Publié le 10 juillet 2013

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les efforts en faveur de l'hôpital, à Paris le 10 juillet 2013.

Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur les efforts en faveur de l'hôpital, à Paris le 10 juillet 2013.

10 juillet 2013 - Seul le prononcé fait foi

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Mesdames les ministres,
Mesdames et Messieurs les parlementaires et les élus,
Madame la Première adjointe au maire de Paris,
Monsieur le Président du conseil de surveillance,
Madame la directrice générale,
Monsieur le directeur de lhôpital,
Je nose pas dire Madame la Conseillère générale, parce quon croira que nous sommes dans notre département de prédilection.
Mesdames et Messieurs,
Cest avec grand plaisir et jallais dire grande fierté que jai inauguré le nouveau pôle mère-enfant de lhôpital Necker. Necker, depuis deux siècles, est un fleuron de la médecine française. Je veux saluer tous les personnels qui sy dévouent : médecins, cadres de santé, personnels hospitaliers, tous unis dans le même effort, dans la même volonté qui est de permettre laccès aux soins pour tous.
Necker, cest ici que la pédiatrie moderne sest développée et sest peut-être même inventée autour de Robert DEBRE puis de Pierre ROYER, Jean FREZAL et Jean REY. Autant de noms qui sont restés dans lhistoire de la médecine et de la pédiatrie. Cest ici aussi, avec Robert DEBRE quont été conçus les Centres hospitalo-universitaires.
Cest encore ici, en 1952, que Jean HAMBURGER réalisa la première greffe de rein.
Cest ici, à Necker, que vous êtes considérés comme lhôpital pédiatrique de référence, dexcellence. Toutes les spécialités du soin de lenfant sont représentées, avec des équipes qui sont parmi les meilleures du monde. Jai eu loccasion daller auprès de mères qui ont toutes témoigné de ce qua été lapport non seulement des techniques médicales les plus modernes, mais aussi de laffection, de laccompagnement, de lencadrement qui leur ont permis davoir un accouchement qui pouvait être difficile et qui est devenu un bonheur.
Necker, cest aussi la prise en charge des maladies rares qui concernent en France près de 4 millions de personnes, et en particulier les enfants puisque 80% de ces maladies sont dordre génétique. La plateforme maladies rares et les plans qui ont suivi ont conduit à la labélisation de 131 centres de référence dont 36 à Necker, qui abrite aussi la banque nationale de données.
Necker, toujours Necker qui accueille linstitut hospitalo-universitaire IMAGINE dont le projet est didentifier, de comprendre, puis demain, de traiter les maladies génétiques. Avec cette capacité de lier la recherche fondamentale et la recherche clinique, et de permettre que le soin puisse suivre immédiatement la découverte.
Lhôpital Necker sest donné aussi les moyens de détecter ces maladies génétiques. Il en est ainsi du diagnostic préimplantatoire qui permet au troisième jour qui suit la fécondation in vitro, didentifier chez un embryon lexistence dune anomalie génétique conduisant à une maladie grave et irréversible. Jai eu une discussion, trop brève, avec les spécialistes de ces questions, ici dans cet hôpital, qui montre que les limites reculent, que les frontières sont repoussées et que ce qui paraissait impossible il y a encore quelques années, devient réalisable aujourdhui, grâce à cette recherche, grâce à cette technologie. Il ny a en France que trois autres établissements autorisés à pratiquer une telle technique. La conséquence est quen moyenne un couple doit attendre deux ans avant dêtre pris en charge. Cela nest pas acceptable et donc ne sera pas accepté. Je demande à la ministre de la Santé, Marisol TOURAINE, de renforcer les moyens des centres existant, et si nécessaire den créer de nouveaux.
Lhôpital Necker-Enfants malades est aussi, et je lai constaté, un établissement de proximité. Le 15ème arrondissement est représenté dans toute sa diversité et cest votre hôpital. Cest lhôpital du 15ème et du 7ème, soyons justes : on prévoit que 75 000 enfants seront accueillis aux urgences chaque année.
En pédiatrie et en obstétrique, ce sont 3 000 naissances, 40 000 hospitalisations, 200 000 consultations. Autant dactivités qui, jusquà cette année, étaient dispersées dans plusieurs bâtiments, parfois dans dautres hôpitaux de lAssistance Publique. Il y a eu ce regroupement, qui a été voulu, qui a été mené à bien. Et non sans mal puisquil a fallu 15 ans, ma-t-on dit, et cest une bonne source qui men a fait la confidence. 15 ans pour en arriver enfin à cette inauguration.
