EN EFFET DE FACON SATISFAISANTES.
- C'EST ENSUITE DE PLACER EN VRAIE GRANDEUR LES RESPONSABLES £ LES RESPONSABLES MILITAIRES, DONC LE CHEF D'ETAT-MAJOR, COMMANDANT DES DIFFERENTES FORCES, ET ENSUITE LES RESPONSABLES POLITIQUES, ET NOTAMMENT LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE QUI AURAIT UNE SERIE DE DECISIONS TOUT A FAIT PRECISES A PRENDRE
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`REPONSE` DANS CES MANOEUVRES `MILITAIRES`, D'UNE_PART, JE M'ASSURE QU'EN EFFET LES LIAISONS AVEC LES RESPONSABLES FONCTIONNENT BIEN, ET VOUS AVEZ VU QU'ELLES FONCTIONNENT DE FACON VISUELLE, C'EST-A-DIRE QU'ON PARLE SUR DES ECRANS DE TELEVISION ET CELA PERMET TOUT DE MEME UNE COMMUNICATION BEAUCOUP PLUS DIRECTE ET UNE INFORMATION VRAIMENT PLUS PRECISE. NATURELLEMENT, TOUT CECI EST RECOUPE PAR D'AUTRES CIRCUITS, CE QUI FAIT QUE SI LE PREMIER CIRCUIT DE TELEVISION ET MEME LE SECOND CIRCUIT DE TELEVISION NE FONCTIONNENT PAS, IL Y A NATURELLEMENT D'AUTRES MOYENS DE COMMUNICATIONS.
- ENSUITE, C'EST POUR MOI L'OCCASION DE VOIR CE QUI SE PASSE LORSQUE LE RESPONSABLE POLITIQUE PREND UNE DECISION QUI N'EST PAS CELLE QU'ON ATTEND DE LUI, PARCE QUE D'HABITUDE DANS LES MANOEUVRES, TOUT EST PROGRAMME Y COMPRIS LES DECISIONS QUE VOUS DEVEZ PRENDRE. ET MOI, MON ATTITUDE EST DE NE PAS PRENDRE LA DECISION QUE JE DEVRAIS PRENDRE, POUR VOIR CE QUI SE PASSE. AUTREMENT DIT, SI NOTRE DISPOSITIF PREMIEREMENT REPOND, CE QUI EST EVIDENT, MAIS ENSUITE S'IL PEUT FAIRE_FACE A UNE AUTRE SITUATION. ET EN EFFET, LA QUESTION DE SAVOIR LE MOMENT AUQUEL UN RESPONSABLE POLITIQUE DECIDERAIT PAR EXEMPLE DE L' _EMPLOI DE L'ARME NUCLEAIRE TACTIQUE, C'EST VRAIMENT UNE DECISION POLITIQUE PUISQUE LE CONFLIT CHANGE TOUT A FAIT DE _NATURE
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QUESTION.- EST-CE QUE VOUS AVEZ EN PERMANENCE, MONSIEUR LE PRESIDENT, ET NOTAMMENT QUAND VOTRE CHARGE DE CHEF_D_ETAT VOUS OBLIGE A VOYAGER, LES MOYENS AUSSI EFFICACES DE POUVOIR DIRIGER L'ARMEE DU PAYS ?
- LE PRESIDENT.- NOTRE SYSTEME DE LIAISON EST JE DOIS LE DIRE EXCELLENT, ET PARTOUT OU JE SUIS, J'AI UNE LIAISON EN PHONIE DIRECTE AVEC L'ELYSEE ET LES MOYENS DE TRANSMISSION QUE VOUS AVEZ VUS ICI
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QUESTION.- QUAND ON EST PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, LE FAIT D'AVOIR SUR SOI LA CLE DU CATACLYSME, C'EST-A-DIRE CETTE RESPONSABILITE TERRIBLE D'AVOIR A PRENDRE LA DECISION NUCLEAIRE, EST-CE QUE CA N'EST PAS LA CHARGE LA PLUS LOURDE DE LA FONCTION DE PRESIDENT ?
- LE PRESIDENT.- LA FONCTION DE PRESIDENT COMPORTE PLUSIEURS CHARGES TRES LOURDES, JE NE LES CLASSERAI PAS PAR ORDRE DE POIDS, SI VOUS VOULEZ BIEN. POUR LA FRANCE, JE DIRAIS QUE C'EST UN PEU DIFFERENT PARCE QUE NOS MOYENS NUCLEAIRES SONT DES MOYENS ESSENTIELLEMENT DEFENSIFS. NOUS NE LES AVONS NI CONCUS, NI AMENAGES NI DEPLOYES DE MANIERE A FAIRE PESER UNE MENACE SUR LES AUTRES. NOTRE SYSTEME NUCLEAIRE EST UN SYSTEME QUI A POUR OBJET D'ASSURER LA SECURITE ULTIME DE SON PAYS, C'EST DANS SES FONCTIONS NORMALES. ET DONC JE CONSIDERE QU'IL Y A LA UNE FONCTION, UNE DECISION DIFFICILE A PRENDRE NATURELLEMENT, MAIS UNE FONCTION NORMALE ET ESSENTIELLE DU CHEF_DE_L_ETAT QUI EST D'ASSURER LA SECURITE FINALE DE LA FRANCE
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QUESTION.- J'AI UNE DERNIERE QUESTION, MONSIEUR LE PRESIDENT, VOUS VOYAGEZ BEAUCOUP, VOUS AVEZ VU LES SUPER-GRANDS, LA FRANCE N'EST, SI JE PUIS DIRE, QU'UNE PUISSANCE NUCLEAIRE DE SECONDE ZONE, ELLE N'EST PAS EQUIPEE COMME LES SUPER-GRANDS, EST-CE QUE CELA VOUS APPARAIT SUFFISANT POUR ASSURER CE QUE LA CONSTITUTION VOUS PRESCRIT COMME DEVOIR, C'EST-A-DIRE L'INDEPENDANCE ET L'INTEGRITE DU TERRITOIRE ?
