Fait partie du dossier : Paris 2024 : ouvrons grand les jeux !

A l'occasion de sa visite de chantier du Grand Palais pour les 100 jours avant les Jeux Olympiques et Paralympiques, le Président Emmanuel Macron a répondu à une interview pour RMC et BFM TV. 

Revoir l'interview : 

15 avril 2024 - Seul le prononcé fait foi

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J-100 Paris 2024 : Interview du Président Emmanuel Macron sur RMC et BFMTV.

Emmanuel MACRON

Bonjour.

Apolline DE MALHERBE

Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin sur RMC et BFMTV. C'est au fond le coup d'envoi des Jeux olympiques à presque 100 jours de la cérémonie d'ouverture. Nous sommes ici au Grand Palais. C'est presque la réinauguration, c'est plutôt une visite de chantier, pour être tout à fait honnête, on va évidemment parler Jeux Olympiques. Rien que les JO, mais toutes les JO, on est bien d'accord, monsieur le Président.

Emmanuel MACRON

Avec un grand bonheur.

Apolline DE MALHERBE

On va parler donc sport, enthousiasme, ambition française, mais on va aussi parler de ce qui inquiète les Français, les questions de sécurité, d'organisation, de coût et de diplomatie plus que jamais. Je vous présente l'équipe olympique de RMC, même s'il n'y a pas vraiment besoin de les présenter. David DOUILLET, double champion olympique de judo 96 et 2000.

David DOUILLET

Bonjour Monsieur le Président.

Apolline DE MALHERBE

Marion BARTOLI, ex-numéro 1 française de tennis, vainqueure Wimbledon 2013.

Marion BARTOLI

Bonjour Monsieur le Président.

Apolline DE MALHERBE

Rémy BOULLÉ, médaillé paralympique para-canoë 2021 et en route pour une médaille supplémentaire, puisqu’il sera sur le canoé le 7 septembre.

Rémy BOULLÉ

Bonjour Monsieur le Président.

Emmanuel MACRON

Bonjour Rémy.

Apolline DE MALHERBE

Je précise que nous serons rejoints tout au long de cette émission par les auditeurs de RMC et les téléspectateurs de BFMTV qui vous interrogeront en direct.

Monsieur le Président, dans la nuit de samedi à dimanche, l'Iran a attaqué Israël. Est-ce que vous redoutez l'embrasement ?

Emmanuel MACRON

Oui, c'est la crainte que nous avons tous. D'abord, nous avons condamné avec la plus grande fermeté cette attaque de l'Iran. Elle est inédite dans sa forme parce que l'Iran, depuis son sol, a envoyé des drones et des missiles, plusieurs centaines, sur le sol d'Israël. C'est une victoire d'Israël, parce qu'ils ont réussi à stopper la quasi-totalité de ces missiles et de ces drones. Seuls 7 ont touché leur sol avec un blessé. Enfin, le bilan sera fait par Israël, mais donc très limité.

La France a été aux côtés d'Israël et sous coordination américaine avec nos amis britanniques parce que nous sommes sur le sol jordanien à la demande de la Jordanie, nous avons eu des interceptions en stricte protection et défense à faire dans cette nuit en effet de samedi. Mais donc nous avons condamné, nous sommes intervenus et aujourd'hui nous allons tout faire pour éviter l'embrasement, c’est-à-dire l'escalade, et donc essayer de convaincre Israël qu'il ne faut pas répondre en escaladant, mais plutôt isoler l'Iran, réussir à convaincre les pays de la région que l'Iran est un danger, accroître les sanctions, renforcer la pression sur les activités nucléaires et puis retrouver un chemin de paix dans la région. C'est aussi pour cela que nous appelons à la prudence sur Rafah et que nous avons demandé un cessez-le-feu pour pouvoir procéder aux opérations humanitaires. Mais la situation est très instable aujourd'hui et donc il y a une très forte mobilisation diplomatique qui se fait autour de ce contexte.

Apolline DE MALHERBE

Je suis frappée que vous disiez, Monsieur le Président, que la France est intervenue à la demande des Jordaniens. Ce que vous voulez dire, c’est que vous n'avez pas fait ça en soutien direct d'Israël ?

Emmanuel MACRON

On l’a fait en soutien, mais les Iraniens ont violé l'espace aérien de plusieurs pays. C'est pour simplement rappeler le cadre dans lequel nous intervenons. Vous savez, depuis maintenant plusieurs années, nous avons une base aérienne en Jordanie pour lutter contre le terrorisme. Et donc l'espace aérien jordanien a été violé par ces tirs. Nous avons fait décoller nos avions et nous avons intercepté ce que nous devions intercepter.

Apolline DE MALHERBE

Qui attaque qui ? C'est-à-dire que l'Iran dit que c'est une réponse à l'attaque d'Israël contre leur consulat à Damas. Qui attaque qui ?

Emmanuel MACRON

Aujourd'hui, Israël se protège. Le fait générateur de cette situation d'ensemble, c'est l'attaque terroriste du Hamas du 7 octobre dernier. Dans ce contexte, il y a eu plusieurs interventions qui étaient liées à l’Iran et Israël en effet, il y a plusieurs jours, a frappé en Syrie et à Damas emprise diplomatico-militaire iranienne. Les Iraniens ont répondu, mais ils ont répondu de manière, si je puis dire, disproportionnée, parce qu'au lieu d’aller toucher des intérêts israéliens en dehors d'Israël, eh bien, ils ont été chercher Israël sur son sol, depuis leur sol, ce qui est une première et une forme d'équilibre, si je puis dire, de la violence qui existe dans la région, de la même manière qu'on a depuis des semaines, et oserais-je dire depuis des années, des tirs qui se font par exemple entre le Hezbollah et le nord d’Israël.

Eh bien, il y a des déséquilibres, certaines zones ne sont pas touchées. Là, pour la première fois, l'Iran a décidé d'envoyer des frappes depuis son sol sur le sol d'Israël. Et c'est un changement, une rupture profonde. Et donc, c'est pour ça que ce qui s’est ouvert est très dangereux en termes de réaction. Donc, très clairement, c'est l'Iran qui a décidé de frapper Israël dans le contexte d'une manière inédite. Et donc il nous faut à la fois être aux côtés d'Israël pour assurer sa protection au maximum, mais appeler à une limite pour éviter l'escalade.

Apolline DE MALHERBE

Et quand vous dites d'ailleurs c'est très dangereux, vous avez même précisé : on va faire en sorte qu'il n'y ait pas forcément de riposte. Est-ce que s'il y avait riposte israélienne, vous estimeriez que c'est de la légitime défense ?

Emmanuel MACRON

Il y a tout un travail qui est fait. Nous avons hier tenu un G7. Il y a des frappes. Si elles sont limitées à des intérêts militaires de manière très calibrée, qui pourrait mettre fin, si je puis dire, à ces allers-retours. Mais il faut éviter que, à chaque étape, c'est soit un seuil qui soit franchi. Et on voit bien qu’aujourd'hui, on a une situation qui est très grave. Au fond, depuis le 7 octobre, Israël, légitimement se défend et veut mettre à bas un groupe terroriste qui l’a attaqué, le Hamas. Nous, ce que nous avons dit, c'est nous reconnaissons ce droit à vous défendre. Il faut le faire de manière proportionnée parce que vous êtes une démocratie, un droit humanitaire. C'est pour ça qu'on a demandé un cessez-le-feu justement à Gaza et qu'on souhaite que les opérations humanitaires puissent reprendre pour protéger les populations civiles, qui n'ont rien à voir avec le Hamas. Le risque, c'est celui de l'embrasement régional et avec l'entrée, si je puis dire, dans ce contexte, maintenant explicite de l'Iran, c'est un risque d'escalade parce que c'est l'Iran directement comme puissance. Mais c'est tout ce qu'on appelle ses proxys, c'est à dire le Hezbollah en Iran, les Houthis qui ont déjà fait plusieurs frappes dans toute la région, et puis les milices qui opèrent en Irak et en Syrie. Et donc, ce qui est important, c'est que la sécurité d'Israël soit préservée, c'est que le travail puisse se faire contre le Hamas, mais qu'on retrouve un cadre, si je puis dire, humanitaire et politique apaisé, pour qu'on puisse aussi éviter l'embrasement régional.

Apolline DE MALHERBE

Quand vous dites « On », quel sera le rôle précis de la France ? Qu’est-ce que vous espérez jouer ?

Emmanuel MACRON

Écoutez, ce qu'on essaie d'être, c'est une puissance médiatrice. Je reparlerai d'ailleurs tout à l'heure au Premier ministre NETANYAHOU. Nous avons eu plusieurs éléments de coopération en termes de renseignement. Nous avons contribué à couper des financements pour le Hamas. Et puis nous parlons aux uns et aux autres. D'abord, on a dans cette nuit de samedi à dimanche, procédé à plusieurs identifications de tirs. Donc on a échangé de l'information, procéder à des interceptions, ce qui, je crois, fait de nous des partenaires crédibles, mais nous parlons à toute la région, c'est-à-dire on échange avec c’est-à-dire, on échange avec la Jordanie, l’Egypte, le Qatar, les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite. Et donc, tous les pays de la région dont c'est aussi, si je puis dire, la sécurité qui est en jeu, qui ont des sensibilités qui peuvent être différentes. Et par exemple, tous ces derniers mois, nous avons procédé à des largages de vivres et de médicaments dans Gaza avec les Jordaniens.

Nous avons envoyé un bateau qui est arrivé et qui a soigné plus de 1 000 Palestiniens sur les côtes égyptiennes. Et donc, nous parlons à tous les pays de la région. Et ce que je veux dire par-là, c'est que Israël doit pouvoir se protéger, lutter contre le terrorisme. Mais la sécurité durable, c'est celle qui engage tous les partenaires de la région, qui permet de lutter contre les terroristes mais qui évite l'embrasement. Et là, la France a un rôle à jouer, celui que nous jouons depuis le début de cette puissance d'équilibre.

Apolline DE MALHERBE

Avec les Américains, vous avez senti dans vos échanges avec Joe BIDEN, un engagement absolu aux côtés d'Israël ?