Ce nouveau Pôle mère-enfants est, ou plutôt a été, une aventure. Au départ, il nétait question que de restructurer quelques plateaux techniques Plus tard, il y a eu le projet de réunir dans un même ensemble toute lactivité pédiatrique de lhôpital. Puis il a fallu trouver un emplacement où construire le nouveau bâtiment, et je veux saluer le maire de Paris, Bertrand DELANOË et Anne HIDALGO, la présidente du conseil de surveillance de lhôpital Necker, parce que leur aide a été déterminante pour surmonter les oppositions et permettre lobtention du permis de construire.
Vous avez même dû trouver, ma-t-on dit, les moyens de préserver une uvre dart mondialement connue je veux parler de la tour de Keith HARING, qui a même été réhabilitée grâce à cet équipement, qui soigne donc y compris les uvres dart.
Mais Laennec fonctionne uniquement pour des enfants. Cest là sa fonction, et toute son organisation le rappelle.
Soigner des enfants, cest bien sûr leur apporter tout ce que le personnel et la technique médicale sont capables de faire.
Mais soigner des enfants, cest aussi animer leurs journées dhôpital. Jen ai pris conscience ici, en voyant les activités ludiques qui étaient proposées. Dans un cadre éblouissant et je veux en féliciter larchitecte. Parce que nous sommes éblouis par la lumière du jour.
Il est vrai que même au plus loin de louverture de lhôpital, on voit la rue. Cest le talent de larchitecte que davoir permis au personnel et aux patients de ne pas être isolés, enfermés comme on peut parfois en avoir limpression, dans un établissement hospitalier. Vous avez donc prévu des salles de classe, des salles de jeu, et même une radio à laquelle les enfants sont associés.
Soigner des enfants, cest aussi accueillir leurs parents, leur faire une place dans la chambre avec des fauteuils-lits qui ont pu être, à cette fin, installés. Je veux ici saluer aussi cette initiative. Permettre que les parents soient au plus près de leur enfant.
Soigner des enfants, cest concevoir lhôpital avec les yeux dun enfant. Les couleurs, vous ne les avez pas simplement mises sur les murs, vous les avez également placées au plafond de ces chambres ou de ces lieux daccueil. Je me suis posé la question : mais pourquoi mettre des couleurs au plafond ? Il faut avoir été malade pour comprendre cette question. Parce que lorsque lon est malade et transporté, que lon est dans son lit, on ne voit pas les murs, on ne voit que le plafond. Mettre des couleurs au plafond, cest permettre de donner de la couleur à la vie.
Vous avez été capables aussi de mettre le malade au cur du système. Cest un beau principe. Vous lavez fait en mettant tous les services autour de lenfant hospitalisé. Cest sans doute là, la caractéristique du projet, qui a été de concevoir le bâtiment avec tous les services possibles pour quil ny ait pas de séparation par rapport à lenfant qui irait dun établissement à un autre, dun service à un autre. Pour que tout puisse être mis à la disposition de lenfant autour de son lit de petit malade.
Lieu de soins, lieu de recherche, lieu denseignement, votre établissement est aussi ouvert sur son quartier et sur la ville. Je pense notamment à toutes ces associations qui y interviennent, ces 500 bénévoles qui aident et accompagnent les enfants et leurs familles. Je sais aussi ce que vous faites Mme CHIRAC, pour intervenir sur un certain nombre déquipements. Je veux ici tous vous en remercier.
Lhôpital Necker-Enfants Malades est un des fleurons de lAssistance Publique Hôpitaux de Paris. Je salue donc sa Directrice, son Président.
44 établissements, 90 000 professionnels au service des patients venus de toute lIle-de-France, de la France entière et même de létranger. Jai omis de rappeler quici, dans cet hôpital, beaucoup des enfants accueillis viennent de létranger parce que vous êtes un hôpital de référence.
LAssistance Publique, ce sont 7 millions de patients soignés chaque année !
Nous avons là un gisement dexpertise, de professionnalisme, de dévouement, de compétence, reconnus dans le monde entier. Nous ne le laisserons jamais sabîmer. Je fais confiance à tous les ministres ici présents, aux responsables de lAssistance Publique, pour maintenir cette vigilance.
LAssistance Publique est aussi le plus gros investisseur hospitalier : 400 M chaque année, 10% de leffort que nous consacrons à léquipement des hôpitaux, puisque ce sont 4 milliards deuros par an, 45 milliards sur les 10 prochaines années qui soutiennent les hôpitaux.
