Publié le 28 mai 1987

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors du dîner au Metropolitan convention centre à Toronto, sur les relations culturelles et économiques franco-canadiennes, ainsi que sur les relations économiques et monétaires internationales, jeudi 28 mai 1987.

Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, lors du dîner au Metropolitan convention centre à Toronto, sur les relations culturelles et économiques franco-canadiennes, ainsi que sur les relations économiques et monétaires internationales, jeudi 28 mai 1987.

28 mai 1987 - Seul le prononcé fait foi

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Monsieur le Lieutenant-Gouverneur,
- Monsieur le Premier ministre,
- Mesdames et messieurs,
- Comment ne pas être flatté et honoré par une aussi vaste assemblée où se trouvent réunies les personnalités représentatives de toutes les disciplines de cette ville et peut-être de cette province. Je vous remercie mesdames et messieurs, de votre présence et de votre accueil.
- Bien entendu, monsieur le Premier ministre, vous y êtes pour quelque chose et notamment ces dernières paroles, ce discours. Tout cela m'a permis sans avoir encore dit un mot de me sentir plus proche de celles et de ceux qui maintenant m'entendent. Je suis depuis quelques heures à Toronto. Je connaissais cette ville, plutôt mal que bien, depuis quelques 35 à 40 ans. J'y étais venu dans les années 1950. J'y suis revenu depuis lors à trois reprises. Je peux donc peut-être mieux que beaucoup parce que je suis loin - mesurer les progrès de cette ville, les changements. C'était déjà une ville importante à l'époque mais la mesure qui veut qu'aujourd'hui Toronto soit peut-être le centre d'Amérique le plus actif du continent, dont le développement est le plus vaste et le plus ferme alors que cela ne manque pas de concurrence, c'est la preuve que les habitants de cette ville et de cet Etat, de cette province ont réussi par leur travail et par leurs capacités créatrices au milieu d'une crise qui frappe tant de régions du monde, ont réussi à promouvoir ce qu'ils aiment et ce qu'ils font.
- J'ai parcouru un peu quelques rues de votre ville, admiré l'architecture du quartier des affaires, architecture audacieuse et très belle, qui m'a montré que je n'avais pas à m'étonner que le plus vaste concours d'architectes que nous ayons connu en France avec quelques 750 projets anonymes choisis par le jury international et finalement par moi, eût désigné un architecte de cette ville pour construire un nouvel opéra à Paris `Carlos Ott`.
- Chaque fois que l'automobile m'a conduit ici ou là, dans les quartiers de Toronto, j'ai toujours été surpris de la diversité des lieux, et toujours du souci de l'esthétique. Ainsi l'esthétique n'est-elle jamais absente d'une ville qui matériellement, pratiquement, positivement, se développe et se situe au premier rang des affaires dans le monde. Il est symbolique que vous ayez su, mesdames et messieurs, et vous qui êtes responsables de cette ville et de cette province, allier ainsi l'efficacité du travail et la beauté des choses.\
J'ai dû choisir d'une façon évidemment arbitraire deux thèmes pour cette allocution. J'avais bien autre chose à dire : depuis maintenant quatre jours je me trouve au Canada et j'ai visité plusieurs provinces et plusieurs villes, très différentes l'une de l'autre, des populations elles-mêmes différentes et en même temps bien entendu j'ai pu remarquer l'unité profonde qui pousse votre pays à s'inscrire parmi les grands pays du monde. Je le constaterai dans quelques jours, une fois de plus, lorsque je siègerai à Venise, en compagnie de votre Premier ministre fédéral pour débattre avec les cinq autres pays les plus avancés et industriels du monde de quelques affaires d'importance.
