Publié le 29 septembre 1977

ALLOCUTION PRONONCEE PAR M. VALERY GISCARD D'ESTAING, A L'OCCASION DES ENTRETIENS DE BICHAT PARIS, LE 29 SEPTEMBRE 1977

29 septembre 1977 - Seul le prononcé fait foi

ALLOCUTION PRONONCEE PAR M. VALERY GISCARD D'ESTAING, A L'OCCASION DES ENTRETIENS DE BICHAT PARIS, LE 29 SEPTEMBRE 1977

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`POLITIQUE DE LA SANTE` MONSIEUR LE PROFESSEUR, MADAME LE MINISTRE, MESSIEURS LES PRESIDENTS, MESDAMES ET MESSIEURS LES PROFESSEURS, MESDAMES ET MESSIEURS LES MEDECINS, MESDAMES ET MESSIEURS, EN VENANT PARTICIPER AUX ENTRETIENS DE BICHAT, J'AI VOULU RENDRE UN DOUBLE TEMOIGNAGE : - D'ABORD AUX FONDATEURS ET AUX ORGANISATEURS DE CES ENTRETIENS, POUR LEUR INITIATIVE, QUI SUSCITE CHAQUE ANNEE LE PLUS GRAND INTERET EN FRANCE, ET DANS LE MONDE MEDICAL. ENSUITE A LA QUALITE DE LA MEDECINE FRANCAISE. SA QUALITE INTELLECTUELLE ET SCIENTIFIQUE EN FAIT UNE DES TOUTES PREMIERES DU MONDE. COMME CHEF_DE_L_ETAT, HABITUE A RECEVOIR DES VISITEURS ETRANGERS, JE SUIS LE TEMOIN DE CE QUE LES EFFORTS DE RECHERCHE DES VINGT DERNIERES ANNEES ONT DONNE A LA MEDECINE FRANCAISE UNE REPUTATION JUSTIFIEE D'EXCELLENCE. LES ENTRETIENS DE BICHAT REUNISSENT CHAQUE ANNEE DES MILLIERS DE MEDECINS. CETTE SEULE CIRCONSTANCE NE SUFFIT PAS A EXPLIQUER L'INTERET DE L'OPINION. IL S'AGIT EN EFFET DE REUNIONS SCIENTIFIQUES DESTINEES AVANT TOUT AUX MEDECINS. IL FAUT RECHERCHER LA CAUSE DE CET INTERET EXCEPTIONNEL DANS LE SENTIMENT QUE VOS RENCONTRES SONT A L'ORIGINE DE GUERISONS FUTURES. LES FRANCAIS CROIENT AU PROGRES DE LA MEDECINE. LEUR SCEPTICISME SUR LA CAPACITE DE NOTRE SOCIETE A ATTEINDRE CERTAINS OBJECTIFS, EPARGNE HEUREUSEMENT LA MEDECINE. CETTE CONFIANCE COLLECTIVE DANS LE PROGRES DE LA LUTTE CONTRE LA MALADIE REPOSE SUR UNE PERCEPTION AIGUE DE L'EVOLUTION RAPIDE DES DERNIERES ANNEES. L'EPOQUE DES PREMIERES APPLICATIONS COURANTES DES ANTIBIOTIQUES EST ENCORE PROCHE. IL FAUT SE SOUVENIR DES EPIDEMIES DE POLIOMYELITE QUI FAISAIENT TREMBLER POUR NOS ENFANTS, OU DU DIAGNOSTIC SANS ESPOIR DE LA MENINGITE TUBERCULEUSE. ON COMMENCE AUJOURD'HUI A PARLER DE GUERISON POUR CERTAINS CANCERS. LES GREFFES DE REIN PERDENT PROGRESSIVEMENT LEUR CARACTERE EXCEPTIONNEL. NOUS ASSIMILONS PRESQUE INSENSIBLEMENT, DANS LE DOMAINE PSYCHIATRIQUE, LES PROGRES EXTRAORDINAIRES DE LA NEUROCHIMIE
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LA SANTE EST LA PREMIERE PREOCCUPATION DE CHACUN DE NOS CONCITOYENS. POUR EUX-MEMES, POUR CEUX QU'ILS AIMENT, CE QU'ILS METTENT AU-DESSUS DE TOUT AUTRE BIEN, C'EST LE MAINTIEN OU LE RETABLISSEMENT DE LA SANTE. QUANT A VOUS, QUI ETES LES ARTISANS INFATIGABLES, TALENTUEUX ET EFFICACES DE LA SANTE FRANCAISE, LA SANTE EST VOTRE AFFAIRE DE CHAQUE JOUR. POUR LES POUVOIRS PUBLICS AUSSI, ELLE EST UNE PREOCCUPATION PRIMORDIALE. JE SUIS VENU VOUS LE DIRE. IL Y A A CELA DEUX RAISONS. LA PREMIERE EST QUE, POUR UNE NATION, LA SANTE DE LA POPULATION EST UN BIEN ESSENTIEL. ON OUBLIE SOUVENT QUE L'UNE DES PRINCIPALES FORCES DES SOCIETES DU MONDE DEVELOPPE, C'EST D'ETRE COMPOSEE D'HOMMES ET DE FEMMES BIEN PORTANTS, DONC ACTIFS ET EFFICACES. LE PROGRES DE LA SANTE EST UNE DES CONDITIONS DU PROGRES ECONOMIQUE ET SOCIAL. NOUS LE CONSTATONS TOUS LES JOURS EN REGARDANT AUTOUR DE NOUS, DANS LE MONDE, LES DIFFICULTES DES PAYS QUI NE SONT PAS ENCORE VENUS A BOUT DE LEURS PROBLEMES SANITAIRES ET A L'EGARD DESQUELS, D'AILLEURS, LA SANTE OFFRE UN CHAMP PARTICULIEREMENT IMPORTANT DE COOPERATION. J'AJOUTE, ET C'EST LA SECONDE RAISON, QUE DANS UNE SOCIETE DEMOCRATIQUE, DE CARACTERE LIBERAL, ET DONC LARGEMENT AXEE SUR LA SATISFACTION DES ASPIRATIONS INDIVIDUELLES ET L'EPANOUISSEMENT DE LA PERSONNE, LA SANTE, QUI EST LA PREMIERE DE CES ASPIRATIONS, CONSTITUE UNE PREOCCUPATION COLLECTIVE
