Ce mardi 6 janvier 2026 au Palais de l’Elysée, le Président de la Républiqué a coprésidé, avec le Premier ministre britannique et le Chancelier allemand, un Sommet de la Coalition des volontaires.

La réunion de Paris est importante car elle acte une unité sans précédent entre la Coalition des volontaires, l’Ukraine et les États-Unis sur la dimension centrale des garanties de sécurité pour une paix juste et durable en Ukraine.

5 points au jour d’après le cessez-le-feu :

  1. La mise en place d’un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, sous leadership américain et avec les contributions de plusieurs États.
  2. Le soutien aux forces armées ukrainiennes, qui sont et resteront la première ligne de défense et de dissuasion.
  3. La poursuite de la mise en place d’une force multinationale pour l’Ukraine, dans les mers, les airs et sur le sol, destinée à être une force de réassurance le jour d’après le cessez-le-feu et en retrait de la ligne de contact.
  4. La traduction juridique de ces engagements afin de soutenir l’Ukraine en cas de nouvelle agression de la Russie après un cessez-le-feu.
  5. Le soutien économique et à la reconstruction de l’Ukraine, ainsi qu’une coopération de défense au long cours avec l’Ukraine.

À court terme, nous continuerons d’apporter notre soutien à l’Ukraine et à maintenir la pression sur la Russie afin de réduire son effort de guerre.

Face à l’unité des Américains, des Européens et des Ukrainiens, la balle est plus que jamais dans le camp de la Russie pour enfin cesser ses bombardements et accepter un cessez-le-feu.

Revoir la conférence de presse :

6 janvier 2026 - Seul le prononcé fait foi

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Conférence de presse conjointe à l’issue du sommet de la Coalition des volontaires.

Emmanuel MACRON

Monsieur le Président, cher Volodymyr,
Monsieur le Chancelier, cher Frédéric,
Monsieur le Premier ministre, cher Keir,
Messieurs les envoyés spéciaux, cher Steve, cher Jared, merci beaucoup pour votre présence aujourd'hui avec nous.
Mesdames et messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs en vos grades et qualités.

Nous avons aujourd'hui tenu à Paris une nouvelle réunion des chefs d'État et de gouvernement des 35 pays qui composent la coalition des volontaires, aux côtés du président Zelensky et en présence d'une délégation américaine conduite par messieurs Witkoff et Kushner.

C'est la quinzième réunion de la coalition des volontaires que nous tenons depuis le 17 février 2025 et nous avions aujourd'hui à nos côtés 28 chefs d'État et de gouvernement, le secrétaire général de l'OTAN, la présidente de la Commission européenne et le président du Conseil européen.

Cette réunion scelle aujourd'hui une avancée considérable qui est reflétée par la déclaration de Paris des garanties de sécurité robustes pour une paix solide et durable. Cette déclaration de la coalition des volontaires vient pour la première fois reconnaître une convergence opérationnelle entre les 35 pays qui composent la coalition des volontaires, l'Ukraine et les États-Unis d'Amérique, pour bâtir des garanties de sécurité robustes. Cette déclaration détaille chacune des composantes de ces garanties de sécurité. Nous avons eu un rapport qui a été fait par nos chefs d'État-major et par SACEUR au titre de la coordination américaine et nous avons aussi acté ici même d'une cellule de coordination qui permettra d'intégrer pleinement l'ensemble des armées compétentes et qui permettra la coordination entre la coalition des volontaires, les États-Unis d'Amérique et l'Ukraine sur le plan opérationnel. Elle viendra en soutien, en coordination avec l'État-major de la coalition qui est réunie à Paris.

Au sein de la coalition, nous avons, sur la base de tout le travail accompli au cours des derniers mois, consolidé notre approche avec premièrement la mise en place de mécanismes de surveillance du cessez-le-feu qui seront placés justement sous un leadership américain mais avec des contributions de plusieurs États qui ont marqué leur disponibilité. Deuxièmement, le soutien dans la durée. D'abord les forces armées ukrainiennes qui sont et resteront la première ligne de défense et de dissuasion contre l'agression et donc nous avons planifié sur la base d'un format d'armée volontariste de 800 000 hommes, les entraînements, les capacités et l'ensemble des moyens pour que cette armée puisse dissuader toute nouvelle agression.

Troisièmement, de poursuivre nos préparatifs pour la mise en place d'une force multinationale dans les airs, les mers, sur le sol pour apporter une forme de réassurance le jour d'après le cessez-le-feu et loin de la ligne de contact et au-delà du travail qui a été conduit par les chefs d'État-major britanniques et français avec tous les autres États-majors, je veux saluer nos amis allemands, italiens, polonais, souligner aussi l'importance du rôle de la Turquie qui, sur la partie maritime, a un rôle tout à fait considérable et a endossé cette responsabilité.