Emmanuel MACRON

On a parfois eu des différences. C'est-à-dire que les Américains ont moins tôt que nous appelés au cessez-le-feu. Ils ont, il y a une quinzaine de jours, changé de position aux Nations Unies et suivi notre position en décidant de ne plus bloquer les résolutions. Mais surtout, les Américains ont un rôle très important à jouer pour contenir l'Iran. Et je crois qu'au-delà de la situation qui se joue en Israël depuis maintenant plusieurs mois et en le disant, j'ai toujours une pensée pour évidemment les familles de victimes, mais aussi les familles d'otages qui sont encore détenues. Et une de nos priorités, c'est libérer les otages. Je rappelle que nous avons encore trois compatriotes qui sont détenus. Je pense ce matin à leurs familles. Le rôle des Américains, c'est de nous aider dans ces négociations, mais c'est de nous aider à contenir l'Iran, en portant des sanctions et en limitant leur accès à l’arme nucléaire, en portant des sanctions pour éviter que l’Iran ne continue à produire des missiles et des drones, qui sont aussi fournis, je le rappelle d’ailleurs, à la Russie pour…

Apolline DE MALHERBE

Pour l’Ukraine.

Emmanuel MACRON

… pour opérer sur le sol ukrainien. Et réussir à limiter les activités régionales de l'Iran. C'est là où les États-Unis ont un rôle clé, et ils l'ont joué dans la nuit de samedi à dimanche.

Apolline DE MALHERBE

On peut compter sur eux ?

Emmanuel MACRON

Très clairement, ils ont été au rendez-vous. Et ce que j'ai vu hier dans l'échange avec le président BIDEN, c'est une claire volonté de jouer ce rôle.

Apolline DE MALHERBE

À propos des Jeux olympiques, vous aviez, au moment où ces Jeux olympiques commençaient à se dessiner, dit que vous espériez qu'à cette occasion-là il y ait un sommet international qui puisse se tenir. Est-ce que c'est toujours d'actualité ou plus du tout ?

Emmanuel MACRON

Alors oui, on aura un sommet qui se tiendra avec le Comité international olympique la veille de la cérémonie d'ouverture. C'est un sommet que nous allons faire sur le sport, l'alimentation, l'éducation, c'est-à-dire tous les objectifs des Nations Unies permettant de donner plus d'avenir à nos jeunesses. Le sport participe de cet objectif. Et donc on va mobiliser à la fois les États, les fédérations, les partenaires privés autour de coalitions d'action.

Apolline DE MALHERBE

Est-ce qu'il y a des chefs d'État qui sont persona non grata ? Ou est-ce que vous vous dites, si Vladimir POUTINE s'invite, si NETANYAHOU s'invite…

Emmanuel MACRON

Alors, la règle, elle est simple, c'est qu'on co-invite avec le CIO, le Comité international olympique. Et ce sont formellement les fédérations qui invitent leur chef d'État. Comme la fédération de Russie n'est pas invitée, c'est une décision de la famille olympique — et moi, je me suis toujours tenu à cela, parce que c'est une bonne règle.

En fait, la France accueille un événement…

Apolline DE MALHERBE

Nous sommes des hôtes…

Emmanuel MACRON

On est des hôtes, et donc c'est le monde olympique qui décide. Et c'est aussi pour ça que j'ai toujours dit que ce n'est pas de la politique, et l'olympisme, c'est sa force…

Apolline DE MALHERBE

C'est aussi un peu de la politique.

Emmanuel MACRON

Oui, mais l’olympisme, il permet de réconcilier des nations qui parfois ne sont pas d'accord, sont en guerre, ont des sanctions les unes contre les autres. Et elle permet parfois à des athlètes de se réconcilier malgré cela. Et donc là, il y a une fédération qui n'est pas invitée, c'est la fédération de Russie. Donc, son dirigeant ne peut pas être invité. Par contre, les athlètes sans hymne, sans drapeau pourront concourir.

Apolline DE MALHERBE

David.

David DOUILLET

Le village olympique, ça peut vous servir, monsieur le Président. Parce qu’en réalité, c'était un exemple diplomatique. Et je vous encourage à inviter tous ces chefs d'État dans le village olympique, mais pendant qu'ils fonctionnent, c'est-à-dire dans les premiers jours. Et là, vous allez constater que des athlètes qui viennent évidemment de pays différents, qui ont des cultures différentes, des religions différentes, qui sont là dans toutes leurs différences, sont capables de faire un des plus beaux spectacles au monde. Et il faut se poser la question pourquoi, pourquoi sont-ils capables de faire ça ? Tout simplement parce que quand chacune et chacun d'entre eux ont poussé l'apport d'une association sportive ou ont fait du sport, ils ont acquis, malgré eux, des valeurs qui structurent une colonne vertébrale. Une colonne vertébrale qui permet le respect entre eux, qui permet de travailler ensemble, qui permet de vivre ensemble. Franchement, je vous encourage de vivre cette expérience avec eux. Vous verrez que ça peut vous être d'une grande utilité dans vos négociations diplomatiques.

Emmanuel MACRON

Merci beaucoup. Dans ce que vous dites, je crois que c'est la force de l'Olympisme et c'est aussi pour ça qu'on tient à ce que ces règles soient respectées. Et vous l'avez dit dans le sport, je pense qu'on y reviendra parce que c'est aussi ce qui nous a motivé pour avoir ces Jeux en France et je dirais pour laisser une trace au-delà des Jeux, c'est le respect et la tolérance. C'est-à-dire que c'est la volonté de mener une compétition sportive, alors soit en équipes, soit en individuels, et d'avoir des adversaires, mais qui ne sont pas des ennemis.

Apolline DE MALHERBE

Oui alors, des adversaires qui ne sont pas des ennemis, quand on va se retrouver avec parfois un athlète iranien qui va potentiellement croiser un athlète israélien, comment vous imaginez ces moments-là ?

Emmanuel MACRON

Comme ça s'est fait à chaque fois. C'est-à-dire avec ce que David DOUILLET vient de rappeler, le respect, la capacité à cohabiter. Et d'ailleurs, ce n'est pas du bois, mais je le touche.

Apolline DE MALHERBE

Si si, c’est du bois…

Emmanuel MACRON

C'est plutôt, je dirais, des extérieurs qui, à chaque fois, ont importé dans les Jeux de la violence et les pires événements.

David DOUILLET

Pas sûr que ça soit comme ça.

Emmanuel MACRON

Mais pas les athlètes. Et je pense que montrer qu'il y a ce cadre possible, c'est essentiel. Et par ailleurs, c'est ce qui toujours permet la paix. Quand les armes se taisent, vous devez renégocier et donc vous devez vous retrouver autour de la table avec ceux contre lesquels vous avez combattu. Et donc, c'est aussi en cela que l'Olympisme apporte, d'un point de vue diplomatique, beaucoup de choses. Et au-delà de l'expérience très humaine que David DOUILLET vient de décrire, on va aussi tout faire pour avoir une trêve olympique.

Apolline DE MALHERBE

Vous l'espérez encore ?

Emmanuel MACRON

Moi, je l’espère.

Apolline DE MALHERBE

Alors là, on pense évidemment à Israël-Gaza, mais on pense aussi à l'Ukraine.

Emmanuel MACRON

À l’Ukraine, à Israël-Gaza, à tous les théâtres. Vous savez, cet après-midi, nous allons accueillir aussi à Paris une conférence très importante pour le Soudan. Parce qu'il se passe au Soudan depuis maintenant un an une guerre terrible avec des dizaines de millions de déplacés, de femmes et d'hommes et d'enfants qui sont dans une situation de famille terrible. On va œuvrer à la trêve olympique. Et moi, je pense que c'est une occasion sur laquelle je vais d'ailleurs essayer d'engager beaucoup de nos partenaires. Le Président chinois vient dans quelques semaines à Paris. Je vais lui demander de m'aider. En 2022, il avait aussi ce même travail à faire pendant les Jeux olympiques d'hiver que la Chine accueillait. Et je pense que c'est une des forces et on a besoin de ça. Donc oui, c'est un moment aussi diplomatique de paix.

Marion BARTOLI

Et alors, moi, Monsieur le Président, j'avais une question justement sur les athlètes russes, parce que le tennis a été assez précurseur au début, même lorsque la guerre a commencé a éclaté, certains ont hésité pour savoir si les athlètes russes avaient le droit de participer. Au départ, ils ont été exclus puis finalement réintroduits dans les tournois sous bannière neutre puisque leurs drapeaux sont enlevés devant leur nom. Est-ce qu'aujourd'hui, la décision du CIO a été pour vous une évidence de les accepter ? Et j'inclus d'ailleurs les athlètes russes et biélorusses parce que ça a été le cas dans le tennis. Et est-ce que pour vous, comme l'a évoqué éventuellement Jean-Luc MÉLENCHON, et qu'est-ce que vous lui répondez d'ailleurs à cette question ? Pour les athlètes israéliens, est-ce qu'ils se posent une question ou aujourd'hui, vous condamnez ces propos qu'il a eus ?

Emmanuel MACRON

Non, je vous dis, la règle, elle est définie par le monde olympique et les fédérations et ensuite, il y a un vote. La Russie a décidé d'une guerre d'agression qui dure depuis deux ans, même plus de plus de deux ans. Et donc cette décision a été prise. Elle est à mes yeux proportionnée et juste. Elle consiste à dire : Nous condamnons le pays…

Marion BARTOLI

Mais pas les athlètes.

Emmanuel MACRON

…mais les athlètes qui n'y sont pour rien, qui parfois d’ailleurs ont condamné…

David DOUILLET

Mais il faudra reconstruire avec eux.

Marion BARTOLI

Bien sûr.

Emmanuel MACRON

Pardon ?

Marion BARTOLI

Il faudra reconstruire avec eux.

David DOUILLET

Pour la suite, quand les armes se seront…

Emmanuel MACRON

Exactement.

Marion BARTOLI

Oui.

Emmanuel MACRON

Il faudra repartir.

David DOUILLET

…il faudra reconstruire avec eux.

Emmanuel MACRON

Et après, ce qu'on demande aussi aux athlètes, c'est la décence, c’est-à-dire de ne pas tenir des propos qui soient irrespectueux et de se tenir à un respect de l'autre et de l’adversaire et ne pas faire de politique, justement, et d'être agressif. Israël a été victime d'une attaque terroriste. C'est donc exactement le contraire.

Marion BARTOLI

Absolument.

Emmanuel MACRON

Donc il ne faut pas mettre ces situations en système d'équivalence. Elle répond à cette attaque terroriste en luttant contre le Hamas, groupe terroriste qui l'a attaqué le 7 octobre. Après Israël, aujourd'hui, en effet, à Gaza, dans la réponse à cette attaque terroriste et à cause de ce fait originel du Hamas, aujourd'hui, par ces bombardements, tuent des civils. C'est pour ça que nous demandons une trêve, conduisant à un cessez-le-feu, et donc un cessez-le-feu humanitaire. Mais c'est une situation très différente. On peut être en désaccord avec Israël sur les modalités d'apporter la réponse et de se protéger, mais on ne peut pas dire qu'Israël est un attaquant.

