Publié le 12 décembre 1985

Toast de M. François Mitterrand, Président de la République, lors du dîner de gala en l'honneur des participants à la 12ème conférence des chefs d'Etat de France et d'Afrique, Paris, Palais de l'Élysée, jeudi 12 décembre 1985.

Toast de M. François Mitterrand, Président de la République, lors du dîner de gala en l'honneur des participants à la 12ème conférence des chefs d'Etat de France et d'Afrique, Paris, Palais de l'Élysée, jeudi 12 décembre 1985.

12 décembre 1985 - Seul le prononcé fait foi

Télécharger Toast de M. François Mitterrand, Président de la République, lors du dîner de gala en l'honneur des participants à la 12ème conférence des chefs d'Etat de France et d'Afrique, Paris, Palais de l'Élysée, jeudi 12 décembre 1985. - PDF 204 Ko
Monsieur le Président Houphouët-Boigny, vous qui représentez la continuité de l'Afrique, reconnu comme le Sage, au-delà de l'Ancien,
- Monsieur le président de l'Organisation de l'unité africaine `Abdou Diouf` qui nous apportez un témoignage supplémentaire de votre amitié pour la France, qui représentez si dignement le Sénégal et qui avez été porté par la confiance des chefs d'Etat d'Afrique, à la tête de leur organisation,
- Majesté `Hassan II` vous qui venez d'être reconnu par les chefs d'Etats africains pour vous joindre à leurs travaux désormais, qui étiez parmi nous il y a si peu de temps pour une réception d'Etat,
- Messieurs les chefs d'Etat parmi lesquels je situerai celui auquel j'ai succédé, le président du Burundi `Jean-Baptiste Bagaza`, dont nous gardons en mémoire la belle hospitalité à Bujumbura et celui qui va assurer la suite, le président Eyadema puisqu'il semble qu'un consentement général se dessine pour que nous allions à Lomé, l'an prochain, vous tous messieurs les présidents qui nous avez fait l'honneur de venir jusqu'à nous dans ce Paris qui se veut plus beau et plus grand quand il reçoit autant de responsables d'Etats amis et vous, messieurs les chefs de délégations, venus au nom de votre premier responsable, et qui pour la plupart connaissez déjà les chemins de la France. J'ai suivi le rythme du protocole, enfin à peu près, mais je n'ai pas dit mesdames et messieurs car ce soir nous avons la joie d'avoir autour de nous plusieurs des épouses des chefs d'Etat, de gouvernement ou chefs de délégations.\
On est venu d'un peu partout : d'abord de l'Afrique francophone. C'est de tradition, c'est un peu le coeur de nos relations et nous souhaitons préserver cette identité francophone ce qui ne nous empêche pas d'être très heureux d'avoir parmi nous aussi bien des représentants de l'Afrique que d'autres régions marquées par d'autres langues, bien que, après tout quand on veut résumer les choses d'un trait, on dira que vous êtes tous Africains au même titre comme je suis ainsi que mes amis ici présents Français.
- C'est la conférence des pays d'Afrique et de France. Organisation singulière qui n'a pas d'équivalent. Certes, il existe le Commonwealth mais je crois que la -nature des relations qui nous unissent est d'un type différent. Nous n'avons pas d'ordre du jour, nous ne votons pas de texte, il ne s'agit pas d'un congrès, il ne s'agit pas d'une organisation qui tendrait à se substituer à celles qui sont reconnues sur le -plan international.
- Nous sommes entre nous et nous parlons en public, en privé. Nous débattons tout naturellement des sujets qui s'imposent, nous recherchons la paix et le développement et je crois que nous nous comprenons. La preuve en est que nous nous retrouvons d'année en année avec le désir de poursuivre longtemps cette route ensemble. La France, la République française s'estime - je l'ai dit - très honorée de votre visite commune. Elle connaît autant qu'il est possible vos problèmes, elle ne peut pas les vivre, vous êtes les propres acteurs de votre histoire mais dans bien des domaines, cette association, cette coordination, cette entente de vos pays et du mien représentent un facteur de progrès indéniable et une présence forte dans les assemblées internationales.\
J'ai exposé ce matin à l'ouverture de notre conférence, après avoir réuni hier soir des chefs d'Etats francophones, j'ai tout dit de ce que j'avais à dire quant aux problèmes économiques, culturels et politiques. Je vous épargnerai donc maintenant une redite et je me suis levé seulement pour vous saluer, pour vous dire le plaisir que j'avais comme tous les Français de vous rencontrer autour de cette table, celle-ci où ne figurent que les chefs de délégations, c'est la règle, les autres qui ne sont pas en arrière, qui ne sont pas au-delà, qui représentent, comment dirai-je, soit ceux qui ont accompagné leur chef de délégation, soit les personnalités françaises qui d'un grand coeur savent bien au rang où ils le sont, au rang important qui est le leur et parmi eux le Premier ministre `Laurent Fabius` que j'ai aussi beaucoup de joie d'avoir parmi nous et qui assurera demain, qui recevra au nom de la France de nombreux membres du gouvernement, diverses personnalités.
- C'est donc une imbrication très intime. Autour de ces tables on a l'image de ce que nous avons voulu faire. Cela n'empêche pas bien entendu que les questions sérieuses puissent marquer des différends, des différences de point de vue, cela arrive et il serait surprenant que cela n'arrivât point et ce serait très fâcheux. Nous devons être des responsables réalistes des affaires de votre continent et des affaires de nos pays.
- Mais finalement domine la satisfaction d'être unis et l'agrément d'un climat qui se fait de plus en plus amical à mesure que nous nous connaissons. Certains d'entre nous sont si j'ose dire de fondation, je n'ose faire de personnalité, mais il en est parmi vous que je connais depuis 35 ans et même un peu plus. Il en est d'autres qui sont parvenus aux responsabilités du pouvoir plus tard qui sont déjà la deuxième, la troisième génération depuis les premiers jours de l'indépendance, tous sont les bienvenus au même titre et je leur dis que mon plus cher désir est qu'un jour ils soient de nouveau parmi nous, qu'ils viennent me voir, que nous nous entretenions, que nous parlions ensemble non seulement de nos affaires mais aussi des affaires du monde, car le monde c'est notre affaire à tous, Etats souverains qui ont bien le droit de dire leur mot sur les affaires de la planète.
- Messieurs les présidents, Majesté, mesdames, messieurs, j'en ai fini, je vous dis à l'année prochaine mais ce sera en d'autres lieux, sur la côte atlantique de l'Afrique. J'aurai personnellement beaucoup de joie à me retrouver à Lomé chez un chef d'Etat très ami.
- Vous allez revenir chez vous à partir d'après demain, que votre voyage soit heureux, que votre responsabilité à la tête de votre pays s'affirme pour le service de celles et de ceux dont vous avez la charge, pour le service du développement et de la paix. Soyez remerciés.\

Voir tous les articles et dossiers