Hommage du Président de la République à Monsieur Jean-Claude Servan Schreiber

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Rubrique : Nation, institutions et réforme de l'Etat

Jean-Claude Servan-Schreiber s’est éteint le jour de son centième anniversaire. Avec lui disparaît un homme qui s’était engagé dans tous les combats de son siècle.

Combat pour la libération de la France, qu’il défend héroïquement de l’invasion allemande au sein du 4ème régiment de cuirassiers en Flandres, en Belgique, à Dunkerque. Recevant le même jour de 1941 la décoration militaire pour ses faits d’armes et son avis d’exclusion de l’armée parce qu’il est juif, il s’engage dans le réseau de Résistance Liberté. Il luttera contre l’occupant en France puis en Espagne, où il sera fait interné en camp de concentration. Parvenant à s’évader, il prend part en Août 1944 au débarquement de Provence et rejoint ensuite le régiment de char de la 1ère division blindée du maréchal De Lattre de Tassigny, achevant dans ses rangs sa guerre glorieuse qui lui vaut la Croix de guerre (5 palmes et étoile), la médaille militaire, la médaille des déportés et la médaille des évadés.

Revenu à la vie civile, il mène le combat de la presse d’information en rejoignant le journal Les Echos fondé par son père puis en lançant en 1953 L’Express avec son cousin Jean-Jacques Servan Schreiber, qui ensuite poursuivra seul cette aventure. Parvenu à la tête des Echos en 1958, il le cède en 1963. En 1968, il crée à la demande du gouvernement la Régie Française de Publicité, introduisant la publicité à la télévision.

Son autre combat fut celui de la politique. Homme de gauche mais farouchement anticommuniste, il a conservé un attachement profond au général de Gaulle. Homme d’entreprise, il adhère aux idées gaullistes de participation et d’organisation de l’économie française. En 1965, il est élu député de la 11ème circonscription de Paris. En 1968, il est défait dans la Nièvre par François Mitterrand, puis en 1973 par Emile Jourdan dans le Gard.

Resté profondément soucieux de l’intérêt général, il prend en 1994 la présidence de l’Institut Arthur Vernes, fondation d’utilité publique créée en 1916, qu’il quittera en 2009, à près de 90 ans. C’est alors qu’il se décide à faire connaître sa vie mouvementée et en particulier à faire mieux connaître aux jeunes générations la violence de la guerre, dans son autobiographie Tête Haute. L’insuccès public de cet ouvrage portera Andrei Makine à s’indigner de l’effacement d’une certaine mémoire française dans son livre La guerre du lieutenant Schreiber (2014).

Homme loyal, ardent, discret, Jean-Claude Servan Schreiber aura mis sa vie au service des idéaux dont il était pétri.

Le président de la République adresse à ses enfants, à ses petits-enfants, à sa famille, à ses amis, à ses frères d’armes, ses sincères condoléances.

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