Marion BARTOLI

Absolument.

Emmanuel MACRON

Et donc la distinction est très claire. C'est pourquoi le drapeau israélien sera là, les sportifs seront là. Et j'espère aussi qu'ils seront des vecteurs de paix, parce qu'ils auront à mener des compétitions avec beaucoup d'acteurs de la région. Et moi, je ne désespère pas qu'on puisse arriver à ce cessez-le-feu et j'espère que les négociations en cours vont nous y conduire dans les prochaines heures.

David DOUILLET

Les Grecs ont montré l'exemple. La trêve olympique existait dans la Grèce antique.

Emmanuel MACRON

Exactement.

Apolline DE MALHERBE

Les Jeux olympiques, c'est aujourd'hui, au fond, pour les Français, plutôt une source d'inquiétude. Est-ce que vous allez réussir ce matin à rétablir l'équilibre ou peut-être à basculer plutôt dans l'enthousiasme ? Mais l'inquiétude, elle concerne surtout la cérémonie d'ouverture. Est-ce que les Jeux en valent la chandelle ? Est-ce que de ce point de vue-là, honnêtement, le risque n'est pas trop élevé, dans un contexte de terrorisme très très élevé ?

Emmanuel MACRON

Oui, parce qu'on l’a préparée, parce qu'on s'est donné les moyens de le faire.

Et donc ça en vaut la chandelle. Je pense même que, vous savez, c'est très important. Notre pays, malheureusement depuis tant d'années, est frappé par le terrorisme. Et ce que veulent avant tout les terroristes, c'est nous empêcher de rêver. Leur plus grande victoire, c'est ça. C'est-à-dire ils veulent empêcher les jeunes d'aller à des terrasses de cafés, d'aller à des concerts et des grands événements culturels, sportifs, de se tenir.

Apolline DE MALHERBE

Donc, même avec la vigilance urgence attentat ?

Emmanuel MACRON

Et donc on résiste mais on s'organise. Et donc, ici, ce que je veux vous dire, c'est qu'il n'y a pas de naïveté. Aucune. Il y a une très grande lucidité. On partage toutes les informations, les moyens considérables qu'on a mis, tout ce qu'on sait. Mais on va se donner les moyens de faire une très grande cérémonie d'ouverture. Mais surtout 4 grandes cérémonies. Parce que je rappelle que l'ouverture et la clôture des Jeux olympiques, puis l'ouverture et la clôture des Jeux paralympiques à quelques mètres d'ici, parce que…

Apolline DE MALHERBE

Ce sera place de la Concorde, ?

Emmanuel MACRON

Place de la Concorde pour l'ouverture des Jeux paralympiques.

Apolline DE MALHERBE

Je voudrais que vous puissiez convaincre directement Christelle.

Christelle, elle, nous a appelé au 3216. C'est une auditrice de RMC. Elle est pâtissière en Seine-Saint-Denis, à Drancy. Bonjour Christelle, si j'ai bien compris votre fils aimerait bien aller à la cérémonie d'ouverture. Racontez-nous comment vous réagissez. Christelle.

Christelle

Bonjour Monsieur le Président.

Emmanuel MACRON

Bonjour Madame.

Christelle

Moi, je lui ai interdit d'aller à la cérémonie. Alors, j'espère que ce jour-là, il travaillera parce qu'il travaille juste à côté. Et moi, ma question, c'était pourquoi vouloir impressionner le monde et maintenir la cérémonie sur la scène, malgré les risques d'attentats ?

Emmanuel MACRON

Alors, bonjour et merci de votre question. D'abord, je pense qu'on veut que la cérémonie soit la plus belle possible. Et un des éléments de ces Jeux olympiques et paralympiques, c'est de montrer le plus beau visage de la France et de montrer qu'on sait faire des choses extraordinaires. Vous savez, c'est dans ces moments-là d’ailleurs qu'on construit l'avenir. On y reviendra pour l'héritage et les grands monuments. On se retrouve ici même dans un monument qui était normalement temporaire pour la grande exposition de 1900. Cette cérémonie d'ouverture, c'est une première au monde. On peut le faire et on va le faire. Maintenant, on s'est donné les moyens, c'est-à-dire qu’on a des moyens de renseignement, d'intelligence qui sont totalement mobilisés pour cette cérémonie d'ouverture. Et ça c’est, je le dis en remerciant tous les riverains. On va mettre en place — ça a été présenté par le ministre de l'Intérieur et puis le préfet de police — tout un périmètre de sécurité tout autour de la cérémonie, des jours avant. Je dirais même que des semaines avant le début de la cérémonie d'ouverture.

Apolline DE MALHERBE

Mais donc vous dites à Christelle : c'est bon. Votre fils peut y aller, laissez-l’y aller.

Emmanuel MACRON

Moi, je vous dis s'il y a un endroit où votre fils sera en sécurité, c'est là. Je vais essayer de vous expliquer pourquoi. Parce que la sécurité absolue partout, je vous mentirais à dire ça, parce qu'il y a toujours des risques dans la vie et on le voit chaque jour malheureusement. Par contre, on s'est donné les moyens de le faire. On a anticipé, on met en place un périmètre de sécurité qui va être très large. On va cribler tous les gens qui rentrent et qui sortent. On va beaucoup restreindre la circulation. Et donc, je le redis, merci et pardon à tous les riverains, parce que ça va être beaucoup de contraintes, pour les particuliers et les entreprises. On va le faire des semaines avant. 8 jours avant, ça va être complètement bouclé. On va répéter, répéter. Il y aura des systèmes de drones, de codage de protection cyber et on a décidé, ça a été tout un travail ces derniers mois, de mettre en place un système de billetterie et pour les quais hauts et pour les quais bas. C'est-à-dire que les quais bas c'est payant. Il y a des tarifs variables, mais il y a une billetterie. Les quais hauts, où c'est gratuit, il y a une billetterie aussi pour pouvoir savoir qui vient et donc éviter les intrusions. Et on a, si je puis dire, des forces de l'ordre qui sont mobilisées à un niveau absolument exceptionnel. Donc oui c’est protégé. Après, je vais vous dire, si on pense qu'il y a des risques en fonction de l'analyse qu'on fera du contexte, on a des scénarios de repli.

Apolline DE MALHERBE

Et donc il y a des plans B.

Emmanuel MACRON

Il y a des plans B et même des plans C.

Emmanuel MACRON

Je vais être très clair avec vous et on les prépare en parallèle, c'est-à-dire en fait…

Apolline DE MALHERBE

Donc si une semaine avant, si 3 jours avant, voire même si 48 heures avant, vous vous rendez compte que le risque est trop élevé et que vous ne pouvez pas maîtriser, à ce moment-là, tant pis ?

Emmanuel MACRON

On fera une analyse en temps réel et donc on a une cérémonie pour tout vous dire qu'on prépare etqui serait limitée au Trocadéro par exemple, et donc on ne ferait pas toute la Seine si on se dit, si l’analyse permettait de…

Apolline DE MALHERBE

S'il faut restreindre le lieu.

Emmanuel MACRON

Exactement. Voire qui rapatrierait dans le Stade de France parce que c'est ce qui se fait classiquement.

Apolline DE MALHERBE

David a une solution.

David DOUILLET

Moi je propose que votre fils vienne avec moi. Moi j'ai été convaincu par le ministre de l'Intérieur Gérald DARMANIN. Franchement, j'avais les mêmes inquiétudes que vous. Il m'a convaincu.

Apolline DE MALHERBE

Christelle, j'avoue qu'avec David en garde du corps, franchement, je pense que c'est une bonne idée.

Christelle

On ira tous ensemble.

Apolline DE MALHERBE

Rémy, vous aviez une question aussi pour le Président sur la question des forces spéciales.

Emmanuel MACRON

Merci madame en tout cas.

Apolline DE MALHERBE

Merci Christelle.

Christelle

Merci.

Emmanuel MACRON

Mais franchement, laissez-le y aller, c'est une fois tous les 100 ans les J.O. Les J.O, les jeux olympiques.

Christelle

J’espère qu’il travaillera ce jour-là.

David DOUILLET

Non, non, non, non, non. Il vient avec moi.

Apolline DE MALHERBE

Totalement convaincue. David l’emmène.

Rémy BOULLÉ

Monsieur le Président, justement à l'occasion pour sécuriser un peu tout le parcours de la cérémonie d'ouverture, pourquoi on n'utiliserait pas les forces spéciales françaises militaires ? Je ne parle pas le GIGN ou autres, mais les militaires, le CPA 10, 20, 30, les RPIMA, pourraient aider, je pense, à sécuriser tous les périmètres et aujourd'hui je sais de sources qu’ils ne sont pas encore demandés. Alors je sais aussi qu’ils sont extrêmement projetés partout dans le monde, donc extrêmement utilisés. Mais pourquoi nous ne faisons pas appel à des forces comme ça qui ont vraiment l'habitude de la sécurisation et de répondre à toute éventualité ?

Emmanuel MACRON

C'est une très bonne question. On mobilise pour ces jeux, pas simplement pour la cérémonie d'ouverture. Mais on a environ 30 000 forces de l'ordre qui seront tous les jours mobilisées. Il y aura un pic évidemment, pour la cérémonie d'ouverture. Ce sera plus. On a de la sécurité privée et elle va avoir un rôle important à jouer en complément.

Apolline DE MALHERBE

La sécurité privée, il manque 10 000 agents au moment où on se parle.

Emmanuel MACRON

Non ! 

Apolline DE MALHERBE

Non ?

Emmanuel MACRON

On est en train de continuer à en former, mais on sera au rendez-vous. 

Apolline DE MALHERBE

J'avais regardé la semaine dernière, il en restait 10 000 et on a même France Travail, qui a été obligé de faire une sorte de carotte en disant, on va faire des primes…

Emmanuel MACRON

Dans les 10 000, je pense qu'il faut compter ceux qui sont en train d'être, d'être formés ou autre, mais on se donne un objectif, on a besoin de 20 000 jours, pareil, on en forme je crois 27 000 pour vous dire des choses. Donc c'est un complément. Pourquoi ? Parce qu'on a des entreprises qui n'honorent pas le contrat au dernier jour, on a des gens qui se font porter pâle, enfin, qui sont malades le jour, quand ça se déclenche.  