- LE PRESIDENT.- LA FRANCE EST A L'HEURE ACTUELLE LA TROISIEME PUISSANCE NUCLEAIRE DU MONDE, AVEC LA GRANDE-BRETAGNE. IL Y A UNE COMPARAISON DIFFICILE A FAIRE AVEC LA GRANDE-BRETAGNE, SON SYSTEME NUCLEAIRE N'EST PAS LE MEME, NOTAMMENT DANS SES _RAPPORTS AVEC LES ETATS-UNIS, PUISQUE VOUS SAVEZ QUE LE NOTRE EST TOTALEMENT AUTONOME, DANS TOUS SES MOYENS. LE SYSTEME BRITANNIQUE, AU POINT_DE_VUE TECHNOLOGIQUE, A AU CONTRAIRE DES LIENS PLUS DIRECTS AVEC LE SYSTEME AMERICAIN. DONC NOUS SOMMES, POUR CE QUI EST DE LA DISPOSITION NATIONALE DE NOS MOYENS, LA TROISIEME PUISSANCE NUCLEAIRE DU MONDE, IL FAUT QUE LES FRANCAIS LE SACHENT
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`REPONSE` D'AUTRE_PART, IL NE FAUT PAS COMPARER LA GAMME TOTALE DES MOYENS D'UN PAYS ET D'UN AUTRE, CAR NOUS N'AVONS PAS L'INTENTION DE NOUS LIVRER A UNE GUERRE NUCLEAIRE DANS LAQUELLE NOUS TIRERIONS INDEFINIMENT SUR UN ADVERSAIRE QUI TIRERAIT SUR NOUS JUSQU'A EPUISEMENT DES MOYENS DE L'UN ET DE L'AUTRE, CA N'EST PAS DU TOUT CELA. NOTRE SYSTEME QUI A ETE FONDE SUR LA REFLEXION MILITAIRE DU GENERAL DE GAULLE EST UN SYSTEME DE DISSUASION, C'EST-A-DIRE QUE NOUS AVONS LA CAPACITE D'INFLIGER A NOTRE ADVERSAIRE POTENTIEL DES PERTES TELLES QUE CELA LE DECOURAGE, LE DISSUADE DE NOUS ATTAQUER.
- ET LORSQUE NOUS FAISONS NOS PLANS, ET NOUS AVONS RECEMMENT MIS A JOUR NOS PLANS A CET EGARD, ILS ONT POUR OBJET D'INFLIGER UN DOMMAGE DECISIF A L'ADVERSAIRE ET IL SUFFIT DONC QUE NOS FORCES SOIENT TELLES QU'ELLES PUISSENT INFLIGER CE DOMMAGE DECISIF POUR QUE NOUS OBTENIONS NOTRE RESULTAT QUI EST DE DECOURAGER, DISSUADER LES AUTRES DE NOUS ATTAQUER. ET IL FAUT QUE VOUS SACHIEZ QU'A CET EGARD, A-PARTIR DE L'EPOQUE ACTUELLE ET ENCORE PLUS JUSQU'AUX ANNEES 1985 - 1987, LE POUVOIR DE FRAPPE FRANCAIS, C'EST-A-DIRE LES DOMMAGES QUE NOUS SOMMES SUSCEPTIBLES D'INFLIGER A UN POTENTIEL, A UN ADVERSAIRE EVENTUEL SONT TELS QU'IL Y A UN EFFET DISSUASIF MAJEUR
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QUESTION.- CE QUI VEUT DIRE EN CLAIR, MONSIEUR LE PRESIDENT, QUE SI LA DECISION MILITAIRE VOUS OBLIGEAIT A PRESSER SUR LE BOUTON `NUCLEAIRE`, FROIDEMENT, VOUS SERIEZ OBLIGE DE LE FAIRE, VOUS LE FERIEZ ?
- LE PRESIDENT.- C'EST UNE QUESTION QU'ON POSE TOUJOURS, IL FAUT REPONDRE D'UNE FACON BEAUCOUP PLUS SIMPLE. JE PENDRAI LA DECISION APPROPRIEE AUX BESOINS DE LA SECURITE DE LA FRANCE. SI CETTE DECISION CONDUIT A APPUYER SUR LE BOUTON, JE LE FERAI ET JE LE FERAI APRES AVOIR ANALYSE ET ETUDIE TOUTES LES DONNEES RELATIVES A LA SECURITE DE LA FRANCE
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