- Je voudrais surtout insister sur le fait, c'est le premier thème - il sera bref - qui intéresse un Français. Celles et ceux d'entre vous qui ont d'autres soucis en tête, ce qui se comprendrait très bien, admettront que ce soit le mien. Les Français à Toronto, dans l'Ontario, occupent une place très estimable. Ils sont nombreux et ils sont appelés - M. le Premier ministre a bien voulu en rappeler les principaux éléments, notamment l'enseignement de la langue - ils sont appelés à le devenir davantage. C'est pour nous une grande satisfaction : quand une langue déjà pratiquée dans plusieurs de vos provinces et surtout dans l'une d'entre elles, éminemment pratiquée et remarquablement pratiquée dans un certain nombre d'ilots de vos autres provinces existe là où l'activité et la puissance et la croissance s'affirment, cette langue a toutes les chances de s'épanouir. Et c'est une marque d'amitié et de confiance que vous nous faites, monsieur le Premier ministre et vous, mesdames et messieurs, en ayant contribué à faciliter ce rayonnement de la langue française que pratiquent bien entendu mes compatriotes, ici même, mais aussi beaucoup de francophones qui ne sont pas Français, mais encore beaucoup - et de plus en plus - de personnes de toutes origines qui savent que le français appartient à l'un des grands rameaux qui ont modelé l'esprit humain. J'en ai eu la preuve supplémentaire à l'Université de York où j'étais reçu ce soir et où l'on se déclarait à l'avant-garde de la francophonie.\
Mais je m'adresserai au-delà de vous, mesdames et messieurs, vous me le pardonnerez, aux Françaises et aux Français de France, aux industriels, aux financiers, aux hommes d'affaires, aux créateurs de toutes disciplines.
- Il faut qu'ils fassent preuve plus encore d'imagination et de volonté pour ouvrir les voies à des relations économiques plus intenses : un effort de présence sur les marchés en France comme ici, l'établissement de relations et de contacts durables et suivis. Mes compatriotes, croyez-moi, je ne dis pas cela pour les flatter. Ils m'entendent d'assez loin et sont capables de beaucoup de choses. Ils fabriquent de beaux et de bons produits mais ils se trouvent assez bien chez eux et ils ont parfois un peu de peine à le démontrer à l'autre bout du monde. Il faut qu'ils viennent, qu'ils s'expliquent, qu'ils vous rencontrent, qu'ils débattent.
- Les meilleures connaissances réciproques nous permettront d'y parvenir. Les autorités encouragent cette évolution. Ici moi-même, le gouvernement de la République ici représenté par le ministre du commerce extérieur `Michel Noir`, c'est aussi notre intention. Alors je me réjouis d'apprendre que se tiennent en Ontario des colloques qui réunissent industriels français et canadiens. Les chefs d'entreprises de votre province participent activement aux groupes des hommes d'affaires français £ je me réjouis encore du récent accord conclu sur la coopération entre petites et moyennes entreprises. Et il faut que nous encouragions les programmes de coopération entre chercheurs et spécialistes dont peut dépendre la mise en oeuvre de coopération nouvelle, notamment dans les secteurs de pointe, où nous sommes très souvent des pays complémentaires, sans oublier mesdames et messieurs, la culture qui nous offre un champ inépuisable.\
Nous sommes dans un monde où chacun veut affirmer son identité culturelle, c'est bien normal, nous les premiers et où l'on souhaite que cette identité soit reconnue par les autres. Comment mieux l'affirmer que par l'expression artistique, littéraire, scientifique ? Je suis vraiment très heureux de constater qu'en Ontario, où se trouve une communauté francophone très importante hors Québec, votre gouvernement, monsieur le Premier ministre, a pris sous votre impulsion, et je vous en remercie, aux termes d'une loi - dénomination hermétique pour moi - numéro 8, des dispositions qui permettent à la langue française d'être reconnue comme une des principales composantes, vous l'avez dit à l'instant, du patrimoine culturel et linguistique de votre province. J'ai constaté l'intérêt grandissant de la francophonie dans vos écoles et vos universités. On me dit que l'opinion tout entière suit cette évolution, s'y intéresse, est prête à y participer. C'est une bonne chose, ce sera une oeuvre de longue haleine. Il faut s'y mettre tout de suite avec la plus grande énergie.
- Alors, tout simplement trois voeux pour finir ce premier thème - ce qui en annonce, tant pis pour votre patience, un deuxième.
- Trois recommandations : il ne paraît pas nécessaire que nous attendions vingt ans pour une prochaine visite d'un chef d'Etat français.
