Publié le 25 juillet 2013

Conférence de presse conjointe de MM.François Hollande, Président de la République, et Borut Pahor, président de la République slovène, sur les relations entre l'Union européenne et les pays des Balkans occidentaux, à Ljubljana le 25 juillet 2013.

25 juillet 2013 - Seul le prononcé fait foi

Conférence de presse conjointe de MM.François Hollande, Président de la République, et Borut Pahor, président de la République slovène, sur les relations entre l'Union européenne et les pays des Balkans occidentaux, à Ljubljana le 25 juillet 2013.

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M. Borut PAHOR « Mesdames et Messieurs, aujourdhui, il y a tout simplement quelques minutes, les dirigeants du processus de Brdo ont adopté des conclusions dont vous allez recevoir dici peu une copie.
Dans ce document, vous trouverez des réponses à un certain nombre de questions, des questions que nous avons entendues et qui sont dun intérêt tout particulier pour lévènement daujourdhui, et également pour nos travaux à lavenir.
Permettez-moi tout dabord, avant même de résumer ces conclusions, de faire part de notre gratitude à Monsieur le Président HOLLANDE, dans la mesure où il a été notre premier invité de haut niveau. Ce processus de Brdo va se poursuivre. Notre prochaine réunion se tiendra en Croatie, nous en sommes convenus.
Jaimerais donc remercier le Président HOLLANDE davoir accepté notre invitation et davoir participé à cette réunion de grande importance du processus de Brdo.
Il nous a fait part de son point de vue sur le processus délargissement. Bien sûr, cest le point de vue de la République française et, dans la mesure du possible, il nous a également fait part du point de vue de lUnion européenne.
Avant de donner la parole à nos invités, permettez-moi de vous faire part de ma satisfaction au nom de la Présidence croate et de notre Présidence qui ont préparé cette réunion. Jaimerais vous faire part également de la satisfaction de tous ceux qui ont répondu à notre invitation. Sur la base des échanges de tous les dirigeants, il est clair que le processus de Brdo présente une grande opportunité et en particulier ces réunions informelles entre dirigeants.
Les pays ont des statuts différents. La Slovénie est membre de lUnion européenne, de Schengen, de lOTAN. Il y a dautres pays, en revanche qui ne bénéficient daucun de ces statuts et qui, pour autant, vivent ensemble. Nous vivons ensemble dans une zone relativement petite au sein de ce vieux continent quest lEurope. Pour des raisons historiques il y a toujours eu cette zone de prospérité, de stabilité et nous avons toujours représenté une opportunité, le principal but du processus de Brdo est celui-ci dailleurs.
Compte-tenu de ces points communs, de ces chemins communs, avec lUnion européenne, nous voulons saisir les opportunités quoffre cette région du continent européen.
Ceci demande que nous gardions à lesprit que le processus délargissement de lUnion européenne est un processus qui ne sera peut-être pas aussi rapide que le souhaiteraient tous les pays qui souhaitent rejoindre lUnion.
Néanmoins, dans lintervalle, il nous faut résoudre les autres questions qui demeurent et qui sont le résultat qui émerge des ruines de lancienne Yougoslavie. Nous avons également lAlbanie ici présente. Nous avons opté pour la réconciliation et résolu les questions politiques afin de ne pas nous retrouver dans des situations inacceptables.
Mesdames et Messieurs, il peut toujours y avoir un risque si les questions bilatérales ne sont pas résolues. Je prends lexemple de la Slovénie et de la Croatie et la question des frontières maritimes. A différents égards, notre région peut être un symbole de peur et non pas dopportunités. Il nous appartient dinverser cette tendance. En effet, ici il y a des pays qui ont des intérêts vitaux et qui peuvent garantir la paix et la prospérité des peuples. Plus nous contribuerons à résoudre ces problèmes, plus nous pourrons facilement intégrer lUnion européenne.
Cest lessentiel de ce processus de Brdo aujourdhui, nous en avons déjà parlé avec le Président français, vous allez pouvoir lentendre. Monsieur le Président, je vous laisse la parole. »
LE PRESIDENT : « Monsieur le Président, je voulais une nouvelle fois vous remercier pour linvitation, que vous avez faite à la France, de venir ici pour cette réunion. Jassocie le Président croate que jai reçu le 14 juillet et qui est aussi partie prenante de ce processus.
