Publié le 19 mars 2012

Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur la fusillade devant un établissement scolaire de confession juive, à Toulouse le 19 mars 2012.

Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur la fusillade devant un établissement scolaire de confession juive, à Toulouse le 19 mars 2012.

19 mars 2012 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et Messieurs,
Aujourdhui est une journée de tragédie nationale. Parce que lon a assassiné de sang-froid des enfants, parce quun tueur est entré dans une école, dans une école de confession juive. Cette tragédie bouleverse toute la communauté nationale. Jai demandé au ministre de lÉducation nationale que demain soit organisée une minute de silence dans toutes les écoles à la mémoire de ces enfants martyrisés.
Le ministre de lIntérieur restera le temps quil faut à Toulouse - où des renforts vont arriver dans la journée en accord avec les autorités, notamment le maire - jusquà ce que nous sachions qui est ce tueur, les liens exacts avec le drame qui a touché la communauté militaire, avec des jeunes soldats dont un Antillais, deux soldats de confession musulmane, tués à Montauban et Toulouse. Nous sommes interpellés par la similitude du mode opératoire dans le drame daujourdhui et dans ceux de la semaine dernière, même sil faut attendre davoir des éléments plus précis de la police scientifique pour confirmer cette hypothèse.
En tout état de cause, la prudence est de règle. Les écoles de confession juive, les écoles de confession musulmane, à Toulouse et dans la région, feront lobjet dune surveillance très attentive, les lieux de culte feront lobjet dune surveillance très attentive et les militaires ont reçu des consignes de prudence.
Mesdames et Messieurs, cest un drame, cest une tragédie. Tout doit être mis en uvre pour que le tueur soit arrêté et ait à rendre compte de ses crimes, pour quil ny ait pas dautres victimes. Mais en même temps, nos écoles doivent continuer à fonctionner, nos compatriotes qui veulent pratiquer à la synagogue, dans les mosquées, dans les églises doivent pouvoir continuer à le faire. Nous ne devons pas céder face à la terreur.
Et bien sûr, nos pensées vont à ces familles brisées, à cette mère qui, en ce moment-même, a perdu deux de ses enfants et son mari, la même journée, à ce directeur décole qui a vu mourir sa petite fille sous ses yeux.
La barbarie, la sauvagerie, la cruauté ne peuvent pas gagner. La haine ne peut pas gagner. La République est beaucoup plus forte que tout cela. Beaucoup plus forte.
Donc, jappelle chacun de vous bien sûr au recueillement, à la douleur, à la solidarité avec les victimes, au calme et à la confiance dans les institutions de la République pour retrouver celui qui a fait cela. On va le retrouver. Beaucoup de prudence et beaucoup de solidarité.
Je remercie les élus, le maire, le président de la région, le président du département. Je veux dire aussi au président du Consistoire, au président du CRIF, que ce soit Joël Mergui ou Richard Prasquier que je les remercie de mavoir accompagné. Et à toutes les autorités des communautés juives de Toulouse et de sa région, combien nous nous sentons tous proches deux.
Cet assassinat ne concerne pas que la communauté juive, toute la communauté nationale est bouleversée et est à vos côtés. Croyez-le, soyez-en certains.
Et demain dans toutes les écoles de France, on aura une minute de silence à la mémoire des enfants de cette école. Ce sont nos enfants, ce ne sont pas simplement vos enfants, ce sont les nôtres. Et sur le territoire de la République, on nassassine pas des enfants comme cela sans avoir à en rendre compte.
Et que celui qui a fait cela sache que tout, absolument tout, sera mis en uvre pour le retrouver et pour quil ait à rendre des comptes.
Je vous remercie et je vous dis combien jaurais préféré venir ici, Monsieur le Maire, à Toulouse dans dautres circonstances. Ce sont des images que lon avait vues dans dautres pays et quon navait jamais vues dans le nôtre. On na pas dautre choix que daffronter. Affronter, résister.
Je vous remercie.

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