Publié le 4 septembre 1991

Message de M. François Mitterrand, Président de la République, sur le coup d'Etat en URSS et les progrès de la démocratie dans le monde, Prague, le 4 septembre 1991.

Message de M. François Mitterrand, Président de la République, sur le coup d'Etat en URSS et les progrès de la démocratie dans le monde, Prague, le 4 septembre 1991.

4 septembre 1991 - Seul le prononcé fait foi

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En décidant de consacrer, à Prague, votre forum aux relations entre culture et démocratie, vous aviez choisi un thème majeur, et voilà que les événements qui ont secoué l'Union soviétique, et redessinent par contre-coup l'histoire du monde, donnent à votre rencontre une nécessité et une actualité plus manifestes encore. Car cette addition dramatique d'un coup d'Etat d'un autre âge et d'une révolution qui ouvre une ère nouvelle jette un éclairage supplémentaire sur le lien entre culture et démocratie.
- Ces événements nous conduisent à ne pas oublier que la démocratie n'est pas un bien naturel, mais une construction de la volonté et du coeur des peuples, qui s'acquiert, qui se conquiert, et qui se défend. Ils nous rappellent que la victoire politique de la démocratie prend appui sur une transformation culturelle : celle d'une société qui met la liberté au plus haut de ses valeurs et qui, quels que soient les risques, refuse qu'on prétende entraver sa marche.
- Cette même culture de la liberté, qui avait été noyée dans le sang et dans la répression dans la Pologne et la Hongrie de 1956, dans la Tchécoslovaquie de 1968, la voilà qui semble triompher à son tour à Moscou : Moscou d'où était parti l'onde de choc révolutionnaire, Moscou où revient la révolution démocratique.\
Je voudrais saluer l'assemblée tout à fait exceptionnelle que vous constituez, diverse par les horizons géographiques, les origines intellectuelles, les itinéraires personnels, les responsabilités politiques ou économiques, mais unie par la volonté de comprendre où va notre planète et de la faire évoluer vers plus de liberté, de justice, d'équilibre.
- Qu'il y ait parmi vous des représentants de l'Est et de l'Ouest, du Nord et du Sud, me paraît un symbole et une promesse : le monde est un, il évoluera davantage par la mise en commun et par l'échange que par le cloisonnement et l'affrontement.
- Qui pourra se contenter de voir une simple coïncidence de l'histoire dans le fait que, depuis peu d'années, des processus de démocratisation se sont mis en oeuvre du sud du continent africain au nord de l'Europe, de l'Amérique latine à l'Asie ?
- Je pourrais évoquer tant d'exemples et tant de noms. Permettez-moi de n'en citer qu'un, et de rendre hommage au Président Vaclav Havel. Qui mieux que lui, par sa personne, par son parcours, par son action inlassable, peut incarner d'aussi haute façon à la fois la culture et la démocratie, l'exigence de l'esprit et la foi dans l'action des peuples ?
- Je vous souhaite à tous des travaux féconds dont je prendrai connaissance des résultats avec un profond intérêt.\

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