Publié le 22 octobre 2019

À Mayotte, le message du Président Emmanuel Macron aux Mahorais

Première étape de la visite du Président de la République dans les Outre-mer de l’océan indien : Mayotte.

(Ré)écoutez le message du Président Emmanuel Macron adressé aux Mahorais :

Discours du Président de la République Emmanuel Macron à Mamoudzou - Mayotte.

22 octobre 2019 - Seul le prononcé fait foi

Bonjour chers compatriotes ! Kwezi Wamaore. Merci Monsieur le maire, monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les élus, de nous accueillir avec les ministres.

Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui à Mayotte et à Mamoudzou tout particulièrement. Tsi fourahi soifi leo. Je suis heureux de retrouver nos îles. On se souvenait avec quelques-uns du moment où j’étais passé quand j’étais alors candidat. Je disais c’est l’endroit de France où j’ai reçu le plus de baisers. Donc Mayotte, merci, Mayotte c’est vous, c’est cette géographie, cette culture, cette population et Mayotte c’est la France. Maore Faranza. Mayotte c’est la France parce que vous l’avez voulu, parce que les Mahorais l’ont voulu et les Mahorais les ont suivis.

La France c’est d’abord la sécurité. Vous le savez, depuis plusieurs mois nous avons réinvesti pour la sécurité des Mahorais. Il y a aujourd’hui 1500 personnes — des soldats, des marins, des policiers, des gendarmes, des douaniers, l’ensemble des services de l’Etat avec vos polices municipales — qui sont mobilisées aujourd’hui et nous venons de les remercier dans le cadre de l’opération Shikandra. Ils sont derrière nous et je voudrais que vous les applaudissiez. Merci à eux parce que grâce à leur travail nous sommes en train d’améliorer les résultats en matière de lutte contre l’immigration clandestine. On tiendra.

Je sais tout ce qui a été supporté et je sais ce que vous vivez. Je sais le courage qu’il vous faut, l’engagement qui est le vôtre et je sais aussi que la misère qui en résulte vous la subissez aussi.

Les chiffres néanmoins sont là : ce seront plus de 25 000 reconduites qui seront effectuées cette année. C’est l’engagement que les ministres de l’Intérieur et des Outre-mer avaient pris devant vous. Le ministre s’est déplacé et a remobilisé des forces. Les armées aux côtés des forces de sécurité intérieure sont là. Nous ferons plus de 25 000 reconduites cette année, je peux vous le dire. La sécurité sera au rendez-vous en matière de lutte contre l’immigration clandestine parce que c’est ce qui est dû à Mayotte.

Nous aurons aussi des chiffres parce que nous travaillons mieux avec les Comores. Parce qu'on a signé avec les élus qui était présents des textes pour éviter les départs. Pour lutter contre les risques qui sont parfois pris et la misère qui vient jusqu'ici.

La sécurité, c'est aussi votre sécurité du quotidien. C'est un nouveau commissariat, c'est des moyens qu'on remet sur le terrain. C'est plus de moyens pour la justice, pour mieux juger, lutter contre la délinquance et faire que vous puissiez vivre en sécurité. Soyez rassurés, la France, c'est la sécurité. Ce travail, on le fera ensemble.  Parce que j'ai besoin de vous pour ça. Pour qu'ensemble, on arrive à mieux lutter contre le travail clandestin, contre l'habitat illégal. Ça ne se fera pas en un jour, mais c'est tous ensemble qu'on y arrivera.

La France, c'est aussi la santé. Je sais que vous voulez plus de médecins, de meilleurs soins. Et vous y avez droit. Les engagements ont été signés. Ce sont 170 millions d'euros qui seront déployés à partir du 1er janvier - vous aurez enfin une Agence régionale de santé pour Mayotte avec Dominique VOYNET qui la dirigera et je la remercie de son engagement remarquable - et ce seront les travaux pour le deuxième hôpital qui seront commencés. Avec plus de médecins. Et donc on y met les moyens. 

Je n'ai pas fini. Justement, la France c'est la sécurité. La France, c'est la santé. La France, c'est l'éducation et les jeunes. Vous avez raison. Je sais ici qu'il y a beaucoup de mères de famille qui veulent une éducation de qualité à Mayotte pour leurs enfants. Là aussi, on a mis les moyens. Mais nous sommes en retard. Pourquoi ? Parce qu'il faut l'ingénierie pour le faire. Et donc, non seulement on confirme les moyens, mais on va accélérer la mise en œuvre sur le terrain avant la fin de ce quinquennat. Ce sont 800 classes nouvelles qui seront ouvertes à Mayotte. C'est l'engagement pris et il sera tenu. Les budgets sont là. Il faut maintenant se donner les moyens d'ouvrir ces classes.

D'ores et déjà, à Mayotte, ce sont 4 000 petits déjeuners servis dans le cadre de l'engagement en matière de lutte contre la pauvreté. Vous avez raison. La France, c'est aussi l'éducation. Les moyens seront là et les mamans verront le résultat pour leurs enfants. Je leur dis aujourd'hui, parce qu'elles ont le droit d'avoir des enfants qu’elles souhaitent ici élever, éduquer et qui puissent bâtir un avenir. 