Apolline DE MALHERBE

On a aussi des gens qui ne dépassent pas le filtre des questions de sécurité.

Emmanuel MACRON

Oui, mais c’est pour ça qu’on en source, si je puis dire beaucoup plus. Donc on n'est pas aussi loin de l'objectif. On sera à l'objectif. On a même décidé de prendre, si je puis dire, des coussins de sécurité parce qu'on a aussi le retour de ce qu'on a fait au moment de la Coupe du monde de rugby qui s'est bien passée, qui a été un succès sécuritaire. Donc, on a ces 30 000 policiers et gendarmes. On a ces 27 000 mais 20 000 par jour de sécurité privé et nos militaires sont mobilisés mais en mode un peu sentinelle. Et là-dessus, je vais être clair : nos forces spéciales, elles ont, vous l'avez été, si je peux me permettre de le dire, et vous l'avez payé dans votre chair avec beaucoup de courage. Mais c'est des modes d'interventions qu'on n'utilise pas sur le sol français. Parce qu'on neutralise l'ennemi. Et donc, nos forces spéciales, elles vont continuer de se projeter à l'extérieur. Elles sont mobilisées, et après, il y a des règles d'intervention qui seront décidées dans des cas extrêmes par le chef d'état-major des armées que j'arbitrerai. Mais nos militaires sont mobilisés, dans un cadre qui est celui comparable à Sentinelle, de sécurisation des prises, de patrouille, mais pas de force spéciale.

Apolline DE MALHERBE

Comment on passe de l'inquiétude à l'enthousiasme ? Vous l'avez vu, Christelle a quand même du mal à être convaincue. A la fin, elle espère quand même qu'elle n’aura même pas à se poser la question de savoir si elle envoie son fils ou pas. Comment vous allez réussir à convaincre, c'est l'occasion aussi ce matin, les Français de faire confiance là-dessus ?

Emmanuel MACRON

Moi, je pense d'abord en étant transparent, ce qu'on est, et on ne minimise pas du tout la situation. On a un monde qui est en désordre de manière incroyable. On a des situations de guerre en Europe, au Proche-Orient. On a un risque terroriste qu'on connaît, mais on s'organise pour y répondre en transparence.

David DOUILLET

Et on n'arrête pas de vivre.

Emmanuel MACRON

On n'arrête pas de vivre.

Marion BARTOLI

Oui. Et puis, il y a aussi beaucoup de travail de service de renseignement à faire. Et d'ailleurs, Barack OBAMA avait exprimé très clairement le fait que les services secrets américains travaillaient en étroite collaboration avec les services secrets des pays hôtes aux Jeux olympiques pour assurer la sécurité non seulement des athlètes américains, mais de tout le monde, donc les spectateurs et les autres athlètes. Est-ce que vous faites appel à ce genre de services ? Vous êtes vraiment juste sur les forces étrangères.

Emmanuel MACRON

Alors oui, on a en permanence un travail avec les homologues en termes d'intelligence et de renseignement. Et ça, si je puis dire, c'est le quotidien de nos services. La France, il y a quelques mois, a démantelé une tentative d'attentat à Strasbourg qui était fait par un groupe terroriste dont les commanditaires sont les mêmes que ceux qui ont lancé l'attentat de Moscou. Donc, cette coopération, elle est permanente avec tous nos homologues européens, asiatiques, américains. Il y a aussi, à l'occasion de ces Jeux, une coopération avec beaucoup d'autres pays qui déploient du matériel, des forces de sécurité, soit pour aider à sécuriser leurs propres délégations ou des emprises. Donc, c'est aussi un moment de coopération avec beaucoup d'autres puissances. Mais ce que je veux dire par là, c'est que, en effet, on continue de vivre. On montre qu'on est capable de tenir des grands événements. On dit en transparence les risques, on s'organise pour y répondre et on montre aussi que c'est collectivement une expérience extraordinaire. Et comme je le disais, les Jeux olympiques et paralympiques, c'est une fois tous les 100 ans. Et donc, pour le pays, je veux vraiment, et je le dis pour madame et pour son fils et pour tout le monde, c'est nous qui allons en faire une fête aussi par notre volonté de le partager, d'accueillir le monde, de montrer le meilleur visage de la gastronomie française, de nos produits, notre capacité d'accueil, de nos paysages.

Apolline DE MALHERBE

On ne sera pas trop ronchons, vous faites confiance ?

Emmanuel MACRON

Mais moi, je suis convaincu qu'on sera fiers. D'abord, parce que le monde va voir la France. Vous savez, ça va commencer dès le 8 mai, avec l'accueil de la flamme, du Belem à Marseille. On va ensuite, du 8 mai au 26 juillet, faire 450 villes. Donc on va voir la France entière à travers le monde, la France hexagonale et d'outre-mer.

Apolline DE MALHERBE

On va se promener un peu parce qu'on va partir en Alsace, si vous voulez bien, monsieur le président. Je voudrais qu'on aille rejoindre Marie-Ève parce qu'elle nous attend. Marie-Ève qui est professeure d'anglais en Alsace, qui est d'ailleurs en cours. Je crois que vous êtes avec vos étudiants en master, c'est ça, Marie-Ève ?

Marie-Eve

Yes, good morning, Mister President.

Emmanuel MACRON

Good morning, how are you?

Apolline DE MALHERBE

C'est un très bon exercice pour les élèves. Marie-Ève, vous vous posez plein de questions, et notamment sur le fait que les jeunes se mobilisent ou non. Je vous écoute. Et le Président, surtout, vous écoute.

Marie-Eve

Oui, bonjour Monsieur le Président, bonjour à tous. On est donc en direct de l'ESGM Proforma avec mes étudiants au Master Direction des Ressources Humaines qui sont ravis de vous retrouver ce matin. Malheureusement, le sport ne fait pas partie de leurs grandes préoccupations, pour beaucoup de mes étudiants. Et j'aimerais savoir, Monsieur le Président, pourquoi nous n'avons pas réussi à faire du sport et des Jeux olympiques une grande cause nationale.

Emmanuel MACRON

Bonjour, et merci beaucoup d'abord de vous occuper de nos jeunes et je salue vos étudiants qui sont là derrière. D'abord, je pense que ça va quand même monter et j'espère qu'ils vont s'intéresser aux Jeux olympiques et paralympiques d'ici au 26 juillet et jusqu'au 8 septembre. Parce qu'on va avoir cette chronique d'événements, de sports, de vibrations pendant tout l'été. Et ça, je crois aussi que c'est l'événement lui-même qui va permettre de s'intéresser à tout ça. Ensuite, moi, je pense que, enfin c'est un de nos objectifs depuis 2017, c'est qu'on devienne enfin complètement une grande nation sportive. On est une nation qui a porté et qui porte de très grands athlètes, vous en êtes les exemples vivants, mais où le sport n'est pas au cœur forcément du projet de la nation. Et ça, c'est ce qu'on a voulu lancer dès 2017, en montant comme ça en charge, et en disant : le sport, par les valeurs qui sont les siennes, ce qu'on disait un peu tout à l'heure, le respect, la tolérance, les règles, a des vertus éducatives. Le sport, ensuite, a des vertus sanitaires, c'est le meilleur système de prévention. Et on a une des épidémies cachées du monde contemporain dans lequel on vit, c'est l'obésité des jeunes. Et donc le sport, et surtout après Covid, c'est essentiel. Et le sport, c'est ce qui permet aussi la confiance en soi. Parce qu'à l'école, vous allez vous retrouver dans une situation que vous n'aimez pas forcément parfois, vous avez des moments où vous ne réussissez pas. Des jeunes qui ne réussissent pas forcément sur les matières académiques sont bons en sport et retrouvent la confiance. Tout ça fait que le sport doit être au cœur du projet de l'école. Eh bien c'est ce qu'on a fait. On a mis la demi-heure de sport obligatoire au primaire.

Apolline DE MALHERBE

C'est une vraie demi-heure active ?

Emmanuel MACRON

Alors, on me dit aujourd'hui, c'est toujours très difficile à dire, le primaire aujourd'hui, tous nos enfants, ils ont la demi-heure de sport. On me dit, il y a plus de 90 %. Alors après, ça dépend des classes. Il y a des classes, comme je dis parfois, on compte le moment où on monte les escaliers, etc. Il y a des profs plus ou moins motivés. Moi, j'ai confiance dans nos enseignants.

Apolline DE MALHERBE

Pour trouver une manière en une demi-heure de...

Marion BARTOLI

Voilà, de faire quelque chose.

Emmanuel MACRON

J'ai vu par exemple, j'étais la semaine… il y a 15 jours dans une école, il y a des systèmes qui sont mis en place, où on danse au milieu de la classe avec des trucs qui sont projetés à l'écran et ils font des exercices.

Apolline DE MALHERBE

Il faut être créatif, quoi, pour trouver une demi-heure.

David DOUILLET

Moi, franchement, je pensais que cette première demi-heure, c'était une espèce de coup de pied pour essayer d'enfoncer la porte.

Emmanuel MACRON

Oui.

David DOUILLET

Mais on a envie que ce soit plus, parce que le temps de se changer...

Emmanuel MACRON

Alors ils ne se changent pas forcément parce qu'on l’a tous fait, mais si c'est déjà la demi-heure, on fait chaque jour de la balle au prisonnier, de l’initiation au foot, des exercices.

David DOUILLET

C'est le minimum du minimum.

Emmanuel MACRON

C'est le minimum du minimum, mais on donne le virus.

David DOUILLET

Mais là, il faut monter en puissance.

Emmanuel MACRON

Après, ce qu’on a mis, on a mis les 2 heures de plus au collège.

David DOUILLET

Oui.

Emmanuel MACRON

Et là, on est en train... Alors, il y a beaucoup de variétés parce que notre grand sujet, c'est qu'on a besoin pour ça du parascolaire et donc des associations. Et ce qu'on est en train de faire là, c'est d'aller au bout parce que souvent, on a des problèmes de transport.

David DOUILLET

Bien sûr.

Apolline DE MALHERBE

On va parler transport, on va parler des associations.

