Publié le 13 juin 1976

ALLOCUTION DE MONSIEUR VALERY GISCARD D'ESTAING A L'OCCASION DU 60EME ANNIVERSAIRE DE LA BATAILLE DE VERDUN LE 13 JUIN 1976

ALLOCUTION DE MONSIEUR VALERY GISCARD D'ESTAING A L'OCCASION DU 60EME ANNIVERSAIRE DE LA BATAILLE DE VERDUN LE 13 JUIN 1976

13 juin 1976 - Seul le prononcé fait foi

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MESSIEURS LES ANCIENS COMBATTANTS DE VERDUN, DANS CE PANTHEON, PLUS DURABLE QUE TOUS LES AUTRES, QU'EST LA MEMOIRE DU PEUPLE FRANCAIS, JE SOUHAITE QUE S'INSCRIVE A JAMAIS, DANS NOTRE HISTOIRE LONGUE DE PLUS D'UN MILLENAIRE, A COTE DES DATES DE LA BATAILLE DE POITIERS, DE LA BATAILLE DE BOUVINES, DE LA LIBERATION D'ORLEANS, DE LA BATAILLE DE VALMY, DE LA BATAILLE D'AUSTERLITZ, LA DATE DE CELLE QUI FUT LA PLUS LONGUE, LA PLUS SANGLANTE, ET LA PLUS GLORIEUSE DE TOUTES LES BATAILLES QU'AIT JAMAIS LIVREES LE PEUPLE FRANCAIS : LA BATAILLE DE VERDUN EN 1916. OUI, JE SOUHAITE QUE CE NOM ET QUE CETTE DATE FIGURENT A JAMAIS DANS LE SOUVENIR DES ENFANTS DE NOTRE PEUPLE, QUAND ON LEUR PARLERA DE SES SOUFFRANCES ET DE SA GLOIRE. MESSIEURS LES ANCIENS COMBATTANTS, C'EST POUR MOI UN HONNEUR EXCEPTIONNEL DE M'ADRESSER A VOUS, DANS CE _LIEU QUI A ETE LE TEMOIN DE VOTRE ACHARNEMENT, A VOUS QUI VENEZ EN RETROUVER LE SOUVENIR, EN RECHERCHER LES HORIZONS, PRES DE CETTE TERRE IMPREGNEE DE SANG, ET ENCORE MARQUEE DE LA FOUDRE QUI S'EST ABATTUE SUR ELLE. QUICONQUE A COMBATTU ICI CONSERVE AU FOND DE SOI UN SENTIMENT D'HORREUR SUBLIME POUR LE RESTANT DE SA VIE. MOI QUI APPARTIENS A UNE GENERATION QUI N'A PAS CONNU CETTE GUERRE, A LA DIFFERENCE DES PRESIDENTS RENE COTY ET CHARLES DE GAULLE, QUI SONT VENUS EN COMMEMORER AVEC VOUS LE QUARANTIEME ET LE CINQUANTIEME ANNIVERSAIRE, ET QUI AVAIENT TOUS DEUX COMBATTU A VERDUN, JE SUIS VENU VOUS DIRE QU'AUSSI LONGTEMPS QUE LE PEUPLE FRANCAIS HABITERA NOTRE SOL, IL SE SOUVIENDRA DE VOUS, DE VOS EPREUVES, ET DE VOTRE COURAGE, FAITS DE BOUE, DE SANG, ET DE TENACITEÕ¿\