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UNE POLITIQUE DE LA SANTE QUI PERMETTE A TOUS LES FRANCAIS DE BENEFICIER DES PROGRES ACCESSIBLES A L'ESPECE HUMAINE CONSTITUE EN PERMANENCE UN SUJET DE REFLEXION PRIORITAIRE POUR LE GOUVERNEMENT. J'AI SOUHAITE VOUS INDIQUER LES LIGNES ESSENTIELLES DE CETTE REFLEXION. J'AI TENU A LE FAIRE DEVANT UN PUBLIC PRINCIPALEMENT COMPOSE DE MEDECINS, PARCE QUE LES MEDECINS SONT LES ACTEURS ESSENTIELS DANS LA LUTTE ETERNELLE DE L'HOMME CONTRE LA MALADIE. PLACES AU MILIEU DE TOUS, HOMMES ET FEMMES, ILS CONNAISSENT LES CRAINTES ET LES ESPOIRS QUI HABITENT LE COEUR HUMAIN, ET NE VEULENT CONSIDERER EN L'HOMME QUE SA CAPACITE DE SOUFFRIR OU AU CONTRAIRE DE S'EPANOUIR. ET J'AI TENU A LE FAIRE DANS-LE-CADRE DE CES ENTRETIENS DE BICHAT, PARCE QU'ILS ME PARAISSENT HAUTEMENT SYMBOLIQUES DE LA VOLONTE DE PROGRES QUI ANIME LE CORPS MEDICAL FRANCAIS. EN VERITE, S'IL EST UN DOMAINE DANS LEQUEL LE PROGRES HUMAIN EST BIEN PERCEPTIBLE, C'EST CELUI-LA. LE PLUS MODESTE DE NOS CONCITOYENS EST AUJOURD'HUI MIEUX SOIGNE ET A L'ESPOIR DE VIVRE PLUS LONGTEMPS ET DE SOUFFRIR MOINS QU'UN MILLIONNAIRE EN FRANCS-OR DU SIECLE PASSE
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L'OPINION PUBLIQUE PERCOIT CETTE DONNEE ESSENTIELLE, QUE TRADUIT DANS LES STATISTIQUES L'AMELIORATION CONSIDERABLE DE L'_ETAT DE SANTE DE LA POPULATION FRANCAISE OBSERVEE DEPUIS QUELQUES DIZAINES D'ANNEES. L'ESPERANCE DE VIE A LA NAISSANCE ETAIT EN 1974 `DUREE` DE 69,4 `AGE` ANNEES POUR LES HOMMES ET DE 76,9 POUR LES FEMMES CONTRE 55,9 ET 61,6 POUR LA PERIODE DE 1933 - 1938 `ANNEES` : UN GAIN DE 15 ANNEES EN 40 ANS `DUREE`. L'ALLONGEMENT DE VIE SE POURSUIT AUJOURD'HUI A UN RYTHME MOINS RAPIDE, MAIS IL SE POURSUIT. LES PROGRES DE LA LUTTE CONTRE LA MORTALITE INFANTILE ET CONTRE LA MORTALITE PERINATALE, QUI ENTRENT D'AILLEURS POUR BEAUCOUP DANS CE RESULTAT, ONT ETE ENCORE PLUS SPECTACULAIRES AU-COURS DE LA PERIODE RECENTE : LA MORTALITE INFANTILE EST PASSEE DE 20 A 12,5 POUR 1000 ENTRE 1968 ET 1976, TANDIS QUE LA MORTALITE PERINATALE A ETE ABAISSEE DE 26 A 17 `TAUX` POUR 1000 DE 1968 A 1976 `DUREE`. CES QUELQUES CHIFFRES PERMETTENT DE PRENDRE LA MESURE DU PHENOMENE, MEME S'ILS N'EN REFLETENT QUE TRES PARTIELLEMENT L'IMPORTANCE. FAUT-IL EN EFFET COMPTER POUR RIEN LE PROGRES D'UNE AUTRE _NATURE, MAIS TOUT AUSSI IMPORTANT A MES YEUX, QUE CONSTITUE LA DIMINUTION DES SOUFFRANCES ET DES INVALIDITES ?
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`POLITIQUE DE LA SANTE` A TOUS CES POINTS_DE_VUE, NOTRE PAYS FAIT PARTIE DES QUELQUES NATIONS LES PLUS FAVORISEES DE CE MONDE. MAIS IL S'EN FAUT QUE LA LIMITE DES AMELIORATIONS POSSIBLES AIT ETE ATTEINTE. NOS ASPIRATIONS ET NOS POSSIBILITES NOUS INVITENT A TOUT METTRE EN_OEUVRE POUR POURSUIVRE, ET SI POSSIBLE ACCELERER, CE PROGRES QUI ATTEINDRA PEUT-ETRE UN JOUR SES LIMITES, MAIS DEVANT LEQUEL S'ETEND ENCORE UN CHAMP IMMENSE. CE PROGRES, IL EST D'ABORD LE FRUIT DE LA RECHERCHE ET DE L'INTRODUCTION DE SES RESULTATS DANS NOTRE PRATIQUE QUOTIDIENNE : EFFORT QUI DOIT ETRE POURSUIVI ET DEVELOPPE. IL EST EGALEMENT LE RESULTAT DE LA MISE EN_PLACE PROGRESSIVE D'UN SYSTEME DE SOINS QUI EST L'UN DES MEILLEURS AU MONDE. IL NOUS APPARTIENT DE LE MAINTENIR ET DE L'AMELIORER ENCORE. ENFIN IL EST PARTIELLEMENT DU A UN EFFORT DE PREVENTION QU'IL CONVIENDRA DANS LES ANNEES A VENIR DE DEVELOPPER MASSIVEMENT
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`POLITIQUE DE LA SANTE` LA RECHERCHE MEDICALE FRANCAISE A RETROUVE UNE PLACE DE PREMIER PLAN DANS LE MONDE. ELLE DOIT S'Y MAINTENIR. LA CREATION DE L'INSTITUT_NATIONAL_DE_LA_SANTE_ET_DE_LA_RECHERCHE_MEDICALE `INSERM` EN 1964 `DATE` A MARQUE LA VOLONTE DES POUVOIRS PUBLICS DE DEVELOPPER LA RECHERCHE BIO-MEDICALE, SOUTENUE EGALEMENT PAR LES CREATIONS ANTERIEURES QUE SONT LES UNIVERSITES, LE CNRS, L'INSTITUT_PASTEUR ET D'AUTRES LABORATOIRES PUBLICS OU PRIVES. AU-SEIN DE L'ENVELOPPE CONSACREE A LA RECHERCHE, J'AI TENU A DONNER A LA RECHERCHE BIO-MEDICALE UNE PRIORITE QUI NE S'EST JAMAIS DEMENTIE AU-COURS DES ANNEES RECENTES, ALORS MEME QUE LA RIGUEUR BUDGETAIRE PESAIT SUR D'AUTRES SECTEURS. JE SUIS DECIDE A ASSURER POUR L'AVENIR A CETTE RECHERCHE LES CONDITIONS D'UN DEVELOPPEMENT REGULIER ET RAPIDE, A L'ABRI DES ALEAS DE LA CONJONCTURE. DANS LE DOMAINE DE LA RECHERCHE, NOUS NE SOMMES PAS SEULS. IL EXISTE UNE COMPETITION ENTRE NATIONS, MAIS ELLE EST LARGEMENT OUVERTE ET ELLE S'ACCOMPAGNE D'UNE COOPERATION QUI ACCELERE L'OBTENTION DE RESULTATS. J'Y VOIS UN CHAMP D'ACTION PRIVILEGIE DU RAPPROCHEMENT DES PEUPLES, CONJUGANT LEURS EFFORTS POUR FAIRE