Publié le 14 avril 1983

Allocution prononcée par M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française, Berne, jeudi 14 avril 1983.

Allocution prononcée par M. François Mitterrand, Président de la République, devant la communauté française, Berne, jeudi 14 avril 1983.

14 avril 1983 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et messieurs,
- Mes chers compatriotes,
- Comme je le fais dans tous les pays où je me rends pour représenter notre pays la France, je rencontre les Français qui vivent dans ce pays, qui y travaillent, qui y produisent et qui représentent un peu de nous-mêmes.
- C'est pour moi d'ailleurs un rendez-vous très agréable lorsque j'entends des voix trop peu entendues exprimer des préoccupations que, souvent, l'on ignore. Oh ! certes on peut ramasser toujours les quelques préoccupations essentielles, par exemple : l'éducation des enfants, leur instruction, la situation des personnes âgées, les problèmes de Sécurité sociale, dans certains autres pays les problèmes de la coopération. On retrouve les mêmes thèmes et, pourtant, c'est chaque fois différent parce que chacune, chacun d'entre vous a ou peut avoir un problème familial, un problème professionnel, un problème social, un problème de santé.
- Mais des questions se posent dans la relation qu'ils ont avec la France qui, même dans un pays si proche et si ami, peut paraître lointaine. J'ai donc le plus grand besoin d'entendre cet écho, de vous entendre me parler. C'est pourquoi je vous parlerai peu de temps moi-même, ce serait un discours à sens unique, qui m'intéresse beaucoup moins, moi, que ce que vous avez à me dire. C'est pourquoi j'ai prévu quelques quarts d'heure et, si c'est prévu dans votre ambassade, monsieur l'ambassadeur, je vais essayer de circuler parmi vous. Vous représentez beaucoup pour moi, qui que vous soyez au delà de vos différences d'ailleurs nécessaires. Un pays comme la France a besoin de diversité. Vos opinions, vos choix, vos votes, je ne dis pas que celà m'est égal mais c'est quand même secondaire. Lorsque vous êtes réunis ici, dans votre ambassade, c'est-à-dire sur un bout de terre française, vous êtes une part de notre collectivité nationale.\
Individuellement vous êtes des Français que je pourrai rencontrer là où je vis moi-même. Je ne parle pas de l'Elysée. Cela ne vous arrive pas facilement d'y aller mais je n'y habite pas tellement moi non plus. Là où je vis dans ma province d'origine, dans ma maison familiale rien n'est plus important pour moi que de savoir comment réagissent et ce que pensent les Français et aussi comment ils vivent. Je sais bien qu'ils ne vivent pas toujours facilement. Je sais qu'il y a ici beaucoup de familles qui sont des familles mixtes. Il y a beaucoup de Français qui ont la double nationalité. Il y a beaucoup de Français qui vivent, je dirai presque qui ont vécu presque toute leur vie professionnelle, et finalement, qui se sont fixés dans ce pays. Et ceux là ont beaucoup à nous apprendre. Quand je dis toute leur vie, cela veut dire 30 ans, 40 ans, 50 ans. Comment se connait-on entre Français et Suisses ? C'est souvent plus difficile de vivre entre voisins qu'avec les autres car il y a des relations de caractère affectif qui poussent plus vite soit à l'enthousiasme, soit à la déception. C'est vraiment sur vous qu'il faut compter pour préserver le capital précieux de la bonne relation historique entre la Suisse et la France.
- Je vous remercie d'être venus en ce jour et ce soir. Je suis venu accompagné de plusieurs membres du gouvernement, M. le ministre des relations extérieures, M. Claude Cheysson, M. le ministre de l'économie et des finances, M. Jacques Delors, Mme le ministre du commerce extérieur, Mme Cresson et M. le ministre de la défense, M. Charles Hernu, indépendamment des hauts fonctionnaires qui nous ont accompagné pour conduire les discussions très intéressantes que nous avons commencées depuis ce matin avec les gens de la Suisse.
- Ils vont eux-mêmes circuler parmi vous. Après la Marseillaise qui va suivre mon allocution je serai ravi de pouvoir vous parler autant que je le pourrai, naturellement un peu superficiellement, un peu vite, mais je conserverai quand même dans ma mémoire une résonnance quand je vous aurai quitté.
- Je vous remercie.
- Vive la République, Vive la France.\

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