JE REPRENDRAI LE RECIT DE LA BATAILLE POUR CEUX QUI NE LE CONNAISSENT PAS, MAIS AUSSI POUR VOUS, QUI EN GARDEZ LES IMAGES VIVANTES SOUS VOS PAUPIERES. C'EST LE 21 FEVRIER 1916 QUE L'ARMEE ALLEMANDE, SOUS LES ORDRES DU PRINCE HERITIER, LANCE UNE OFFENSIVE BRUTALE. D'AVOCOURT JUSQU'AUX EPARGES, DU LEVER DU JOUR JUSQU'AU SOIR, PLUS DE 1200 CANONS, DONT 700 PIECES DE GROS CALIBRE, SOUMETTENT NOS PREMIERES LIGNES, ORGANISEES SUR TROIS POSITIONS DE RESISTANCE, A UN TIR D'UNE VIOLENCE ET D'UNE DENSITE TELLES QUE RIEN NE PARAIT DEVOIR ECHAPPER A LA DESTRUCTION. ET EN FIN DE JOURNEE, UNE HEURE AVANT LA TOMBEE DE LA NUIT, A 16 HEURES 45, CINQ CORPS D'ARMEE ALLEMANDE, FORTS DE DIX DIVISIONS, ATTAQUENT SUR UNE LONGUEUR DE 15 KILOMETRES. EN FACE D'EUX, DEUX CORPS D'ARMEE FRANCAIS, LE VIIEME, AVEC LES 29EME ET 69EME DIVISIONS D'INFANTERIE, ET LE XXXEME, AVEC LA 14EME, LA 51EME, ET LA 72EME DIVISIONS D'INFANTERIE, LEUR FONT FACE, DE PART ET D'AUTRE DE LA MEUSE. PENDANT QUATRE JOURS, L'ARMEE ALLEMANDE, QUI CONCENTRE SON EFFORT SUR LA RIVE DROITE OU NOUS SOMMES ENTRE BRABANT ET ORNES, CONTINUE SANS REPIT LE PILLONAGE DE NOS PREMIERES LIGNES, ET EN MEME TEMPS LES TIRS DE BARRAGE DESTINES A LES ISOLER PENDANT L'ATTAQUE. SUCCESSIVEMENT, ET MALGRE LE RENFORT DE LA 37EME DIVISION D'INFANTERIE, NOTRE PREMIERE, PUIS NOTRE DEUXIEME POSITION SONT PERDUES. LE 25 FEVRIER AU SOIR, DES ELEMENTS DU IIIEME CORPS D'ARMEE BRANDEBOURGEOIS PENETRENT DANS LE FORT DE DOUAUMONT. APRES CINQ JOURS DE BATAILLE ACHARNEE, LES UNITES EN LIGNE ET LES RESERVES PROCHES SONT A BOUT DE SOUFFLE. MAIS ELLES ONT REMPLI LEUR MISSION : ELLES ONT GAGNE LE DELAI PERMETTANT L'ARRIVEE DU XXEME CORPS, PUIS DU VIIEME ET DU XIIIEME. DESORMAIS, LES FORCES SONT EGALES. ET LE MEME JOUR, LE GENERAL JOFFRE CONFIE AU GENERAL PETAIN LE COMMANDEMENT DE LA IIEME ARMEE, ET LA RESPONSABILITE DES DEUX RIVES DE LA MEUSEÕ¿\
L'HISTOIRE NOUS PERMET DE CONNAITRE LE MOTIF DE L'OFFENSIVE ALLEMANDE. EN 1916, L'ALLEMAGNE, MALGRE SES PREMIERS SUCCES SUR LA RUSSIE, LA FRANCE ET LA SERBIE, N'A PAS REUSSI A DETRUIRE LEURS ARMEES. ELLE VEUT EN TERMINER, LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE, AVEC UNE GUERRE QU'ELLE ESPERE ENCORE GAGNER, TANDIS QU'ELLE SAIT QUE LES ARMEES ALLIEES - DONT LA NOTRE - SE RENFORCENT CHAQUE JOUR ET SE DOTENT DU MATERIEL MODERNE DONT ELLES ETAIENT DEMUNIES AU DEBUT DE LA GUERRE. L'ALLEMAGNE