Quatrièmement, nous avons donc acté de traduire juridiquement ces engagements pour soutenir l'Ukraine en cas de nouvelles attaques de la Russie, par des mécanismes de solidarité et d'intervention. Nous continuons aussi enfin de converger sur les questions de reconstruction et de soutien économique et c'était le deuxième temps de la discussion. Mais vous le voyez, sur ce premier temps, nous avons consolidé l'architecture, la planification, les moyens, les règles des garanties de sécurité pour l'Ukraine, le jour d'après la paix et je dirais d'une garantie de sécurité pour l'Ukraine et pour le continent européen.

Le deuxième temps de la discussion a été consacré à la prospérité future de l'Ukraine, avec là aussi le plan américain qui a été présenté, les contributions européennes, avec la volonté d'accélérer le travail aux côtés de l'Ukraine pour que, dans les prochaines semaines, un tel plan de prospérité puisse être finalisé, qui sera une composante importante justement de ces accords de paix. Tout cela sont des piliers essentiels de ce qui viendra soutenir une négociation qui est en train d'être conduite et dont nous souhaitons tous qu'elle puisse se finaliser le plus vite possible. Mais ces garanties de sécurité sont la clé pour que jamais un accord de paix ne puisse signifier une réédition ukrainienne et que jamais un accord de paix ne puisse signifier une menace nouvelle pour l'Ukraine.

Je crois que ce qui est très important de souligner, c'est que tous les pays ici représentés devant vous, mais l'ensemble des pays de la coalition des volontaires et tous ceux qui étaient présents aujourd'hui à Paris, après la très bonne coordination que nous avions eue tous ensemble en fin d'année dernière à Berlin, partagent tous la même volonté, la paix, la paix en Ukraine, la paix en Europe. Mais nous voulons tous que cette paix soit juste, qu'elle soit durable, qu'elle soit solide. Et nous sommes tous lucides, les paix qui ont été signées ces quinze dernières années par la Russie ont toutes donné lieu à des violations par la suite, en Moldavie, en Géorgie, en Ukraine. Et donc, forts de cette expérience, nous voulons que cette paix ait ses garanties. Instruits par l'expérience des Européens ces 15 dernières années, c'est pourquoi la déclaration de Paris permet d'acter ces garanties de sécurité légitimes et, pour la première fois, acte de cette convergence entre les membres de la coalition des volontaires, l'Ukraine et les États-Unis d'Amérique.

Enfin, au-delà de cela, à court terme, nous continuerons d'apporter notre soutien à l'Ukraine pour faire face évidemment à tous les défis qui sont les siens en termes de protection de son espace aérien, de protection des civils qui sont encore la cible pendant que nous nous parlons des attaques russes, et permettre de continuer aussi notre travail en termes de sanctions pour contraindre et réduire la capacité à financer cet effort de guerre par la Russie.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce dont je voulais vous rendre compte en remerciant mes collègues ici présents et la délégation américaine qui est à nos côtés pour les avancées considérables qui ont été permises par justement cette réunion et ce sommet aujourd'hui. Je cède maintenant la parole à Monsieur le Président Zelensky. Cher Volodymyr.

Journaliste

Bonsoir, messieurs les présidents, chefs d'État, chefs de gouvernement. Bonsoir, messieurs les envoyés spéciaux.

Monsieur le président Emmanuel Macron, c'est la quinzième fois, vous l'avez dit tout à l'heure, que la coalition des volontaires se réunit pour bâtir des garanties de sécurité pour l'Ukraine en espérant le soutien des États-Unis. Trump ne s'est pas encore engagé fermement sur ce soutien américain. Après l'opération au Venezuela et les menaces portées sur la souveraineté du Groenland, les Européens peuvent-ils encore faire confiance à l'allié américain ? Les volontaires ne doivent-ils pas penser les garanties de sécurité sans les États-Unis ?

Vis-à-vis du Groenland, au-delà des déclarations qui ont été publiées ce matin, faut-il envisager un déploiement de troupes européennes pour protéger le territoire ?

Enfin, est-ce pour préserver ce lien avec les États-Unis que vous n'avez pas condamné l'intervention militaire américaine au Venezuela ?

Emmanuel MACRON

Merci pour cette question à multiples facettes et tous mes vœux pour l'année qui s'ouvre. D'abord, sur la question du Venezuela, qui me semble étrangère à la question qui nous réunit aujourd'hui, la diplomatie a une voix et la diplomatie française s'est exprimée par les canaux qui conviennent et il faut la voir comme un tout. Je crois avoir été, la diplomatie française avec moi, très clair sur le sujet.