- La deuxième, pardonnez-moi de me mêler un peu de vos affaires, je souhaite que le Canada continue de vivre sa diversité comme une source permanente d'enrichissement, de rayonnement, et non comme une cause de tensions.
- Troisième recommandation, c'est que la relation franco-canadienne serve d'exemple à ce que pourrait être, à ce que devraient être les rapports entre les plus anciennes et les plus jeunes nations qui bordent l'Atlantique. Car, au-delà des péripéties passagères, ce qui les unit, des idéaux partagés, une civilisation commune est tellement plus fort que ce qui les sépare. Réfléchissons-y, mesdames et messieurs, et vous verrez qu'il sera très aisé de poursuivre dans le temps qui vient la bonne et solide amitié qui unit le Canada et la France.\
J'ai annoncé un deuxième thème parce que je ne voudrais pas quand même me séparer de cette tribune avant de dîner, ce qui ne sera pas désagréable, sans traiter d'un sujet autre que bilatéral. Vous êtes des citoyens suffisamment informés des affaires du monde, là où vous êtes dans une place pareille alors que vous communiquez avec toutes les grandes places de la terre, que vos responsables, femmes et hommes responsables de toutes sortes connaissent tous les itinéraires, tous les chemins par où passent les affrontements, les rapports de puissance. Je veux au moins aborder devant vous l'un des aspects de ce problème mondial.
- Année après année, ce sont les mêmes questions qui reviennent toujours depuis 6 ans que j'ai en charge la fonction principale de mon pays, j'ai pu le constater. On se répète un peu. Quelles questions ? La croissance, l'emploi, l'ordre économique et monétaire mondial, le développement du tiers monde et nos progrès sur le -plan mondial sont d'une telle lenteur face à des situations où se jouent la dignité, le bonheur, parfois la vie de centaines de millions de femmes et d'hommes que l'on pourrait être tenté de baisser les bras, ce qu'il ne faut pas faire. A quoi bon alors de discuter, négocier, discuter encore, à quoi bon tant de réunions, de conférences, de sommets ! Alors que l'humanité se révèle capable de dominer, d'harmoniser, d'organiser la nature elle-même, de conquérir l'espace, elle est encore hors d'-état d'organiser dans la justice la production et les échanges, d'assurer une croissance équilibrée, d'éliminer la misère, de procurer un emploi à tous ceux qui veulent cependant travailler. Et pourtant les avancées existent ! Quand bien même il ne s'agirait que de vivre mieux ensemble, cela nous demandera beaucoup plus de temps croyez-moi que de perfectionner les sciences et les techniques. La clef de tous progrès se trouve dans le rappel de cette évidence qui est aussi simple que toutes les autres évidences. Riches et pauvres, et j'aborde là la dimension internationale, c'est-à-dire les pays du Nord et les pays du Sud, les pays de l'Ouest ou les pays de l'Est, nous appartenons au même monde £ nous n'en avons pas d'autre du moins pour le temps de notre vie. A nous de le rendre habitable, de le transmettre meilleur aux générations qui montent.
- C'est dans cet -état d'esprit que je me rendrai à Venise, je vous l'ai dit, et je voudrais répéter d'une façon succincte le message que je souhaiterai voir débattre par les sept nations en question. Je dis à Toronto, afin de saisir les chefs d'Etat et de gouvernement qui vont se réunir, quelques principes simples que j'ai déjà évoqués dès le premier jour de mon arrivée à Ottawa, mais que je répète volontairement pour que cela soit clair.\
J'ai parlé de quatre directions.
- La première est celle de la croissance, la croissance pour l'emploi abordant le problème sous son aspect économique. Il faut comprendre que nous avons déjà tous ensemble dépassé la grande crise de l'inflation. Le risque ne doit pas être sous-estimé, on peut à tout moment retomber dans le précipice. Enfin, l'inflation mondiale se trouve à son plus bas niveau depuis une génération et personne pour l'instant n'anticipe vraiment sur une montée générale et dangereuse des prix. Alors, il y a des pays qui disposent d'une marge de manoeuvre, il y a des pays qui disposent d'une croissance, il faudra qu'ils servent à quelque chose. Il faut qu'ils soutiennent leur croissance pour stimuler celle des autres. Ce sont des constatations qui ont été faites par de grands économistes que je reprends ici.