Cest un honneur pour la France que dêtre présente à cette réunion des Balkans. La France est liée à votre grande région par notre histoire, par nos liens politiques, par les relations culturelles, linguistiques la francophonie y a sa place et également par des relations économiques.
Je mesure ce que représente linitiative que vous prenez parce quelle est un message despoir pour les peuples des Balkans qui ont vécu sur leur sol une tragédie que vous êtes en train de dépasser.
Tout nest pas encore réglé dans cette région et il y a encore des sujets qui appellent notre vigilance et notre préoccupation. Mais ce que je suis venu dire aux pays représentés, aux huit chefs dEtat, cest que la France est à leurs côtés pour poursuivre lintégration des Balkans dans lUnion européenne. Je viens dans un contexte, vous lavez rappelé Monsieur le Président, où la Croatie vient dadhérer à lUnion, rejoignant ainsi la Slovénie, qui elle-même est membre de la zone euro, et à un moment où Belgrade et Pristina ont scellé un accord historique grâce à linitiative de lEurope.
Je suis venu réaffirmer la perspective européenne des Balkans, je le fais avec la continuité de lengagement de la France. En effet, cest pendant la Présidence française, en 2000 à Zagreb, que cette perspective avait été fixée, que cette volonté avait été affirmée. Plus dune décennie après, la France est toujours là à vos côtés pour rappeler cette perspective.
Certes, il y a des conditions pour que des pays qui sont candidats ou qui ont été admis dans la négociation, puissent voir le processus aboutir.
La première de ces conditions, et cela cest chaque pays qui doit la remplir, cest de mettre en uvre des réformes, des réformes économiques, comme tout pays qui a vocation à rentrer dans lUnion européenne. Mais également des réformes politiques, des réformes institutionnelles, des réformes qui portent sur lEtat de droit.
La seconde condition, et cest toute la région qui doit la remplir, cest la réconciliation, cest la coopération régionale. Cest ce que vous engagez à travers ce processus. Parce que si les contentieux ne sont pas réglés, si la stabilité nest pas trouvée, si la sécurité nest pas assurée, il ne peut alors pas y avoir dintégration dans lEurope. LEurope peut aider, lEurope peut accompagner mais lEurope ne peut pas se substituer aux Etats pour les choix qui les concernent dabord.
Pourquoi suis-je aussi attaché à cette perspective européenne ? Parce que construire lEurope, dès lors que nous avons accepté quelle soit à léchelle du continent, construire lEurope sans les Balkans, cest dune certaine façon occulter ce qua été la réalité de lEurope et notamment dans sa phase tragique. Je rappelais que nous allions célébrer lannée prochaine, en France, le centenaire de la Première Guerre mondiale, qui a été déclenchée dans les Balkans à Sarajevo. La dernière guerre qui se soit produite sur le sol européen, cest également dans les Balkans.
Il ny aura lEurope de la paix, lEurope de la réconciliation que si nous sommes capables, vous et nous, de faire en sorte que les Balkans soient parties prenantes de lEurope. Il y a des efforts à faire, il y a des conditions à remplir mais il y a des exemples : la Slovénie, la Croatie lont démontré. A partir de là, la France sera aux côtés des pays ici représentés pour, notamment au Conseil européen, faire valoir la nécessité de ce processus, de cette perspective et de favoriser à travers ses propres médiations la réconciliation indispensables dans les Balkans.
Tel est le sens de ma présence et je vous renouvelle ici ma gratitude davoir compris que la France était ici votre amie.
M. Borut PAHOR : « Le Président et moi-même avons accepté de prendre un certain nombre de questions si vous souhaitez posez des questions suite à cette réunion informelle des dirigeants du processus de Brdo. Qui souhaite commencez ? »
QUESTION : « Monsieur le Président HOLLANDE, quelle est limportance pour lUnion européenne du rôle de la Slovénie en tant que pont entre lUnion européenne et les Balkans occidentaux ? Et quattendez-vous précisément de la Slovénie dans ce contexte particulier ? »
LE PRESIDENT : « La Slovénie est dune certaine façon une référence puisque ce pays a été capable très rapidement dadhérer à lUnion européenne et dêtre partie prenante de la zone euro. La Slovénie aurait pu être un pays à part dans les Balkans et elle a choisi de faire en sorte daccompagner des pays voisins pour quils puissent trouver leur place dans lUnion européenne. Je souhaite donc que ce rôle-là soit encore davantage reconnu et renforcé. Jaurai cet après-midi des relations avec les autorités slovènes. Le Président, nous lavons déjà marqué à travers un premier entretien, mais également avec la Première ministre et avec le Président de lAssemblée pour bien montrer le rôle que peut jouer la Slovénie et la relation particulière qui peut être celle entre la France et la Slovénie.
