Publié le 4 avril 2016

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les relations franco-kenyanes et sur la lutte contre le terrorisme et la finance illégale, à Paris le 4 avril 2016.

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les relations franco-kenyanes et sur la lutte contre le terrorisme et la finance illégale, à Paris le 4 avril 2016.

4 avril 2016 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames et Messieurs,
Jai reçu aujourd'hui en visite officielle le Président Uhuru KENYATTA, Président du Kenya. Ce nétait dailleurs pas sa première venue en France car il était là lors de la Conférence sur le climat, mais cest sa première visite officielle ici à Paris.
Je laccueille dautant plus volontiers que nos deux pays ont des relations fortes dans plusieurs domaines. Le domaine économique, puisquil y a un niveau déchanges que nous ne trouvons pas encore suffisant, mais qui est en forte croissance depuis plusieurs mois et même plusieurs années, avec des entreprises françaises qui investissent au Kenya.
Nous avons également un partenariat sur le plan éducatif avec la formation professionnelle que nous voulons favoriser de manière à ce que nos entreprises puissent, lorsquelles sinstallent au Kenya, disposer dune main duvre qualifiée et nous-mêmes accueillir des étudiants kenyan ici en France.
Nous avons également une relation politique qui est à la fois ancienne, mais qui est marquée ces dernières années par la lutte commune contre le terrorisme. Je noublie pas quen 2013 et en 2015, des attaques extrêmement cruelles, horribles même, ont affecté le Kenya, dabord dans un centre commercial - chacun a les images à lesprit - et ensuite dans un campus universitaire. La France a elle aussi été victime de terrorisme et je ne reviens pas sur ce qui sest produit en 2015.
Nous devons donc coopérer car même si nous pouvons penser que ce ne sont pas les mêmes groupes qui ont commis ces actes, cest la même aspiration et cest la même volonté de porter atteinte à ce que nous représentons en tant que mode de vie. Nous devons donc agir ensemble. Cest ce que nous faisons aussi en Somalie puisque lEurope participe à laction qui a été décidée par la communauté internationale et le Président KENYATTA la rappelé, lEurope doit rester présente en Somalie et la France y veillera.
Il y a les échanges de renseignements, dinformations que nous devons partager. Il y a la lutte contre les filières et puis également des expériences que nous pouvons également échanger en matière de lutte contre la radicalisation ou pour la déradicalisation dun certain nombre de jeunes.
Nous avons aussi une responsabilité commune, le Kenya et la France, qui est dagir pour éviter quun certain nombre de conflits ne perdurent. Cest notamment ce que nous faisons en Somalie, mais aussi ce que nous devons faire dans dautres pays voisins du Kenya, je pense au Soudan du Sud, je pense surtout au Burundi où la France a fait adopter au Conseil de sécurité une résolution et nous souhaitons quelle puisse être mise en uvre. Cette résolution prévoit que des policiers de lONU puissent être rapidement mis à la disposition pour éviter quil puisse y avoir des conflits et que nous puissions constater une fois encore que des affrontements qui pourraient être extrêmement dangereux puissent se faire dans les prochaines semaines.
Nous avons aussi la volonté, je lai évoquée dès le début de cette déclaration à la presse, de mettre en uvre les résolutions, les conclusions de lAccord sur le climat. Dailleurs, dans beaucoup des décisions que nous avons prises aujourd'hui à loccasion de la visite du Président KENYATTA, dans beaucoup daccords qui ont été signés encore tout à lheure en ma présence et en la présence du Président kenyan, tout à lheure avec le MEDEF aussi, beaucoup portent sur les énergies renouvelables, sur les efforts que nous devons faire en matière dinfrastructures, en matière de barrages hydrauliques. Nous avons donc défini une stratégie commune par rapport à la mise en uvre de la Conférence sur le climat et le Kenya accueillera dailleurs bientôt une conférence importante par rapport à cet enjeu.
Je veux terminer sur la politique africaine de la France parce que cette politique est cohérente depuis maintenant près de quatre ans, elle vise à avoir des rapports et des relations avec tous les pays dAfrique. Au-delà même de lhistoire, au-delà même des langues, il ny a pas pour nous une Afrique qui serait regardée comme francophone et une autre qui nous serait étrangère. Nous avons cette confiance dans lAfrique comme continent davenir et nous voulons, bien sûr avec les pays qui nous sont historiquement liés, mais avec tous les pays africains - je pense donc au Kenya - qui connaissent des développements importants avec une volonté daccès aux technologies - en loccurrence le Kenya est un modèle en matière de numérique - nous voulons travailler avec lensemble du continent africain.
Nous le faisons aussi avec des principes. Notre Agence Française de Développement sest considérablement engagée - et la réforme qui est en cours en sera lillustration - pour apporter les financements qui sont nécessaires pour que lAfrique puisse pleinement accéder aux technologies. Nous le faisons aussi avec des principes liés à la Conférence sur le climat et nous le faisons enfin avec des principes politiques, pour que le pluralisme, la démocratie, la lutte contre la corruption puissent se faire avec les mêmes volontés que celles qui nous animent ici, en Europe et particulièrement en France, puisque nous en sommes responsables.
La lutte contre la corruption, la lutte contre la finance illégale, la lutte contre des phénomènes de blanchiment dargent, cest ce que fait la France depuis quatre ans. Elle ne le fait pas seule, heureusement, des pays nous accompagnent, mais cela donne des résultats. Cela donne des résultats pour lutter contre la fraude fiscale, cela donne des résultats pour lutter contre ce quon appelle loptimisation fiscale et surtout, cela donne des résultats en matière de transparence. Nous le voyons encore aujourd'hui avec les révélations qui sont faites. La loi que prépare le ministre des Finances Michel SAPIN, donnera encore dautres instruments pour agir pour la transparence, pour la lutte contre le blanchiment et également pour protéger les lanceurs dalerte.
Sans ces lanceurs dalerte, il ny aurait pas forcément les informations que nous connaissons aujourd'hui et donc la France veut être exemplaire. Pas simplement pour être comme les autres, parce que nous devons mener ce combat ensemble, mais pour être encore mieux que les autres. Pour que nous soyons classés parmi les premiers en matière de lutte contre la corruption. Pour ce qui concerne les révélations qui peuvent être faites et qui peuvent mettre en cause des personnalités françaises, sachez bien que les contrôles se feront, les actions seront engagées et la justice sera saisie.
Je veux une fois encore remercier le Président KENYATTA pour sa présence. Nous savons ce que représente le Kenya pour lAfrique. Le Kenya a été lun des premiers pays à sémanciper et à montrer lexemple à dautres. Merci.

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