Publié le 15 décembre 2020

Décès de Gérard Houllier.

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Sélectionneur de l'équipe de France, entraîneur de grands clubs internationaux, directeur technique, conseiller et consultant, Gérard Houllier a revêtu mille casquettes dans le monde du football, en a porté mille couleurs. Il nous a quittés hier après avoir semé son intelligence et sa pédagogie sur les pelouses vertes d’Europe et d’Amérique, tirant plusieurs générations de joueurs vers le meilleur.

Ce natif de Thérouanne dans le Pas-de-Calais passa son enfance en crampons, jouant à Hucqueliers, à Liverpool Alsop, au Touquet. Pourtant, ce n’est pas la virtuosité de son coup de pied qui allait marquer l’histoire du football, mais la finesse de son coup d’œil et de son sens pédagogique. Avant de rejoindre les bancs des stades, il avait d’abord choisi ceux des salles de classe. Instituteur, puis professeur d’anglais dans une école de commerce de Lille, il aimait transmettre et aider ses élèves, comme plus tard ses joueurs, à accomplir toutes leurs promesses.

La clameur des stades et la ferveur des matchs l’arrachèrent bientôt à ses cahiers. Il commença par entraîner l’équipe amateurs du Touquet AC durant 3 ans, une première expérience qui lui ouvrit grandes les portes du football professionnel. Il prit ensuite les rênes de l’US Nœux-les-Mines pendant six ans et la hissa en deuxième division nationale.

Apprécié pour sa gentillesse, admiré pour ses résultats, Gérard Houllier fut alors appelé à la tête des plus grands clubs, au RC Lens, au Paris-Saint-Germain, à Liverpool et à l’Olympique lyonnais. Il marqua de son empreinte l’histoire de chacun de ces clubs. Durant sa première saison à Lens, il qualifia les Sang et Or pour la coupe UEFA. Il emmena le PSG conquérir son premier titre de champion de France en 1986 : c’était l’époque de Joël Bats, Luis Fernandez, Dominique Rocheteau et de Safet Susic, des joueurs auxquels il avait fait confiance et qui le lui rendirent bien. Il écrivit ensuite la légende du Liverpool FC par une saison cinq étoiles, les Reds décrochant en 2001 la Coupe de l’UEFA, la Coupe d’Angleterre, la Coupe de la Ligue, le Community Shield et la Supercoupe de l’UEFA. L’OL, enfin, lui doit deux trophées de champions de France.

Entre temps, de 1988 à 1993, il avait aussi dirigé les Bleus, d’abord comme adjoint à Michel Platini puis comme numéro un. Mais le succès, cette fois-ci, ne fut pas au rendez-vous. En novembre 1993, il assista impuissant au cauchemar de deux défaites surprises à domicile, contre Israël puis la Bulgarie. Gérard Houllier conserva toutefois ses fonctions de Directeur technique national et sut guider l’équipe de France des moins de 18 ans jusqu’au titre de Champions d’Europe.

Après être passé par le club Aston Villa, il continuait ces dix dernières années à jouer un rôle important dans le monde du football, notamment en contribuant à l’émergence des clubs estampillés Redbull de Leipzig à New York, et en conseillant Jean-Michel Aulas à l’Olympique lyonnais.

En France, comme outre-Manche et outre-Atlantique, les joueurs qu’il a entrainés pleurent aujourd’hui la disparition d’un homme d’une grande générosité, qui prodiguait avec passion son temps, son énergie, son intelligence du jeu et des hommes, pour faire s’accomplir chacun d’entre eux, et surtout pour les faire réussir ensemble.

Le Président de la République française salue un grand entraîneur et sélectionneur du football. Il adresse à sa famille et ses proches, aux clubs qu’il a servis comme aux joueurs qu’il a formés, ses sincères condoléances.

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