Publié le 13 avril 1981

Première allocution de M. Valéry Giscard d'Estaing lors de la campagne officielle pour l'élection présidentielle, Paris, lundi 13 avril 1981

Première allocution de M. Valéry Giscard d'Estaing lors de la campagne officielle pour l'élection présidentielle, Paris, lundi 13 avril 1981

13 avril 1981 - Seul le prononcé fait foi

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Françaises, Français, mes amis,
- Vous vous préparez à élire votre Président de la République, mon rôle dans cette campagne `campagne électorale` est d'éclairer votre choix. Constatons d'abord que ce choix vous le ferez en toute liberté et vous savez que cette situation est rare dans le monde. Pendant la durée de mon mandat, j'ai maintenu la France comme un pays de liberté, malgré les tensions et les violences qui existaient ailleurs. Si vous me renouvelez votre confiance, je maintiendrai la France comme un pays de liberté.
- Dans cette campagne, il y a dix candidats. Vous avez déjà entendu au-cours des dernières semaines, vous entendrez sans doute au-cours des prochaines semaines, le fait que neuf candidats critiquent l'action qui a été conduite par le Président de la République que vous avez élu £ critiques excessives, critiques systématiques et, vous le sentez bien, critiques injustes.
- Il est tout à fait naturel dans une démocratie de discuter, et même de critiquer, certaines actions qui ont été -entreprises. Mais lorsque la critique devient excessive elle entraîne une conséquence. Cette conséquence c'est que, dans cette campagne, je suis le seul à vous défendre.\
Je défends la France. Vous avez entendu la présentation qui a été faite, souvent, de la politique étrangère ou de la situation internationale de la France, présentation qui était une caricature, parce que je peux vous dire que la France est actuellement un pays respecté et influent dans le monde.
- Vous avez observé aussi que ces critiques vous atteignaient vous-mêmes puisqu'elles niaient votre effort de travail au-cours des sept dernières années. Pendant ces années, la France a engagé le programme électro-nucléaire le plus important du monde pour assurer son indépendance énergétique.
- Je vous rappelle aujourd'hui où nous venons d'assister au lancement de la navette spatiale américaine que la France a été, avec les Etats-Unis et l'Union Soviétique `URSS`, le seul pays à avoir lancé une fusée `Ariane` dans l'espace au-cours des sept dernières années.
- Je vous rappelle, à vous qui travaillez et qui connaissez bien le résultat de votre effort, que les travailleurs français de l'industrie et de l'agriculture exportent individuellement autant que deux Japonais.
- Je vous rappelle enfin que notre pays, malgré la crise, a conduit un effort de solidarité qui est sans exemple parmi les pays occidentaux en faveur des personnes âgées, en faveur des handicapés, des femmes seules, des familles nombreuses, et en faveur de la revalorisation nécessaire de la condition des travailleurs manuels qui assurent la richesse de notre pays.\
Tout ceci, vous l'avez fait et je vous en rends témoignage. Puisque ceux qui contestent votre effort ne peuvent pas vous apporter l'espoir, je vous apporterai l'espoir. Je serai le seul dans cette campagne `campagne électorale` à vous apporter, non pas l'illusion, mais l'espoir.
- Je vous défendrai aussi contre les fausses promesses, contre les illusions, contre la démagogie dont vous savez bien, parce que toute notre histoire en témoigne, qu'elles ruineraient la France en l'entraînant dans le déficit `budgétaire`.
- Cet espoir que je veux vous apporter dans la campagne, c'est ce que j'appelle "l'espoir à la française", l'espoir qui vient de l'alliance du coeur et de la raison. La France est un pays raisonnable, mais c'est aussi un pays généreux, et je vous pose la question : "Que peut le coeur sans la raison, et que vaut la raison sans le coeur ?". Nous réunirons les deux.\
Enfin, je maintiendrai la France en paix. Lorsque je suis entré à l'Elysée il y a sept ans, moi qui avais connu l'occupation `allemande` et la guerre, ma première préoccupation a été de maintenir la France en paix, et je maintiendrai la France en paix : par notre effort national de défense et par la poursuite du dialogue.
- A la fin de cette campagne, c'est vous qui déciderez du sort de la France autant que moi, quelles que soient votre situation, votre condition, votre activité. C'est cela l'honneur et la grandeur de la République.
- Pour bien choisir l'intérêt de la France, je sais que je peux vous faire confiance.
- Bonsoir.\

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