RECULER LA MALADIE ET LA SOUFFRANCE. LE CHAMP DE CES RECHERCHES EST IMMENSE, DE LA BIOLOGIE MOLECULAIRE A LA SOCIO-PATHOLOGIE. DE NOMBREUX CHERCHEURS FRANCAIS ET DE NOMBREUSES EQUIPES S'Y SONT ILLUSTRES. POUR L'AVENIR, AVEC LE DEVELOPPEMENT DES ACTIONS _ENTREPRISES ET DEJA LARGEMENT REUSSIES DANS LES DOMAINES DE L'IMMUNOLOGIE, DES AFFECTIONS ENDOCRINES, DU CANCER, DES MALADIES CARDIAQUES ET ARTERIELLES ET DE LA MICROBIOLOGIE, IL NOUS FAUT ENTREPRENDRE L'EFFORT LA OU NOTRE POTENTIEL SCIENTIFIQUE N'EST PAS ENCORE SUFFISANT ET RENFORCER NOTRE ACTION DANS LES GRANDS SECTEURS DE PATHOLOGIE COMME PAR EXEMPLE LA BIOLOGIE DU CERVEAU ET LA SANTE MONDIALE
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`POLITIQUE DE LA SANTE` PARALLELEMENT, UN EFFORT PARTICULIER DOIT ETRE FAIT POUR FACILITER LA PUBLICATION DE CES TRAVAUX, SUIVANT DES MODALITES QUI EN PERMETTENT LA PLUS LARGE DIFFUSION DANS LA COMMUNAUTE SCIENTIFIQUE ET MEDICALE INTERNATIONALE. LA RAPIDITE DU PROGRES, VOUS LE CONSTATEZ TOUS LES JOURS DANS CES ENTRETIENS, A PROFONDEMENT TRANSFORME LA _NATURE ET LA QUANTITE DES CONNAISSANCES QUE VOUS UTILISEZ DANS L'EXERCICE MEDICAL. IL FAUT EN TIRER LES CONSEQUENCES POUR LA FORMATION DES MEDECINS. L'ENSEMBLE DE CONNAISSANCES DONT DISPOSE LE MEDECIN DOIT ETRE AUJOURD'HUI DOUBLE : CONNAISSANCE FONDAMENTALE DES GRANDS MECANISMES DE LA VIE D'UNE_PART, CONNAISSANCE DE LA MALADIE D'AUTRE_PART, DONT LE DIAGNOSTIC IMPOSE UNE FORMATION PERMANENTE AU LIT DU MALADE. C'EST A CES DEUX OBJECTIFS DIFFICILES QUE DOIT TENDRE L'ENSEIGNEMENT DE LA MEDECINE. MAIS LA FORMATION INITIALE DOIT ETRE RELAYEE PAR UNE FORMATION CONTINUE INDISPENSABLE, DONT LES ENTRETIENS DE BICHAT CONSTITUENT UN EXEMPLE CONVAINCANT. LA FORMATION CONTINUE JOUE CHEZ LES MEDECINS UN ROLE PLUS IMPORTANT QUE DANS AUCUNE AUTRE PROFESSION. IL NE PEUT EN ETRE AUTREMENT. L'EVOLUTION ACCELEREE DES CONNAISSANCES VOUS IMPOSE UN EFFORT DE MISE_A_JOUR PERMANENT. L'ENJEU EST FONDAMENTAL PUISQU'IL S'AGIT DE LA SANTE DES MALADES. OR, LA FORMATION CONTINUE DEMEURE INSUFFISANTE, AUSSI BIEN QUANT AU NOMBRE DES MEDECINS QU'ELLE TOUCHE QU'AU REGARD DES MODALITES SELON LESQUELLES ELLE EST DISPENSEE. POURTANT SI LA FORMATION CONTINUE N'EST PAS UNE OBLIGATION JURIDIQUE POUR LES MEDECINS, ELLE EST D'UNE CERTAINE FACON DAVANTAGE UN DEVOIR MORAL. SANS DOUTE, LES POUVOIRS PUBLICS, POUR RESPECTER LA LIBRE INITIATIVE DES MEDECINS, SONT-ILS JUSQU'A PRESENT PEU INTERVENUS DANS CE DOMAINE. MAIS L'ETAT ET, J'EN SUIS SUR, LES ORGANISMES D'ASSURANCE-MALADIE, SONT PRETS A VOUS APPORTER LEUR AIDE SI VOUS LA DEMANDEZ
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CEPENDANT, L'ACTION DES MEDECINS ET DES AUTRES PROFESSIONS DE SANTE NE PEUT ATTEINDRE SA PLEINE EFFICACITE QUE SI ELLE S'INSERE DANS UN SYSTEME D'ENSEMBLE QUI REPONDE AU PRINCIPE SUIVANT "ASSURER A TOUS UN ACCES EGAL A DES SOINS DE QUALITE". C'EST UN DES OBJETS DE LA POLITIQUE DE LA SANTE MENEE PAR LES POUVOIRS PUBLICS QUE DE METTRE EN_PLACE ET DE FAIRE FONCTIONNER UN TEL SYSTEME DE SOINS. A CETTE FIN, LE GOUVERNEMENT S'EST FIXE QUATRE ORIENTATIONS FONDAMENTALES : 1 - MAINTENIR LE PLUS GRAND PLURALISME DES CONDITIONS D'EXERCICE DE LA PROFESSION MEDICALE £ 2 - TOUJOURS MIEUX ADAPTER LES EQUIPEMENTS DISPONIBLES AUX BESOINS £ 3 - ACHEVER LA MISE EN_PLACE DE NOTRE SYSTEME DE PROTECTION SOCIALE FONDE SUR LA SECURITE_SOCIALE £ 4 - MIEUX MAITRISER LES COUTS PAR UNE UTILISATION PLUS RATIONNELLE DES MOYENS
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`POLITIQUE DE LA SANTE` IL EST ESSENTIEL DE MAINTENIR LE PLURALISME DES CONDITIONS D'EXERCICE DE LA PROFESSION MEDICALE. IL S'ACCOMPLIT QUOTIDIENNEMENT PRES D'UN MILLION `NOMBRE` D'ACTES MEDICAUX. CHAQUE JOUR, 150.000 FAMILLES DEMANDENT LA VISITE DE LEUR MEDECIN ET 400.000 MALADES SE RENDENT A UNE CONSULTATION. CHAQUE JOUR, DANS LES HOPITAUX ET LES CLINIQUES 475.000 MALADES RECOIVENT DES SOINS. MAIS LA MEDECINE FRANCAISE NE DOIT PAS DEVENIR POUR AUTANT UNE ACTIVITE DE MASSE GEREE DE FACON COLLECTIVISTE. AU CONTRAIRE, POUR CONSERVER SA VALEUR EMINENTE L'ACTE MEDICAL EST, ET DOIT RESTER, UN ACTE INDIVIDUEL, UNE RELATION SINGULIERE ET SECRETE ENTRE DEUX PERSONNES QUI SE SONT CHOISIES LIBREMENT. LES