Publié le 19 septembre 1980

Déclaration de M. Valéry Giscard d'Estaing à l'issue des entretiens franco-britanniques, Paris, Palais de l'Élysée, le vendredi 19 septembre 1980

Déclaration de M. Valéry Giscard d'Estaing à l'issue des entretiens franco-britanniques, Paris, Palais de l'Élysée, le vendredi 19 septembre 1980

19 septembre 1980 - Seul le prononcé fait foi

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`Politique étrangère ` relations franco - britanniques`
- Nous avons tenu avec Madame THATCHER etles ministres qui l'accompagnaient la cinquième réunion annuelle franco - britannique. Suivant l'usage de nos réunions, nous allons vous les commenter par de brèves déclarations. Ensuite, nos porte-parole répondront aux questions que vous voudrez poser.
- Je voudrais d'abord souligner l'importance que nous attachons à ces réunions. En effet, les réunions bilatérales que nous avons régulièrement avec nos partenaires de l'Allemagne fédérale `RFA`, que nous avons avec le gouvernement italien (je souhaite que nous tenions notre réunion annuelle avant la fin de cette année), que nous avons tous les ans avec le gouvernement britannique, constituent le moyen de compléter, sur-le-plan bilatéral, les travaux accomplis sur-le-plan communautaire.\
`Politique étrangère ` relations franco - britanniques`
- Quel est l'objet de ces entretiens bilatéraux ? d'abord de procéder à une analyse de l'ensemble des problèmes du moment £ ensuite d'examiner les problèmes de la coopération bilatérale et le moyen de développer les actions conjointes de nos pays.
- D'abord l'analyse de la situation internationale. Il y a beaucoup de motifs qui conduisent la Grande-Bretagne et la France à réfléchir ensemble aux différents problèmes qui se posent dans le monde. Je rappelle en effet que ce sont les deux puissances nucléaires de l'Europe occidentale, que ce sont les deux pays d'Europe occidentale qui occupent un siège permanent au Conseil_de_sécurité, que ce sont enfin deux pays qui ont une expérience internationale ancienne. C'est pourquoi nous avons passé en-revue tous les importants problèmes du monde d'aujourd'hui. Je les mentionnerai : la situation en Pologne et ses conséquences, la situation en Afghanistan, l'-état des relations entre l'Est et l'Ouest et les problèmes stratégiques qui se posent à l'heure actuelle £ les négociations à venir concernant l'application de l'acte final d'Helsinki à Madrid `CSCE` £ la situation au Proche-Orient £ les problèmes de l'Afrique australe en-particulier la manière de régler la situation de la Namibie.
- Au-cours de l'examen approfondi de ces différents problèmes, nous avons exprimé les uns et les autres, des vues tantôt semblables, tantôt convergentes, et nous avons conduit notre réunion dans un esprit qui a été constamment cordial et confiant.
- J'ai trouvé dans ces entretiens un encouragement à poursuivre notre effort pour mettre fin à l'anomalie que constitue dans le monde actuel l'effacement de l'Europe dans les grandes affaires internationales. J'ai indiqué à Mme THATCHER combien nous apprécierions toute contribution que la Grande-Bretagne apporterait, avec nos autres partenaires de la Communauté `CEE` à redresser cette situation d'effacement et à affirmer davantage la présence de l'Europe dans les grandes affaires du monde, ce qui serait assurément un facteur de paix et un moyen d'aborder la solution de certains de ces problèmes d'une manière plus efficace.\
`Politique étrangère ` relations franco - britanniquesùùùù`Nous n'avons pas traité des affaires communautaires puisque les mécanismes de la Communauté `CEE` sont là pour les régler, mais nous avons noté avec beaucoup d'intérêt la volonté qui nous a été exprimée par Mme le Premier ministre `Margaret THATCHER` de Grande-Bretagne de mettre en_oeuvre dans les délais prévus et selon les modalités qui ont été décidées, l'ensemble des décisions prises au printemps. Nous souhaitons que ces décisions étant prises et mises en_oeuvre, la Communauté puisse ainsi aborder l'année 1981 dans des conditions où elle ne rencontrerait pas les mêmes obstacles ou les mêmes problèmes que ceux qui ont marqué la présente année.
- Sur-le-plan bilatéral, il y avait en réalité peu de problèmes à évoquer. En-matière industrielle, certains domaines de technologie avancée pourraient faire l'objet de coopération plus active entre les deux pays £ le secteur des télécommunications a été évoqué à cet égard.
- Nous avons noté également avec intérêt, puisque ceci concerne nos relations géographiques, le fait que la prochaine négociation internationale sur les problèmes de la circulation `maritime` dans la Manche était préparée de façon conjointe par les deux pays et que nous pourrions adopter une attitude semblable sur la solution de cet important problème.
- Je me réjouis, madame le Premier ministre, que nous ayons pu avoir ces entretiens et que ceux-ci aient été une occasion d'aller au fond des problèmes qui se posent dans le monde actuel à la communauté internationale et à la solution desquels la Grande-Bretagne et la France peuvent apporter ensemble des éléments importants de solution.\

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