Charles Gérard, acteur fétiche de Claude Lelouch, meilleur ami à la ville et grand complice à l’écran de Jean-Paul Belmondo, s’est éteint jeudi à l’âge de 96 ans. Il fut durant plusieurs décennies l’un des plus grands seconds rôles du cinéma français.

Après une jeunesse difficile, marquée par l’exil de ses parents et leur mort durant l’Occupation, Gérard Adjémian de son vrai nom arpente tout à la fois les rings et les plateaux de tournage. En 1948, dans son club de boxe, il fait une rencontre qui va changer sa vie et pas seulement parce qu’il en ressort le nez cassé : son professeur lui présente alors Jean-Paul Belmondo, lui aussi féru de boxe et qui, en guise de poignée de main, lui décroche un sacré coup de poing. Voilà le fameux nez de Charles Gérard modelé et une grande amitié scellée. Plus de soixante-dix ans plus tard, les deux hommes étaient restés inséparables, unis pour toujours par leur passion pour le cinéma et pour le sport.

Mais après plusieurs K.O, Charles Gérard raccroche les gants et se consacre exclusivement au cinéma. Il décroche quelques rôles de figuration, puis se tourne vers la réalisation d’actualités, de courts-métrages et bientôt de longs, notamment de films policiers comme L’Ennemi dans l’ombre avec Roger Hanin et Bernard Blier (1959), L’Homme qui trahit la mafia avec Robert Hossein (1967) ou encore La Loi des hommes avec Micheline Presle. Tout au long des années 1960, il réalise aussi pour la télévision des reportages sur des sportifs comme Cassius Clay, Pelé ou Maurice Herzog, sur la guerre du Vietnam, et des documentaires comme La Bande à Bébel, consacré au camarade magnifique, Jean-Paul Belmondo.

En 1970, une nouvelle rencontre change sa vie. Avec Claude Lelouch, sa place est désormais devant la caméra. Charles Gérard apparaît au générique de pas moins de 17 films du réalisateur d’Un homme et une femme, depuis Le Voyou en 1970 jusqu’au Courage d’aimer en 2004, en passant par L'Aventure c'est l'aventure ou La Bonne année. Outre Claude Lelouch, Charles Gérard tourne avec bien d’autres grands réalisateurs de son époque : Claude Pinoteau, Henri Verneuil, Gérard Oury, Francis Veber, Claude Zidi ou encore Philippe de Broca. Bien sûr, il donne aussi la réplique à son meilleur ami Bébel à plusieurs reprises comme dans L’incorrigible (1975), L’Animal (1977), Flic ou voyou (1979) ou Le Guignolo (1980), pour le plus grand bonheur des cinéphiles qui se souviendront longtemps de leurs aventures jubilatoires.

Avec sa « gueule » et sa gouaille, sa bonne humeur et son bel humour, cet éternel second rôle avait ainsi su se faire une place à part dans le cinéma français et dans le cœur des spectateurs. 

Le Président de la République et son épouse adressent leurs sincères condoléances à sa famille, à tous les cinéphiles de France et à Jean-Paul Belmondo, son indéfectible ami.

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