FRANCAIS, JE LE SAIS, SONT PROFONDEMENT ATTACHES A CE MAINTIEN. SA MEILLEURE GARANTIE RESIDE DANS LA DIVERSITE DES CONDITIONS D'EXERCICE DE LA PROFESSION MEDICALE : EXERCICE LIBERAL DU MEDECIN DE VILLE, ISOLE OU ASSOCIE A D'AUTRES CONFRERES, OU EXERCICE SALARIE, S'AGISSANT PAR EXEMPLE DE LA MEDECINE HOSPITALIERE OU DE LA MEDECINE DU TRAVAIL. TOUTES CES MEDECINES SONT DE QUALITE. C'EST CETTE DIVERSITE QUI ASSURE LE LIBRE CHOIX DU MEDECIN PAR SON MALADE. LIBERTE CONCRETE, LIBERTE INDISPENSABLE DE LA VIE QUOTIDIENNE ET QUI, AU_MEME_TITRE QUE D'AUTRES, EST INHERENTE A L'ORGANISATION D'UNE SOCIETE DEMOCRATIQUE. C'EST POURQUOI, AINSI QUE JE L'AI ECRIT DANS DEMOCRATIE_FRANCAISE `LIVRE`, IL EST A MES YEUX ESSENTIEL DE MAINTENIR CETTE DIVERSITE, TOUT EN RENFORCANT PARALLELEMENT L'EGALITE DES FRANCAIS DANS L'ACCES AUX SOINS. DANS NOTRE ORGANISATION DE SOINS, LES MEDECINS QUI ONT CHOISI LE MODE LIBERAL D'EXERCICE DE LEUR PROFESSION TIENNENT UN ROLE INDISPENSABLE. LEUR EXISTENCE CONSTITUE POUR LE PATIENT UN ELEMENT DE CONFORT ET DE SECURITE QUI N'A GUERE SON EQUIVALENT DANS LES AUTRES PAYS, ET JE PENSE NOTAMMENT AUX VISITES DU MEDECIN AU DOMICILE DU MALADE
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`POLITIQUE DE LA SANTE` CELA QUI NOUS PARAIT NATUREL, NE VA PAS DE SOI. LA FRANCE EST EN EFFET A PEU PRES LE SEUL PAYS AU MONDE QUI SOIT PARVENU A CONCILIER L'EXERCICE LIBERAL DE LA MEDECINE ET LA SOCIALISATION DE SON COUT. CONQUETE PRECIEUSE, QUI REPOSE TRES LARGEMENT SUR LA MISE EN_PLACE D'UN SYSTEME CONVENTIONNEL. SEULES, EN EFFET, LES RELATIONS D'ETROITE COOPERATION QUI SE SONT ETABLIES ENTRE LE CORPS MEDICAL ET LES ORGANISMES DE SECURITE_SOCIALE ONT PERMIS A LA FOIS DE PRESERVER LA QUALITE DE L'ACTE MEDICAL ET D'ASSURER UN HAUT NIVEAU DE REMBOURSEMENT. C'EST POURQUOI LE SYSTEME CONVENTIONNEL DOIT ETRE IMPERATIVEMENT SAUVEGARDE. CE SYSTEME, IL EST VRAI, A CONNU DES DIFFICULTES. MAIS VOICI QUE GRACE-A L'ACTION PERSEVERANTE, EFFICACE, INTELLIGENTE, DE MADAME LE MINISTRE DE LA SANTE `SIMONE VEIL`, L'ENSEMBLE DES SYNDICATS MEDICAUX VIENT DE RENOUER SES RELATIONS AVEC LES ORGANISMES D'ASSURANCE-MALADIE, ET CELA AU MOMENT MEME OU D'AUTRES PROFESSIONS, DIRECTEURS DE LABORATOIRES, CHIRURGIENS-DENTISTES, INFIRMIERES, SIGNAIENT, ELLES AUSSI, DES CONVENTIONS. AINSI LA VITALITE DU SYSTEME CONVENTIONNEL A-T-ELLE ETE CONFIRMEE. BIEN ENTENDU, IL NE PEUT FONCTIONNER CORRECTEMENT QUE DANS UN CLIMAT DE BONNE ENTENTE. SI CETTE ENTENTE FAIT DEFAUT, SI LA CONFIANCE QUI DOIT EXISTER ENTRE DES INTERLOCUTEURS, AMENES A RESOUDRE EN_COMMUN DES PROBLEMES, DISPARAIT, LES CONVENTIONS SE VIDENT PEU A PEU DE LEUR SENS, ET LEURS DISPOSITIONS PERDENT LEUR EFFICACITE. C'EST NON SEULEMENT DANS SA LETTRE, MAIS AUSSI DANS SON ESPRIT QUE LE DISPOSITIF CONVENTIONNEL TROUVE SON PLEIN EPANOUISSEMENT, IL EST DU DEVOIR DE L'ETAT D'Y VEILLER
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`POLITIQUE DE LA SANTE` L'ESSENTIEL AINSI MAINTENU, LA COOPERATION ETROITE ENTRE LE CORPS MEDICAL ET LES POUVOIRS PUBLICS PERMETTRA DE REGLER DE MANIERE SATISFAISANTE TROIS QUESTIONS IMPORTANTES DONT DEPEND LA BONNE REGULATION DU SYSTEME. LA PREMIERE CONCERNE LA PART RESPECTIVE DU GENERALISTE ET DU SPECIALISTE. LE MEDECIN GENERALISTE, LE MEDECIN DE FAMILLE, RESTE LE MEDECIN DU PLUS GRAND NOMBRE DE FRANCAIS, CELUI QU'ILS PEUVENT CONSULTER FACILEMENT, CELUI QU'ILS ECOUTENT. CONNAISSANT LA FAMILLE, IL DETIENT DES INFORMATIONS IRREMPLACABLES. IL EST AUSSI LE MEILLEUR AGENT DE PREVENTION PAR LES CONSEILS DE VIE QU'IL DONNE ET PAR LE TRAITEMENT PRECOCE DES ANOMALIES QU'IL DEPISTE. CEPENDANT, DANS DE NOMBREUX PAYS, LE MEDECIN GENERALISTE DISPARAIT. MA CONVICTION EST QU'AU CONTRAIRE, SI EMINENT ET INDISPENSABLE QUE SOIT LE ROLE DU SPECIALISTE, IL FAUT MAINTENIR RESOLUMENT LA PLACE DU GENERALISTE AU CENTRE DE NOTRE SYSTEME DE SANTE, ET DONC ENCOURAGER LES JEUNES MEDECINS A CHOISIR CETTE VOIE. BIEN ENTENDU, LES DIFFICILES CONDITIONS D'EXERCICE DE CETTE PROFESSION PEUVENT ETRE AMENAGEES £ LES FORMULES DE CABINET DE GROUPE OFFRENT PAR EXEMPLE DES FACILITES QUI ALLEGENT LES CHARGES PESANT SUR LE MEDECIN