Emmanuel MACRON

Mais transport des élèves vers le club ou autre. Mais donc, on a mis la demi-heure de plus, on a mis l'évaluation en 6ᵉ grâce aux profs d’EPS, où on regarde justement, parce qu'il y a parfois, c'est là qu'on se rend compte qu'il y a des élèves qui ne sont pas bien coordonnés. Et on voit des choses qui sont... Le sport permet de détecter aussi d'autres pathologies parfois. Et puis, les deux heures de plus au collège. Mais surtout, derrière ça, on embarque tout le mouvement associatif parce que beaucoup du sport est porté par énormément de bénévoles à qui je veux rendre hommage ce matin, beaucoup de clubs, beaucoup de familles. Vous savez, derrière chaque champion, il y a des familles qui ont fait énormément de sacrifices. Il y a des clubs avec énormément de bénévoles qui sont des volontaires, des soirs, du samedi, du dimanche qui sont extraordinaires. Et tout ça, on les embarque et on refait aussi les infrastructures. Et ce qu'on a fait ces dernières années, c'est plus de 5 500 infrastructures sportives nouvelles. Et on va continuer, on en aura 10 000 en tout dans l'héritage. Et donc remettre le sport au cœur de la nation, je pense, pour répondre à votre question, madame, c'est un point clé. C'est de se dire, c'est pas simplement les Jeux une fois par siècle, mais le sport, c'est un truc qui nous change la vie. Parce que ça nous enthousiasme, parce que ça nous fait vivre des émotions, des expériences. Ça nous fait connaître d'autres. Ça nous fait rendre bien dans notre corps. Ça nous donne confiance en nous-mêmes. Voilà. Mais au-delà de ça, je pense que ce J-100 et ce pourquoi je suis là, devant vous aujourd'hui, c'est aussi pour vous dire, commençons à nous projeter dans les Jeux. Commençons à regarder les athlètes qui ont des chances de médailles.

Apolline DE MALHERBE

On va y revenir à ça, monsieur le Président.

Emmanuel MACRON

Et comme ça, vous verrez que vos étudiants, ils vont être à fond derrière les Jeux.

Marion BARTOLI

Moi, j'aimerais rebondir sur un élément…

Apolline DE MALHERBE

Vas-y, Marion.

Marion BARTOLI

…qui sont les parents. Parce qu'effectivement, dans mon parcours de vie de sportive de haut niveau, j'ai été amenée à énormément voyager, notamment aux États-Unis. Et le parcours d'un scolaire au collège ou parcours universitaire est complètement différent. Le sport est intégré dès les années de collège, les années de primaire et encore plus valorisé, beaucoup plus valorisé que chez nous. Bien évidemment, je ne parle même pas du championnat NCAA. Je ne parle même pas de Léon MARCHAND qui a choisi justement de partir là-bas pour s'imprégner de toute cette énergie positive que donne souvent ce championnat universitaire américain. Et moi, si je n'avais franchement pas eu des parents, non seulement extrêmement motivés, mais qui arrivaient à trouver le temps entre leurs métiers de médecin et d'infirmière pour m'amener dans toutes les compétitions dans la France entière, je ne serais certainement pas là devant vous aujourd'hui avec les titres que je suis arrivée à acquérir sur un court de tennis. Donc ma question, Monsieur le Président, tout d'abord, est-ce que vous êtes d'accord avec ce constat ? J'ai l'impression que oui. Et quelles sont vos méthodes ? Qu'est-ce que vous allez mettre en place de manière plus profonde pour que le sport fasse partie intégrante de la scolarité d'un enfant et pas seulement une espèce de plugin rajouté sur un programme journalier ou un programme de semaine des collégiens et lycéens ?

Emmanuel MACRON

Alors d'abord, je pense que ce qu'on est en train de faire, c'est un mouvement que je veux irréversible. Et comme vous l'avez dit, ce n'est pas un rajout, c'est qu'au cœur de l'école, le sport ait une place. Et je le dis… Tous les enseignants qui vraiment jouent le jeu le constatent. On a beaucoup d'enfants qui parfois sont turbulents, hyperactifs, etc. La demi-heure de sport, ça vous permet de bien apprendre. Et tous les pays qui ont des très bons résultats pédagogiques, ils l'ont aussi avec et par le sport. Donc ça, pour moi, le sport pour tous si je puis dire, le sport dans le projet de l'école, La France, nation sportive, ce n'est pas un accessoire, ce n'est pas un gadget, c'est au cœur de la mission pédagogique de l'école parce que ça permet d'être en bonne santé, ça permet de mieux apprendre et ça permet d'avoir la confiance en soi. Et ça, on va, je dirais, le rendre irréversible à l'école, au collège, au lycée. Après, dans ce que vous décrivez, c'est le sport de haut niveau, là, c'est une autre catégorie. Vous avez raison de dire qu'il y a des modèles qui ont beaucoup plus mis au cœur, en particulier de leur vie universitaire cela, avec d'ailleurs un système où le championnat universitaire existe dans la nation. On a drafté des joueurs à les recruter, à les sourcer pour aller vers le professionnel. C'est moins le cas en France. Malgré tout, dans toutes ces familles, y compris aux États-Unis, où le revers de la médaille, c'est qu'on a souvent aussi un coût pour les familles et que les bourses ne valent pas pour tout le monde, il y a toujours des sacrifices familiaux et personnels. Et ça, je le dis et je salue. Ce qu'il y a derrière nos grands champions et je veux le rappeler à nos compatriotes, c'est énormément de travail pour parfois moins de 10 secondes de course, pour un combat qui va durer quelques secondes ou quelques minutes. Et il faut se représenter la disproportion des efforts.

Apolline DE MALHERBE

Je voudrais qu'on puisse parler des infrastructures, Monsieur le Président.

Emmanuel MACRON

Mais je voudrais juste, d’un mot, dire, sur le sport de haut niveau, je pense qu'on a encore beaucoup à faire. Là, ce qu'on a décidé, c'est de doubler le nombre de places en sport études, ce qui est déjà une petite révolution, si je puis dire, et j'y tiens beaucoup. On est en train de le déployer avec la ministre Amélie OUDÉA-CASTÉRA et on va, là aussi, commencer à structurer dans le Sup beaucoup plus de filières justement, sport, études et diplômantes.

Marion BARTOLI

Et vous avez créé avec elle aussi l'Alliance pour l'inclusion, pour le sport.

Emmanuel MACRON

Exactement.

Marion BARTOLI

Avec trois piliers : 1 000 emplois d'éducateurs, 10 000 clubs sportifs engagés et 100 000 bénéficiaires d’actions d’insertion par le sport.

Emmanuel MACRON

Exactement. Et j'étais en début d'année, vous étiez là aux vœux, à l'INSEP et on a mis en place avec l'INSEP les grandes écoles des systèmes justement co-diplômants qui permettent à des jeunes qui sont à l'INSEP, qui sont encadrés, qui sont dans l'excellence sportive française en parallèle d'avoir des systèmes de reconnaissance universitaire pour continuer les études et surtout préparer, si je puis dire, l'après carrière strictement sportive. Et ça, c'est très important. Et donc oui, on a énormément, sur le sport de haut niveau, encore à faire parce qu'on était très en retard. Et vos générations l’ont connu d’ailleurs.

Apolline DE MALHERBE

Et, là, on est un peu en retard, Monsieur le Président, sauf si vous voulez rester avec nous jusqu'à midi mais il y a quand même plein de questions qu’on aimerait…

Emmanuel MACRON

En tout cas, c’est très important.

Apolline DE MALHERBE

… qu’on aimerait vous poser. D’ailleurs, vous avez évoqué la question des jeunes, la question de la violence. Je voudrais qu'on passe aux infrastructures. Mais quand même d'un mot quand vous avez vu les drames qui se sont tristement succédés ces dernières semaines de collégiens. Est-ce que vous vous dites : Bon, il y a un truc qu'on a manqué dans le sport, dans le vivre ensemble. Est-ce que ce n'est pas l'occasion quand même d'essayer de recréer une forme d'équipe ?

Emmanuel MACRON

Oui, et j'espère que ces jeux vont nous le permettre. Et tout ce qu'on est en train de se dire. Je n'ai pas de naïveté. Il y a aussi une réponse qui est régalienne, qui est sécuritaire, qui est judiciaire. Et d'ailleurs, le Gouvernement continuera à décliner plusieurs de ces réponses qui est de renforcer la réponse pédagogique. Mais il y a tout un travail, si je puis dire, dans la manière d'être dans la vie. Et beaucoup des jeunes qui, à l'adolescence, posent des problèmes, ce sont des jeunes dont le cadre familial est explosé, des jeunes qui parfois sont à l'aide sociale à l'enfance, des jeunes qui sont dans ce qu'on appelle « les familles monoparentales », c'est-à-dire dont les familles ont explosé… souvent à plus de 90 % du temps, les mamans s'occupent de leurs enfants toutes seules. Le sport fait partie des réponses. Ce n'est pas la seule, mais fait partie des réponses. Pourquoi ? Parce que le sport, c'est ce qu'on disait, ça vous apprend à respecter des règles, ça vous apprend à aller au vestiaire, à bien vous tenir, à rentrer sur le terrain, à avoir des partenaires, si vous êtes dans le sport co, à vous dépasser vous-même, à respecter l'adversaire, à respecter un arbitre. Des tas de choses qui, dans la vie de tous les jours sont fondamentales et qui sont, si je puis dire, ce qui permet de ne pas aller dans ce qu'on appelle « l'anomie », qui fait qu'il n’y a plus de règles, qu'on est dans un monde liquide où tout, tout ressemble à tout. Le sport, ça fait partie des réponses, ça a une valeur pédagogique, ça a une valeur de respect. Et donc ce n'est pas la seule. Je ne suis pas naïf du tout, mais je pense que ça aide beaucoup parce que ça éduque.

David DOUILLET

Quand on pousse la porte d'une association, moi c'était mon cas. Tout ce que vous avez décrit, vous venez de me décrire en fait, et le sport a changé ma vie. Le fait de pousser la porte d'une association sportive a changé ma vie. Donc ce lien, il y a un truc qui manque quand même. Entre ce qui se passe à l'école, et vos mesures vont dans le bon sens, et ce qui se passe dans une association, ce lien entre l'école et l'association, on amorce à l'école pour ensuite continuer dans l'association. C'est là où ça manque un peu de lien.

Emmanuel MACRON

Alors en vrai, vous avez raison.

David DOUILLET

Renforcez tout ça.

Emmanuel MACRON

Ça, il faut le renforcer. Après, on n’avait parfois pas du tout à l'école. Ce qu'il faut faire, ce lien, c'est ce que font les bénévoles, les travailleurs sociaux, les collectivités locales, ce qu'on doit continuer de faire. Et ce ne sera jamais parfait. Mais c'est aller vers. C’est de voir quand on a un jeune qui commence à glisser et plutôt de le faire quand il est très jeune, de lui prendre la main et de lui dire : viens voir par-là, tu vas voir. Viens au club de foot.