CHOISIT DONC D'ECRASER SON PRINCIPAL ADVERSAIRE, PAR UNE VICTOIRE QUI DOIT ETRE RAPIDE ET SPECTACULAIRE. VERDUN CORRESPOND A CE DOUBLE OBJECTIF. EN EFFET, LA POSITION DE VERDUN CONSTITUE UN SAILLANT DANS LE FRONT FRANCAIS, A LA JOINTURE DES FRONTS DU NORD ET DU FRONT DE L'EST. A CET ENDROIT, LA RUPTURE DE NOS LIGNES OUVRIRAIT A NOUVEAU LA ROUTE VERS PARIS. ENFIN, VERDUN ETAIT DEJA, POUR LE MONDE ENTIER, LE "COEUR DE LA FRANCE". EST-CE PARCE QU'ILS ONT EU CONSCIENCE DE L'ENJEU QUE LES SOLDATS DE VERDUN SE SONT, DES LES PREMIERS JOURS, CONDUITS EN HEROS, ISOLES DANS LEURS TROUS D'OBUS, OU DANS LEURS FORTS, SE BATTANT SEULS EN-RAISON DE LA RUPTURE DES COMMUNICATIONS, AU-POINT QUE LE COMMANDEMENT, LE 26 FEVRIER AU SOIR, NE CONNAISSAIT MEME PAS LA POSITION EXACTE DE CERTAINES UNITES QUI TIENNENT AVEC ACHARNEMENT CHAQUE PLI DE TERRAINÕ\
AUSSITOT APRES QUE PETAIN AIT PRIS LE COMMANDEMENT DE LA IIEME ARMEE, NOTRE DEFENSE COMMENCE A S'ORGANISER. LES PREMIERS RENFORTS SONT MIS EN_PLACE, ET L'AVANCE DE L'ARMEE ALLEMANDE EST STOPPEE AU CENTRE DE LA LIGNE DE FRONT. MAIS QUELQUES JOURS PLUS TARD, LE 3 MARS, LA BATAILLE ENTRE DANS UNE SECONDE PHASE, D'UNE VIOLENCE EGALE. L'ADVERSAIRE TENTE D'EFFECTUER UNE PERCEE SUR LA RIVE GAUCHE DE LA MEUSE, PUIS DANS LA REGION DE DAMLOUP, SUR LA RIVE DROITE. LE CHOC EST TELLEMENT DISPROPORTIONNE QUE LES SOLDATS DU KRONPRINZ NE PEUVENT ETRE TOTALEMENT REFOULES. MALGRE LES SACRIFICES SURHUMAINS DE NOS COMBATTANTS, LE BOIS D'AVOCOURT ET CELUI DE LA CAILLETTE DOIVENT ETRE CEDES, PUIS, APRES AVOIR ETE REPRISE PAR DE VIGOUREUSES CONTRE-ATTAQUES, LA COTE 304, CELEBRE DE TOUS LES COMBATTANTS DE VERDUN, EST PERDUE AU DEBUT D'AVRIL. MAIS LA VAGUE ALLEMANDE SE BRISE A NOUVEAU SUR LES LIGNES FRANCAISES, PATIEMMENT RENFORCEES PAR PETAIN, ET SES QUATRE GENERAUX, BAZELAIRE, GUILLAUMAT, BALFOURIER ET DUCHESNE. PETAIN AFFECTE UNE DIVISION ENTIERE, LA 59EME DIVISION D'INFANTERIE, A ORGANISER DES POSITIONS ENTRE LES DEUXIEME ET TROISIEME LIGNES. IL ORDONNE DE RELIER LES FORTS PAR UNE LIGNE CONTINUE DE DEFENSE. IL FAIT CREUSER DES TRANCHEES, QUI N'EXISTENT PAS. DIX NEUF BATAILLONS ENTRETIENNENT LA ROUTE BAR LE DUC A VERDUN, LA VOIE