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`POLITIQUE DE LA SANTE` IL CONVIENT AUSSI, ET C'EST LA SECONDE QUESTION, DE CONTROLER ATTENTIVEMENT L'EVOLUTION DU NOMBRE DES MEDECINS FRANCAIS. CELA AFIN D'ASSURER LE BON EXERCICE DE LEUR PROFESSION ET LA QUALITE DES SOINS DISPENSES AUX MALADES. ENFIN, IL EST NECESSAIRE DE REFLECHIR A LEUR IMPLANTATION GEOGRAPHIQUE, POUR CORRIGER CERTAINES DISPARITES REGIONALES QUI CONSTITUENT UN OBSTACLE A L'EGALITE DEVANT LA SANTE. LE GOUVERNEMENT SOUHAITE QUE CES PROBLEMES IMPORTANTS PUISSENT ETRE ABORDES AVEC CLARTE ET SERIEUX AU-COURS DES PROCHAINS MOIS EN LIAISON AVEC LES SYNDICATS REPRESENTATIFS DES MEDECINS PRATICIENS
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`POLITIQUE DE LA SANTE` 2 - DANS-LE-CADRE AINSI DEFINI, DEVRA SE POURSUIVRE L'EFFORT D'ADAPTATION DES EQUIPEMENTS AUX BESOINS. D'ABORD POUR L'HOPITAL : LA MEDECINE HOSPITALIERE, LA VIE DU MALADE A L'HOPITAL ONT EVOLUE SI VITE QUE L'OPINION N'A PAS PRIS PLEINEMENT CONSCIENCE DES PROGRES REALISES. TROIS CHANGEMENTS ONT ETE PARTICULIEREMENT IMPORTANTS POUR LE SECTEUR HOSPITALIER PUBLIC : UN CHANGEMENT TECHNIQUE £ EN FAIT UN VERITABLE BOULEVERSEMENT, GRACE-A L'INTRODUCTION DE NOUVELLES TECHNOLOGIES ET AU DEVELOPPEMENT DE DISCIPLINES TOTALEMENT INCONNUES QUELQUES ANNEES AUPARAVANT. UN CHANGEMENT DANS NOTRE ORGANISATION LEGISLATIVE, AVEC LES DEUX GRANDES REFORMES DE 1958 ET DE 1970. LA PREMIERE A PERMIS D'ASSOCIER, A PLEIN TEMPS, DANS DES SERVICES HOSPITALO-UNIVERSITAIRES `CHU`, LES ACTIONS D'ENSEIGNEMENT, DE RECHERCHE ET DE SOINS. CETTE ASSOCIATION ETAIT LA CONDITION INDISPENSABLE D'UNE MEDECINE DE HAUTE QUALITE. LA DEUXIEME A FIXE LES PRINCIPES DE L'ORGANISATION DU SERVICE PUBLIC HOSPITALIER ET DE LA COORDINATION DES EQUIPEMENTS DANS LE RESPECT DE LA CARTE SANITAIRE. ENFIN, UN EFFORT D'EQUIPEMENT SANS PRECEDENT. EN UN PEU PLUS DE 15 ANS, 240 000 `NOMBRE` LITS NEUFS ONT ETE MIS EN_PLACE DANS LE SEUL SECTEUR PUBLIC, SOIT PRES DE LA MOITIE DU PATRIMOINE HOSPITALIER PUBLIC. POUR L'AVENIR, CET EFFORT SERA POURSUIVI MAIS DE FACON DIFFERENTE. EN EFFET, SAUF DANS CERTAINS CAS PRECIS, LE NOMBRE DES LITS MIS A LA DISPOSITION DES MALADES N'A PLUS _LIEU D'AUGMENTER. LA DIMINUTION DE LA DUREE DES SEJOURS, LE DEVELOPPEMENT DU TRAITEMENT SANS HEBERGEMENT ONT MODIFIE A CET EGARD LES BESOINS. DESORMAIS, IL S'AGIT D'ABORD D'AMELIORER LES EQUIPEMENTS TECHNIQUES ET D'ACCROITRE LE CONFORT DU MALADE A L'HOPITAL. L'HUMANISATION DES HOPITAUX, QUE J'AI PERSONNELLEMENT VOULUE, SE POURSUIT. LA SUPPRESSION DES LITS EN SALLE_COMMUNE SERA ACHEVEE EN 1981 `DATE`
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`POLITIQUE DE LA SANTE` CEPENDANT, DES EFFORTS IMPORTANTS RESTENT A ACCOMPLIR POUR AMELIORER L'ACCUEIL DU MALADE ET LES CONDITIONS MATERIELLES ET MORALES DE SON SEJOUR A L'HOPITAL. A CET EGARD, LA RESISTANCE DES HABITUDES EST GRANDE ET L'EFFORT DOIT ETRE PERMANENT. LA RESPONSABILITE DU MEDECIN HOSPITALIER, MEME S'IL NE LA PERCOIT PAS TOUJOURS, EST CONSIDERABLE A CET EGARD. LA FACON DONT IL ORGANISE SON TRAVAIL DETERMINE LA PLUPART DU TEMPS LES CONDITIONS DE L'ACCUEIL ET DU SEJOUR. QUELLE OPINION PEUVENT AVOIR DE L'HOPITAL LES MALADES ENTASSES DANS CERTAINES CONSULTATIONS EXTERNES, QUI ATTENDENT PENDANT DES HEURES QUE VIENNE LEUR TOUR ? LE MEDECIN HOSPITALIER DOIT AIDER LES DIRECTEURS D'HOPITAUX DANS L'ACTION DIFFICILE QU'ILS MENENT POUR AMELIORER LA GESTION DES ETABLISSEMENTS ET ACCROITRE LA QUALITE DU SERVICE RENDU. LA CONTRIBUTION DES INFIRMIERES A L'EVOLUTION DE L'HOPITAL EST EGALEMENT IMPORTANTE. LE ROLE QU'ELLES JOUENT, LES RESPONSABILITES QU'ELLES ASSUMENT N'ONT CESSE DE CROITRE. LEUR PARTICIPATION A LA VIE HOSPITALIERE EST APPELEE A SE DEVELOPPER ENCORE A L'AVENIR. L'HOPITAL EST RESTE TROP LONGTEMPS UNE CITADELLE. IL DOIT S'OUVRIR VERS L'EXTERIEUR. IL N'Y A PAS DEUX CATEGORIES DE MALADES £ LES MALADES HOSPITALISES ET LES AUTRES. LES MALADES HOSPITALISES ONT ETE SUIVIS AVANT LEUR ENTREE A L'HOPITAL. ILS LE SERONT APRES LEUR SORTIE. IL FAUT QUE LES ECHANGES ENTRE LA MEDECINE DE VILLE ET LA MEDECINE HOSPITALIERE SE DEVELOPPENT. L'HOPITAL N'APPARTIENT PAS AUX SEUL MEDECINS HOSPITALIERS, SI GRANDES SOIENT LEURS CAPACITES, MAIS A TOUS LES MEDECINS