David DOUILLET

Mais est-ce que l’école peut ou pas ouvrir la porte des associations aussi ?

Emmanuel MACRON

Alors, bien sûr. De toute façon, on en a besoin parce qu'au collège, ça ne marche pas mes 2 heures de sport en plus par semaine.

Apolline DE MALHERBE

Si vous n'avez pas ces associations sur lesquelles vous pouvez compter.

Emmanuel MACRON

S’il n’y a pas les associations. Et donc c'est aussi pour ça qu'on a besoin de continuer à les aider à fonctionner dans des financements, à les aider à avoir des bons terrains. Mais c'est une chaîne, c'est-à-dire c'est des champions qui font rêver. Et on sait que les J.O. et les Jeux paralympiques vont créer des vocations. Derrière, il faut qu'on ait les clubs qui puissent les accueillir et puis qu’ils prennent la main d’un jeune et qui lui disent : ta place est là.

Apolline DE MALHERBE

On va essayer de les créer encore ce matin, Monsieur le Président, on a plein de points qu'on devrait vous demander. Il est donc 9 h pour ceux qui nous écoutent sur RMC. Je voudrais qu'on puisse parler aussi de l'héritage de ces jeux, y compris des infrastructures, avec deux points en particulier : la question de l'accessibilité, puis la question de la Seine, vous n'y manquerez pas, évidemment, Monsieur le Président. Vous imaginez bien que je vais vous poser la question. Je voudrais que Rémy puisse vous interroger sur la question de l'accessibilité. C'était l'une des promesses quand même de ces jeux.

Rémy BOULLÉ

Exactement. Alors, avant même la question de l'accessibilité, je voulais revenir sur un petit point, avoir un peu de croustillant monsieur le Président : allez-vous justement, comme on parlait du relais de la flamme, allez-vous porter la flamme et faire un petit relais, vous qui êtes très sportif alors ?

Emmanuel MACRON

Non, mais d'abord, je pense que ce n'est pas forcément ma place et mon rôle. Je veux laisser ça aux gens qui ont été sélectionnés, à nos compatriotes, aux sportifs et aux Françaises et Français qui sont là. Moi, je serai le 8 mai à Marseille, là pour accueillir le Belem et que la flamme…

Apolline DE MALHERBE

Avec Zinédine ZIDANE ? Est-ce que, hein ? C'est peut-être lui qui va accueillir quand même la… ?

Marion BARTOLI

Vous pourriez nous le confier.

Apolline DE MALHERBE

A la descente du bateau.

Marion BARTOLI

Oui, l'image serait magnifique.

Emmanuel MACRON

Ce n'est pas moi qui décide ça.

Apolline DE MALHERBE

Oh, un peu quand même.

Emmanuel MACRON

Non, non, moi je serai là et je serai comme vous tous, c'est-à-dire un spectateur émerveillé de ces 450 villes étapes, de ce 8 mai au 26 juillet où la flamme va voyager partout à travers la France. Et je le disais aussi dans nos territoires d'outre-mer. Donc moi, je n’ai pas vocation… On verra si quelqu'un m'invite à la porter, mais ce n’est pas prévu au programme.

Rémy BOULLÉ

Je vous inviterai à Orléans. Je vous inviterai et on la portera ensemble.

Apolline DE MALHERBE

Rémy, l’accessibilité.

Rémy BOULLÉ

Alors ma question porte sur l'accessibilité. Pensez-vous qu'à l'occasion des Jeux olympiques et paralympiques, tout a été mis en œuvre ou en tout cas tenté d'être mis en œuvre pour rendre le métro parisien plus moderne, plus accessible pour les personnes en situation de handicap et aussi pour les familles avec des poussettes, etc. ? Et est-ce qu'on n'aurait pas manqué là une occasion de se servir des Jeux olympiques et paralympiques pour tenter de moderniser et rénover ce métro parisien ?

Emmanuel MACRON

Alors c'est une très bonne question. Et la réponse, c'est qu'on n'est pas totalement à la hauteur et au rendez-vous et qu’on le sait très bien et qu'on l'a analysé, qu'on a évalué. Mais c'était des dizaines de milliards d'euros. On a une force, une faiblesse. Notre force, c'est qu'on a un des métros qui a le réseau le plus dense au monde. Notre faiblesse, c'est qu'on était parmi les premiers à avoir cette idée et à innover. Et donc on a l'un des plus anciens. Et donc en effet, les règles d'accessibilité ne sont pas toujours au rendez-vous. On a voulu…

Apolline DE MALHERBE

Elles ne sont pas toujours au rendez-vous… Elles ne sont quasiment jamais au rendez-vous. En vrai, enfin, je parle sous le contrôle de Rémy, mais...

Emmanuel MACRON

Oui, sur les règles, sur les lignes historiques, on n’est pas, et on le sait très bien, on sait, on a travaillé là-dessus.

Apolline DE MALHERBE

Et quand on a travaillé l’émission, Rémy me disait mais c’est quand même fou qu'on ne puisse pas creuser un trou, mettre un ascenseur quoi.

Emmanuel MACRON

Alors je vais vous dire, il y a des tas de réponses de court, de moyen et de long terme. D'abord, on l'a évalué, on a regardé avec la région Ile-de-France, la Ville, la RATP et en conscience, on a dit d'abord, on n'y arrivera pas pour les jeux et le montant, il n'est pas soutenable. Donc d'abord, les lignes qu'on ouvre, elles seront accessibles et les gares, la gare que je vais inaugurer dans quelques semaines, Pleyel, parce qu'on a la ligne 14, va se tirer de Orsay à Pleyel. Donc c'est aussi un des acquis de ces Jeux, c'est que pour beaucoup de Franciliens, on va avoir justement aussi de la capacité à se déplacer dans toute la région qui va changer grâce à ces jeux qui ont été un accélérateur des travaux du Grand Paris. Là, il y aura de l'accessibilité. Sur beaucoup de lignes historiques, pas assez. Donc, qu'est-ce qu'on va faire dans les prochaines années ? Ça, c'est quelque chose qu'on va planifier avec la région, la RATP, c'est en effet des systèmes d'aménagements pour améliorer l'accessibilité des stations des rames existantes. Après, dans les déplacements, on va avoir 1 000 taxis accessibles qu'on va mettre en place.

Apolline DE MALHERBE

Accessibles PMR, pour les personnes à mobilité réduite.

Emmanuel MACRON

Pour les personnes à mobilité réduite. Donc ce qu'on a fait, on a cherché des voies de contournement. Mais je me souviens très bien de ce que Monsieur JEREMIASZ disait en préparant ces jeux et il a joué un rôle formidable. Il disait lui-même : « On pourrait faire beaucoup mieux ». Et en vrai, c'est une question aussi de changement de mentalité collective. Et avec ces Jeux, moi, je voudrais qu'on arrive, et ce sera un de mes objectifs, d'abord en montrant qu'on a ces taxis justement pour les personnes à mobilité réduite. Mais en ce que tous, on déclenche aussi parfois ce réflexe : rendre la ville accessible, c'est évidemment des infrastructures, c'est parfois des travaux. C'est y penser dès qu'on a des infrastructures nouvelles, ce qu'on a fait et ce qu'on fait à chaque fois. C'est adapter les infrastructures passées, ce qu'on va faire, mais on ne sera pas au rendez-vous pour les jeux sur le métro, mais c'est avoir aussi des gestes du quotidien.

Apolline DE MALHERBE

Et puis, au pire, Rémy, tu mettras le kayak sur la Seine ? Je voudrais qu’on parle de la Seine, Monsieur le Président.

Emmanuel MACRON

Non, mais accueillir une personne à mobilité réduite qui peut monter dans la voiture et dont on met le fauteuil dans le coffre…

Apolline DE MALHERBE

Je tente hein.

Emmanuel MACRON

Est-ce que ça existe aussi avec des véhicules aujourd’hui ?

Apolline DE MALHERBE

Oui, oui, je tente. Honnêtement, j’y vais. Bon, Monsieur le Président, Monsieur le Président...

Emmanuel MACRON

Donc on se sera au rendez-vous. On fera le maximum. On accueillera des sportifs évidemment.

Apolline DE MALHERBE

Stop !

Emmanuel MACRON

Et ce sera les plus grandes délégations pour les Jeux paralympiques. Mais on n'aura pas totalement transformé le métro.

Rémy BOULLÉ

Et peut-être aussi Monsieur le Président faire respecter un peu plus les places PMR.

Apolline DE MALHERBE

Rémy !

Emmanuel MACRON

Oui, mais c'est ce que je dis ! C’est les règles du quotidien, vous avez raison.

Rémy BOULLÉ

Parce que les « monsieur, j'en ai pour 5 minutes », c'est aussi un combat du quotidien pour nous, parce que de 5 minutes, souvent, on est monsieur 30 minutes.

Emmanuel MACRON

C’est des « monsieur, j’en ai pour 5 minutes, et c'est des « monsieur, je vais vous donner un coup de main, je vais vous aider ».

Rémy BOULLÉ

On est d'accord.

Emmanuel MACRON

Parce que chacun a sa place dans la cité.

Rémy BOULLÉ

On est d'accord.

Apolline DE MALHERBE

Monsieur le Président, vous aviez dit que vous vous baigneriez. Est-ce que franchement, vous n'avez pas un peu changé d'avis ?

Emmanuel MACRON

Non, je n’ai pas changé d’avis.

Apolline DE MALHERBE

Ah !

Emmanuel MACRON

Non, d'abord, ce qu'on va faire dans quelques semaines…

Apolline DE MALHERBE

Parce que là, au moment où on se parle, je vous le déconseille. Il y a quand même une sacrée bactérie.

Emmanuel MACRON

Non, mais c'est normal, on sera au rendez-vous. Mais il y a des choses qui seront au rendez-vous juste avant le 26 juillet. Et comme ici, vous le savez, on va accueillir donc ici, l’escrime de Taekwondo… 

Apolline DE MALHERBE

Ici, au Grand Palais.