La France c’est aussi donner les moyens, à Mayotte, de réussir. J'y viens. C'est le contrat de convergence. Vos élus étaient là au ministère des Outre-mer. C'est 1,6 milliard d'euros qui seront investis sur ce territoire. Pour quoi faire ? Et on va déjà essayer de bien les dépenser. Parce que si on dépense bien et qu'on le fait, vous verrez la différence. Parce que qu'est-ce qu'on peut faire avec ça ? Plus d'habitat. L'ANRU est là avec nous. Son Président, monsieur le Président Klein. Avec l'Agence nationale de la rénovation urbaine, on va relancer des opérations ici, à Mayotte, pour rénover l'habitat grâce au plan de convergence et c'est indispensable. Grâce à cet argent, c’est l'amélioration des réseaux d'eau, indispensables en même temps que la bataille pour l'habitat. C'est ensuite la convergence des droits sociaux, et on commencera par les petites retraites, parce qu'on en a besoin, et parce qu'on sait qu'elles sont aujourd'hui trop basses. Moi, je veux qu'on crée de l'emploi avant tout pour aider les plus jeunes et les actifs à réussir. Nos anciens, c'est par la retraite. Et donc dans le contrat de convergence, on mettra la priorité sur ce point.

Et puis, ce sont les infrastructures. Les routes. Mais il y a deux choses : la piste pour l'aéroport et le port. Alors, la piste, quand je suis parti de Paris, on m'a dit : « il n’y en a pas besoin, c'est très cher et d'ailleurs, ça fait 20 ans qu'on le promet et qu'on ne le fait pas ». Ce n’est pas vrai. Bon, alors qu'est-ce qu'on a fait ? Parce qu’on m'a dit qu’on paie cher. Ce n'est pas que la piste. Alors, qu'est-ce qu'on va faire, d'abord, à très court terme ? On va encadrer les prix, et obliger à plus de concurrence pour éviter qu'il n'y ait qu'une compagnie qui monte les prix par le haut. Ça, on peut le faire très vite, il n’y a pas besoin d'attendre des travaux. Deuxième chose je le dis ici, le ministre est là, ça on le lance dès maintenant. Il n’y a pas besoin d’étude d’impact ou de travaux. Deuxième chose, pour la piste, je disais quand je suis parti de Paris, on m'a dit « pas besoin ». Et quand je suis arrivé à Mayotte, j'ai compris que la piste était courte parce qu'on freine beaucoup. Donc, oui, on le fera ! Je vous le dis très clairement : pas d'études d'impact pour savoir s'il faut faire ou pas, elles ont été faites plusieurs fois. Maintenant, on doit regarder très clairement, comment on va les faire, parce qu'on sait les défis, on sait les problèmes qui sont liés au risque sismique et à l'effondrement, mais maintenant beaucoup d'études ont été faites depuis des années. On vous l'a déjà fait, le coût des études. Donc, je vous le dis, je n'ai pas besoin d'études pour savoir que on va le faire. Sur l'année et demi qui vient maintenant, on doit lancer l'étude pour savoir exactement comment on fait pour pouvoir ensuite lancer les travaux de manière opérationnelle. Et ça, ce sera financé dans ce contrat, c'est environ 200 millions d'euros, la piste pour l'aéroport.

Les routes, je l'ai déjà dit. La dernière chose, c'est le port. Parce qu'au port, on peut avoir une activité commerciale économique beaucoup plus importante. Parce que Mayotte est située dans ce canal du Mozambique qui est exceptionnel et aujourd'hui, on n'en bénéficie pas. Donc, je veux aussi qu'on investisse sur le port pour créer de l'emploi, pour créer des filières. Je crois très profondément que l'avenir économique de Mayotte se construira par la filière de la pêche dont on a vu les débuts, par la filière économique qui se construira autour du port et de ses activités économiques dans la région. La situation de Mayotte le permet, donc on doit avoir cette ambition ! Parce que Mayotte est située dans une région qui a de la croissance, dans une région où il y a plein de promesses. Et donc il n'y a aucune fatalité, aucune ! La France, c'est aussi ça. La France, c'est notre sécurité. La France, c'est la santé. La France, c'est l'école. Et la France se sont des chances données à Mayotte pour réussir.

Voilà mes amis, quelques mots que je voulais partager avec vos élus, avec le Président du département, avec monsieur le maire, en remerciant les ministres qui m'accompagnent pour leur engagement. Mes amis ! Je suis là aujourd'hui parmi vous mais ne pensez pas que même quand je suis à quelques milliers de kilomètres, je ne pense pas à vous. Ça ne serait pas vrai. Les engagements que j'ai pris devant vous, je viendrai en rendre compte parce que je veux que les résultats, vous puissiez les voir. Et que ces avancées, vous puissiez en vivre. Et nous continuerons. Mahore na Farantsa paka tcho. Marahaba Wamore. Merci à tous. Merci mes chers compatriotes. Viva la République ! Vive la France ! Merci à tous !

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