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`POLITIQUE DE LA SANTE` A COTE DU SECTEUR PUBLIC, LES CLINIQUES PRIVEES ONT SU, ELLES AUSSI, S'EQUIPER POUR JOUER PLEINEMENT LEUR ROLE D'ETABLISSEMENT COMPLEMENTAIRE. LEUR EXISTENCE EST PARFOIS CONTESTEE. ELLES ME PARAISSENT CEPENDANT REMPLIR UN ROLE INDISPENSABLE. ELLES SONT, D'ABORD, LA CONDITION DE L'EXERCICE DIVERSIFIE DE LA PROFESSION MEDICALE. SANS CLINIQUE PRIVEE, L'EXERCICE LIBERAL N'AURAIT QU'UN CHAMP ETROIT. ET, LA COEXISTENCE DU SECTEUR PRIVE ET DU SECTEUR PUBLIC CREE SOUVENT UNE SAINE EMULATION. LA NECESSITE D'AMELIORER LES CONDITIONS D'ACCUEIL ET DE SEJOUR DANS CERTAINS HOPITAUX AURAIT SANS DOUTE PARU MOINS PRESSANTE SI LES CLINIQUES PRIVEES N'AVAIENT PAS EXISTE
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3 - L'AMELIORATION DU SYSTEME DE SOINS QUE JE VIENS D'EVOQUER, N'A SA COMPLETE SIGNIFICATION QUE SI TOUS PEUVENT Y ACCEDER, QUELLES QUE SOIENT LEURS RESSOURCES. NOUS TOUCHONS AUJOURD'HUI AU TERME D'UNE EVOLUTION QUI A PERMIS D'ETENDRE PROGRESSIVEMENT A PRESQUE TOUS LES FRANCAIS LE BENEFICE DE LA SECURITE_SOCIALE, TOUT EN AMELIORANT LE NIVEAU DE PROTECTION QU'ELLE ASSURE. ACTUELLEMENT 98 % DES FRANCAIS SONT COUVERTS PAR L'ASSURANCE-MALADIE. IL NE S'AGIT PLUS QUE D'ACHEVER LE PROCESSUS DE GENERALISATION DE LA SECURITE_SOCIALE, DONT LA LOI DU 4 JUILLET 1975 `DATE` EN_FAVEUR DES JEUNES ET DES FEMMES SEULES A CONSTITUE L'AVANT DERNIERE ETAPE. J'AI DEMANDE A MADAME LE MINISTRE DE LA SANTE `SIMONE VEIL` DE PRESENTER PROCHAINEMENT AU GOUVERNEMENT UN PROJET DE LOI ETENDANT LA SECURITE_SOCIALE AUX DERNIERES CATEGORIES NON ENCORE COUVERTES. L'ACHEVEMENT DE CETTE REMARQUABLE EVOLUTION COURONNERA VINGT ANNEES D'EFFORTS. QU'ON EN APPRECIE PLEINEMENT L'IMPORTANCE. EFFORTS D'AUTANT PLUS REMARQUABLES QUE, DANS LE MEME TEMPS, LE NIVEAU DE PROTECTION N'A CESSE DE S'AMELIORER. JE RAPPELLE, PAR EXEMPLE, LES MESURES IMPORTANTES INTERVENUES LE 1ER AOUT DERNIER `1977 ` DATE` POUR RENFORCER LA PROTECTION CONTRE LA MALADIE DES COMMERCANTS ARTISANS ET MEMBRES DE PROFESSIONS LIBERALES. D'AUTRES ENCORE SONT EN PREPARATION, QUI INTERESSENT TOUS LES FRANCAIS. LE MINISTRE DE LA SANTE `SIMONE VEIL` PROPOSERA AU GOUVERNEMENT UNE AMELIORATION DE LA PRISE EN_CHARGE DES SOINS DENTAIRES A-PARTIR DU 1ER JANVIER 1978 `DATE`. JE LUI AI DONNE EGALEMENT MON ACCORD POUR QUE SOIT PREPAREE UNE SERIE DE MESURES DANS UN DOMAINE QUE JE JUGE ESSENTIEL, CELUI DE LA MATERNITE. LA COUVERTURE DES DEPENSES ENTRAINEES PAR LES GROSSESSES, PAR L'HOSPITALISATION DES PREMATURES ET PAR LES SOINS DE LA STERILITE SERA AMELIOREE. LE CONGE DE MATERNITE SERA ALLONGE. CES MESURES SONT IMPORTANTES CAR ELLES COMPLETENT DANS LE DOMAINE DE LA SANTE L'ACTION QUE LE GOUVERNEMENT A ENTREPRIS DANS D'AUTRES DOMAINES EN_FAVEUR DE LA FAMILLE
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4 - CONCILIATION DE LA MEDECINE LIBERALE ET DE LA SOCIALISATION DES COUTS £ AMELIORATION DES EQUIPEMENTS ET DE L'ACCUEIL £ GENERALISATION ET AMELIORATION DE LA COUVERTURE SOCIALE : TOUTES CES TACHES SERONT ACCOMPLIES DE FACON D'AUTANT PLUS COMPLETE ET RAPIDE QU'AURA ETE PARALLELEMENT REALISEE UNE MEILLEURE MAITRISE DES COUTS GRACE-A UNE UTILISATION PLUS RATIONNELLE DES MOYENS. LA PROGRESSION RAPIDE DE LA CONSOMMATION MEDICALE EST UNE LOI DE NOTRE EPOQUE. EN FRANCE, CETTE CROISSANCE S'EST FAITE DE 1960 A 1974 AU RYTHME DE 7,5 % PAR AN CONTRE 5,5 % POUR LA CONSOMMATION TOTALE DES MENAGES. LA PART DE LA CONSOMMATION MEDICALE DANS LA CONSOMMATION DES MENAGES EST AINSI PASSEE DURANT LA MEME PERIODE DE 6,6 % A 10,2 % `STATISTIQUES`. BIEN ENTENDU, CETTE EXPLOSION N'EST PAS PROPRE A LA FRANCE, MAIS S'OBSERVE DANS TOUS LES PAYS COMPARABLES. LA CROISSANCE DES DEPENSES DE SANTE EST UN PHENOMENE DE CIVILISATION. ELLE SE POURSUIVRA DANS L'AVENIR. LE PROGRES SCIENTIFIQUE, LA PLUS GRANDE EGALITE DANS L'ACCES AUX SOINS, LE VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION JOUENT INELUCTABLEMENT DANS CE SENS. MAIS RECONNAITRE CE FAIT NE DOIT PAS CONDUIRE A UNE ATTITUDE FATALISTE DEVANT LE PROGRES DE LA DEPENSE. DE TOUTE FACON, LA PROLONGATION DES RYTHMES CONSTATES AU-COURS DE LA DERNIERE DECENNIE ABOUTIT A L'HORIZON 2000 A DES RESULTATS ABSURDES. ON PEUT DONC TENIR POUR ACQUIS QUE D'ICI LA UNE INFLEXION SE PRODUIRA