SACREE, SUR LAQUELLE PASSENT 1.700 CAMIONS PAR JOUR, DANS CHAQUE SENS, APPORTANT LE RAVITAILLEMENT ET LES MUNITIONS, CEPENDANT QUE LES RENFORTS SONT ACHEMINES A PIED. LORSQUE LE 9 AVRIL LES ALLEMANDS LANCENT A NOUVEAU CINQ DIVISIONS A L'ASSAUT DES DEUX RIVES, LES POSITIONS FRANCAISES TIENNENT PARTOUT SAUF AU MORT-HOMME. ET LE LENDEMAIN, PETAIN PEUT TERMINER SON ORDRE_DU_JOUR PAR L'APOSTROPHE DESORMAIS CELEBRE DANS NOTRE HISTOIRE MILITAIRE "COURAGE, ON LES AURA !"Õ¿\
POUR QUE CET ECHEC DE L'EMPIRE ALLEMAND DEVIENNE UNE VICTOIRE FRANCAISE, IL FAUDRA UN AN DE FURIEUX COMBATS. SOUS LES ORDRES DU GENERAL DE NIVELLE QUI REMPLACE, LE 2 MAI, PETAIN A LA TETE DE L'ARMEE DE VERDUN, PUIS DU GENERAL GUILLAUMAT, LES TROUPES DE MANGIN REPRENDRONT DOUAUMONT, VAUX ET FLEURY A LA FIN D'OCTOBRE, PUIS A LA FIN DECEMBRE, LES HAUTS DE MEUSE. ET CE N'EST QU'EN AOUT 1917, L'ANNEE SUIVANTE, QU'UNE NOUVELLE ATTAQUE NOUS RENDRA SAMOGNEUX, LA COTE DE TALOU ET CELLE DE L'OIE, LE MORT-HOMME ET LA COTE 304. VERDUN EST DESORMAIS DEGAGEE. LA VICTOIRE FRANCAISE EST ECLATANTE ET DECISIVE. EN SEPTEMBRE ET OCTOBRE 1918, LA JEUNE ARMEE AMERICAINE DU GENERAL PERSHING COMPLETERA LE DEGAGEMENT DU SECTEUR DE VERDUN ET DE SAINT-MIHIELÕ\
CETTE PLUS GRANDE BATAILLE DE NOTRE HISTOIRE A REPRESENTE UN EFFORT ECRASANT POUR LA FRANCE, POUR NOS COMBATTANTS ET POUR LEURS CHEFS. POUR LA FRANCE : 65 DIVISIONS SUR LES 95 QUI CONSTITUENT NOTRE ARMEE SE SONT SUCCEDEES PAR ROULEMENT SUR LE FRONT DE VERDUN, Y PERDANT 380.000 HOMMES POUR LA SEULE ANNEE 1916, C'EST-A-DIRE 217.000 BLESSES ET 163.000 TUES OU DISPARUS. TOUT A L'HEURE, EN SOUVENIR DE LEUR SACRIFICE, VOUS ALLEZ REGARDER DEFILER 2.000 HOMMES DE L'ARMEE FRANCAISE. SI CE DEFILE ETAIT CELUI DE VOS CAMARADES, LES OMBRES DES COMBATTANTS TUES A VERDUN, IL DURERAIT, SANS INTERRUPTION, PENDANT LE JOUR ET LA NUIT, JUSQU'A DEMAIN A QUATRE HEURES DU SOIR. POUR NOS COMBATTANTS, JE REPRENDRAI L'EVOCATION QU'EN FIT ICI L'UN D'EUX, LE PRESIDENT RENE COTY : "VERDUN, C'ETAIT D'ABORD DANS LA NUIT LA MONTEE LUGUBRE DE FILES D'HOMMES, PLOYES SOUS LEUR BARDA, TREBUCHANT DANS LES TROUS D'OBUS, D'HOMMES QUI SAVAIENT QUE TOUS ALLAIENT SOUFFRIR, QUE BEAUCOUP ALLAIENT MOURIR