Létat de certains établissements appelle des travaux importants. Je sais quil y a un certain nombre de débats aujourdhui. Je pense notamment aux hôpitaux du Nord de Paris. Des interventions doivent être faites, notamment à Bichat et Beaujon. Je connais bien ces établissements. Depuis plusieurs années, ils ont développé de nombreuses complémentarités. Mais les bâtiments sont devenus des contraintes, qui seront bientôt des obstacles. Cette situation ne peut pas durer. Il est indispensable de créer un nouvel hôpital, lhôpital Nord du Grand Paris, puisque aujourdhui cest le Grand Paris qui doit nous animer. Le Grand Paris, ce ne sont pas seulement des infrastructures de transport, cest déjà beaucoup. Ce sont aussi des établissements hospitaliers de haut niveau. Un nouvel hôpital doit naitre en prise avec son environnement, moderne, un hôpital adossé à un campus qui affirmera sa double dimension : universitaire et recherche.
Il est temps de lancer ce projet.
Mais nous devons avoir aussi le sens de limpatience, car entre les premières réflexions en 1996 pour ce bâtiment que nous inaugurons aujourdhui et son achèvement, cest-à-dire linauguration, il sest écoulé dix-sept ans et les habitants du Nord de Paris et de sa périphérie ne pourront pas attendre autant dannées.
Je demande donc que sous légide de la ministre de la Santé et de la ministre de lEnseignement supérieur, lAssistance Publique initie rapidement les travaux pour ce nouvel hôpital et son environnement universitaire. Je ne doute pas que la Ville de Paris, la Région Ile-de-France et toutes les collectivités locales concernées, seront associées à ce beau projet, à ce grand projet utile au Grand Paris et surtout à ses habitants.
Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que jétais venu vous dire : dabord une fierté, je lai exprimée. Etre Président de la République française, cest être Président dun pays qui a fait de la santé lexcellence. Cela ne veut pas dire quil ny ait pas de problème, cela ne veut pas dire quil ny ait pas de difficultés dans nombres détablissements, cela ne veut pas dire quil ny a pas de déserts médicaux ou des inégalités, encore, devant laccès aux soins. Mais nous sommes capables, quand je dis « nous », cest lensemble de la communauté nationale, nous sommes capables de faire de lexcellence, à travers un bâtiment et les équipements qui laccompagnent. Excellence aussi dans lintervention médicale.
Mon message, cétait aussi de dire que nous devons traiter la douleur, la douleur de lenfant qui est sans doute la plus insupportable et faire en sorte que tous les enfants puissent être suivis et accompagnés.
Il y a toujours aussi le risque de la mort. La mort nous ne souhaitons pas en parler, mais pourtant elle est là, cest une réalité. Et vous savez quune réflexion a été lancée et je souhaite quelle soit poursuivie par le Comité national déthique, pour que la question de la fin de vie, et notamment celle des enfants malades, puisse être abordée. Comment affronter cette réalité, cette douleur, avec respect, avec dignité, avec humanité £ préparer, aider les parents à surmonter cette épreuve. Lexpérience de la communauté soignante et des usagers de lHôpital Necker-Enfants malades nous y aidera. Et je compte sur vos interventions.
Enfin, mon dernier message, cest que derrière la technique médicale, derrière le professionnalisme des équipes, il y a le service public. Lhôpital est un service public et son rôle, sa mission, son devoir, cest daccueillir les malades, tous les malades. En leur offrant à tous la même considération, la même qualité de soins. Que lon soit ici, dans le quinzième arrondissement, en Seine-Saint-Denis ou dans un département rural, comme le Morbihan où jétais il y a quelques jours.
Partout cest la même exigence, lexigence de qualité, lexigence dégalité. Cest le sens de notre pacte républicain et il se joue dans cette promesse : lexcellence qui est ici déployée dans ce bâtiment Laennec, dans cet hôpital, célèbre parmi beaucoup dautres, cette excellence doit être accessible à tous. Sans considération de revenus, dorigine, dâge. Cette promesse, cest la responsabilité de lEtat de faire en sorte quelle puisse continuer à être tenue, aujourdhui et surtout demain. Et cette promesse, elle ne pourra être accomplie que si les personnels, les professionnels disposent du soutien des pouvoirs publics et déquipements comme celui-ci. Cétait le sens de mon engagement. Merci.

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