Emmanuel MACRON

L'escrime fauteuil et le para-taekwondo. Mais comme vous voyez, ce n'est pas encore prêt pour les Jeux. Ce sera prêt dans quelques semaines. Bon. Donc là, il y a un travail qui est fait, qu'on a lancé dès 2016, qu'on a accéléré ces dernières années. Quand on parle d'héritage, la Seine et la Marne, ce sera un des plus gros héritages de ces Jeux. On a dépensé plus d'un milliard d'euros d'argent public avec des stations d'épuration, avec des stations de filtrage, avec la réduction de ce qui était justement déversé dans la Seine et la Marne de manière parfois indue. Et ça, moi, j'y tiens énormément parce que ce n'est pas simplement pour faire un plongeon ou pour quelques épreuves qui vont être formidables parce qu'on va faire rêver le monde entier quand on va avoir...

Apolline DE MALHERBE

Mais l'important c’est la suite, c'est-à-dire qu’après…

Emmanuel MACRON

… des épreuves dans Paris…

Apolline DE MALHERBE

… après les J.O., tous les étés…

Emmanuel MACRON

Mais c'est surtout ça. C'est qu'on va avoir là aussi sur les bords de Seine et de Marne, des centres nautiques. Et moi, j'y tiens beaucoup. Là, ces derniers temps, on a mis 800 000 jeunes de plus à la natation. Et c'est un des points sur lesquels aussi on était en retard avec la ministre des Sports, ses prédécesseurs, on y tenait beaucoup.

Apolline DE MALHERBE

Vous avez évoqué un milliard d'euros, quand même dans le contexte, je voudrais vous interroger aussi là-dessus.

Emmanuel MACRON

Alors, je vais venir sur les finances.

Apolline DE MALHERBE

Parce qu’honnêtement, quand les Français entendent, il va falloir trouver 20 milliards…

Emmanuel MACRON

Mais apprendre à nager quand on parle de sport…

Apolline DE MALHERBE

C’est bien de nager, mais…

Emmanuel MACRON

Non, ce n'est pas bien, c'est essentiel. C'est essentiel.

David DOUILLET

C'est obligatoire.

Emmanuel MACRON

Parce que c'est aujourd'hui, encore chaque été, chaque printemps, tellement de noyades.

Apolline DE MALHERBE

Bien sûr. Je veux dire, c’est bien de nager dans la Seine, mais est-ce que là maintenant…

Emmanuel MACRON

Et c'est tellement injuste. C'est-à-dire que là, on a fait une petite révolution en Seine-Saint-Denis, par exemple, où on a 18 bassins qu'on a rouverts.

Marion BARTOLI

60 % des enfants en Seine-Saint-Denis ne savent pas nager.

Emmanuel MACRON

Mais voilà. On parle de Marseille et des quartiers nord, on aura la voile à Marseille. Mais dans les quartiers nord, vous avez tant d'enfants qui ne savent pas nager parce qu'il n'y a pas encore assez d'infrastructures. Et j'engage vraiment les collectivités à faire aux côtés de l'État le même effort que la Seine-Saint-Denis a su faire.

Apolline DE MALHERBE

Mais vous êtes d’accord que quand même, Monsieur le Président, on est dans un moment où vous nous dites qu’il faut trouver 20 milliards. Et en même temps...

Emmanuel MACRON

Attendez. Je vous rassure, je ne vais pas écarter, éluder la question.

Apolline DE MALHERBE

Si vous aviez su que les finances étaient dans cet état, vous auriez quand même candidaté.

Emmanuel MACRON

Oui. Parce qu'on a un héritage, c'est-à-dire que nos Jeux, on n'a pas d'éléphant blanc, on n'a pas des grandes structures qui ne vont pas servir après les Jeux.

Apolline DE MALHERBE

Ce qu'on appelle les éléphants blancs, c'est ces grands bâtiments qui ensuite deviennent des bâtiments vides.

Emmanuel MACRON

C'est-à-dire d'abord, et je vous le dis, les Jeux financent les Jeux. C'est-à-dire qu'en fonctionnement, ce qui est, et ça a été vraiment le pari qui a été tenu par Tony ESTANGUET et ses équipes, et je le remercie, il a fait un travail remarquable, Tony, c'est que les Jeux, tout le coût des Jeux, les milliards d'euros des Jeux, eh bien, c'est financé par quoi ? La billetterie, la contribution du Comité international olympique et les sponsors. Après, et nous, à côté de ça, on a la contribution qui est très modique, qui est moins de 4 %, essentiellement pour des ajouts et pour le Paralympique. À côté de ça, on a tout ce qui est l'héritage qui a été porté par la Solideo, et je veux vraiment saluer vraiment les équipes de la Solideo qui ont fait un travail exceptionnel. C'est-à-dire, elles ont rendu, elles ont livré en temps, en heure et en budget les infrastructures. Mais qu'est-ce qu'on a fait ? Un village olympique en Seine-Saint-Denis exceptionnel, je l'ai inauguré il y a quelques semaines, qui va contribuer à transformer Saint-Denis, Saint-Ouen, l'île Saint-Denis. Et qui aussi, avec le village des médias, près de Bourget, va permettre des accueils. Derrière ça, l'héritage, ce sera quoi ? Plus de 4 000 logements, c'est-à-dire des logements, des logements sociaux, des bureaux. Avec aussi, par exemple, des services du ministère de l'Intérieur qui iront s'installer et qui y mettront leurs propres services. Donc de l'activité, des logements, dans des quartiers qui en ont tellement besoin et qui sont des quartiers de renouvellement urbain essentiel. Ensuite…

Apolline DE MALHERBE

Est-ce que vous vous craignez…

Emmanuel MACRON

Attendez, je vais au bout. C'est le centre aquatique olympique que j'ai inauguré il y a quelques jours avec la métropole. On a avec la métropole, la ville de Saint-Denis, la région, la ville de Paris créé ce centre. Ce n'est pas un éléphant blanc, on l'a réduit même. C'est pour ça qu'on a décidé que les épreuves de natation se tiendraient à l'Arena. Mais on va livrer là une des piscines de la Seine-Saint-Denis. Donc, on va faire le plongeon, le waterpolo, mais derrière ça restera une piscine pour tous les scolaires et les associations. Il y aura à côté, du paddle, il y aura des terrains de foot en salle. Et donc on va permettre du sport dans un quartier qui en a besoin. À Marseille, les infrastructures, elles vont rester aussi, pour permettre justement la voile, la natation.

Apolline DE MALHERBE

Tout ça, c’est super.

Emmanuel MACRON

Donc, tout ça, c’est de l’héritage et on va avoir des dizaines de points sur les bords de Marne et de Seine pour des jeunes qui n'avaient pas les moyens d'apprendre à nager, qui n'avaient pas de piscine, d'aller nager et puis d'y aller aussi avec leurs parents, leurs familles. Donc, ces investissements, c'est environ 2 milliards d'euros que la nation a investis. Ils vont être rentables parce qu'ils vont être pérennisés. Ce seront des logements, des bureaux, des infrastructures de sport. Ils ont généré de l'activité et rien que ces 2 milliards, ils ont généré plus de 6 milliards d'activités, c'est-à-dire qu'on a fait travailler 2 000 entreprises. On a créé de l'emploi. On a permis à des jeunes de s'insérer par l'emploi avec des clauses remarquables.

Apolline DE MALHERBE

Comment vous l’expliquez ?

Emmanuel MACRON

Et je veux saluer le travail de Bernard THIBAULT et de ses équipes. Parce qu’on l’a fait de manière exceptionnelle.

Apolline DE MALHERBE

Comment vous expliquez que — vous citez Bernard THIBAULT — quand vous voyez que la CGT a déposé, mercredi dernier, un prêt à vie de grève qui couvre toute la période des Jeux, est-ce que vous prenez cette menace au sérieux ?

Emmanuel MACRON

Moi, je fais confiance. Et donc, je vais leur dire, continuons ce qu'on a fait de formidable sur ces Jeux olympiques et paralympiques depuis le début. On a fait tout ça, c'est-à-dire la nation a investi.

Apolline DE MALHERBE

Vous pensez que ça suffit de leur dire que vous leur faites confiance ?

Emmanuel MACRON

On s'est dit au début, et il y avait beaucoup de gens qui doutaient. Soyons clairs, quand on a lancé ça en 2017, quand on a ramené en juillet 2017, pas le trophée, mais la candidature, beaucoup ont dit tout ça. Ça va nous coûter cher, ça va être...

Apolline DE MALHERBE

Mais là, ce n'est pas tant ça. Quand on voit que la CGT dépose ce préavis, ils disent qu'il n'y aura pas de trêve olympique.

Emmanuel MACRON

On a dit, vous allez voir, on va le faire dans des conditions exceptionnelles. Tous les partenaires sociaux, syndicats, patronat, se sont mis autour de la table.

Apolline DE MALHERBE

Ils ont soutenu la candidature.

Emmanuel MACRON

On va faire la transparence. Bernard THIBAULT a porté cette charte et le suivi. D'abord, on a respecté nos clauses d'insertion, c'est-à-dire qu'on n'a jamais eu des chantiers qui ont inséré autant de jeunes ou de moins jeunes qui étaient loin de l'emploi et qui, moi, j'y tenais beaucoup, viennent des territoires où ces Jeux vont se tenir. Et pas d'entreprises du bout du monde. Et en même temps, avec des entreprises de la France entière, on a plus de 80 départements qui ont eu des entreprises présentes. Ensuite, on a divisé par 5 les accidents et donc les risques parce que tout le monde a été vigilant. Et ça, c'est le boulot collectif qu'ils ont fait. Aujourd’hui, on va continuer. C'est-à-dire, moi, je veux qu'on ait des Jeux exemplaires, c'est-à-dire qu'on puisse loger, accompagner, avoir des conditions de travail pour tous. Et donc, je dis aux syndicats, on va tous être vigilant, mais on va montrer que la France sait accueillir un grand événement, se mobiliser en étant exemplaire sur le plan du droit du travail, de la sécurité au travail…

Apolline DE MALHERBE

On sera exemplaires.

Emmanuel MACRON

…de la qualité au travail.

Apolline DE MALHERBE

Donc, il n’y a pas de raison…

Emmanuel MACRON

On l’est depuis le premier jour.

Apolline DE MALHERBE

En fait, ce que vous dites, c'est qu'il n'y aura pas de raison de faire grève.

Emmanuel MACRON

Et donc, oui, à la trêve olympique en matière sociale. Et donc, en vrai, la France, c'est une équipe, c'est une nation unie. Et donc, on est au rendez-vous de cette exemplarité. On va l'être jusqu'au dernier moment. Et moi, j'ai confiance dans les syndicats. Ils ont l'esprit de responsabilité. Ils seront à nos côtés.

David DOUILLET

Ils revendiquent une prime là. Ils revendiquent une prime pour être là, pour... Ils partent en vacances, etc.