DANS CET ENFER. VERDUN, CE FUT, SUR QUELQUES KILOMETRES CARRES, LA PLUS MASSIVE DES HECATOMBES ET LE PLUS CRUEL MARTYRE DE TOUT UN PEUPLE EN ARMES". JAMAIS LES QUALITES DE COURAGE DU PEUPLE FRANCAIS, DE CE GRAND PEUPLE AUQUEL JE M'ADRESSE DEVANT VOUS PARCE QUE JE LE REPRESENTE, PARCE QUE JE LE CONNAIS ET QUE JE LE COMPRENDS, N'ONT ETE AUSSI ECLATANTES ET AUSSI ANONYMES. LORSQUE, ISOLES AU MILIEU DES OBUS S'ABATTANT AUTOUR D'EUX DANS UN FRACAS ASSOURDISSANT, TUANT OU MUTILANT LES UNS PAR LEURS ECLATS, ENGLOUTISSANT LES AUTRES DANS LEURS TRANCHEES OU LEURS TROUS D'OBUS, ASPHYXIANT CEUX QUI EN RESPIRAIENT LES GAZ, LES COMBATTANTS DE VERDUN, PAYSANS, OUVRIERS, FONCTIONNAIRES, BOURGEOIS, ONT RESISTE JUSQU'A LA MORT PARTOUT OU L'ORDRE DE REPLI NE LEUR A PAS ETE DONNEÕ¿\
EFFORT AUSSI POUR LEURS CHEFS, DE TOUT RANG. LES CADRES DE NOTRE INFANTERIE, DE NOTRE ARTILLERIE ET DU GENIE, PAR LEUR COMPORTEMENT EXEMPLAIRE DEVANT LEURS HOMMES, ET LA CAPACITE QU'ILS ONT MONTREE A PRENDRE AUSSITOT LA RELEVE DE LEURS CHEFS TOMBES A LEURS COTES : JE CITERAI LE COLONEL DRIANT, LE COMMANDANT RAYNAL, LE COMMANDANT NICOLAI, LE DEPUTE THOME, LE CAPITAINE DOUMENC, RESPONSABLE DE LA VOIE SACREE, LES GENERAUX COMMANDANT LE THEATRE DES OPERATIONS, TELS NIVELLE, GUILLAUMAT ET MANGIN, QUI ONT EXERCE AU PLUS HAUT NIVEAU LEURS RESPONSABILITES DANS LA CONDUITE DE LA VICTOIRE. ET ENFIN CEUX DONT L'HISTOIRE ASSOCIE LES NOMS A LA BATAILLE DE VERDUN. JOFFRE, PARCE QU'IL A COMPRIS LA NECESSITE DE TENIR A_TOUT_PRIX SUR LA RIVE DROITE DE LA MEUSE ET QU'IL EN A DONNE L'ORDRE £ PARCE QU'IL A MAINTENU SA DECISION D'ATTAQUER DANS LA SOMME, ALORS QUE LES COMBATS SE POURSUIVENT A VERDUN £ ET PARCE QU'IL CHOISIT PETAIN POUR CONDUIRE LE COMBAT. SA NOMINATION, LE 25 FEVRIER, SUFFIT A FAIRE RENAITRE L'ESPOIR. EN DEUX MOIS, IL REORGANISME LE COMMANDEMENT, RETABLIT LA COMPREHENSION ENTRE LES SOLDATS ET LEURS CHEFS, IMPOSE D'ECONOMISER LA VIE DE SES HOMMES, ASSURE L'ACHEMINEMENT DES RENFORTS ET PREND LES DECISIONS QUI STOPPENT LA GRANDE OFFENSIVE D'AVRIL. SI PLUS TARD, AFFAIBLI PAR L'AGE, IL A ETE ASSOCIE AUX DEFAILLANCES ET AUX MALHEURS QUI ONT FRAPPE NOTRE PAYS, PUISSE LE TEMPS FAIRE POUR LUI QUE SON SOUVENIR S'IDENTIFIE A CELUI QU'EN GARDENT LES COMBATTANTS QUI ONT SERVI SOUS SES ORDRES ET PARTAGE SA VICTOIREÕ¿\
