Publié le 20 octobre 1987

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors du déjeuner offert par le chancelier d'Allemagne fédérale et Mme Kohl, sur les relations franco-allemandes dans la construction européenne, Palais de Schaumburg, mardi 20 octobre 1987.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors du déjeuner offert par le chancelier d'Allemagne fédérale et Mme Kohl, sur les relations franco-allemandes dans la construction européenne, Palais de Schaumburg, mardi 20 octobre 1987.

20 octobre 1987 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le Chancelier, je vous remercierai en peu de mots.
- Madame, nous sommes très sensibles à votre accueil ici. J'ai déjà connu votre hospitalité, je me réjouis de vous rencontrer de nouveau toujours disponible, ayant très bien connu la France, pratiquant sa langue, et sensible à tout ce qui nous réunit.
- Dans ce voyage de trois jours et demi qui nous conduit en Allemagne fédérale, ce moment sera une étape courte mais utile, puisqu'elle nous permettra de rencontrer le chancelier d'Allemagne `Helmut Khol`. Non seulement nous aurons parlé, ce matin - beaucoup - non seulement nous nous retrouverons comme nous le faisons depuis cinq ans, mais c'est toujours une bonne chose que de rompre le pain, vous l'avez dit vous-même, comme le font les amis.
- C'est vrai que depuis ces dernières années, nous n'avons pas perdu notre temps. C'est vrai que, sur le -plan international, notre premier axe de réflexion et d'action a sans cesse été : comment affermir et comment développer l'amitié franco-allemande ?.\
Dans la hiérarchie des intérêts et des sentiments, nul ne s'étonnera si j'ai dit que je place d'abord la France. Et je considère que c'est l'intérêt de la France que de réussir cette -entreprise avec l'Allemagne et que de bâtir avec elle l'Europe.
- L'intérêt de la France, c'est d'assurer sa pérennité dans ce qu'elle a de meilleur, en demeurant l'un des grands pays du monde et en faisant que sa voix porte sur l'étendue de la planète. Eh bien, je pense que la France en Europe, avec l'Europe et par l'Europe, sera demain plus encore qu'aujourd'hui en mesure de faire entendre et de faire comprendre ce qu'est notre façon de penser.
- Sans l'Europe, la France et l'Allemagne, en dépit de leur génie, en dehors de leur histoire, et malgré leur histoire, risquent demain d'être peu de chose dans l'histoire du monde. Ensemble, avec d'autres, elles seront beaucoup. Ensemble, nous Européens, nous sommes et nous serons encore plus puissants. La puissance n'est pas l'objectif essentiel, mais j'appelle aussi puissance, la puissance de l'esprit, de la civilisation, sans oublier, bien entendu, la réalité économique, politique, militaire s'il le faut, afin que, lorsqu'on décidera du sort des hommes sur la terre, nous puissions dire notre mot.
- Avant de faire le deuxième pas, il faut faire le premier, et le premier c'est notre entente. Et je suis reconnaissant au Chancelier allemand, comme aux principaux hommes politiques responsables, d'avoir agi dans ce sens. Ils ont ainsi choisi la voie de l'avenir. Bien entendu, lorsqu'on regarde le panorama, l'horizon, on risque de buter sur des obstacles que l'on ne voit pas, les obstacles à ras du sol : c'est notre vie quotidienne. J'ai confiance dans la volonté des Européens, pour surmonter ces obstacles.
- Monsieur le Chancelier et madame, je lève mon verre à votre pays et au peuple allemand. Je lève mon verre pour votre santé, votre réussite, pour la réussite de nos efforts à nous tous ensemble. Je lève mon verre à l'Europe et à la paix.\

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