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LA PART DES RESSOURCES QU'UNE SOCIETE EST DISPOSEE A CONSACRER A LA SANTE N'EST PAS FIXEE UNE FOIS POUR TOUTES £ MAIS ELLE N'EST PAS NON PLUS ILLIMITEE. LA RARETE EST UNE LOI DES SOCIETES HUMAINES, QUE LES DIFFICULTES ECONOMIQUES RECENTES VIENNENT DE RAPPELER A CEUX QUI TENDAIENT A L'OUBLIER. AUCUNE ACTIVITE, MEME LA PLUS ESSENTIELLE N'Y ECHAPPE. DES LORS, LA MAITRISE, QUI NE VEUT PAS DIRE LE BLOCAGE DE LA DEPENSE, ET LA RATIONALISATION DES MOYENS SONT UN DEVOIR DE BONS SENS. C'EST DANS CET ESPRIT QUE LE GOUVERNEMENT, A MIS EN_OEUVRE, L'ANNEE DERNIERE UN ENSEMBLE D'ACTIONS DESTINEES A FREINER LA CROISSANCE DES DEPENSES DE L'ASSURANCE-MALADIE. LES REMARQUABLES RESULTATS OBTENUS, GRACE-AU _CONCOURS DE TOUS, NOTAMMENT DANS LE SECTEUR HOSPITALIER, ONT PERMIS A LA FOIS DE MAINTENIR INTACT LE SYSTEME DE SECURITE_SOCIALE AUQUEL, COMME TOUS LES FRANCAIS, LE GOUVERNEMENT EST PROFONDEMENT ATTACHE, ET SUR LEQUEL PESAIT UNE SERIEUSE MENACE, MAIS ENCORE, D'ACCEPTER DES A PRESENT LES DEPENSES NOUVELLES QUE J'AI INDIQUEES, ET DE REALISER AINSI DE NOUVEAUX PROGRES DANS LA PROTECTION DE LA SANTE DES FRANCAIS
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`POLITIQUE DE LA SANTE` RIEN NE MONTRE PLUS CLAIREMENT COMBIEN LA MAITRISE CONSCIENTE DE LA DEPENSE `SANTE` CONSTITUE, NON PAS UN FREIN AU PROGRES, MAIS SA CONDITION MEME. TOUS DOIVENT Y CONCOURIR, POUVOIRS PUBLICS, AUTORITES HOSPITALIERES, MEDECINS PRESCRIPTEURS, ASSURES EUX-MEMES. A CET EGARD, L'INFORMATION ET LA FORMATION DES MEDECINS JOUENT UN ROLE ESSENTIEL. L'ETAT PEUT AIDER LE MEDECIN HOSPITALIER EN METTANT A SA DISPOSITION LES MOYENS D'UNE ANALYSE ECONOMIQUE SERIEUSE, DE MEME QUE LES ORGANISMES DE SECURITE_SOCIALE PEUVENT AIDER LE MEDECIN PRATICIEN EN LUI COMMUNIQUANT DES PROFILS D'ACTIVITE. LE PUBLIC AUSSI A BESOIN D'ETRE MIEUX INFORME. CETTE NECESSITE, QUI N'EST PAS CONTESTEE PAR LES MEDECINS, SUSCITE CEPENDANT CHEZ BEAUCOUP D'ENTRE EUX DES APPREHENSIONS JUSTIFIEES PAR LEUR EXPERIENCE DES EFFETS PERVERS D'UNE INFORMATION MAL DOSEE OU DONNEE MAL A PROPOS. C'EST POURQUOI LE DEVELOPPEMENT D'UNE EDUCATION SANITAIRE DE BASE, DISPENSEE DES L'AGE SCOLAIRE, ME PARAIT INDISPENSABLE, QU'IL FAUT PROLONGER PAR UNE EDUCATION DU PUBLIC. LES RESULTATS OBTENUS EN 1977 `ANNEE`, SANS QUE LA QUALITE DES SOINS AIT EU A EN SOUFFRIR, SONT LA PREUVE DE LA CAPACITE DES RESPONSABLES, ET NOTAMMENT DES MEDECINS ET DES ADMINISTRATEURS, DE FAIRE PROGRESSER LA MEDECINE DANS UN CONTEXTE NOUVEAU
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MAIS SOIGNER N'EST PAS TOUT, PREVENIR N'EST PAS MOINS INDISPENSABLE. LE REDEPLOIEMENT DES MOYENS QUE PERMETTRA LA MEILLEURE MAITRISE DES COUTS, DEVRA S'ORIENTER PROGRESSIVEMENT VERS LA PREVENTION. LA POLITIQUE DE SANTE DE DEMAIN SERA AUTANT UNE POLITIQUE DE PREVENTION QU'UNE POLITIQUE DE SOINS. LA PREVENTION, ENCORE BALBUTIANTE, SE CONFOND LE PLUS SOUVENT AVEC LE DEPISTAGE PRECOCE. DES RESULTATS IMPORTANTS ONT CERTES ETE OBTENUS £ PAR EXEMPLE, LA REDUCTION DE LA MORTALITE PERINATALE QUE JE RAPPELAIS TOUT A L'HEURE. MAIS ILS SONT SANS COMMUNE MESURE AVEC CEUX QUI DOIVENT ETRE ATTEINTS DANS LES DECENNIES A VENIR. ON PEUT S'INTERROGER SUR LES RAISONS DE LA FAIBLESSE DE LA POLITIQUE DE PREVENTION. J'EN VOIS PERSONNELLEMENT TROIS. LA PREMIERE EST DE _NATURE ECONOMIQUE. BIEN QUE LA PREVENTION SOIT, A TERME, LORSQU'ELLE AURA REALISE SES OBJECTIFS, UNE SOURCE ESSENTIELLE D'ECONOMIE SUR LES DEPENSES DE SANTE, C'EST, PARADOXALEMENT, L'INSUFFISANCE DES RESSOURCES QUI N'A PAS PERMIS, JUSQU'A PRESENT, DE LUI DONNER TOUT LE DEVELOPPEMENT SOUHAITABLE
