Interview lors du G20 de Saint-Pétersbourg

QUESTION : « Monsieur le Président, dites-nous : c’est parti pour deux jours de consultations très intenses. Quels sont les objectifs de la France pendant ce G20 ? ».

LE PRESIDENT : « L’enjeu du G20, c’est de continuer à mettre la pression pour qu’il y ait plus de croissance, plus d’emplois. Et là-dessus, les thèses françaises ont permis des résultats.

C’est également de franchir une étape supplémentaire dans la lutte contre la fraude fiscale à l’échelle internationale et sur les principes de transparence. C’est d’avoir une régulation de la finance. C’est un thème que j’ai également porté, depuis plus d’un an, et qui va trouver une part de sa traduction avec l’appui d’un bon nombre de pays.

Enfin, c’est de pouvoir mettre la Conférence sur le climat – que la France va organiser en 2015 – au cœur des prochains rendez-vous.

Mais, c’est vrai, le G20 est dominé par ce qui se passe sur le plan international et par la crise syrienne. Nous aurons donc un certain nombre d’échanges entre chefs d’Etats – par exemple, pour ce qui me concerne, avec Barack OBAMA comme avec Vladimir POUTINE – pour que nous puissions avoir aussi des avancées sur le plan politique. Même si nous n’avons pas la même réponse, pour l’instant, par rapport à l’attaque chimique, nous devons tout faire pour qu’il y ait des solutions politiques.

Enfin, il y aura une rencontre, dans quelques heures, avec les Européens qui sont présents. Car je veux aussi que la condamnation que nous portons, par rapport à l’attaque chimique qui a été commise par le régime, puisse être également manifestée par l’ensemble des Européens ».

QUESTION : « Monsieur le Président, justement du côté européen, M. Van ROMPUY a dit qu’il espérait avoir une voie commune en Europe. Est-ce que vous allez, vous, essayez de faire bouger M. POUTINE ? Est-ce que vous espérez rallier d’autres Européens à votre position en faveur d’une intervention ? ».

LE PRESIDENT : « Il y a déjà un large consensus, au plan européen, pour dire qu’une attaque chimique est inacceptable. Ensuite, les Européens veulent avoir des garanties qu’il y a bien eu, du côté du régime, cette responsabilité. Beaucoup attendent, notamment la mission des inspecteurs de l’ONU.

Nous allons donc faire en sorte que M. BAN Ki-moon, le Secrétaire général des Nations Unies, puisse délivrer le plus rapidement possible les résultats de l’enquête des inspecteurs. Même si nous savons que cette enquête porte sur l’existence d’armes chimiques, enfin l’existence de « produits chimiques », qui ont été, hélas, à l’origine de ce massacre, sans qu’il ait été clairement mandaté sur la recherche de la responsabilité.

C’est très important que les Européens qui sont présents aujourd’hui au G20 soient ensemble sur la même position de condamner l’utilisation des armes chimiques et de condamner le régime qu’il les a utilisées.

Ensuite, nous n’aurons pas forcément la même attitude. Pourquoi ? Parce qu’il y a des pays comme la France qui sont en capacité d’intervenir et d’autres qui, par leur situation ou par leur propre volonté, ne le veulent pas ou ne le peuvent pas. ».

 

Restez connecté