Apolline DE MALHERBE

Il y en aura pour tous les agents ?

Emmanuel MACRON

Tous les employeurs — parce qu'il n'y a pas que l'État, vous savez, il y a aussi beaucoup d'entreprises, il y a la fonction publique hospitalière, il y a des collectivités locales — tout le monde s'est organisé. C'est-à-dire qu'on a demandé de revoir les plans d'été. Donc, on part en vacances, mais avant, après. Et donc, on accompagne. Ensuite, on a tenu à accompagner les familles. C'est-à-dire qu'on a des programmes aussi qui vont se faire pour tous nos fonctionnaires.

Apolline DE MALHERBE

Y compris la garde d'enfants et toutes ces questions-là ? On sait bien que c’est…

Emmanuel MACRON

Garder leurs enfants, permettre d'avoir un été où ils vont faire du sport, où ils vont aussi pouvoir assister aux événements, mais être occupés et avoir du sport.

Apolline DE MALHERBE

La réussite de ces Jeux ?

Emmanuel MACRON

Ensuite, aménager leur temps, qu'ils soient bien logés au plus près, donc mobiliser des logements aussi pour nos fonctionnaires. Et puis, partout où c'est nécessaire, parce qu'ils ont des sacrifices qui n'est pas simplement décaler leurs vacances, mais parfois y renoncer totalement, avoir des systèmes de primes. Vous savez, par exemple, nos policiers…

Apolline DE MALHERBE

1 900 euros.

Emmanuel MACRON

Oui, mais pourquoi ? Parce que comme il y a Vigipirate, tout ça, ce n'est pas qu'on les décale, c'est qu'en fait, on va demander à certains de ne pas avoir du tout de vacances.

David DOUILLET

Pas avoir de vacances.

Apolline DE MALHERBE

Je voudrais juste vous donner l'occasion…

Marion BARTOLI

Mais il y a quand même des enfants qui sont pour l'instant non pourvus en termes de bénévolat et en termes d'emplois rémunérés. Il y a encore des milliers d’autres emplois sur le site des Jeux olympiques, des milliers d’emplois non pourvus.

Apolline DE MALHERBE

Il y a encore des centaines, des centaines d'emplois.

Emmanuel MACRON

Alors, je le disais, on a encore plusieurs, et c'est normal, mais on sera au rendez-vous des bénévoles et de tous les emplois parce qu'on voit, on est au rendez-vous, si je puis dire, de notre plan de charge. Et vous l'avez dit. Moi, je remercie tous nos bénévoles et je les invite d’ailleurs, j'invite tous ceux qui veulent participer à l'aventure : s'inscrire. On est au point d'étape qu'on avait prévu. Et c'est normal, on est à J-100. Mais vous verrez que le jour-J, on sera au rendez-vous du nombre de bénévoles, du nombre…

Apolline DE MALHERBE

Les médailles ?

Emmanuel MACRON

…justement de prestataires privés, du nombre… enfin… On sera au rendez-vous, on sera prêts parce qu'on est au plan de charge. Mais on doit tous se mobiliser et donc c'est une forme de bonne volonté collective.

Apolline DE MALHERBE

Je ne dévoile pas de secret, mais quand vous êtes arrivés tout à l'heure et je la vois qui dépasse de votre dossier…

Marion BARTOLI

Elle est belle. Elle brille.

Apolline DE MALHERBE

…vous êtes venus avec, vous êtes venus avec une médaille sur ce plateau. La médaille d'or. Je l'ai soupesée, je dois dire qu’elle pèse très lourd, elle est magnifique. Monsieur le Président, à quoi vous mesurerez le succès de ces Jeux ?

Emmanuel MACRON

D'abord, cette médaille, elle est faite par, et on est dans un lieu aussi qui porte le savoir-faire français des artisans du luxe et des métiers d'art. Elle a un bout de tour Eiffel, comme vous le voyez au milieu. Et puis, elle est là et j'espère que Rémy la portera autour de son cou…

Apolline DE MALHERBE

C’est le 7 septembre, Rémy.

Rémy BOULLÉ

Vous serez là, Monsieur le Président ?

Emmanuel MACRON

Je serai là pour l’épreuve…

David DOUILLET

Monsieur le Président, il me semble vous avoir entendu dire parler de 80 médailles espérées.

Marion BARTOLI

80 médailles.

Emmanuel MACRON

Non, j'ai dit : L'objectif, il est simple : Top 5 pour les Jeux olympiques.

David DOUILLET

Top 5 des nations ?

Emmanuel MACRON

Et Top 8 pour les Jeux paralympiques. C’est jouable.

Marion BARTOLI

Alors l'institut Gracenote nous met sur le podium.

David DOUILLET

Donc c’est combien de médailles ?

Emmanuel MACRON

Ça dépend en fait du classement. Mais en gros, c'est plutôt entre les… 40 à 50.

Marion BARTOLI

Une cinquantaine.

Emmanuel MACRON

Oui.

David DOUILLET

On fera plus.

Emmanuel MACRON

Moi, je pense aussi.

David DOUILLET

Moi, je pense pareil. On fera plus.

Emmanuel MACRON

Mais je préfère la…

David DOUILLET

On fera plus que ça.

Apolline DE MALHERBE

La cérémonie d'ouverture, Aya NAKAMURA.

Emmanuel MACRON

Écoutez, on verra aux final cut ce que Monsieur JOLLY décide. Mais elle fera partie des artistes. Là aussi, j'ai parfois entendu beaucoup de choses…

David DOUILLET 

Ça vous a choqué ?

Emmanuel MACRON

Les réactions m'ont choqué. Mais parce que je pense aussi, il y a eu des réactions vraiment racistes. Ça, ça m'a choqué. Il y a eu des réactions qui ont été des incompréhensions parce que beaucoup de gens n'ont pas compris qu'il y avait d'abord 4 cérémonies, mais qu'au-delà de ça, la cérémonie d'ouverture, on va avoir des centaines d'artistes mobilisés.

Apolline DE MALHERBE

Vous en avez deux ou trois autres à… ?

Emmanuel MACRON

Ah non, je fais…

Apolline DE MALHERBE

Oh, franchement, Monsieur le Président ! Non !

Emmanuel MACRON

Non, mais je veux dire, il y aura des grands artistes lyriques de variété, français, internationaux, beaucoup d'artistes féminines. Il y aura aussi, quand je dis des centaines, des grands orchestres français qui seront là. Et donc c'est un spectacle complet. J'espère qu'Aya NAKAMURA. Si c'est le choix de Thomas JOLLY et si elle l'accepte, elle le veut, fera partie à la fin de la liste parce qu'elle fait partie des grandes artistes françaises et de celles qui sont le plus plébiscitées à travers le monde. Mais ce ne sera pas la seule, loin de là.

Apolline DE MALHERBE

On a une petite surprise pour vous, monsieur le Président. Le 4 avril dernier, vous avez inauguré cette fameuse piscine olympique. On en parlait et évidemment, vous vous souvenez bien sûr, franchement, mais vous l’avez regardé depuis, j’espère.

Emmanuel MACRON

Oui, j'ai regardé depuis et elle a été formidable sa réaction.

Apolline DE MALHERBE

Eh bien, il est avec nous, justement. Alexis JANDARD. Salut Alexis.

Alexis JANDARD

Bonjour.

Emmanuel MACRON

Bonjour Alexis.

Apolline DE MALHERBE

Alexis, un petit message d'abord pour le Président, peut-être.

Alexis JANDARD

Oui, monsieur le Président, bonjour. Bonjour à toutes les personnes sur le plateau. Je pense qu'il y a eu mission réussie pour la com de la piscine, de cette merveilleuse piscine du Centre aquatique olympique et je pense qu'on a réussi notre mission. Donc voilà, maintenant, il n'y a plus qu'à faire le boulot et de continuer à travailler pour se montrer sous un meilleur angle.

Apolline DE MALHERBE

En fait, il avait fait exprès quoi ! C’était du marketing.

Marion BARTOLI

C'est aussi ça, c'est un buzz. C’est pour faire le buzz bien sûr.

Emmanuel MACRON

J'ai eu mal pour vos fesses et votre bas du dos, si je puis dire. Je préfère vous que moi. Je ne l’ai pas vu, pour vous dire les choses, en direct. Je l'ai vu après, mais je dois dire que la réaction que vous avez eue a été absolument super, c'est-à-dire de le prendre avec humour et surtout de tout de suite relancer la machine en disant : maintenant…

Apolline DE MALHERBE

On y va.

Emmanuel MACRON

Je sais comment laver l'affront, je vais aller chercher la médaille.

Apolline DE MALHERBE

Exactement. Alors du coup, évidemment, la pression est quand même très importante Alexis ?

Alexis JANDARD

Ah ! La pression, c'est toujours la même, mais voilà, monsieur le Président, ce que vous tenez entre les mains, là, c'est un objet pour lequel on se bat tous les jours. C'est magnifique.

Emmanuel MACRON

C’est le vôtre !

Alexis JANDARD

Et voilà, il y a eu cette chute. Mais moi, j’ai pour projet avec mon partenaire d'aller décrocher ce morceau de métal qui nous fait tous rêver, nous, athlètes. Donc voilà, merci à vous et on aura ce merveilleux héritage pour la suite de nos aventures au plongeon français.

Apolline DE MALHERBE

La Nation est derrière vous, Alexis. Je crois qu'on peut le dire. Monsieur le Président, vous nous la montrez encore la médaille ? Franchement, on a envie de terminer là-dessus.

Marion BARTOLI

Elle fait rêver.

Apolline DE MALHERBE

Rémi, Marion, David, un plaisir d'avoir été avec vous ce matin. Merci aux auditeurs et merci à vous, monsieur le Président, d'avoir joué le jeu.

Emmanuel MACRON

Merci beaucoup. Merci à nos athlètes et je le dis à J-100, ces Jeux Olympiques et paralympiques, ce seront les nôtres et les vôtres. Et donc, préparez-vous, soyez fiers. Soyons derrière nos athlètes, mais soyons surtout derrière le pays, tous mobilisés. On va les faire ces jeux, on va les réussir et on va les faire très grands.

Apolline DE MALHERBE

Merci monsieur le Président. Il est 9 h 20 sur RMC et BFM TV.

Journaliste

Merci Apolline DE MALHERBE, merci monsieur le président de la République. Vous l'avez suivi sur notre antenne sur RMC, sur BFMTV cet évènement ce matin, cette interview du Président à J-100 des Jeux Olympiques.

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