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`POLITIQUE DE PREVENTION DE LA MALADIE ` POLITIQUE DE LA SANTE` LA DEUXIEME RAISON EST DE _NATURE TECHNIQUE. LA VERITABLE PREVENTION EXIGE LA MAITRISE DE MOYENS PERMETTANT DE S'OPPOSER A L'APPARITION DE LA MALADIE, C'EST-A-DIRE UNE CONNAISSANCE PROFONDE DE L'HOMME ET DE SA GENETIQUE. COMMENT PREVENIR AVEC UNE PLEINE EFFICACITE LE CANCER OU L'HYPERTENSION, SI NOUS EN IGNORONS LES CAUSES ? LA MEDECINE PEUT, DANS DE TELS CAS, DEPISTER ET CONTROLER LE MAL OU MEME LE GUERIR. ELLE NE PEUT LE PREVENIR ET JE DONNE ICI AU MOT PREVENTION SON SENS PLEIN. LE PROGRES DE LA PREVENTION EST LIE AU PROGRES DE LA SCIENCE MEDICALE. LA PREVENTION N'EST PAS UNE ACTION AVEUGLE ET GENERALISEE. ELLE DOIT S'EXERCER AU TRAVERS D'ACTIONS ELECTIVES DONT L'EFFICACITE AURA ETE RECONNUE. LA DERNIERE RAISON EST DE _NATURE PSYCHOLOGIQUE ET SOCIALE. LES CONDITIONS ET LES HABITUDES DE VIE JOUENT UN GRAND ROLE DANS LA SANTE. LES MODIFIER EST DIFFICILE. IL FAUT DE LA PERSEVERANCE ET SOUVENT CE COURAGE POLITIQUE, QUE CERTAINS QUALIFIENT D'IMPRUDENCE. IL EST MOINS HASARDEUX, AUX YEUX DE BEAUCOUP, DE SOIGNER LES VICTIMES DE COMPORTEMENTS SOCIAUX DETESTABLES QUE DE PREVENIR LEUR APPARITION
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`POLITIQUE DE LA SANTE` IL EST POURTANT DES DOMAINES OU L'HESITATION N'EST PAS PERMISE. C'EST LA RESPONSABILITE DE LA SOCIETE ET DES POUVOIRS PUBLICS DE PREVENIR LES GRANDS FLEAUX : L'ALCOOLISME, LA DROGUE, LE TABAGISME, LES ACCIDENTS - EN-PARTICULIER CEUX DU TRAVAIL. DES ACTIONS ONT ETE _ENTREPRISES A MA DEMANDE DANS CES DIFFERENTS DOMAINES : CAMPAGNE ANTI-TABAC, LOI DU 6 DECEMBRE 1976 `DATE` SUR LA PREVENTION DES ACCIDENTS DU TRAVAIL, DESIGNATION D'UNE RESPONSABLE CHARGEE DE PORTER UN DIAGNOSTIC SUR LES PROBLEMES DE LA DROGUE `MONIQUE PELLETIER`. UNE ACTION EST EGALEMENT EN PREPARATION SUR L'AMELIORATION DE L'HYGIENE ALIMENTAIRE. L'EFFICACITE DE CES ACTIONS NE POURRA ETRE APPRECIEE QUE SUR UNE PERIODE SUFFISAMMENT LONGUE. CEPENDANT, JE NE PUIS CACHER QU'EN CE QUI CONCERNE LE PLUS IMPORTANT DE CES FLEAUX SOCIAUX, JE SUIS PREOCCUPE A LA FOIS PAR SA GRAVITE PERSISTANTE ET PAR LA MEDIOCRITE DES RESULTATS OBTENUS. JE PARLE BIEN ENTENDU DE L'ALCOOLISME. IL N'EST PAS DIGNE D'UNE NATION EVOLUEE DE SE RESIGNER INDEFINIMENT A SUBIR D'AUSSI PROFONDS RAVAGES. POUR MA PART, SANS SOUS-ESTIMER L'AMPLEUR DES DIFFICULTES QUE DEVRAIT SURMONTER UNE ACTION EFFICACE, JE NE M'Y RESIGNE PAS. JE VAIS DEMANDER AU GOUVERNEMENT DE PRESENTER, DANS CET ESPRIT, UN PROGRAMME D'ACTION COUVRANT LA DECENNIE 1978 - 1988
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`POLITIQUE DE LA SANTE` LE PROGRES DE LA MEDECINE A CONTRIBUE, PLUS QUE TOUTE AUTRE CAUSE, A TRANSFORMER NOTRE SOCIETE ET NOS MENTALITES. IL A DONNE A L'HOMME UNE SECURITE PERSONNELLE QUI LUI A PERMIS DE SE CONSACRER PLUS LIBREMENT ET PLUS EFFICACEMENT A DES TACHES NOUVELLES. IL A MODIFIE L'EQUILIBRE DE LA SOCIETE EN FAISANT COEXISTER COMME JAMAIS AUPARAVANT, DES GENERATIONS DIFFERENTES. IL A RESOLU CERTAINES ANGOISSES MAIS CONTRIBUE A POSER DE NOUVELLES INTERROGATIONS. S'IL NOUS A DONNE L'ESPOIR, IL N'A PAS SUPPRIME LA CRAINTE
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FACE A CETTE SITUATION COMPLEXE, QUELLE ATTITUDE ADOPTER ? IL APPARAIT AUJOURD'HUI AVEC EVIDENCE QUE LA SANTE EST L'AFFAIRE DE TOUS : DES MEDECINS ET DES PERSONNELS DE SANTE, D'ABORD. MAIS NI LES INDIVIDUS, NI LA SOCIETE NE PEUVENT SE DECHARGER ENTIEREMENT SUR EUX DU SOIN DE MAINTENIR OU DE RETABLIR LA SANTE, QUELLES QUE SOIENT LES CIRCONSTANCES. LES INDIVIDUS ONT EUX AUSSI LEUR PART DE RESPONSABILITE : PAR LEURS HABITUDES DE VIE, PAR LEURS EFFORTS DE VOLONTE, ILS DISPOSENT D'UN GRAND POUVOIR SUR LEUR PROPRE _ETAT DE SANTE. QU'ILS NE L'OUBLIENT PAS
- QUANT AUX POUVOIRS PUBLICS, LEUR INTERVENTION EST LA SEULE QUI PERMETTE D'AGIR SUR LES CAUSES SOCIALES DES MALADIES, ET D'ASSURER LA MISE EN_PLACE D'UN SYSTEME DE SOINS SATISFAISANT. INDIVIDUS, POUVOIRS PUBLICS, MEDECINS : TOUTE POLITIQUE DE LA SANTE NECESSITE QUE CHACUN EXERCE SES PROPRES RESPONSABILITES. MAIS, DANS CET ENSEMBLE, LE ROLE DU CORPS MEDICAL EST ESSENTIEL. DISPOSANT DE LA CONNAISSANCE LUI SEUL PEUT INFORMER, EXPLIQUER, EDUQUER, ALERTER EN MEME TEMPS QU'AGIR ET GUERIR. C'EST POURQUOI TOUS LES HOMMES ET LES FEMMES, SOUCIEUX DE LEUR PROPRE SANTE ET DE CELLE DES ETRES QUI LEUR SONT CHERS, ET LES POUVOIRS PUBLICS, RESPONSABLES DE L'_ETAT SANITAIRE DU PAYS, PLACENT DANS LE CORPS MEDICAL, DEPOSITAIRE DE CE SAVOIR, LEUR CONFIANCE ET LEUR ESPOIR. IL DEPEND DE VOUS QUI LUTTEZ AUX FRONTIERES DE L'INVISIBLE, QUE NOTRE ESPOIR L'EMPORTE SUR NOTRE CRAINTE
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