- J'ai en effet en tête par exemple ce que Jacques Delors, Président de la Commission des Communautés européennes appelait récemment une stratégie coopérative de croissance. Il ne s'agit pas d'une relance mondiale, il s'agit seulement d'utiliser les marges de manoeuvre là où elles existent.\
Deuxièmement, la stabilité des changes et la baisse des taux d'intérêts. Pourquoi faut-il des changes stables, faut-il l'expliquer ? Non, vous le savez bien, l'instabilité des monnaies rend difficile la précision économique qui est nécessaire pour les entreprises mais aussi pour les Etats. Elle gêne le commerce, elle déséquilibre la balance des paiements, elle déséquilibre les budgets, elle provoque des mouvements erratiques, désordonnés de capitaux, elle engendre des comportements de retrait, de chaud, de froid, elle accroît les craintes d'une crise financière. C'est un danger qui a toujours été présent mais il pourrait devenir mortel, à une époque où le volume des transactions financières se développe sans commune mesure avec la réalité des échanges, des biens et des services. Bon, on a quand même progressé, je ne suis pas pessimiste. Je ne développe pas un tableau noir de la situation, je mets simplement en garde les plus grandes puissances contre un certain nombre de périls. Eh bien la nécessité d'une stabilité des changes, des taux de change, hier encore discutés, contestés, me paraît aujourd'hui pratiquement et largement admise. Il faut qu'elle s'accompagne d'une baisse des taux d'intérêt, faute de quoi l'économie mondiale continuera de marcher sur la tête. La logique des rendements financiers dominant celle de la production, le court terme s'imposant au long terme, cette loi d'airain serait véritablement suicidaire.\
Troisième observation, la lutte contre le protectionnisme. A quoi bon le nier, nous sommes, nos pays sont tous protectionnistes. En cette matière, je ne connais que des pratiquants même si le culte est accompli dans la plus grande discrétion et avec les procédés les plus variés de dissimulation. C'est pourquoi la lutte ne peut qu'être globale. Mon pays en particulier, comme le vôtre, c'est ce que vous m'avez dit, est prêt à négocier sur toutes les entraves aux échanges. J'en ai entendu beaucoup parler ce matin, hier, dans la Saskatchewan. Cela veut dire que l'on se plaint de l'Europe, du Marché commun, mais le marché commun de l'Europe dont nous sommes se plaint beaucoup des Etats-Unis d'Amérique, des subventions, mais le Canada n'est pas indemne de ce genre de pratiques, pour ne parler, si j'ose dire que des présents. J'aurai pu pensant à quelques absents, dire aux Japonais sur un ton plus ferme encore, ce que j'aurai l'occasion de leur dire un de ces jours. Il y a des négociations qu'on appelle de l'Uruguay, l'Uruguay round, elles ont été lancées en septembre dernier, mettons tout sur la table.\
Mon dernier point, et j'arrive à ma conclusion, touche au développement du tiers monde. D'ailleurs en parlant de la lutte contre le protectionnisme, en parlant de l'utilisation des moyens de croissance, en parlant de la stabilité des changes, et la baisse des taux d'intérêt, j'ai parlé du tiers monde, car il souffre plus que quiconque de cette incapacité du monde organisé à préparer son avenir. Il doit surmonter la crise dont il souffre mais plus précisément, je voudrais dire que toutes ces entraves aux échanges, elles touchent le Sud, elles touchent le Nord, mais c'est au Sud, terre un peu générique, qu'on en souffre dans sa chair et dans sa vie. Il faut que les nations riches ouvrent davantage leurs marchés aux nations en développement. On ne peut pas faire la liste des détresses du tiers monde, répressions, régressions du produit par tête, famine, destruction, guerre, guerres intestines et finalement un produit intérieur brut dérisoire. Il était déjà dérisoire pour l'Afrique sub-saharienne, l'Afrique noire que les Français connaissent bien.