VOICI COMMENT, DANS CE COMBAT OU SE SONT AFFRONTEES LES DEUX ARMEES LES PLUS PUISSANTES DE LEUR TEMPS, L'ARMEE ALLEMANDE ET L'ARMEE FRANCAISE, LE PEUPLE FRANCAIS EST PARVENU A PRESERVER SON INDEPENDANCE PAR LA FORCE DE SON COURAGE ET DE SA VOLONTE. JE NE TIRERAI PAS DE LA PLUS GRANDE BATAILLE DE NOTRE HISTOIRE LES ENSEIGNEMENTS QUI EN JAILLISSENT D'EUX-MEMES, ET QUE TOUT A L'HEURE D'AILLEURS LES MINISTRES DES CULTES ET VOUS, MONSIEUR LE PRESIDENT GENEVOIX EN AVEZ TIRE. C'EST ICI QU'A DU SE MURMURER, DANS LA NUIT DES TRANCHEES, LE "PLUS JAMAIS CELA" QUI A FAIT DE NOTRE PEUPLE, GUERRIER D'INSTINCT, UN PEUPLE ATTACHE A LA PAIX. C'EST ICI, DANS L'HECATOMBE QUI A FRAPPE L'ARMEE ALLEMANDE, ET QUI LUI A FAIT, SELON SES CHEFS, UNE BLESSURE MORTELLE, QU'A ETE MESUREE L'IMMENSITE, LA CRUAUTE ET L'INUTILITE DES COMBATS FRATRICIDES QUE SE LIVRAIENT LES PEUPLES D'EUROPE. ET C'EST SANS DOUTE ICI QU'A JAILLI L'ELAN QUI, APRES LA SOMBRE AVENTURE NAZIE, A PERMIS A LA FRANCE ET A L'ALLEMAGNE DE SE RECONCILIER A JAMAIS. C'EST ICI ENFIN QUE NOUS POUVONS COMPRENDRE COMBIEN L'UNITE, L'EFFORT COMMUN, LA FRATERNITE SONT NECESSAIRES A LA FRANCE, COMBIEN VAINES ET EPUISANTES SONT SES QUERELLES, COMBIEN PROFOND, SIMPLE ET VIGOUREUX EST LE RESSORT DE SON PEUPLEÕ¿\
MESSIEURS LES ANCIENS COMBATTANTS, ON A DIT QUE LES FRANCAIS QUI ONT CONNU VERDUN N'ONT PLUS JAMAIS ETE TOUT A FAIT COMME LES AUTRES. ATTEINTS PAR LES SOUFFRANCES QU'ILS ONT ENDUREES ET LES SACRIFICES DONT ILS ONT ETE TEMOINS, BLESSES PHYSIQUEMENT POUR BEAUCOUP D'ENTRE EUX, ILS ONT EU LE SENTIMENT D'ETRE LES SEULS A SAVOIR CE QUE DES FRANCAIS AVAIENT PU FAIRE POUR LA FRANCE, ET ILS ONT EU LA CRAINTE D'ETRE LES SEULS A S'EN SOUVENIR. AUJOURD'HUI, SOIXANTE ANS APRES, PEUT-ETRE RESSENTEZ-VOUS TOUJOURS, ET SURTOUT ICI, CETTE SOLITUDE ET CETTE AMERTUME. JE VOUDRAIS LES DISSIPER ET VOUS DIRE, AU NOM DE CEUX QUI N'ONT PAS CONNU VERDUN, QUE LA FRANCE VOUS ENTOURE DE SON AFFECTION ET, COMME ELLE SAIT LE FAIRE, QU'ELLE SE SOUVIENDRA POUR TOUJOURSÕ\

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