Je mhonore aussi dêtre le premier chef de lEtat français à venir en Slovénie depuis lindépendance. Cest aussi une forme de reconnaissance de linfluence de la Slovénie en Europe et dans les Balkans. »
QUESTION : « Une question, Monsieur le Président de la République, un peu en marge du sommet mais je pense que vous la comprendrez. Quel est votre sentiment, quelques jours après Brétigny, face à la catastrophe ferroviaire qui a eu lieu en Espagne et est-ce que vous avez pu joindre Mariano RAJOY ? »
LE PRESIDENT : « Jai appris cette nuit cette terrible catastrophe qui en rappelle une autre celle de Brétigny mais qui a une dimension, hélas, encore plus tragique avec un nombre de victimes très élevé et de nombreux blessés. Jai joint Mariano RAJOY, je ne lai pas encore eu personnellement, il était sur les lieux mêmes de la catastrophe. Jai adressé au peuple espagnol la solidarité du peuple français et exprimé aux familles également toute notre compassion. Il faudra ensuite tirer toutes les conclusions, là encore, sur les causes mêmes de cette catastrophe et sur les choix que nous avons à faire en matière de transport. »
M. Borut PAHOR : « Voilà qui nous amène à la fin de cette conférence si vous souhaitez poser des questions. Au nom des hôtes, permettez-moi de vous remercier davoir été présents. Permettez-moi également au nom de tous ceux qui étaient présents ici de dire à quel point, suivant cette catastrophe, nous sommes de tout cur aux côtés des familles des victimes de cette catastrophe ferroviaire en Espagne. Jespère sincèrement quensemble nous pourrons tout mettre en uvre pour surmonter cette douleur quont les familles suite à cette tragédie. »
QUESTION : « La Macédoine a demandé une assistance pour régler la question du nom au cours de cette réunion, comme cela a été un petit peu le cas entre Pritina et Belgrade ou bien entre Ljubljana et Zagreb. Est-ce que vous êtes prêt à porter votre appui pour régler ce différend ? Et puis vous avez également évoqué le sommet européen du mois de décembre, ma question est la suivante : que peut attendre la Macédoine du sommet de décembre sagissant de cette question ? Puisque au mois de juin, il na même pas été question du nom où le statu quo demeure. »
LE PRESIDENT : « Au mois de juin, cétait essentiellement la Serbie qui était concernée, dautant que ce jour-là nous avions félicité le Premier ministre de Croatie, présent au Conseil européen, pour le succès du processus dadhésion. Sur lAncienne République yougoslave de Macédoine, jai rappelé que la France était disposée à chercher, par la qualité des relations que nous pouvons avoir avec la Grèce, une solution. Il vrai que la question du nom bloque, pour linstant, le processus et que nous ne pouvons pas en rester là. La France est donc prête à jouer, là aussi, son rôle pour favoriser une bonne compréhension de ce sujet qui maintenant si je puis dire complique le processus depuis trop longtemps. »
QUESTION : « Une question pour vous dabord Monsieur le Président. Je voudrais revenir sur le sens de votre présence ici aujourdhui. Que pouvez-vous apporter aux pays des Balkans ? Quest-ce que la France peut apporter et que pouvez-vous en retirer en échange ? »
Une question pour vous également Monsieur le Président. Pourquoi avoir invité le Président français et non pas des représentants de lUnion européenne ou de lAllemagne par exemple ? Et quattendez-vous très concrètement de la France aujourdhui ? Je vous remercie. »
LE PRESIDENT : « Jai rappelé les relations historiques que la France a dans les Balkans. Jai aussi rappelé lengagement de la France pour ouvrir la perspective européenne pour les pays des Balkans. Jai enfin conscience quil ny a dEurope que si nous achevons le processus, ici dans les Balkans, pour les raisons historiques que jai rappelées, tragiques même.
Il y a ce que la France peut apporter, cest-à-dire comme lun des principaux pays fondateurs de lEurope. Ce que nous pouvons apporter car nous pouvons parler à tous malgré les blessures de lhistoire. Nous avons de bonnes relations avec tous les pays des Balkans. Nous sommes reconnus, regardés comme pouvant jouer un rôle.