- Les pays francophones, non pas tous, ce n'était déjà pas fameux, et ce produit sera inférieur de treize pour cent à ce qu'il était en 1980 si l'on n'adopte pas un plan spécial notamment. Il est adopté mais on ne le fournit pas pour l'Afrique.\
`Suite sur le développement du tiers monde`
- Nous sommes dans une phase difficile de l'endettement qui voue tous ces peuples au désespoir et à la misère. Enfin je ne veux pas m'étendre sur les causes, je ne peux pas tout dire à la fois, et puis ce n'est quand même pas l'heure mais tout de même, je tiens à vous parler de choses sérieuses. Le problème de la dette va dominer la scène du monde, domine déjà avec ses conséquences bancaires, industrielles, financières mais aussi psychologiques et humaines dans les pays du Nord. Les pays industrialisés suivront à peu de distance les drames du sud. Il y a une solidarité volontaire mais qui s'imposera à nous tous.
- Est-ce que l'on sait que les pays en voie de développement pour s'acquitter de leurs dettes, doivent prélever chaque années 130 milliards d'écus, on peut dire 130 milliards de dollars, sur leur revenu alors qu'ils ne sont pas parvenus en 1986 à dégager un solde commercial positif et que leurs transactions courantes ont accusé un déficit de 12 milliards. C'est un calcul, une arithmétique impossible, les déficits des uns s'accompagnent chez les autres de surplus qui vont en s'accroissant, le déséquilibre devient insupportable, situation qui ressemble un peu à celle que l'on a connue en 1980 - 1981. A cette époque des procédures avaient été trouvées pour recycler les excédents des pays qui ont des surplus financiers, il faut qu'ils les emploient. On avait bien entendu pensé à cette idée simple chaque fois qu'on s'est trouvé dans des situations comparables, mais cette fois-ci on ne le fait pas. Eh bien, on peut recycler des excédents considérables, je pense au Japon, qui y songe lui-même, qui a déjà développé des idées très positives. Je pense à moindre -titre à l'Allemagne. Ils ne sont pas les seuls. Il faut que les institutions multilatérales, Fonds monétaire international, Banque mondiale, bénéficient de surplus qui puissent alimenter les aides à des taux d'intérêt acceptables au bénéfice des nations les plus pauvres, mesdames et messieurs, on ne le fait pas et déjà un certain nombre des plus grandes banques, vous avez dû en entendre parler, ont été obligées de prendre des dispositions récentes, cela date de cette semaine, pour parer à la défaillance de quelques grands pays incapables de payer leurs dettes.
- Je considère, mesdames et messieurs, que c'est un objectif prioritaire pour ce qui concerne d'abord les pays en excédent mais aussi tous les peuples riches qui doivent apporter leur -concours. La France est prête à prendre sa part de cet effort. J'espère que les prochaines rencontres internationales sauront enfin apporter un espoir au monde.\
Sur chacun des points que j'ai évoqués devant vous, mesdames et messieurs - qui appartenaient à cette province, Ontario, à cette ville, Toronto où tout est signe d'intelligence, de travail, d'efficacité et de réussite, c'est une chance exceptionnelle que la vôtre mais enfin vous l'avez bâtie de vos mains - vous avez droit de parler aux autres, vous avez le droit d'inspirer leurs réflexions. J'ai déjà entendu beaucoup de Canadiens développer des idées très proches de celles que j'exprime ici même. Eh bien donnez l'exemple et de ce peuple jeune, beaucoup de vieilles nations tireront une leçon, celle de l'audace et de l'initiative, c'est bien le propre de la jeunesse.
- Mesdames et messieurs, je vous remercie de votre attention. Vous me pardonnerez de vous avoir contraints de retarder l'heure où les conversations peuvent reprendre. J'ai monopolisé, on pourrait croire que j'ai profité de cette solitude à cette tribune £ avec la force de deux micros j'étais sûr de l'emporter. Mais je vais maintenant m'arrêter et jouir avec vous d'une bonne soirée. Mon rôle m'oblige, je ne veux pas quitter le Canada sans avoir dit ou redit un certain nombre de principes qui me paraissent commander la paix dans le monde, l'avenir des hommes sur la terre, je l'ai dit à Toronto, je vous fais confiance, je suis sûr que certaines et certains d'entre vous auraient pu en dire autant à ma place, alors dans ce cas-là, disons-le tous ensemble et faisons-le. Merci.\

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