Publié le 20 novembre 2015

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur l'attaque terroriste à Bamako au Mali et sur la lutte contre le dérèglement climatique, à Paris le 20 novembre 2015.

20 novembre 2015 - Seul le prononcé fait foi

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur l'attaque terroriste à Bamako au Mali et sur la lutte contre le dérèglement climatique, à Paris le 20 novembre 2015.

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Monsieur le ministre,
Monsieur l'ambassadeur pour la planète,
Cher Nicolas HULOT,
Mesdames, messieurs,
J'aurais voulu conclure vos travaux et y prendre le temps nécessaire au regard de l'enjeu, le climat. Votre réunion est importante parce qu'elle associe les agriculteurs français, les éleveurs à ce qui est notre devoir, la lutte contre le réchauffement climatique et la préparation de ce grand rendez-vous que sera la COP 21.
Mais vous savez qu'en ce moment même, des terroristes sont entrés dans un hôtel à Bamako et ont pris des otages. Je suis en relation permanente avec les autorités maliennes £ je viens d'avoir le président Ibrahim KEITA du Mali et je lui ai assuré que la France était disponible pour apporter aux forces de son pays le soutien nécessaire.
L'assaut a été donné et nous ferons en sorte avec les moyens qui sont les nôtres sur place de pouvoir obtenir la libération des otages. Une fois encore, les terroristes veulent marquer de leur présence barbare tous les lieux où ils peuvent tuer, où ils peuvent impressionner et massacrer. Nous devons une fois encore tenir bon et montrer notre solidarité à l'égard d'un pays ami, le Mali.
C'est d'autant plus important que dans cet hôtel de Bamako, il y a des touristes ou des responsables d'entreprises de nombreuses nationalités. Parce qu'il s'agissait d'aller vers un pays qui a besoin d'être soutenu dans sa reconstruction et dans son développement. J'assure donc aux Maliens toute notre solidarité, tout notre soutien.
Je veux dire également aux ressortissants français qui peuvent être en ce moment même au Mali de prendre le plus rapidement possible l'attache de l'ambassade, de manière à ce que tout soit fait pour qu'ils puissent être protégés.
D'une manière générale, dans le contexte que chacun connaît, je demande à tous nos ressortissants dans des pays que l'on sait sensibles de prendre toutes les précautions. Il ne s'agit pas que la vie s'arrête, et encore moins pour le développement ou l'activité économique dans des pays qui ont besoin de nous, mais il est très important que nous pensions aussi à la sécurité.
Je reviens pour dire quelques mots du sujet, le vôtre, qui est le sujet aussi de la vie, car ce qui est en cause avec la Conférence sur le climat, c'est la protection de la vie aujourd'hui et c'est la poursuite de la vie demain dans des conditions de bien-être, dans des conditions aussi de sécurité.
Nicolas HULOT a voulu que se tienne cette réunion avant cette Conférence si importante sur le climat que j'ai voulu maintenir dans les formes et surtout dans la perspective de trouver un accord, à Paris. Elle rassemblera de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement, plus de 130. Elle a déjà réussi à obtenir la contribution de la totalité des pays de la planète.
Pour qu'elle soit une réussite, il faut que cette conférence mobilise tous les acteurs. C'est le sens de cette réunion que vous avez voulue aujourd'hui, avec les éleveurs, avec les entrepreneurs, avec les organisations professionnelles. Stéphane LE FOLL y tenait particulièrement, pour bien montrer que l'agriculture française qui peut connaître ses difficultés, -nul n'ignore la crise qu'elle a traversée- fait en sorte de défendre l'excellence française, mais également la sécurité de notre alimentation. Cette agriculture française qui depuis longtemps s'est engagée dans la réduction des gaz à effet de serre, doit continuer à faire des efforts.
Les éleveurs français détiennent le 1ertroupeau d'Europe et doivent continuer à innover. C'est ce que vous avez voulu démontrer à travers cette réunion : que non seulement on pouvait produire, produire mieux tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Nous pouvons y parvenir grâce à la recherche, grâce à l'innovation et c'est aussi ce que vous représentez aujourd'hui.
Nous avons plusieurs objectifs, vous les avez évoqués tout au long de la matinée. L'objectif d'améliorer l'autonomie fourragère, d'adapter les systèmes de production, de stocker davantage de carbone organique et d'une manière générale, de développer la méthanisation. C'est un grand objectif que poursuit le ministre de l'Agriculture depuis qu'il est en responsabilité et nous en voyons les premiers résultats.
La méthanisation a plusieurs avantages, d'abord celui de lutter contre le réchauffement climatique, d'engager l'économie circulaire et également de procurer des revenus supplémentaires pour les agriculteurs.
Je vous invite donc et j'aurais pu être plus long à multiplier les initiatives, à engager un véritable plan qui puisse démontrer que l'élevage français est exemplaire, car il l'est déjà aujourd'hui et il peut l'être encore davantage demain. Exemplaire dans ses modes de production, exemplaire dans la recherche des technologies, exemplaire aussi dans la transparence pour les consommateurs. C'est le dernier point sur lequel je veux insister.
Certains esprits peuvent être troublés et se dire qu'il ne faudrait plus manger de viande comme il ne faudrait plus se transporter, il ne faudrait peut-être même plus avoir d'activité pour être protégé de la dégradation du climat. Ce n'est pas le choix que nous avons fait, le choix que nous faisons est un choix lucide, il faut produire, il faut pouvoir alimenter ceux qui vivent dans notre pays, ceux qui attendent aussi de nous le soutien nécessaire. Il faut également être capable d'avoir une économie solide et en même temps, nous devons faire différemment du passé et être capables d'inventer, d'anticiper, de prévoir, c'est cela l'enjeu.
Mais nous avons besoin des éleveurs, nous avons besoin des agriculteurs, nous avons besoin des chercheurs, des entrepreneurs, nous avons aussi besoin des consommateurs et il faut leur donner tous les éléments du choix, ce qui suppose la transparence, ce qui suppose l'information, ce qui suppose aussi qu'en tant que professionnels, vous puissiez leur apporter les garanties nécessaires.
Donc je voulais vous dire tout le soutien que je veux vous apporter, tout l'enjeu que représente la Conférence sur le Climat et toute la confiance que je porte aux éleveurs pour s'engager dans des pratiques différentes. Merci.

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