29 mai 2016 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur le centenaire de la bataille de Verdun et sur la réconciliation franco-allemande, à Verdun le 29 mai 2016.

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Madame la Chancelière, chère Angela MERKEL,
Mesdames, messieurs les ministres,
Monsieur le maire de Verdun, cher Samuel HAZARD,
Mesdames, messieurs les élus, présidents de région, de département, parlementaires,
Mesdames, messieurs,
Nous tenions, Angela MERKEL et moi-même, à venir à l'hôtel de ville de Verdun, à l'occasion du Centenaire de la bataille.
C'est une tradition pour le président de la République française que d'être là, mais c'est la première fois qu'un Chancelier d'Allemagne en l'occurrence, une Chancelière vient ici, dans cette mairie de Verdun.
Verdun, c'est pourtant là que nos nations ont trouvé leurs origines, puisque c'est un traité à Verdun qui, il y a plus de mille ans, a séparé l'empire de Charlemagne entre ses 3 petits-fils.
Et puis, au fil des siècles, la Meuse a été le théâtre tragique de batailles que nos deux pays se sont livrées, jusqu'à ces terribles mois de Verdun il y a 100 ans, où sont morts 300 000 soldats.
Ce long martyre et cette résistance héroïque ont alors fait de Verdun la ville la plus décorée de France. En 1916, c'est le président POINCARE qui était venu lui-même remettre la Légion d'honneur à la ville de Verdun.
Et puis le temps passant, de nombreuses distinctions françaises et étrangères, 26 au total, qui sont toutes exposées ici, ont signifié le rôle et l'importance de Verdun dans la Grande Guerre. Mais il manquait encore une distinction, celle qui lui est attribuée aujourd'hui, au nom de la réconciliation franco-allemande.
Et c'est grâce à vous, chère Angela, que Verdun est pour la première fois honoré, non pour son passé de souffrance mais pour son message d'espérance. C'est le sens du Prix De Gaulle Adenauer qui reconnaît "les mérites éminents de votre ville au service de la réconciliation, de la coopération et de l'amitié entre la France et l'Allemagne".
Car à Verdun, nous sommes sans cesse rappelés à l'Histoire, au souvenir de tous ceux qui sont tombés là et aussi au recueillement.
Chaque année, des milliers et des milliers de familles viennent pour adresser au monde un message de fraternité. Et c'est le rôle de cette ville, être la capitale de la paix.
Monsieur le maire, comme élu, comme enseignant, vous êtes engagé depuis longtemps pour la transmission de la mémoire et pour la défense des valeurs de la République, dont la première est la liberté, surtout quand elle est menacée par l'intolérance.
C'est une tâche immense qui est accomplie ici, génération après génération, que d'entretenir tous les monuments, à Verdun et autour de Verdun. Mais d'entretenir aussi la flamme, l'esprit.
Cette responsabilité, vous la partagez avec tous les élus de la Meuse et de la région Grand-Est, qui travaillent ensemble pour préserver les lieux et faire de ce site, un site à la mesure de ce qu'il représente dans le monde.
Nous serons tout à l'heure avec la Chancelière, avec le Président du Parlement européen, avec le président de la Commission européenne au Mémorial de Verdun. Il vient d'être rénové. Il est le musée le plus fréquenté du champ de bataille et il porte désormais un regard commun franco-allemand sur Verdun. Il offre aux visiteurs également grâce aux nouvelles technologies la possibilité de comprendre ce qui s'est produit.
Je veux remercier, au-delà de ce qu'a pu faire l'Etat, les collectivités territoriales, le Comité national du souvenir de Verdun, les fondations de mémoire qui ont conclu un partenariat qui donne au Mémorial la stabilité et les ressources dont il a besoin pour poursuivre sa mission éducative.
En Meuse, on travaille pour le souvenir mais on vit dans l'avenir. A Verdun, on fait de la tragédie de l'histoire humaine un vaste espace pour l'enseignement, pour la pédagogie, pour la compréhension et donc, pour la confiance que l'on doit avoir dans le futur.
Verdun ne s'est pas figé dans un culte des morts, mais s'est constamment projeté pour accomplir sa mission de paix. En ce sens, Verdun est une ville qui représente à la fois le pire, là où l'Europe s'est perdue il y a 100 ans, mais aussi le meilleur, là où la ville a été capable de s'investir, de s'unir pour la paix et pour l'amitié franco-allemande.Vive l'esprit de Verdun.

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