On parlait tout à lheure de ce problème du nom qui empêche lAncienne République yougoslave de Macédoine de pouvoir trouver sa place. Nous avons joué un rôle éminent. Souvenez-vous, ce nest pas si loin par rapport à la Bosnie-Herzégovine ou par rapport au Kosovo.
Vous demandez ce que nous pouvons en tirer en retour. Mais rien. Si ce nest la volonté que la stabilité, la paix puissent être la condition de vie des habitants de cette région. Est-ce que je souhaite quil y ait davantage dinvestissements dentreprises françaises dans les Balkans ? Oui. Davantage déchanges économiques ? Sûrement. Et il y a à lévidence une présence insuffisante de la France sur le plan économique dans cette région. Nous allons veiller à ce quil en soit différemment pour lavenir.
Mais dabord, cest notre rôle politique qui est reconnu. Nous ne cherchons pas à en avoir le monopole et il y aura, à lévidence, dautres chefs dEtat qui viendront pour dautres réunions dans le cadre de ce processus. Mais que la France ait été invitée prouve bien que nous pouvons être utiles et aux Balkans, et à lEurope ».
M. Borut PAHOR : « En préparation à la réunion daujourdhui, nous étions convenu dun accord entre les dirigeants et nous nous étions également mis daccord avec les dirigeants de lUnion européenne et avec la haute représentante de lUnion européenne et nous étions convenu daccorder la plus haute importance à ces réunions informelles au plus haut niveau, telle que celle qui était prévue en Croatie. Et nous étions convenus de dire que lors de chaque réunion, jinviterai un dirigeant dun Etat membre de lUnion européenne ou bien un haut représentant des institutions de lUnion européenne. Par conséquent, je peux vous confirmer quun accord formel a été obtenu sur le nom du prochain hôte de notre sommet informel, à savoir M. Martin SCHULTZ, Président du Parlement européen.
Nous estimons en effet que recevoir des hôtes importants qui pourront être à lécoute des observations, des commentaires, des questions permettra de renforcer la coopération et cela permettra de mettre en place des conditions qui donneront aux dirigeants de la région ainsi quaux dirigeants de lUnion européenne la possibilité de préparer le terrain. Il sagira en effet de voir quels sont les progrès réalisés dans la région des pays des Balkans occidentaux, une région qui nest souvent pas perçue comme une région stable, mais comme une région difficile. Or, nous pouvons trouver une solution, nous pouvons parvenir à des accords avec notamment lappui de lUnion européenne. Et cest précisément notre objectif dans le cadre de cette réunion informelle. Par conséquent, je me félicite de constater que nous soyons parvenus à mettre en place une infrastructure, un véhicule de dialogue politique qui aura un rôle extrêmement important dans les mois à venir. Cela, jen ai lintime conviction ».
QUESTION : « Monsieur HOLLANDE, jai une question pour vous. Etes-vous inquiet que la Slovénie puisse être le prochain pays à avoir besoin dune aide financière compte tenu des difficultés quelle rencontre et si cela se produisait, quel message pour les pays ici présents et le reste du monde.
Deuxième question : Insisterez-vous pour le retard de lâge de départ à la retraite. En France, ce sont deux questions qui sadressent au Président HOLLANDE ».
LE PRESIDENT : « Je ne pensais pas être interrogé sur lâge de la retraite en France en venant ici en Slovénie. Mais cela sera un sujet de la rentrée puisque nous avons des réformes à faire en France comme dans tous les pays européens pour réduire nos déficits, être plus compétitifs et garder un principe de solidarité.
Mais sur la situation de la Slovénie, nous avions eu loccasion, lors de la visite du Président slovène à Paris, den parler. Nous avons confiance dans le système bancaire slovène. Il a, comme dans beaucoup de pays européens, démontré sa fiabilité mais il ny a pas, ici, dalarme à prononcer et je ne suis pas informé dune demande daide financière venant de la Slovénie à lEurope. Il y a des efforts qui sont engagés par le Gouvernement slovène que je regarde et qui me permettent davoir, je vous lai dit, confiance.