Sur la question qui nous occupe, la présence aujourd'hui des envoyés spéciaux du Président Trump, les engagements du Président Trump lui-même, en particulier ce qu'il a pu dire lors du rendez-vous qui s'est tenu à Mar-a-Lago en fin d'année dernière avec le Président Zelensky, disent au contraire l'engagement des États-Unis d'Amérique pour bâtir la paix et prendre leurs responsabilités. Cette coalition des volontaires marque une étape nouvelle qui me semble correspondre à ce que nous défendons et qui, d'ailleurs, est conforme aux souhaits américains.

Ce que la France défend depuis plusieurs années, c'est une Europe plus indépendante et c'est une plus grande autonomie stratégique, c'est-à-dire une Europe qui s'occupe de sa sécurité davantage, en respectant le cadre otanien, mais qui prend davantage sa part. Ce que le Président Trump a constamment dit dans son premier mandat comme dans celui-ci, c'est que les Européens doivent prendre plus de la part du fardeau. C'est ce qu'il nous demande de faire, c'est cohérent. Tout le travail qui a été fait ces derniers mois à travers la coalition des volontaires, c'est d'avoir les Européens, mais je veux aussi souligner la présence dans la coalition des volontaires du Canada, de la Nouvelle-Zélande, de l'Australie et de plusieurs autres, puis du Japon. En particulier, le Premier ministre canadien était avec nous aujourd'hui, ce qui est un signal très fort, et est engagé dans ces garanties de sécurité. Cette coalition des volontaires est, si je puis dire, le cœur battant de ce soutien à l'Ukraine pour les garanties de sécurité. Elle dit le jour d'après la paix, voilà comment nous nous mettons en situation d'apporter à l'Ukraine ces différentes composantes, et en particulier un format d'armée ukrainienne qui dissuadera toute nouvelle agression, des forces multinationales de réassurance et des règles d'engagement.

Dans ce contexte-là, le soutien et la participation américaine sont très importantes pour beaucoup de pays. Elles sont très importantes pour beaucoup de pays qui sont membres de l'OTAN. Elles sont très importantes parce que les capacités américaines, parfois une exclusivité sur certaines composantes de ces garanties de sécurité, qui les rendent clés. Ces dernières semaines ont marqué un changement puisqu'il y a eu un engagement américain. Ça a été dit par le chancelier lors de notre rendez-vous à Berlin, qui a permis d'acter déjà une étape et un mouvement. Ensuite, SACEUR et donc le général américain en charge des forces américaines en Europe, mais également les coordonnants au titre de la participation américaine dans l'OTAN étaient présents avec nous et ont participé à la planification. Donc, il y a aujourd'hui ces différentes couches de garanties de sécurité où les États-Unis d'Amérique ont clarifié leur participation, et en particulier sur ce qu'on appelle le monitoring, c'est-à-dire la surveillance de la ligne de front. Les capacités d'observation et de suivi américaines sont absolument déterminantes et ont été confirmées.

Tout ça pour vous dire que, ces derniers mois, nous avons élaboré un ensemble, il est cohérent, il est solide. Les États-Unis d'Amérique nous ont demandé de faire plus. Nous le faisons, et c'est légitime, et nous le voulons. Nous avons pour la première fois une coalition des volontaires qui porte de telles garanties, mais nous avons aussi une participation américaine par les moyens qu'elle apporte, et ce fameux backstop, c'est-à-dire ces garanties. Dans ce contexte-là, à la fois les déclarations du président Trump à Mar-a-Lago avec le président Zelensky en fin d'année dernière, ce qui a été réaffirmé par les généraux compétents dans la chaîne de commandement américaine, et ce qui a été porté tout aujourd'hui par messieurs Witkoff et Kushner, est cohérent, c'est un engagement américain pour la paix. Je les en remercie, et donc je n'ai pas lieu de suivre quelques thèses qui douteraient de cet engagement, compte tenu de leur présence, des mots très forts qu'ils ont eus aujourd'hui et du travail qui a été mené avec les Etats-Unis d'Amérique pour conduire ce dispositif. J'ajoute que les Etats-Unis d'Amérique, en tant que signataires de la Charte des Nations unies et membres de l'OTAN, sont aussi des alliés des Européens, et donc c'est en tant que tels qu'ils sont présents aujourd'hui et qu'ils ont travaillé à nos côtés durant ces dernières semaines. Merci beaucoup.

Déclaration de Paris - Des garanties de sécurité robustes pour une paix solide et durable en Ukraine.

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