Publié le 13 décembre 1987

Message de M. François Mitterrand, Président de la République, aux Fédérations Léo-Lagrange, sur leur oeuvre de solidarité envers les plus démunis, Paris, dimanche 13 décembre 1987.

Message de M. François Mitterrand, Président de la République, aux Fédérations Léo-Lagrange, sur leur oeuvre de solidarité envers les plus démunis, Paris, dimanche 13 décembre 1987.

13 décembre 1987 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le maire,
- Cher Pierre Mauroy,
- Monsieur le Président du Conseil régional,
- Mesdames, messieurs,
- Vous avez choisi pour cet important congrès le thème de la lutte contre les exclusions, lutte qui constitue l'une des raisons d'être de la Fédération Léo-Lagrange.
- En effet, vos associations locales, vos équipements de quartiers, vos instituts de formation, vos villages de vacances, n'existent que par la volonté de vivre ensemble, par la conviction que l'action culturelle, les activités de loisirs, l'animation sociale doivent être ouvertes à ceux qui en seraient écartés s'il ne fallait compter que sur les motivations individuelles.
- Aujourd'hui la mode a tendance à dévaloriser certaines idées, certains mots, dénoncés comme ceux d'une autre époque. Education populaire, par exemple, cela fait partie des mots presque oubliés. Or ces mots, et l'idée qu'ils recouvrent, n'ont jamais été aussi nécessaires qu'aujourd'hui. Aussi faut-il les défendre car ils sont synonymes de générosité. Tout comme le mot laïcité reste synonyme de tolérance.
- C'est en période de crise qu'il faut davantage de convictions, pour construire une société qui refuse d'écraser les faibles. On le sait bien, avec les difficultés économiques, s'accentue la tentation du chacun pour soi. Si par malheur, étaient remis en cause les systèmes de solidarité, combien de temps faudrait-il pour reconstruire cette oeuvre de plusieurs générations ?
- Exclusions, pauvreté, chômage, illettrisme, rien n'est fatal. Accéder au droit fondamental de vivre sans être humilié, et pour cela bénéficier dès le départ de chances égales, tel doit rester l'objectif de notre démocratie, tel doit être notre projet pour la France.
- Ce sont des actions comme celles dont vous êtes porteurs qui peuvent rendre ce mouvement irréversible. Je vous soutiens dans vos efforts et ma pensée accompagna vos réflexions pendant ces quatre journées.
- Bonne chance.\

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