Sur la situation économique de lEurope, je vais être interrogé par les chefs dEtat à loccasion du déjeuner. Parce que cest ce que lon dit : il faut ouvrir une perspective européenne. Mais faudrait-il encore que lEurope soit un espoir et non pas une crainte, que lEurope soit regardée comme une façon de trouver de la croissance, de lemploi et pas simplement des mesures restrictives, même si les disciplines sont nécessaires. Javais, il y a quelques semaines, même mois, dit que nous étions sortis, pour lessentiel, de la crise de la zone euro. Cest le cas, même si il peut y avoir des problèmes politiques dans tel ou tel pays qui parfois fait ressurgir un certain nombre de craintes. Je constate que, sur les marchés, aujourdhui, il ny a plus de doute sur lappartenance des pays qui sont aujourdhui membres de la zone euro quant à leur avenir dans cette zone. Maintenant, lenjeu, cest de sortir de la récession et il y a des indices, qui dailleurs sont publiés ces derniers jours, qui laissent penser que, effectivement, il y a une sortie de la récession qui est maintenant en vue. Ce que nous devons faire, cest soutenir cette dynamique qui est encore très fragile, ce rétablissement des comptes, des disciplines pour offrir une perspective de croissance. Cest le message que je porte au niveau européen. Nous devons assouplir un certain nombre de règles, mettre de la croissance, concevoir des politiques plus structurelles, de long terme, pour lindustrie, pour lénergie. Et ainsi, permettre que les pays qui sont déjà membres de lUnion européenne puissent être consolidés, confortés, et que les pays qui nen sont pas encore membres puissent regarder lEurope comme un espoir ».
M. Borut PAHOR : « Dans la mesure où vous ne participerez pas à toutes les autres réunions, permettez-moi peut-être de vous donner une idée du point de vue slovène de cette question. En effet, la Slovénie tend à résoudre cette crise par ses propres moyens, cest-à-dire elle ne fera pas appel à laide extérieure. Dabord, il faut savoir que la Slovénie a déjà mis en uvre, avec succès, des règles relatives aux marchés financiers. Dici à la fin du mois de mai, la Commission européenne a procédé à une évaluation du programme de stabilité et indiqué que ce programme allait dans le bon sens pour la Slovénie et sera à même de résoudre les difficultés. Jai lintime conviction que la partie la plus importante du processus dassainissement économique est le rétablissement dun secteur bancaire, la situation est loin dêtre aussi désastreuse que la situation à Chypre. Il sagit en effet pour nous de veiller à ce que nous ayons suffisamment de liquidités pour pouvoir garantir une situation budgétaire telle quelle est requise et cest la raison pour laquelle nous avons préparé ce programme de privatisation.
Mais, une fois de plus, permettez-moi de revenir sur la raison pour laquelle nous avons choisi le Président HOLLANDE comme notre premier hôte ici, au processus de Brdo. Très franchement, je ne my attendais pas beaucoup. Cela a été une excellente surprise pour moi lorsque, lors de ma visite à Paris, alors que jévoquais différentes questions, jai indiqué que je souhaitais mettre en place un mécanisme souple et agile. Et jai été surpris, agréablement surpris, de constater que cela suscitait lintérêt du Président français. Sur le champ, le Président français a fait part de sa volonté de participer à la réunion ce jour. Pour nous, cest vraiment un message dencouragement pour lavenir ».
QUESTION : « Monsieur le Président, la politique étrangère française na pas été particulièrement active dans la région de lex-Yougoslavie. Est-ce que votre visite signifie que la France veut maintenant jouer un rôle plus actif dans la région de lex-Yougoslavie ? »
LE PRESIDENT : « Oui. Si vous voulez me faire dire que nous navons pas été assez présents, nous lavons été. Je rappelle que lorsquil y a eu la crise en Bosnie-Herzégovine, des soldats français sont venus. Nous avons déploré 84 morts. Nous avons joué notre rôle au Kosovo. Mais, au-delà du règlement de ces conflits, cest vrai que la diplomatie française na pas été aussi présente quil aurait été nécessaire. A travers cette invitation, à travers cette volonté que jai rappelée, à travers linfluence que la France peut jouer pour régler un certain nombre de différends et pour favoriser la perspective européenne, la France sera davantage active dans la région des Balkans durant les prochains mois et les prochaines années. Moi-même, jaurai loccasion de le démontrer ».
M. Borut PAHOR : « Nous savons que le déjeuner fait pleinement partie de cet événement informel. En conséquence, jaimerais que nous poursuivions nos travaux et que nous mettions un terme à cette conférence de presse et je vous remercie de votre attention ».

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